L'idée d'utiliser les plaquettes de bois pour alimenter des
chaufferies avance. La plate-forme de stockage prévue à
Soeix alimentera d'autres projets
Se chauffer au
bois mais à grande échelle : l'idée revient à
la mode et si notre département était à la traîne,
divers projets émergent, qui rattraperont assez vite ce retard.
« Il y a des projets pour alimenter la nouvelle usine de Turboméca.
La communauté d'agglomération paloise a le sien. En Soule,
une étude de faisabilité (1) est lancée
pour alimenter les lycées et collèges publics. Des projets
émergent à Laruns, à Oloron et en vallée
d'Aspe. Les chalets d'Iraty y réfléchissent également
» résume Milou Castan, animateur de l'Association départementale
des communes forestières. Une association qui étudie le
dossier depuis quelques années.
«
Nous avons vite vu qu'il fallait regrouper les projets »
Analyse des
coûts.
Si dans un premier temps, chaque projet se voyait avec son broyeur pour
fabriquer les plaquettes de bois qui alimenteront ces chaufferies, l'étude
menée par l'association a permis de tempérer les ardeurs.
« Cette étude nous a permis de voir que tous ces projets
réunis représenteraient un besoin de 5 000 tonnes par
an », poursuit Milou Castan.
Pour Oloron, une plate-forme de broyage est prévue à S?ix,
avec une puissance totale de 2,8 mégawatts pour une consommation
de 1 550 tonnes par an. L'étude en question a également
permis d'analyser les coûts de production, de l'achat du bois
nécessaire à la distribution des plaquettes en passant
par les transports, le broyage et les frais de gestion de la plate-forme
de broyage.
« Tous ces prix se rejoignent pour donner un prix de vente
à la sortie de 2 centimes d'euros du kilowatts/h. Ce serait vraiment
l'énergie la moins chère », souligne l'animateur.
Intéressant, en cette période de flambée du baril
de pétrole !
D'abord à Oloron.
Encore faut-il rester dans les clous pour tenir ces prix. «
Nous avons vite vu qu'il fallait regrouper les projets. La chaufferie
des établissements scolaires de Soule consommera 600 tonnes de
plaquettes par an. Malgré les prix du gasoil, il vaut mieux que
ce soit la plate-forme d'Oloron qui broie, qui stocke et qui livre.
Si un jour, la Soule arrive à un besoin de 1 000 tonnes par an
avec tous ses projets, il deviendra plus intéressant de faire
une plate-forme de broyage là-bas », estime Milou Castan.
Aussi la création de la plate-forme de S?ix d'Oloron est-elle
souhaitée pour cette année 2008. « Il est important
qu'Oloron démarre, car ce sera une expérience à
suivre, qui offrira une vitrine à notre département »,
pense l'animateur.
(1) L'étude
a été réalisée à partir du plan «
1 000 chaufferies bois pour le milieu rural » lancé par
l'Association nationale des communes forestières (ANCOFOR).
Auteur
: Marcel Bedaxagar
Source : Sud-Ouest
du 3 janvier 2008