Loups, ours, vautours : les Pyrénées n’en peuvent plus !

 


Trop c’est trop. Et la révolte n’est pas loin. C’est le sens de la manifestation de samedi à Foix contre les prédations. De 2500 personnes selon la Préfecture à 5000 selon les organisateurs, pour une manifestation départementale, organisée rapidement, c’est un franc succès quoique puissent en dire les organisations pro-prédateurs.


Carcasses devant la Préfecture


Piège à ours


Augustin Bonrepau, Pt du Conseil Général 09


"Danse" traditionnelle pyrénéenne

Cette manifestation, à l’origine départementale en raison des problèmes rencontrés en Ariège, a vu la solidarité s’organiser sur toutes les Pyrénées avec des délégations de tous les départements du Pays Basque à la Catalogne. Mais aussi des Landes, du Tarn, de Corrèze et des Alpes avec la FAR (Fédération des Acteurs ruraux), une déléguée de Solidarité Pastorale et Michel Curt, Président de l’association des éleveurs et bergers du Vercors Drôme-Isère. Fait exceptionnel : tous les syndicats agricoles étaient représentés avec leurs banderoles respectives. Les syndicats majoritaires (FDSEA/FNSEA, JA) mais aussi la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale. Et puis, chasseurs et agriculteurs faisaient cause commune pour la défense de leur territoire. Nous avons même pu observer des randonneurs.

Des discours guerriers

Jean-Luc Fernandez, Président d’Ariège Ruralité, l’union sacrée de tout un département, a vite donné le ton : "Un message de révolte si on ne nous entend pas". "Le monde rural n’en peut plus…. Il faut que l’Etat nous entende…. Avec le loup on va s’en occuper… L’Ariège sera difficile d’accès"

01-Jean-Luc Fernandez – Président d’Ariège Ruralité et de la fédération des chasseurs de l’Ariège

« Nous avons un paysage magnifique et c’est pas les grandes personnes de Paris qui le travaillent et l’entretien, c’est vous tous ici présent»…..Le message est clair : « Aujourd’hui, on ne doit pas nous dicter ce qu’on doit faire….Ce que l’on veut, nous les jeunes agriculteurs, c’est vivre de notre métier, pouvoir créer une économie sur ces secteurs, que ce soit en montagne, que ce soit en plaine … on en a marre de toutes ces mesures, toutes ces directives…. »…. « S’ils continuent leur gestion, ou pas leur gestion... ils savent pas le gérer. Ils veulent réintroduire parce que ça fait bien…. Nous on va leur montrer que s’ils ne continuent pas à gérer… s’ils n’arrêtent pas les réintroduction, s’ils ne nous laissent pas faire notre métier … ce sera des paysages fermés et il n’y aura plus personne là-haut ».

07-Mickael Marcerou JA de l’Ariège

Christian Fourcade, Président de la FDSEA des Hautes-Pyrénées s’en prend aux fonctionnaires : « Ces gens-là ne sont plus au service de l’Etat, ils ne sont plus à notre service, ils ne sont plus au service de la population, ils sont au service d’une idéologie, une idéologie qui s’appelle l’écologie. L’écologie est avant tout une science et quand une science devient une idéologie, elle est totalitaire. Ces gens-là se servent de la démocratie pour accéder au pouvoir et ensuite ils gangrènent tout…. » Et s’en suit une attaque contre tous les corps de fonctionnaires de l’ONEMA aux agents des Parcs nationaux. Et il poursuit : « ils n’ont aucune leçon à nous donner. La police, il faut que ce soit nous qui la fassions. Prenez des permis de chasse et montez avec les fusils…. »… « L’agriculture de plaine a les mêmes problèmes que l’agriculture de montagne… Il faut qu’on soit solidaire…. »

02-Christian Fourcade – FDSEA des Hautes-Pyrénées

Et il poursuit sur « la gestion scandaleuse des espèces protégées »…. « Nous avons le droit de nous défendre…. Quel est celui qui ne défendrait pas son troupeau…. On s’est fait baiser pour l’ours, ça n’arrivera pas pour le loup… »

03-Christian Fourcade

Pour François Toulis, Président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège : « Le monde rural s’est mobilisé pour la défense de l’agriculture mais aussi pour la défense de toute la ruralité…. On a le loup qui arrive sur l’Aude et les vautours qui changent de comportement. Ça suffit, le monde rural en a marre. On veut garder nos montagnes vivantes, que les gens y travaillent…. »

05-François Toulis – Président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège

Gérard Dubuc, maire du village de Saint-Lary en Couserans dont les estives ont été sérieusement impactées par l’ours l’an dernier… "Nous sommes en plein cœur du Pays de l’ours, le vrai pays de l’ours là où nous avons des plantigrades…." Il tient à se distinguer d’Arbas, siège de l’association ADET-Pays de l’ours qui n’a aucun ours et qui n’est nullement impacté par sa présence tout en faisant croire aux touristes qu’ils sont sur le territoire de l’ours. « La saison commence tout doucement… Nous avons eu une seule prédation pour l’instant…..On va voir, on est dans l’inquiétude…. »

06-Gérard Dubuc – Maire de Saint-Lary en Couserans

Un défilé jusqu’à la Préfecture

Du Champs de Mars au centre de Foix la manifestation s’est déplacée jusqu’à la Préfecture en traversant et bloquant toute la ville. Les responsables syndicaux et associatifs ont été reçus par la Préfète, Nathalie Marthien. Le cortège s’est ensuite déroulé le log de l’Ariège bloquant toute circulation en direction de la montagne, l’Andorre et l’Espagne. Pendant ce temps, des camions déversaient plusieurs dizaines de tonnes de fumier sur l’autoroute à l’entrée du tunnel interdisant tout accès vers l’Andorre une bonne partie de la journée. Par ce geste, les organisateurs voulaient montrer qu’ils pouvaient bloquer toute activité en Ariège et en Andorre…. Un message d’avertissement assez clair pour le futur.

Le retour vers le foirail s’est poursuivi dans le calme alors que des écologistes allaient commettre des actes de délinquance sur des voitures stationnées route de Saint-Girons.

L’échange avec la Préfète n’avait nullement calmé les esprits d’autant qu’elle n’avait, comme à l’occasion des problèmes sur l’estive de Pouilh, manifestement pas intégrer qu’annoncer la réunion d’une commission en septembre n’avait aucun sens. Les problèmes sont à régler immédiatement….

Le retour de la Préfecture… remise d’un texte de loi

Il ne fallait pas attendre grand-chose de la Préfète qui n’a aucun pouvoir autre que celui de « faire remonter » l’information… une pièce d’ascenseur pour faire remarquer que la Ministre n’a rien apporté de nouveau lors de son rassemblement des préfets vendredi assisté de Christophe Castaner dont nous ne voyons pas très bien l’utilité autre qu’une simple caisse de résonnance en marge des Préfets.

François Toulis évoque la question des vautours. Une commission doit se réunir en septembre… quand les troupeaux descendront des estives. Une méthode bien connue au Ministère de l’écologie pour occuper l’espace-temps. « On lui a dit à Madame le Préfet qu’il faudrait que la commission se réunisse en juillet sinon ça ira mal… on aura peut-être pas la patience… »

Le fait le plus important est certainement que la profession agricole remette une suggestion de texte de loi concernant les attaques de vautours à « faire remonter » au Ministère compétent « de manière à ce que la loi soit modifiée et que les agriculteurs puissent se défendre lorsque leur bien est attaqué ». Députés et sénateurs seront évidemment sollicités. Quant à l’ours « on n’en veut plus »"Qu’il ne leur prenne pas l’envie d’en ramener un autre, sinon ils nous trouveraient sur leur chemin". Le message est clair et sans appel. Le discours comme l’action ne changent pas.

20-François Toulis – Président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège

Pour Agnès Ferrand la nouvelle présidente de la FDSEA de l’Ariège : « Si la régulation n’arrivait pas rapidement, les agriculteurs, les chasseurs sont capables de le faire eux-mêmes… pas forcément dans le sens qu’il faut… si on ne veut pas nous entendre c’est peut-être le seul moyen d’arriver à défendre notre travail…. »

21- Agnès Ferrand – Présidente FDSEA de l’Ariège

Henri Biespéré, un béarnais, venu apporter le soutien Xavier Beulin, Président de la FNSEA et Dominique Barrau, secrétaire général. Cette manifestation servira à appuyer le dossier que la préfète va envoyer au ministère.

24- Henri Biespéré – FNSEA

Une des revendications est tout simplement de réclamer « le droit de travailler »… « On a assez que nous gouvernant considère que la production agricole est une production secondaire. … Notre travail pour l’économie, pour l’emploi, pour la nature est complètement déconsidérée et nos revenus sont abandonnés »….

25- Henri Biespéré – FNSEA

Pour Mickael Marcerou des JA de l’Ariège, « c’était de montrer qu’on voulait faire bouger les lignes sur les grands prédateurs »

26- Mickael Marcerou - JA de l’Ariège

Et il évoque l’installation des jeunes pour que les anciens transmettent…

27- Mickael Marcerou - JA de l’Ariège

Philippe Lacube, le leader charismatique de l’ASPAP, évoque le souvenir de février 2006, « ce jour-là nous étions 500 dans les rues d’Arbas toutes tendances syndicales et politiques…"… « Nous avions été les premiers à dire attention à cet ensauvagement des Pyrénées, les premiers à tirer la sonnette d’alarme…. »…. « Je voudrais interpeler nos députés car ce combat on le mène depuis 20 ans… » Et il évoque l’élevage de rennes qui protège la biodiversité….

29- Philippe Lacube – ASPAP

Augustin Bonrepau, ancien député et Président du Conseil Général, évoque son passé à l’assemblée nationale où il était assez seul … Il rappelle que « l’Europe n’a jamais obligé à introduire des ours… et d’ailleurs si on nous obligeait à en introduire de nouveau il nous faudrait être aussi nombreux…. »

30-Augustin Bonrepau – Président du Conseil Général de l'Ariège

 

Pour conclure, François Toulis rappelle que « un des nôtres est au tribunal. Si par hasard ça tournait mal pour Christian, peut-être qu’on vous fera appel rapidement. … Christian il a défendu ses animaux et aujourd’hui il est inculpé au pénal… tout ça pour avoir défendu ses brebis ». Une conclusion en guise d’avertissement à peine voilé à l’Etat : faites quelque chose, sinon nous reviendrions

Louis Dollo, le 30 juin 2014

 
Les teeshirts
   


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