Le Livre des Propriétés des Choses

 

Le Livre des Propriétés des Choses.
Une encyclopédie au XIVe siècle

Auteur : Collectif
Editeur: Stock (16 novembre 1999)

 

ISBN: 978-2-234-05189-8
ISBN-13: 978-2234051898


Note de l'éditeur :
En 1372, sur commande du roi Charles V, le moine Jean Corbechon de l'ordre de saint Augustin traduit en français l'ouvrage encyclopédique écrit un siècle plus tôt par le franciscain Barthélemy l'Anglais, le De proprietatibus rerum. Somme de connaissances sur la nature et les sciences, il rencontre un très grand succès, àun moment où le désir de comprendre l'univers se répand au sein d'un public de plus en plus large. On y apprend que les anges sont toujours représentés avec de grands cheveux frisés parce que leurs désirs naissent de la racine de la pensée comme les cheveux naissent de la tête ; on y découvre aussi toutes les propriétés du ciel et celles de la goutte articulaire, et l'on sait tout sur l'intelligence de l'éléphant comme sur les perfections des personnes divines. A la suite de Jean Corbechon, Bernard Ribémont nous offre ici, mis en français moderne, une série d'extraits du Livre des propriétés des choses, qui nous plongent non seulement au coeur de la pensée scientifique médiévale mais aussi au coeur de l'imaginaire de l'époque, source d'images merveilleuses.

Spécialiste des encyclopédies médiévales, Bernard Ribémont est maître de conférences àl'université d'Orléans.

L'ouvrage d'origine de Bartholomeus Angelicus traduit par Jehan de Carlatan peut être consulté sur Gallica / Bibliothèque Nationale

Barthélémy l’Anglais (moine franciscain du 13ème siècle) est l’auteur d’une encyclopédie De proprietatibus rerum composée en latin entre 1230 et 1240. Connaissant un succès fulgurant aux 13ème et 14ème siècles, cet ouvrage a été traduit en occitan, français, anglais et allemand et se diffusa jusqu’à la Renaissance à travers toute l’Europe. Cet exemplaire du Livre des propriétés des choses est un manuscrit en vélin du 15ème siècle, provenant du collège des Jésuites de Boulogne-sur-Mer et ayant appartenu à Nicolas Haffreingue en 1554 d’après un ex-libris. Il ne comprend que les livres IV à VII. Cet ouvrage est l’un des plus anciens manuscrits concernant l’anatomie et la description du corps humain : il apparait dans le fonds Agache-Desmedt, fonds de la Réserve patrimoniale se distinguant par la préciosité et la rareté de ses ouvrages.

Livre des propriétés des choses /Barthélémy L’Anglais, livres IV à VII. Manuscrit de 226 feuillets, pet. in-4° à 2 colonnes sur vélin. Cote M 204 (enluminure)

Source : Bibliothèque numérique patrimoniale des Universités de Lille

Les observations du magazine mensuel "L'Histoire"

En 1372, sur commande du roi de France Charles V, Jean Corbechon traduit le Livre des propriétés des choses , vaste encyclopédie latine écrite au siècle précédent par Barthélemy l'Anglais. Traduction ou plutôt adaptation, car Corbechon n'hésite pas à raccourcir le texte ou à l'expliciter et à le compléter.

C'est ce texte français que Bernard Ribémont, spécialiste réputé des encyclopédies du Moyen Age, a choisi de proposer au lecteur. Une traduction du latin aurait été tout aussi légitime, puisque, destinée avant tout aux prédicateurs, la première version de cette encyclopédie a eu un immense succès au Moyen Age.

L'excellente introduction de Bernard Ribémont montre comment s'instaure au XIIIe siècle un nouveau désir de bilan et de mise en ordre des connaissances — après celui d'Isidore de Séville au VIe siècle. C'est un véritable système du monde qui est alors révélé. Dieu, puis les anges et l'âme. Ensuite, l'homme dans son corps et en société, les éléments et les animaux. Et pour finir l'inclassable : couleurs, saveurs, nombres, etc.

Pour qui veut pénétrer dans le savoir du monde tel qu'il était partagé alors par les clercs et le commun des hommes à qui il était transmis par les sermons notamment, cet ouvrage est indispensable. Malheureusement, il ne s'agit que d'extraits non sans raisons : l'ouvrage est énorme, même s'ils sont fort judicieusement choisis.

Pour ce livre soigné on regrettera que si peu d'attention ait été portée à l'iconographie — les miniatures sont privées de légende — alors qu'un des grands intérêts des manuscrits de la traduction médiévale française de l'ouvrage de Barthélemy l'Anglais est précisément l'abondance d'images.

Source : Moyen-âge - dans mensuel n°239 daté janvier 2000 à la page 101

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