Association des bergers et éleveurs transhumants des 3 vallées - Aspe, Ossau, Baretous

 

 

Contacts de l'association But et rôle de l'association ?


Association des bergers et éleveurs transhumants des 3 vallées - Aspe, Ossau, Baretous

Siège :
Maison des Vallées
Place des Oustalots
64400 Oloron-Sainte-Marie
Tel: 05.47.72.81.30 et 06.83.99.87.63
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Contact - Fromage :
Julien LASSALLE
64570 Lourdios-Ichère
Tel / Fax : 05.59.34.48.60
Port : 06.32.09.59.60
Mail

L'association regroupe des bergers et producteurs de fromage d'estive. Elle participe aux travaux de l'IPHB

Cette association est la plus importante et la plus ancienne association de bergers et producteurs de fromage.

Introduction d'une ourse dans les Pyrénées-Atlantiques

 

Observation
Informations diverses


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
ADDIP-Coordination pyrénéenne
Ours dans les Pyrénées

Pastoralisme dans les Pyrénées

 

 

 

Lettre aux personnes favorables à l'introduction d'ours en 2006


Le 9 mars 2006

Madame, Monsieur,

Vous avez décidé d'accepter le Plan de renforcement de la population d'ours imposé par Monsieur Serge LEPELTIER et confirmé par Madame Nelly OLIN. Or, ce plan a été annoncé en janvier 2005, au mépris de tous ceux qui s'étaient engagés le 8 décembre 2004 dans le plan d'action de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (I.P.H.B.) et, sur tout le massif pyrénéen, sans consultation préalable des acteurs de ces territoires et des éleveurs en particulier.

Ce plan de renforcement imposé par l'Etat une première fois, ne va t-il pas être imposé une seconde fois par des décisions de Conseils Municipaux ou de collectivités locales qui pourraient l'accepter ?

Nous attirons votre attention sur le fait qu'accepter ce renforcement sur une ou plusieurs communes c'est prendre la responsabilité d'imposer la présence d'ours réintroduits sur tout le territoire de nos vallées, et au-delà ! Et cela sans concertation. Accepter ce plan c'est continuer le mépris fait de l'inquiétude des paysans de montagne, c'est continuer l'absence de vraie concertation. C'est nous déposséder collectivement de toute réflexion, décision et garantie sur la place de chacun dans la montagne de demain.

Accepter ce renforcement, c'est mettre sûrement les bergers et les éleveurs de ces territoires dans des situations de cohabitation difficile, voire impossible, sans aucune garantie minimum, sans aucun lieu de gestion des problèmes ou des drames qui ne manqueront pas de surgir, sans aucun lieu de concertation réelle.

Alors, les habitants de nos vallées qui subiront les conséquences néfastes d'un tel renforcement ne manqueront pas de se retourner contre ceux de nos vallées aussi qui l'auront permis. Il leur faudra alors assumer seuls la responsabilité des actes des ours qu'ils auront réintroduits.

Accepter ce renforcement, c'est peut-être un très bon coup médiatique et "commercial" mais c'est un mauvais coup à la solidarité indispensable à l'avenir de nos vallées. C'est enfin donner à l'Etat le droit de faire sans nous et même contre nous.

Ici en Béarn, la cohabitation avec l'ours est une réalité ancestrale de nos vallées, nous essayons depuis plus de dix ans de l'améliorer. Elle devient parfois tellement difficile, souvent à cause de certains hommes bien lointains de nos réalités qui la compliquent tellement, que certains, de plus en plus nombreux, finissent par penser qu'elle devient impossible. Le sauvetage des ours comme le sauvetage de la transhumance et des bergers tient à la volonté des hommes.

Ce sauvetage sera collectif ou ne sera pas !

Malheureusement, l'évolution de l'agriculture de montagne fait que nous sommes de moins en moins nombreux dans les vallées et aussi dans les conseils municipaux, mais nous sommes solidaires des bergers et éleveurs transhumants qui eux y sont !

Pour nous, transhumants des vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous, les choses sont claires. Nous avons créé en 1990 l'Association des Eleveurs et Transhumants des Trois Vallées pour que dès lors personne ne décide sans nous et encore moins contre nous.

Nous avons toujours participé à toutes les assemblées qui traitent de nos montagnes, de nos vallées, du territoire où l'on vit et que l'on participe à faire vivre. A toutes les assemblées sauf celles où nous savions que l'on nous prendrait en otage !
C'est pour ces raisons qu'ici en Béarn, nous avions décidé en 1994 de signer la Charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l'ours pour participer activement avec tous les acteurs aux projets d'avenir pour notre territoire, aux côtés des élus de nos villages.

Mais la Charte n'a jamais dit que les signataires devraient se soumettre à quelque pression que ce soit et encore moins à la décision unilatérale et autoritaire de l'Etat de remettre des ours, bien au contraire.

Que ceux qui réclament le respect des engagements pris dans la Charte la relisent attentivement et balaient devant leur porte, même ceux qui n'ont pas eu le courage de la signer !

Revenir à " la Charte, toute la Charte et rien que la Charte " comme nous l'avons si souvent dit et écrit serait peut-être retrouver la voie de la sagesse et du dialogue. Mais après tant de mépris, est-ce encore possible ? En attendant, nous veillerons à ce que personne ne fasse dire à la Charte ce qu'elle ne dit pas, parce que nous l'avons signée et nous n'accepterons pas que l'on décide pour nous, sans nous !

L'introduction d'ours décidée par Monsieur Serge LEPELTIER et Madame Nelly OLIN, ce n'est pas la Charte !

Nous tenions à vous faire part de notre position afin que vos décisions définitives soient prises en toute lumière de la réalité et parce que nous craignons que nos vallées pourraient vraiment y perdre dans un avenir qui pourrait s'annoncer des plus confus.

Sûrs de votre compréhension, nous vous adressons nos sincères salutations.

Le bureau de l'Association
Valérie CASABONNE-ANGLA, bergère en vallée d'Ossau
Monique LAHITETTE, bergère en vallée d'Ossau
Jean-Michel HARRITCHABALET, berger en vallée de Barétous
Jean-Louis LABORDE-BOY, berger en vallée d'Ossau
Julien LASSALLE, berger en vallée d'Aspe
Joseph Paroix, berger en vallée d'Ossau

Source : IPHB

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Introductions d'ours : motion du 17 novembre 2009


L'Association des Éleveurs Transhumants des Trois Vallées (AET3V) s'est construite et a longtemps vécu autour de la problématique de l'ours.

Lassés d'entendre d'autres gens parler à notre place de notre métier et de notre avenir. En réaction aux réserves Lalonde car elles faisaient peser un danger sur notre place dans la montagne. Quelques uns d'entre nous ont fondé en 1990 l'Association des Éleveurs Transhumants des Trois Vallées pour défendre notre légitimité montagnarde, prendre notre destin en main et dire que c'était à nous, bergers, de parler de notre métier, de décider et défendre notre avenir dans la montagne. A nous de parler de nos vies et de construire. Dire que désormais, c'était nous qui parlerions et défendrions notre place et nos projets dans la montagne. A NOUS DE CONSTRUIRE NOTRE AVENIR.

L'Association des Éleveurs Transhumants des Trois Vallées a pour vocation de représenter TOUS les acteurs de la transhumance. Notre association doit être un lieu de solidarité et d'unité de notre profession. Cela se construit dans le respect, l'écoute des autres, l'échange et le travail fait ensemble.

Ces valeurs ne se décrètent pas car nous ne sommes pas tous pareils, même si nous avons souvent la même crainte, les mêmes espoirs. Nous avons des sensibilités différentes face à notre métier, notre environnement. Nos vies de bergers n'ont pas toujours les mêmes racines, les mêmes histoires, ne portent pas les mêmes projets. Elles sont issues de rêves différents. Nos exploitations, nos troupeaux ont leur propre histoire construite dans le combat quotidien de la vie. Tous les débats autour de l'ours, de la cohabitation possible ou pas, nous ont souvent divisés, meurtris et affaiblis.

Nous, Éleveurs Transhumants des Trois Vallées béarnaises en tant que représentants professionnels, nous sommes allez très loin (parfois trop loin peut être ?) pour tenter de dépassionner la cohabitation avec l'ours pyrénéen. Nous avons signé la Charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l'ours pyrénéen en 1994. Nous avons suscité de l'adhésion autour de cette idée. Nous avons affirmé que l'ours pyrénéen fait partie de notre histoire, de notre culture, qu'il a forgé une part de notre identité. Tout cela bien sûr dans le cadre et le champ de concertation et d'action de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB). Dans le respect et la dignité des éleveurs, avec la recherche de solutions pour les conditions de vie, de travail, des revenus acceptables qui assurent la pérennisation de nos exploitations et de notre métier.

Toutes les dimensions de notre positionnement n'ont pas été respectées par les autorités et la confiance nous a été retirée. Les décisions de réintroduction prises à Paris, sans concertation, nous ont vraiment meurtries, dépossédées de toutes réflexions et de garanties sur la place de chacun dans la montagne de demain. Nous avons ressenti cela comme du mépris et même de la trahison.

Désavoués par la manifestation de la FDSEA devant l'IPHB du 8 décembre 2004 et trahis par les décisions des autorités en 2005 qui ont délibérément tué la confiance et pris pour cible par les associations de protection de la nature, meurtris par le déroulement de ces évènements, pour quels résultats ? Un immense échec. Nous nous sommes alors concentrés sur les actions qui garantissent notre place et notre avenir dans la montagne. Nous avons aussi ressenti une réelle solidarité avec les éleveurs du massif, à qui la présence de l'ours a été imposée et lui a fait subir une cohabitation forcée, soudaine, difficile, voire impossible, car non voulue, non préparée, sans aucun lieu de gestion des problèmes et des drames qui ont surgit.

Oui, aujourd'hui pour notre association, la confiance est morte. Nous ne voulons plus être traités comme des sujets à qui l'on ferait quelques concessions en attendant qu'ils meurent. Et même si nous continuons de penser que l'on s'enrichit en travaillant avec tous les acteurs et les utilisateurs de la montagne, le positionnement de l'Association est clair nous sommes opposés à un énième projet de réintroduction, énième espoir de replâtrage de l'énorme gâchis politique sur ce sujet depuis plus de 40 ans (ou vrai coup de flash pour une jeune ministre en quête de reconnaissance, qui a son tour disparaitra - mais les ours, eux, resteront -), nous pouvons sans honte et sereinement, prendre position en tant qu'association et sans nous diviser. Par la faute des autorités nous sommes passés de la " sauvegarde de l'ours des Pyrénées " à " des ours dans les Pyrénées ". Ce n'est plus du tout la même problématique.

Tout en réaffirmant que toutes les positions individuelles ou collectives, fruit de sensibilités, de démarches, de positions philosophiques ou politiques sont légitimes et doivent être respectés.

Et qu'aujourd'hui encore c'est tous ensemble que nous devons dire que jamais nous ne laisserons notre place dans la montagne, que rien ne se fera sans nous ni contre nous.
Nous voulons rechercher ce qui nous unit et nous aimerions à penser que c'est :

  • La même passion pour le métier,
  • La même volonté de le faire respecter dans toutes ses dimensions,
  • Le même cœur à construire l'avenir dans la dignité, *
  • La même envie de perpétuer ce métier pour les générations futures et pour un maximum de gens, réintroduire des bergers avec leur famille dans les cujalas, dans les villages et ainsi garder les écoles de la république ouvertes.
  • La même nécessité d'améliorer nos conditions de vie et de travail,
  • Les mêmes besoins d'aider, d'accueillir des jeunes qui veulent faire ce métier,
  • Le même besoin d'agir et travailler ensemble pour faire vivre nos vallées et garder toute sa place à l'agriculture et plus particulièrement au pastoralisme, n'est-il pas le meilleur développement durable pour façonner et entretenir les paysages au fil des siècles
  • L'impérieux besoin que nous avons tous de plus de fraternité, de se nourrir de notre solidarité et d'être reconnu dans notre association malgré nos différences !

Voté le 17 novembre 2009
à l'AG de l'AET3V

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Les vautours fauves : communiqué de presse du 17 novembre 2009


Les vautours ont, jusqu'à récemment, toujours été les alliés des éleveurs et du pastoralisme. Ils ont toujours débarrassé le milieu naturel des animaux morts, évitant ainsi désagréments et contaminations sanitaires. Quand une bête mourrait dans un élevage, elle était déposée dans un point haut du village à la disposition des vautours. Ils trouvaient ainsi leur pitance un jour en vallée d'Ossau, un autre en vallée de Baïgorry, une autre fois en Val d'Azun, … Jamais beaucoup ! Jamais au même endroit !

Depuis les abus de certains, industriels de l'élevage porcin en Espagne, places de nourrissage fixes chez nous, ont provoqué un développement excessif des populations de vautours. Au moins 5.000 en Pyrénées Atlantiques et Hautes Pyrénées, plus de 20.000 sur le versant sud des Pyrénées.

Les vautours sont protégés depuis 40 ans. Ils se rapprochent de plus en plus des hommes, des Bâtiments d'élevage, sans crainte.

Mais voilà qu'une directive sanitaire prise pour cause de " vache folle ", oblige maintenant tous les éleveurs à livrer les cadavres d'animaux morts à l'équarisseur pour brûler les carcasses dans de grands fours. L'État veut désormais faire payer l'équarrissage aux éleveurs : 153 €, les factures viennent d'arriver. Pire même, sans certificat d'équarrissage en cas de contrôles, l'éleveur perdra des primes européennes. Ce qui veut dire : interdiction de laisser la moindre carcasse aux vautours .

Conséquences : les vautours trop nombreux et devenus familiers des hommes, n'ont plus de carcasse d'animaux morts à se mettre sous le bec. Que peuvent-ils faire ? Se laisser mourir de faim ? Ou chercher autre chose, s'adapter ?

Là où le vautour attendait que la vache libère son placenta après la mise bas, pour s'en régaler, désormais il attaque le veau à peine sorti du ventre de sa mère et s'ils sont nombreux, la mère y passe aussi ! " ..La vache était affaiblie par la mise bas… " disent certains experts ! D'autres disent " ..l'éleveur n'a pas bien fait son travail… "… Merci.

Ces jours-ci, des personnes " bien intentionnées " voudraient même opposer les éleveurs entre eux en disant que certains seraient opposés au nourrissage, alors que d'autres le réclameraient ! Quelle " mesclagne " comme on dit chez nous !

Reprenons un peu et essayons de comprendre plutôt que polémiquer.

Les vautours sont affamés parce qu'on a peur qu'ils participent à la contamination de la " vache folle ". Mais savez-vous que les virus et autres microbes ne résistent pas au tube digestif des vautours ? Exemple : la chaîne de contamination de la rage est interrompue par la digestion du vautour…

Alors quel scientifique a démontré que la " vache folle " résiste à la digestion du vautour ? Personne, mais on interdit de laisser l'équarrissage aux vautours. Allez comprendre !

Su le plan écologique, on marche sur la tête :

  • L'équarrissage, ce sont des camions qui roulent toute la journée pour prendre 1 carcasse par ci, une par là et les amener à 200 km dans un grand four à gas-oil… avec quel bilan carbone ?
  • L'équarrissage c'est la fin des cadavres pour le vautour, … c'est la fin du vautour nécrophage…
  • tant qu'un dialogue réaliste ne sera pas installé nous ne payerons pas la cotisation volontaire obligatoire sur l'equarissage.

Alors nous, éleveurs, on est tous d'accord :

  1. Pas de nourrissage avec des masses de carcasses mises à disposition des vautours régulièrement et toujours au même endroit. Faire ça, c'est fixer les vautours en un lieu, augmenter leur reproduction et les rendre encore plus familier des hommes.
  2. Retrouvons l'équilibre : que les scientifiques nous démontrent, ou nous rappellent, que rien ne survit à la digestion des vautours et donc qu'aucune contamination sanitaire n'est transmise par le vautour. A partir de là, que les pouvoirs publics nous redonnent l'autorisation de laisser nos quelques rares cadavres de brebis, vache ou autre en pitance aux vautours, pour que eux aussi puissent vivre et nous aider, sans dépenser ni carbone, ni euros.

En attendant que l'équilibre revienne, nous voulons :

  • Que nos pertes démontrées nous soient dédommagées : qui accepte de perdre 2.500 euros (1 veau et sa mère) ?,
  • Que le Parc National des Pyrénées et l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage s'occupent de suivre les vautours plutôt que nous dire comment élever nos bêtes et qu'ils écartent de nos troupeaux les vautours qui se sont mis à aimer la viande fraîche.

Si chacun fait son travail correctement, sans vouloir s'imposer aux autres, il n'y aucune raison pour que l'entente ne revienne pas.

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