Le béarnais au Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

 

Langue identitaire ou minoritaire, parler ou patois, occitan ou gascon... le béarnais s'affirme en pouvant être apris par les personnels du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Un pas vers une certaine reconnaissance ? ou au moins l'affirmation d'une identité culturelle ?
A suivre....


Les agents du Conseil Général vont pouvoir apprendre le béarnais

 

Les acteurs associatifs ont débattu des orientations qui sous-tendront le schéma linguistique
Comment remettre la langue occitane (appelée aussi « béarnais », « gascon », et même « patois » par les vieilles gens) dans l'espace public quotidien dont elle a pratiquement disparu, à quelques exceptions près, comme le carreau aux légumes des halles de Pau ou le marché de Nay ?... C'est sans doute là l'aspect le plus épineux du « plan de bataille » dont ont discuté samedi, au Parlement de Navarre, les animateurs des différentes sensibilités militant pour la langue originelle du Béarn et du Bas-Adour, et sa diffusion au travers de l'enseignement, de la culture, des médias, etc. Après une première approche au Château d'Este, à Billère, sous le pilotage de Max Brisson (Biarritz-Ouest), président de la commission éducation-culture du Conseil général, les acteurs ont débattu samedi sur une trame listant quatre types d'actions. Elles inspireront le schéma d'aménagement linguistique qui devrait s'élaborer. Comme une sorte de cadre de l'action publique qu'a voulue le président du Conseil général, Jean-Jacques Lasserre, tant pour la partie basque que les secteurs gasconophones des Pyrénées-Atlantiques.

Convention-cadre. Côté basque, on est plus avancé dans cette procédure, terriblement formelle il faut bien le dire. Il a été constitué un groupement d'intérêt public culturel pour la langue basque (Euskara).
Devant la « famille » béarnaise et gasconne maritime, Max Brisson a souligné « le fait que le Conseil général soit prêt à mettre les mains dans le cambouis pour construire une politique publique ». Tant pour l'occitan que pour le basque, cette action sera menée sur les bases de la « convention-cadre » que le ministre de Villepin signera dans le courant de l'automne, en continuateur de « l'oeuvre » impulsée par son prédécesseur dans la fonction, Nicolas Sarkozy.
En réponse à une intervention d'André Mariette, pilier historique du Festival de Siros, Max Brisson a clairement indiqué que c'est le volet linguistique qui sera privilégié, et non les déclinaisons culturelles (chant, danse, etc.), soutenues par ailleurs.

Quatre axes. Il serait d'autant plus fastidieux d'énumérer les domaines d'action passés en revue samedi, selon les quatre axes retenus (politique linguistique, développement de l'enseignement, diffusion, et « socialisation » de la langue) qu'il n'était pas encore l'heure d'entrer dans le concret des choses.
Toutefois, Max Brisson, que secondait un Bernard Dupont, maire de Malaussanne et conseiller général d'Arzacq, dont il a été unanimement apprécié qu'il s'exprime en béarnais, a indiqué que les agents du Conseil général auraient bientôt la possibilité d'apprendre cette langue, par l'intermédiaire d'un organisme de formation.
Qu'on n'entende plus, dans la bouche de quelque chef de service, prononcer « Ostau Bearnés » comme s'il s'agissait d'un hôpital rural ou parler du groupe « Nadao » ou même « Nado », marquerait déjà un progrès. Mais comme l'a fort bien dit René Ricarrère, l'ancien maire d'Orthez, chargé des langues régionales au Conseil régional, qui donnait à son propos une portée toute générale : « Que n'i a tribalh ! ». Autrement dit, il reste tout à faire. Ce, avec des moyens qu'on n'identifie pas encore parfaitement...

Auteur : Thomas Longué
Source : Sud Ouest


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