Ours : l’association FERUS prend les Français pour des idiots et la France pour n’importe quoi

 

 

Dans un courrier du 11 juillet 2011 à Mme Nathalie Kosciusko Morizet, Ministre de l’Écologie, FERUS réussit à la fois à prendre les Français pour des imbéciles, et à témoigner, pour notre pays, d’un étonnant mépris.


Depuis des années, l’ADDIP souligne comment l’engagement à sens unique de FERUS, l’ADET, le FIEP et autres associations en faveur des grands prédateurs et de l’ensauvagement des massifs est un contre sens écologique, totalement réducteur quant aux problèmes de biodiversité. Elle le fait en s’appuyant sur une multitude de travaux scientifiques français et espagnols en ce qui concerne les Pyrénées, internationaux pour le fond du problème.

Ainsi déstabilisée et délégitimée dans son idée fixe, FERUS reconnaît aujourd’hui dans son communiqué : « Nous savons bien que la biodiversité ne se limite pas aux espèces les plus connues et les plus médiatisées » (§ 4). On s’attendrait alors à ce que FERUS expliquât comment, au delà du spectacle, elle agit pour cette biodiversité globale, qui commence justement par ce qui est le moins médiatique, le moins visible : la richesse des micro organismes du sol à la base de toute la chaîne alimentaire sans quoi rien ne serait.

Pas du tout ! Très clairement, FERUS prend les Français pour des imbéciles, incapables de comprendre la complexité des processus biologiques : « mettons nous à la place de tous les Français qui ne sont pas des experts. Va-t-on leur dire que la biodiversité, ce n'est pas du tout les quelques espèces emblématiques qu'ils connaissent, que c'est une affaire de statistiques, que seuls les professionnels peuvent interpréter ? »

Mais pour quoi se prend FERUS ? Une petite élite, seule capable et ayant droit à « la vérité » ? Les Français seraient des imbéciles au point de ne rien comprendre dès que la réalité est un peu complexe, un peuple dans l’enfance, un peu débile, juste bon à recevoir une information simpliste à la mesure de son cerveau ?

La façon même d’ailleurs dont FERUS présente la situation est très révélatrice de sa pensée profonde : qui en effet, à part FERUS, songerait à dire aux Français que « seuls les professionnels » peuvent comprendre !

Le propre de la démocratie c’est exactement l’inverse : donner à tous les moyens de comprendre, mais de cela, pas un mot chez FERUS. Et si, comme l’indique le communiqué, « beaucoup d’entre nous sommes des scientifiques », bien tristes et bien peu « scientifiques » que ceux qui gardent pour eux seuls le petit pré carré de leur savoir sans chercher à le faire partager, mais au contraire en enfermant dans le simplisme tous leurs concitoyens !

Quant à l’image de la France donnée par FERUS : « puissance de second rang en Europe /…/ derrière les chiffres encore flatteurs de son patrimoine largement enrichi par l’outre mer », elle n’est pas seulement méprisante, elle est très étonnante pour ceux qui viennent d’exhiber leur caractère scientifique. Tous les travaux scientifiques en effet soulignent ce que le site Science et décision, du CNRS et de l’Université d’Ivry, résume ainsi, n’hésitant pas, lui, à partager entre tous le savoir de pointe :

« Les paysages qui abritent la plus forte biodiversité sont composés d’habitats semi naturels. En France 84% des surfaces classées en haute valeur naturelle correspondent à des zones d’élevage en plein air (Alpes, Corse, Franche-Comté, Massif central, Pyrénées…). »

Et ce caractère non pas sauvage, ni « naturel », mais semi naturel des milieux français a bien été mis en avant par le Grenelle de l’Environnement :

« en France tous les paysages, réputés naturels ou non, sont le fruit d’une coévolution du travail de la nature et de l’homme. » (Rapport Groupe 2 - Préserver la biodiversité et les ressources naturelles, page 29 de l’Annexe I)

Au fond, excellent communiqué que celui de FERUS : les masques tombent. Dépitée par le non lâcher d’une ours en Béarn, FERUS perd les pédales et dévoile le fond de sa pensée et son fond de commerce en même temps : réduction de la biodiversité à des espèces emblématiques, volonté non pas de conserver la biodiversité nationale mais de la transformer en l’ensauvageant, mépris de tout le reste : des Français en général, et de la France en particulier.

Finalement, en marquant par ce courrier sa rupture avec la stratégie nationale de la biodiversité, c’est un grand service que rend FERUS et à la biodiversité et à notre pays.

Communiqué de presse de l'ADDIP du 20 juillet 2011

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