Le "Grenelle de l'environnement"

 

Il existe un principe bien français qui consiste à créer une commission pour étouffer un problème. Le Grenelle de l'environnement pourrait bien être du même jus d'autant que ceux qui se souviennent de mai 1968 comprendront vite qui s'est fait avoir et abuser bien souvent par ceux qui avaient la légitimité de défendre leurs intérêts.
Le Grenelle de l'environnement pourrait bien n'être " qu'un simple instrument utile à mesurer l'aune financière à laquelle chacun sera traité, pis acheté, comme ce fut en réalité le cas du vrai Grenelle [Ndr : celui de 1968] qui lui donne si maladroitement son nom... "
(Cf. article de Patrice Hernu, Président du réseau France-Europe-Planète Bleue)

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Le Grand Charnier

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L'Assemblée nationale crée son groupe de suivi du Grenelle


À l'instar du Sénat, l'Assemblée nationale met en place un groupe de suivi du « Grenelle de l'environnement » qui doit avoir lieu fin octobre. C'est plus précisément la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, présidée par Patrick Ollier qui souhaite être informée de l'évolution des travaux du Grenelle. Composé de 17 membres répartis à la proportionnelle, ce groupe de suivi serait même prêt à influer sur les orientations du Grenelle.

Christian Jacob, président de la délégation à l'aménagement et au développement durable du territoire de l'Assemblée nationale souhaite également un suivi en temps réel des travaux du « Grenelle de l'environnement ». Dans cette perspective, les membres de la délégation prévoient d'entendre les responsables des groupes de travail.

Rappelons que les six groupes de travail thématiques doivent rendre leurs propositions d'ici à la fin septembre, afin d'aboutir cet automne à un plan d'action de 15 à 20 mesures concrètes. Les groupes « Préservation de la biodiversité et des ressources naturelles » et « Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l'emploi » seront les premiers à être auditionnés.

Source : Actu-Environnement

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Dans la marmite du Grenelle


A l’heure des cadrages-débordements de la Coupe du monde de rugby, le mégaministère de l’environnement s’est offert une séance de recadrage; après, visi­blement, quelques débordements. Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, s’est ainsi vu sucrer hier une semaine aux Etats-Unis durant la­quelle elle devait assister, les 27 et 28 septembre, à la conférence sur le climat organisée par Bush à laquelle il avait, par ailleurs, convié 15 pays. NKM est priée de venir rejoindre son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, sur le porte-bagages de Nicolas Sarkozy, convié le 24 à la tri­bune de l’ONU pour une journée spéciale climat. La cellule diplomatique de l’Elysée devrait éviter à la France de jouer la politique de la ­chaise vide à ce qui est vu, de Paris, comme une sorte «d’OPA» de Bush sur le climat… Visiblement, le «super-ministre» Borloo exige de sa secrétaire d’Etat qu’elle soit présente au démarrage de la consultation publique du Grenelle, en milieu de semaine prochaine. Bref, au charbon…

Même si l’argument peut ne pas sembler illogique, l’annulation in extremis d’une semaine de «soft diplomatie» fait désordre. Borloo ne goûterait plus la médiatisation de sa secrétaire d’Etat. Fini l’époque où il assurait: «Elle, c’est la tête; moi, c’est les jambes…» «Il commence à comprendre l’espace politique que lui offre le Grenelle, note un proche des deux ministres. A près avoir fait contre mauvaise fortune bon cœur, il a compris qu’il pouvait surfer sur des thèmes porteurs…»

Mais voilà: la cohabitation NKM-Borloo n’est pas sans vagues. «Il est clair qu’elle est très active, souligne le porte-parole d’une puissante ONG. Elle s’avance peut-être un peu sur les dossiers.» NKM serait-elle trop proche des ONG ? Trop compétente et trop sûre d’elle ? Trop, tout court ? Borloo assure bosser, trancher, et veut que ça se sache: la preuve avec sa sortie du jour sur les OGM. Lors des premières réunions en juillet, il renvoyait les associations directement à sa secrétaire d’Etat «pour les points techniques.» Désormais, il leur a confié qu’il «suivait les dossiers». A NKM de suivre, si elle se remet du plaquage.

Auteurs : C.Lo et L.N.
Source : Libé du 21 septembre 2007

Commentaire


NKM n'est peut-être pas au placard. Mais il n'est pas à exclure que sa proximuté inquiétante avec certaines ONG n'y soit pas pour rien. A force de dénoncer certains comportements, il y aura peut-être des réactions.

Le vrai patron reste Borloo et il ne faut pas attendre grand chose de NKM. Pour la question de l'ours qui préoccupe les pyrénéens, rappelons-nous que le 26 juillet 2007 elle avait annoncé l'arrivée dans ses bagages d'Alain Auvé qui ne devait repartir qu'une fois le problème réglé. Le conseiller technique a fait deux réunions, est reparti sur Paris et le problème n'est réglé que partiellement grâce à un accident automobile (Franska) et non grâce au conseiller technique parisien. Le problème reste entier dans les autres secteurs notamment en Ariège avec Hvala et Boutxy. En définitive, un effet d'annonce, et encore des réunions pour constater une cohabitation impossible... situation pas très nouvelle si on s'abstient d'écouter mensonges et slogans pro-ours.

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Grenelle de l’environnement - Réunions en région : localisation et dates


Des réunions auront lieu en région
(en province comme disent les parisiens) pour donner le sentiment que ce n'est pas une affaire franco-parisienne. Voilà une heureuse initiative surtout lorsque les grandes associations écolos auront décidées de l'avenir des régions.

Les Pyrénées sont à la pointe du dialogue gouvernemental ou écolo (on ne sait plus très bien qui est qui dans cette affaire)… il faudra aller à Perpignan. Ca c'est un grand progrès !

Louis Dollo, le 19 septembre 2007

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Grenelle de l'Environnement : et l'ours ?


S'il n'a pas été spécifiquement question de l'ours lors des réunions préparatoires au Grenelle de l'Environnement, le contenu des discussions laisse augurer des décisions positives pour l'avenir.

Fin de première étape pour le Grenelle de l'Environnement. L'occasion pour nous de faire le point sur les effets concrets prévisibles concernant la protection de l'ours dans les Pyrénées.
Nous le savions, le Grenelle ne rentrera pas dans le détail. Ainsi, le sort d'espèces particulières, fussent-elles menacées comme l'ours, n'est pas spécifiquement traité. Toutefois, le contenu des discussions permet d'espérer.

Selon FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT, . "la biodiversité est sortie de la confidentialité pour devenir un enjeu de société, un sujet partagé par tous les acteurs"
Un des axes forts ressortant des discussions serait "la nécessité de mettre la biodiversité au coeur des politiques publiques par l’intermédiaire d’une stratégie nationale et de stratégies territoriales. Cela doit permettre de fixer des objectifs de moyens et longs termes et de cesser de faire passer la nature après tout le reste".

De même, ont été abordés "des projets de financement nouveau pour la biodiversité" et "des plans de restauration pour les espèces les plus menacées".

Comment imaginer la mise en oeuvre de tels principes sans poursuivre la restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, une des espèces les plus menacées du territoire français avec seulement une vingtaine d'individus ?

Toutefois, ce ne sont encore que des discussions et les décisions sont à venir.
Une mobilisation des amis de l'ours sera probablement nécessaire et nous y sommes prêts.

Source : ADET - Pays de l'ours du 27 septembre 2007

Commentaires


Il y a deux propos choquants dans les propos de l'ADET. En effet, ils ont une vision :

  • de l'environnement au travers de l'argent
  • de la biodiversité restrictive au travers d'une seule espèce emblématique.

Il est assez stupéfiant de constater que pur eux la protection de l'environnement et du milieu passe par des crédits et non par un comportement et/ou un mode de vie. A croire qu'il faut payer des jardiniers alors que pour les Pyrénées ils existent depuis des millénaires sans rien demander à personne d'autre qu'on les laisse travailler en paix.
Par ailleurs, ils semblent ignorer que la biodiversité concerne l'ensemble du vivant, les races d'élevage et l'homme inclus. Ne prendre en considération qu'une espèce emblématique comme l'ours sans se soucier des conséquences d'une importation c'est faire preuve d'un niveau élevé d'ignorance et d'incompétence. Comment peut-on accepter que des centaines d'espèces animales et végétales disparaissent pour satisfaire une seule d'entre elles qui n'est pas en péril au niveau européen ?

Claude Allègre : " Les problèmes des loups et des ours n'étant soit dit en passant que très accessoires et relevant de la création de véritables parcs nationaux isolés de l'agriculture de montagne. "
Le vrai problème c'est la biodiversité et non l'ours ou le loup.

Michel Barnier, Ministre de l'agriculture : "Une chose est certaine, c'est que l'on ne réintroduit pas l'ours contre l'avis des acteurs locaux. On l'a oublié dans cette affaire sensible . Il faut recréer la confiance et surtout les partenariats. En ce sens, ce qu'avait organisé l' IPHB est un exemple de ce que pourrait être le départ de nouvelles orientations avant tout repeuplement" .(Cf.Propos de Michel Barnier à Masseube ( Gers ) recueillis par Philippe Delvallée pour laRépublique des Pyrénées 19/09/07)
Oui, le dialogue est indispensable. Mais après 25 ans d'insultes, dénigrements, mensonges, y compris mensonges d'Etat, humiliations... la reconnaissance de la qualité de victime pour les éleveurs ayant subi des prédations et le changement radical d'interlocuteurs semblent être des pralables pour retrouver la confiance parce qu'
il y a les hommes et les femmes, ceux qui vivent dans l'espace à protéger. Et sans ceux qui vivent sur les territoires, rien n'est possible.
Dans ce domaine, les associations écologistes ne représentent rien sur le plan local.
Il faudra en tenir compte.

Louis Dollo, le 27 septembre 2007

Voir ci-dessous une analyse du rapport du groupe 2

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Propositions du "Grenelle de l’environnement" : exprimez-vous


Après la présentation des propositions des six groupes de travail, le "Grenelle de l’environnement" entre dans une seconde phase : la consultation du public. Du 28 septembre au 14 octobre, les internautes peuvent donner leur avis et partager leur expérience sur les sites forum.gouv.fr et legrenelle-environnement.fr.
Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet et les présidents des six groupes de travail ont présenté, le 27 septembre, les propositions du "Grenelle de l’environnement".

A partir de ces propositions, un grand débat national est engagé sous deux formes :

En octobre, les conclusions de cette consultation permettront d’aboutir à un plan d’action de 15 à 20 mesures concrètes.

Source : Flash Actu du Premier Ministre du 28 septembre 2007

Observations


Il est pour le moins curieux de parler d'un "grand débat national" alors qu'il n'est prévu aucune réunion dans la région Midi-Pyrénées et que celle de l'Aquitaine est prévu à Périgueux, lieu parfaitement excentré. Il ne reste que Perpignan.
Voir la carte et lieux de réunion débat

Le Ministère de l'écologie voudrait saborder le débat et exclure les Pyrénées de celui-ci qu'il ne s'y prendrait pas mieux. Reste Internet pour ceux qui en disposent ce qui n'est pas évident dans les secteurs de montagne ou pour l'expression des personnes dont le métier est de vivre l'écologie au quotidien comme éleveurs et bergers.

Mais peut-être y a-t-il une manoeuvre de la part d'associations comme l'ADET, FERUS, ACP et FIEP dont on sait qu'ils ne représentent rien dans les Pyrénées lorsqu'il s'agit de sujets importants comme l'eau, les transports (Traversée Centrale des Pyrénées) ou les grands prédateurs. Il suffit de lire le communiqué de l'ADET ci-dessus pour comprendre que le dialogue sur ces sujets n'est pas à l'ordre du jour. C'est ainsi que des minorités agissantes, plus efficaces dans les réunions et derrière un écran d'ordinateur s'imposent comme une dictature à ceux qui travaillent dans la nature tous les jours et que l'on voudrait voir réduit à l'esclavage au profit d'une nature sauvage en travaillant 24h / 24 et 7 jours / 7.

Encore une source de conflit dans la droite ligne de ce qui avait été dicté par Gilbert Simon, actuel Vice-président de FERUS et Président de la commission scientifique du WWF alors qu'il était Directeur de la nature et des paysages au ministère de l'écologie sous Brice Lalonde dans les années 1990.

Chacun appréciera le caractère discriminatoire du comportement de ce milieu et la volonté clairement affichée du refus de dialogue. Quoique une lettre rassurante du Ministère de l'écologie propose plusieurs solutions dont des réunion interrégionales. Drôle d'inter-régions....

Louis Dollo, le 28 septembre 2007

Nota : le 9 octobre, nous aprenons que le Préfet de région a "émis un avis négatif" et que face aux protestations une réunion pourrait avoir lieu à Auch. Vraiment incroyable cette décision du Préfet qui décide sans rien demander

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Groupe 2 : de la biodiversité.... peu de choses sur l'ours


La lecture du rapport du groupe de travail n° 2 intitulé "Préserver la biodiversité et les ressources naturelles" ne fait que de brèves allusions à l'ours, le loup et aux prédateurs.
Une recherche sur les mots suivants est tout à fait significative :

  • Prédateur = rien dans le rapport, sinon en note, p.68, à propos de poissons prédateurs
  • Ours = rien dans le rapport sauf deux mentions dans la discussion, plus les ours blanc, p.68
  • Loup = rien dans le rapport sauf deux mentions dans la discussion
  • Biodiversité ordinaire = 14 fois citée ce qui est assez favorable à la diversité génétique des races d'élevage mais aussi aux autres espèces moins emblématiques que l'ours et le loup.

Des discussions nous retiendrons les éléments suivants :

  • Pascal FEREY (FNSEA) - Page 120 - : Je tiens à remercier l'équipe pour l'organisation des débats, nous sommes groupe témoin en terme d'animation et d'ambiance : les résultats doivent être là. Si nous devons participer à la discussion d'autres groupes, il ne faut pas que l'on s'en prive. Quand nous parlons du dossier pesticides, il faut ajouter tous les biocides, et tout les rejets chimiques, car ils sont tous des enjeux de santé. Le progrès de la science doit nous permettre de jauger la situation, en s'appuyant sur des indicateurs. Il faut insister sur la multifonctionnalité : rien ne sert de prendre un élément parmi les autres, il faut traiter la situation de façon globale : la synthèse du Grenelle doit refléter cette approche. Je souhaiterais que l'on se positionne également sur le " Kyoto 2 " . Pour l'instant, l'agriculture n'y est pas intégrée, alors que des propositions sur le captage agricole du CO2 pourraient être intéressantes.
  • Alain BOUGRAIN-DUBOURG (Ligue pour la protection des oiseaux - LPO): On a dit qu'il fallait valoriser les acteurs, mais il est également important de conserver une capacité de critique, afin notamment de pouvoir identifier ceux qui relâchent des pesticides, sinon on continuera à faire comme par le passé. Par ailleurs, et d'une façon générale, je ne suis pas sur qu'avec les mesures proposées, nous définissions la biodiversité que l'on veut, que l'on souhaite : veut-on des ours, des loups, de campings sans fourmis ? Il est important d'ouvrir ce débat. Enfin, une négociation sur les jachères, sur les ressources halieutiques se déroule en ce moment, et nous devons être vigilant sur le fait que, malgré les annonces ministérielles, tout ce qui touche à la biodiversité n'est pas gelé par le Grenelle.
    /…./
  • Christophe AUBEL (Ligue ROC)- Page 128 - : On est allé plus loin que le seul réseau écologique. Le but c'est de: changer la manière de faire la protection de la nature: on ne change rien si on rajoute simplement " un réseau ". Il faut créer un socle vertueux pour organiser la concertation, évacuer les blocages, le réseau serait en sorte le premier travail pratique. Le réseau ne suffira pas seul: mais c'est peut-être le premier chantier qu'on mettra en oeuvre, mais pas objectif en soit. Ce que nous devons mettre en place, ce sont les conditions pour éviter les situations telles que celles du loup ou de l'ours, évoqués à l'instant.
  • Pascal FEREY (FNSEA) : Ours = exemple flagrant d'une situation bloquée, du fait d'un territoire conquis. Eviter d'empiler les dispositifs. Revenir sur les territoires partagés et non pas conquis. Besoin d'une démocratie participative des acteurs.
  • Christophe AUBEL(Ligue ROC) : Faisons l'effort pour éviter de se retrouver dans ces situations où on essaie de réconcilier l'irréconciliable.

Devons-nous en conclure que les écologiste pro-ours, à l'exception de la Ligue ROC, qui dans ce domaine, a toujours eu une position très indépendante, ont été trahis par leurs représentants ou, que d'un commun accord avec les autorités gouvernementales et/ou les services ministériels ils ont pris conscience qu'ils avaient fait de nombreuses erreurs en un quart de siècle ? Ou bien s'alignent-ils sur une position toujours défendue par la Ligue ROC ? Ou encore, y a-t-il eu tractation financière comme il semble que ce soit le cas depuis 25 ans ?

Toutefois il faut noter deux points inquiétants pour les zones de montagne mentionnés dans le document de synthèse :

Page 1 :
1. Afin de préserver la biodiversité, notamment «ordinaire» sur tout le territoire, le groupe propose de construire la trame verte nationale, tissu vivant du territoire, qui assure les continuités et les proximités entre milieux naturels permettant aux espèces de circuler et d’interagir et aux écosystèmes de fonctionner. En effet, il s’agit en particulier de garantir du mieux possible que les écosystèmes, qu’ils soient ruraux, urbains, montagnards ou aquatiques,
trouvent à ces endroits les ressources biologiques de s’adapter globalement au changement climatique. Les grands espaces que constituent les montagnes, les grandes zones herbagères et forestières, le littoral resté sauvage ne doivent pas rencontrer d’obstacles à leur continuité écologique.
La trame verte est conçue par le groupe comme un instrument décentralisé d’aménagement durable et de concertation, favorable à une densification urbaine, permettant une gestion intégrée du territoire qui préserve la biodiversité ordinaire, les fonctions des écosystèmes et les capacités d’adaptation de la nature. Son élaboration et sa mise en oeuvre, dont le
démarrage sera lancé début 2008, sont portées par les collectivités locales et territoriales, en étroite concertation avec les acteurs de terrain, dans un cadre cohérent garanti par l’Etat.
Son caractère d’infrastructure opposable (non consensuel) doit garantir sa pérennité. (Cette manière de mettre en oeuvre la trame verte suscite l’opposition de la FNSEA et de l’APCA)
.

Page 3 :
7. Les patrimoines naturels les plus remarquables et menacés font l’objet d’un effort accru de protection, par la mise en oeuvre d’une stratégie de développement des aires protégées et par la mise en place d’un plan de conservation et de restauration pour les 131 espèces les plus menacées de France (y compris l’outre-mer et le milieu le marin). [Ndr : nous n'avons pas su trouver la liste de ces espèces. Est-ce que les animaux d'élevage, notamment les espèces autochtones pyrénéennes sont concernées ? Nous ne le savons pas.]

L'ours et le loup n'y sont pas mentionnés mais y sont bien présents de même que le vautour officiellement menacé mais pas dans toutes les régions de France comme nous pouvons le constater dans les Pyrénées.

Nous ne sommes donc pas à la veille de la disparition des conflits entre vision globale de salon et situation réelle de terrain.

Nota : Christophe AUBEL est le directeur de la Ligue ROC, association indépendante présidée par Hubert Reeves. Parmi les 9 structures inscrites au Grenelle, elle est, à notre connaissance, la seule à ne pas recevoir un centime de l'Etat afin de préserver son indépendance. La Ligue ROC a d'ailleurs toujours eu une position trsè indépendante des autres organisations environnementalistes. Voir à ce sujet : *Entretiens avec Nelly Boutinot, VP de la Ligue ROC - * La réintroduction vue par Le ROC - * Lettre à Jean Lassalle, Président de l'IPHB - Retour

Voir également

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Midi-Pyrénées veut son débat sur l'environnement


L'absence de réunion prévue en Région pour le Grenelle soulève des critiques (Voir ci-dessus).Entre Périgueux et Perpignan, un grand vide. Parmi la quinzaine de villes choisies par le gouvernement pour organiser les réunions préparatoires au Grenelle de l'environnement, prévu à la fin du mois, aucune cité de Midi-Pyrénées n'a été choisie.

Le préfet, Jean-François Carenco, avoue qu'il a traité des demandes : "C'est vrai, on me l'a proposé. J'ai émis un avis négatif, mais si tout le monde veut le faire, pourquoi pas ?" déclarait-il devant l'assemblée des maires de Haute-Garonne le week-end dernier.
Un avis qui ne manquera pas d'interpeller dans les rangs des partisans d'un débat. "De toute façon, on avait prévu de se déplacer à Perpignan, note Guillaume Cros, porte-parole régional des Verts. Mais si quelque chose se fait dans la Région, alors on ira exposer nos points de vue."

Car en Midi-Pyrénées, les écologistes ne manquent pas d'idées pour alimenter le débat lancé par Jean-Louis Borloo. Dommage de s'en priver. OGM, nucléaire, risques industriels, déchets, incinérateurs… "Dans la Région, on a une certaine culture du débat citoyen et collectif. Peut-être le pouvoir a-t-il eu peur de cette qualité de débat", objecte Alain Cieskanski, président des Amis de la Terre.

Une version réfutée par Philippe Dufettele, délégué de Génération écologie et adjoint au maire chargé de l'environnement : "Une réunion régionale aurait été souhaitable admet-il, mais ce n'est pas un obstacle. Toutes les Régions n'ont pas de réunion. Pourquoi focaliser sur Midi-Pyrénées ? Et puis, il y a d'autres moyens d'apporter sa contribution."

Auteur : Philippe Font
Source : Metrofrance.com du 8 octobre 2007

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Les Pyrénées auront-elles leur " Grenelle de l'Environnement "


Tout le monde a été surpris de constater de voir sur le site Web du Ministère de l'Ecologie que les Pyrénéens soient obligés d'aller à Perpignan pour donner leur avis sur l'environnement. C'est ce que le ministre appelle un "grand débat national". Nous avions aussi connu le même phénomène pour l'introduction d'ours en 2005.

Mais le plus étonnant est de d'entendre le préfet de région, Jean-François Carenco, dire : "C'est vrai, on me l'a proposé. J'ai émis un avis négatif, mais si tout le monde veut le faire, pourquoi pas ?" En voilà un qui ne manque pas d'air : il pense pour le peuple toit seul dans son bureau. Il ne faut pas s'étonner si par la suite il y a des conflits avec de tels comportements au point de s'interroger comme nous le faisait remarquer un éleveur " le problème ce n'est peut-être pas l'ours mais le Préfet de région qui gère tout tout seul."

La date d'une réunion est avancée pour le 15 octobre à Auch. Encore une dialogue dans la précipitation sans véritable préparation. Mais cette fois nous saurons précisément à qui en imputer la faute.
Voir à cet égard l'interview vidéo de Jean-Louis Cazaubon du vendredi 5 octobre

Louis Dollo, le 10 octobre 2007 - Lourdes-Infos

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Nous aurons notre Grenelle de l’Environnement


Le grand Sud-Ouest, c'est-à-dire la Gascogne et le Pays-Basque devraient avoir leur Grenelle de l’Environnement le 22 octobre à Auch selon une source de la Chambre d’Agriculture des Hautes-Pyrénées. Il semble que le Président Jean-Louis Cazaubon soit invité contrairement à ce qui était prévu pour Perpignan. Souhaitons que le dialogue puisse s’instaurer contrairement à d’autres départements comme l’Isère où le milieu agricole en est exclu (Voir le communiqué de presse de la chambre d'Agriculture et de Jeujnes Agriculteurs de l'Isère ) Rappelons également qu’à l’origine il n’était prévu aucune réunion sur Midi-Pyrénées et le sud Aquitaine. Le préfet de région, Jean-François Carenco avait « émis un avis négatif » (voir ci-dessus)

Louis Dollo, le 11 octobre 2007 - Lourdes-Infos

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La droite reste réservée sur les idées émises au Grenelle de l'environnement


Les rôles ont parfois semblé s'inverser, lors des débats sur le Grenelle de l'environnement, mercredi 3 octobre à l'Assemblée nationale et jeudi 4 au Sénat. Le gouvernement a reçu des encouragements - teintés de scepticisme - à gauche, tandis que la droite, tout en affichant son soutien, a multiplié les mises en garde. "Nous avons un intérêt économique à devenir les champions de l'environnement", a affirmé le président du groupe UMP de l'Assemblée Jean-François Copé, tout en rejetant les "fausses bonnes idées, comme la réduction de 10 km/h de la vitesse sur les routes". "Agriculteurs, industriels, automobilistes, consommateurs, nous avons commencé à prendre conscience de ce que nous devons faire individuellement, il serait terrible de prendre des sanctions, alors que les mentalités sont en train d'évoluer", a-t-il lancé.

Reflétant les réserves de plusieurs députés, Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre, Lot-et-Garonne) a estimé que la première phase du Grenelle avait abouti à un simple "inventaire des opinions existantes", sans vision stratégique. "Le Parlement doit maintenant prendre le relais", a-t-il affirmé, souhaitant une loi-cadre sur l'environnement.

Pour le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Ollier (UMP), le gouvernement doit s'engager sur des "objectifs fixés dans les temps et sur les moyens de les atteindre". Pour lui, le passage au Parlement permettra de "prendre en considération les lois déjà votées par la majorité" et d'éviter "les débats faussés et les positions intégristes, non fondées scientifiquement".

"EFFORT COLLECTIF"
Les députés UMP ont adopté des registres très divers, certains se bornant aux préoccupations locales ou sectorielles, d'autres se plaçant sur un terrain plus élevé, comme Serge Grouard (UMP, Loiret) pour qui le développement durable est l'équivalent "d'une nouvelle philosophie des Lumières". "Le gouvernement doit maintenant expliquer que nous n'arriverons à rien sans effort collectif, a de son côté affirmé Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit, Essonne). Nous ne nous en sortirons pas en essayant de ne faire aucune vague."

Les sénateurs, plus positifs que leurs collègues sur les idées issues des groupes de travail du Grenelle, ont montré leur bonne connaissance des grands enjeux environnementaux et des dossiers techniques. "La facture cachée de la pollution finit toujours par être payée, a affirmé Fabienne Keller (UMP, Bas-Rhin). Mais pas par les bons acteurs." Comme la plupart de ses collègues, la sénatrice a réclamé l'adoption de "financements durables" pour les futurs programmes.

L'orateur du Parti socialiste à l'Assemblée nationale, Philippe Martin (Gers), a souhaité "le succès" du Grenelle : "Nous appelons de nos voeux la rupture à laquelle vous vous êtes engagés. Si vous voulez nous persuader que c'est bien l'avenir de la planète qui vous préoccupe, montrez-nous la profondeur de vos convictions et votre capacité à obtenir des résultats à la hauteur des espérances." "Je ne souhaite qu'une chose, que vous réussissiez, a également lancé Dominique Voynet, sénatrice (Verts) de Seine-Saint-Denis, au ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo. Ce sera tout sauf simple, tout sauf consensuel. Je vous envie et je vous plains aussi. Bon courage, il vous en faudra."

Auteur : Gaëlle Dupont
Source : Le Monde du 6 octobre 2007

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La consultation Internet est prolongée jusqu'à dimanche 14 octobre 2007


Le "Grenelle Environnement" est entré depuis le 28 septembre 2007 dans la phase de consultation, qui doit permettre à chaque citoyen de s'exprimer sur les propositions d'actions issues des groupes de travail nationaux et donc d'apporter sa contribution à l'élaboration du plan qui sera arrêté par le Gouvernement fin octobre.

Dans ce cadre, le ministère a mis en place un forum internet, composé de plusieurs salles de discussion thématiques, pour une durée de 2 semaines, accessible à partir du site www.legrenelle-environnement.fr,.

Devant le succès rencontré, Jean-Louis BORLOO, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a décidé de prolonger l'accès au forum jusqu'à dimanche 14 octobre 2007 (fermeture prévue initialement le 12 octobre au soir).

En effet, le forum internet a reçu à ce jour 11 735 contributions.

Par ailleurs, depuis son lancement début juillet, le site internet du Grenelle Environnement a reçu 305 730 visites, la moyenne des visites étant ces deux dernières semaines d'environ 16 000 visites/jour.

Source : Communiqué de presse du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables du 12 octobre 2007

Observation de louis Dollo : Dans les faits les forums étaient fermés le dimanche 14 octobre. La prolongation du Week End n'a donc pas eu lieu.

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Grenelle de l'environnement : le gouvernement a revu sa copie


Le gouvernement a adressé mercredi aux différentes parties une nouvelle synthèse de propositions à négocier, lors du Grenelle de l'Environnement les 24 et 25 octobre, qui renoue partiellement avec les ambitions des groupes de travail.

Le document, qui sera débattu lors de cette phase ultime des travaux, reprend notamment un arsenal de mesures qui avaient été gommées de la précédente version, soulevant un tollé des écologistes.

Il s'agit d'inciter la société et les opérateurs économiques à la sobriété énergétique, de les conduire à des choix de consommation moins polluants et de ménager la place de la nature dans les grands choix économiques.

Leur survie et leur mise en oeuvre dépendra cependant de l'issue des négociations la semaine prochaine entre les cinq catégories d'acteurs du Grenelle - Etat, collectivités locales, représentants des salariés, du patronat et associations -, clôturées par le président Nicolas Sarkozy.

Le document qui leur est soumis prône une "rupture technologique dans le bâtiment" - avec un plan thermique de grande ampleur visant à réduire les besoins d'énergie - et un "changement radical de stratégie dans les transports", donnant priorité au rail sur la route. La route et l'avion doivent devenir "des solutions de dernier recours" faute d'alternative.

Globalement, l'objectif est de réduire de 20% d'ici 2020 les émissions actuelles du secteur transport qui représente 25% des émissions françaises de gaz à effet de serre (GES).

L'idée d'un bonus-malus récompensant les voitures propres et pénalisant les plus polluantes est retenue. Mais celle de réduire de 10 km/h la vitesse sur les routes et autoroutes n'est mentionnée qu'entre parenthèses, loin de faire l'unanimité.

"C'est une excellente base de départ", note le porte-parole de la fédération France Nature Environnement (FNE) Arnaud Gossement. "On a de nets progrès, notamment sur la gouvernance écologique ou les OGM, mais au moins trois grands oublis: l'eau, les déchets, les phytosanitaires" poursuit-il.

La FNE regrette "qu'on s'en remette encore trop aux promesses de progrès technologiques" et déplore l'absence d'objectifs chiffrés dans le domaine agricole, qu'il s'agisse du bio ou de la réduction des pesticides.

En termes de santé, le document est plus frileux que la réglementation européenne Reach sur les produits chimiques.

"Il faudra encore beaucoup travailler, point par point, pour avoir de vraies mesures de rupture", ajoute M. Gossement. "Mais que de chemin parcouru".

"On est sur un constat intéressant des différentes propositions", juge Yannick Jadot, de Greenpeace, s'exprimant au nom de l'Alliance pour la planète (collectif de 80 ONG dont le WWF, les Amis de la Terre, le réseau Action Climat). "Mais on reste sur sa faim concernant les mesures opérationnelles autour des objectifs retenus".

Pour être sûr d'avancer les 24-25 octobre, il faut selon lui rentrer directement dans le vif du sujet: que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo "mette sur la table les ambitions de l'Etat et on négocie à partir de là: si l'Etat doit arbitrer sur un certain nombre de sujets, autant discuter directement sur ses propositions", avance-t-il.

Selon un précédent document du ministère de l'Ecologie, les mesures arrêtées lors du Grenelle seront ensuite traduites en une "loi d'orientation et de programmation présentée au Parlement au premier semestre 2008".

"Si on ne sort pas vert vif du Grenelle, on sera vert-jaune quand les propositions seront passées dans la machine administrative et parlementaire", se méfie Yannick Jadot.

Source : AFP Google du 18 octobre 2007

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Les agriculteurs divisés sur le Grenelle de l'Environnement et les OGM


Les agriculteurs restent fortement divisés sur le Grenelle de l'Environnement, notamment sur la question des OGM (organismes génétiquement modifiés), à une semaine de la table-ronde finale, phase ultime de ce forum qui a agité les campagnes françaises.

"Les paysans sont et resteront les premiers écologistes du pays", a affirmé mercredi le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, se disant satisfait que les agriculteurs n'aient pas été mis au banc des accusés lors des débats du Grenelle de l'Environnement.

"Croyez-vous que c'était facile pour la FNSEA d'aller au Grenelle de l'Environnement ? A l'évidence non", a souligné le président du principal syndicat agricole français, lors d'une conférence de presse.

La FNSEA a toutefois atteint son principal objectif: éviter qu'un objectif contraignant de réduction d'utilisation des pesticides soit inséré dans les mesures principales qui seront adoptés lors des deux jours de travaux finaux, les 24 et 25 octobre ou dans la loi d'orientation et de programmation qui doit être présentée au Parlement au premier semestre 2008.

En échange, M. Lemétayer, s'est déclaré jeudi dernier prêt à accepter un gel "provisoire" de la commercialisation des semences OGM jusqu'au vote d'une loi mais uniquement "à condition que le texte prenne effet avant les prochains semis du printemps". Jusque là, la FNSEA s'était radicalement opposée à cette idée, au point de menacer un temps de se retirer définitivement du Grenelle.

Le président de la FNSEA a reconnu mercredi qu'il avait pris cette décision sans l'aval du bureau de son syndicat, déclenchant ainsi la fureur des influents céréaliers, en particulier des producteurs de maïs, seuls en France à cultiver une variété OGM.

Le débat devrait se poursuivre lors du bureau et du conseil d'admnistration de la FNSEA, maintenus jeudi malgré les grèves des transports.

Pour la Confédération Paysanne, deuxième syndicat agricole, qui tenait également une conférence de presse, ce "gel" n'est qu'un leurre, les semis de maïs n'ayant lieu qu'à fin avril. Régis Hochart, son porte-parole, a réclamé mercredi, un véritable "moratoire".

La Confédération Paysanne souhaite que la future loi indique qu'"un produit sans OGM est un produit dans lequel on ne peut pas en détecter (moins de 0,1%) et non un produit dans lequel on en tolère 0,9%, comme c'est le cas actuellement le cas pour l'étiquetage des produits alimentaires".

Le troisième syndicat agricole, la Coordination Rurale, revendique de son côté une position qu'il qualifie de "mesurée".

Dans une fiche consacrée à la question, la Coordination indique qu'elle "ne s'oppose pas par principe aux OGM s'ils s'avèrent utiles à l'humanité". Mais elle relève qu'"aucune loi ne permet aujourd'hui d'établir les responsabilités en cas de problèmes liés à la dissémination" et qu'"il subsiste des doutes sur l'innocuité des OGM qu'aucun scientifique n'a vraiment levés".

Elle réclame donc "l'application du principe de précaution" en soulignant qu'"aucun assureur n'accepte de couvrir ces risques puisqu'ils sont inestimables et inestimées".

A l'issue de débats acharnés sur les OGM pendant les travaux du Grenelle de l'environnement, un consensus est apparu sur le principe d'une nouvelle loi et la création d'une Haute autorité.

Ces cultures, du maïs uniquement - le MON810 de l'Américain Monsanto - représentent 22.000 ha sur les 2,8 M de maïs cultivés en France, soit 0,75% des surfaces et environ 2.000 agriculteurs, selon leurs syndicats.

Source : AFP Google du 18 octobre 2007

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Ce "Grenelle" n'a de légitimité ni scientifique, ni républicaine


Au fond de l'écologie contemporaine, il y a toujours cette « grande peur planétaire » que les militants déclinent en une multitude de rubriques : épuisement des ressources naturelles, dangers nucléaires, traitement des déchets, manipulations génétiques, réchauffement climatique, atteintes à la biodiversité, pollution des mers et des rivières...


Craintes factuelles et empiriques, portant sur des périls dont on devrait bien parvenir un jour à mesurer de manière scientifique la réalité et la portée exactes.

Mais il y a plus, et autre chose, dans le souci de préserver la nature telle qu'elle est, voire de la restaurer telle qu'elle fut pour la transmettre aux futures générations : le principe fondateur d'une « autre politique », plus ou moins anticapitaliste et altermondialiste, qui soumette enfin l'économie à l'écologie.

Et pour la justifier, rien n'est plus précieux que de pouvoir s'appuyer sur cette formidable et si commune passion qu'est la peur.

Voilà pourquoi l'écologie radicale se plaît à souligner en permanence le décalage entre la faiblesse de nos lumières et l'extraordinaire potentiel de destruction dont nous disposons. Comme le monstre de Frankenstein ou la créature de l'apprenti sorcier, notre monde industriel et technicien aurait développé des capacités d'anéantissement de la terre d'autant plus effrayantes qu'elles échapperaient au contrôle de leurs créateurs. Avec un tel discours, plus besoin de discussion : les esprits sont prêts à être mis au pas pour accepter de bonne grâce les mesures liberticides qu'on cherche à leur imposer.

Pas de malentendu : nul ne doute qu'il faille protéger la planète ni qu'il y ait quelque urgence à le faire. Ce qui inquiète, pourtant, plus encore que les pollutions de l'air ou de l'eau - qui ne nous empêchent pas d'avoir quasiment doublé nos espérances de vie en un siècle ! - c'est celle de l'atmosphère intellectuelle et morale dans laquelle la réflexion semble aujourd'hui prendre place.

Car nos écologistes militants, de gauche comme maintenant de droite, associent de manière imparable trois logiques qui, au final, forment un redoutable piège : une logique de la peur selon laquelle cette passion, naguère encore honteuse, serait désormais un vecteur de sagesse - ce dont témoigne la calamiteuse inscription du principe de précaution dans une Constitution où il n'a que faire ; une logique médiatique, où les people, animateurs télé, vedettes de cinéma, de la chanson ou de la politique, relèguent les scientifiques et les économistes sérieux au fond du fond du panier ; enfin une logique d'interdiction qui, une fois la panique bien ancrée dans les esprits, n'a plus qu'à se baisser pour en ramasser les dividendes politiques.

Limiter la vitesse à 120 km/h ne sert rigoureusement à rien en termes de protection de l'environnement et relève de la pure démagogie - les Allemands, bien plus écolos que nous, ont d'ailleurs écarté cette mesure absurde au profit de modulations plus intelligentes, des limitations que nous serions bien avisés d'imiter.

Mais l'interdit rassure parce qu'il donne le sentiment que le politique, enfin, « fait quelque chose ». C'est l'association de ces trois logiques qu'il faut déconstruire si nous voulons avoir une chance d'aborder de façon positive la politique environnementale.

C'est dire combien nous sommes loin du compte ! Quels que soient ses mérites et la qualité des personnes qui y prennent part, le « Grenelle de l'environnement » n'a de légitimité ni scientifique, ni républicaine. Il ne représente en rien les citoyens que nous sommes et relève à 100 % du management et de la communication politiques.

Quoi qu'il en sorte, c'est fort heureusement au Parlement qu'il reviendra de trancher. Voilà pourquoi il est indispensable de l'éclairer plus et mieux qu'aujourd'hui, et de créer à cette fin, en s'inspirant des enseignements qu'on peut maintenant tirer du fonctionnement des comités d'éthique, une véritable institution républicaine, composée au premier chef d'authentiques scientifiques, qui soit enfin chargée d'éclairer l'espace public.

Il est désormais vital qu'existe sur ces questions un lieu dans lequel on organise le nécessaire débat contradictoire sur des sujets, par exemple les OGM, dont la simple honnêteté intellectuelle oblige à affirmer qu'ils sont loin d'être tranchés.

Un lieu dans lequel on puisse distinguer les vrais risques des rumeurs absurdes, mais aussi construire une hiérarchie des priorités sans laquelle aucune politique ambitieuse n'a de sens.

Pour l'instant, c'est l'alliance de la peur et des médias qui domine. Il faut lui substituer celle de la science et de la République.

Auteur : Luc Ferry, philosophe, ancien ministre
Source : Le Figaro du 19 octobre 2007

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Grenelle de l’Environnement : les députés tentent de reprendre la main


Le ministère de l’écologie est en train de préparer activement la dernière phase du Grenelle de l’environnement, les 24 et 25 octobre prochains, tandis que les associations, qui ont participé à sa préparation, planchent actuellement sur le document de travail qu’elles ont reçu en début de semaine. Etablit par le ministère, ce document liste les principaux programmes et mesures proposés (1), en les déclinant en 4 parties distinctes :
- Lutter contre le changement climatique ;
- Préserver la biodiversité et les milieux naturels ;
- Stimuler l’économie en préservant la santé et l’environnement ;
- Instaurer une démocratie écologique.

De leur côté, ne cachant pas leur inquiétude sur l’adoption de mesures qui pourraient s’avérer désastreuses lors des élections municipales du printemps 2008, les députés tentent de se positionner pour que les choses ne se fassent pas sans eux. Ainsi, les groupes de suivi du Grenelle de l’environnement de l’Assemblée nationale et du Sénat ont adopté une position commune pour essayer d’influer sur le devenir de ce qui va être arrêté lors de la dernière étape du Grenelle. Cinq priorités ont été définies, avec dans un premier temps la réalisation d’un bilan environnemental des lois actuelles, ainsi que des travaux parlementaires déjà effectués en la matière. Cette phase devrait être assez rapide, puisque les députés proposent de débattre, dès le début 2008, d’une loi d’orientation qui définisse précisément les objectifs à atteindre. Cette proposition a reçu l’assentiment de Jean-Louis Borloo, le ministre de l’écologie, lors de sa présentation par les députés.

Outre ces 2 priorités, l’Assemblée nationale et le Sénat se prononcent pour l’identification d’une « trame verte » nationale, visant à préserver la biodiversité sans compromettre le développement des régions (ce qui apparaît un peu antinomique, N.D.L.R.), tandis que le renforcement de l’action de la France au service du développement durable, au niveau européen et international, est également émis. Enfin, au niveau fiscal, les députés souhaitent que la mise en œuvre de ces mesures se fasse à pression fiscale constante, tout en privilégiant l’incitation à la contrainte.

Auteur : Pascal Farcy
Source : Univers Nature du 19 octobre 2007

1- Univers-nature.com en proposera un résumé dimanche, en fin de journée.

Attention, danger !


Il est surprenant qu'un journaliste s'étonne que les élus nationaux, notamment députés et sénateurs qui ont pour fonction de légiférer, c'est à dire faire les lois, s'intéresse au Grenelle de l'environnement et cherchent à en faire une loi. D'autres seraient plutôt satisfaits de cette évolution...

Pat ailleurs, si des mesures s'avère désastreuses pour les élection municipales, c'est qu'elles n'auront pas été populaire parce que mal expliquées ou tout simplement irréalistes et inadaptées à la réalité du terrain.

En définitive, de cet article d'Univers Nature il en ressort que le mouvement environnementaliste n'apprécie pas trop les structures démocratiques du pays. Dans les Pyrénées, nous l'avions compris depuis qu'il a fallu des gendarmes en armes pour imposer l'introduction d'ours. Ces ONG dites "écologistes" souhaiteraient elles une dictature qui imposerait leur point de vue et uniquement LEUR point de vue à tout un peuple ? Lorsque l'on connaît les origines du WWF, nous le comprenons. Est-ce pour autant que nous devons accepter ce principe de terroristes intellectuels ?

Louis Dollo, le 19 octobre 2007

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Une grand-messe de l'environnement, oui mais pour quoi faire ?


C'est parti. Le « Grenelle de l'environnement » va sauver la planète. Comme le Grenelle de 1968 sauva la France. Au fait, se souvient-on du résultat ? Une inflation et un chômage en hausse ! On pourrait trouver meilleur symbole. Les grands-messes ont leur utilité. Elles unissent les fidèles en une communion intense propre à ouvrir les portes du paradis. Accessoirement, elles donnent aussi à chacune des ouailles l'occasion de montrer son plus beau ramage, et de révéler au paroissien ébaubi les sommets insoupçonnés de sa foi et de sa vertu. Nul doute, la grande cérémonie sur l'environnement remplira cette fonction à merveille et les surenchères en matière d'orthodoxie religieuse, pardon, environnementale, fuseront de toutes parts. Mais y verra-t-on plus clair après ? Débouchera-t-elle sur une vision de l'écologie davantage fondée sur la raison que sur l'émotion ? Le doute est permis.

Pour paraphraser Georges Clemenceau, l'écologie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux écologistes. Ou pour que tout un chacun joue au « plus écolo que moi, tu meurs », le tout chaperonné par des médias dégoulinant de bonnes intentions et de leçons de morale.

Oui, l'environnement ne doit pas demeurer entre les mains de groupes de pression écologiques, qui souvent ne voient que le bout de leur brindille, même si leurs intentions sont les meilleures du monde et leurs leaders sympathiques. Comme tous les autres sujets de société, ceux liés à l'environnement impliquent des choix et des arbitrages, dans un monde où les ressources sont limitées, avec des coûts et des bénéfices associés aux différentes mesures. Bref, des problématiques qui relèvent de la froide et ennuyeuse analyse économique. On n'y peut mais. L'oublier serait ouvrir un boulevard à la démagogie, au gaspillage et, in fine, à la baisse du bien-être collectif.

Oui, les questions écologiques sont pour beaucoup des questions économiques. Et des questions sur lesquelles les économistes travaillent et réfléchissent. Dommage qu'on ne tienne pas davantage compte de leurs travaux et réflexions, et que leurs positions ne soient pas davantage exposées et entendues, ou, quand elles le sont, qu'elles le soient de façon un peu moins caricaturale.

Exemple, celui du changement climatique, au coeur des débats actuels. À écouter nos grands prêtres, il faudrait presque cesser de voyager - sauf à vélo, bien sûr - casser sa voiture, ne plus prendre l'avion, voire même bombarder les champs pétrolifères, tant la catastrophe serait à notre porte.

J'exagère un peu, d'accord. Mais nous parle-t-on véritablement des vérités économiques de base, pourtant essentielles pour traiter intelligemment de l'environnement ? Nous présente-t-on avec un minimum de rigueur les conséquences de la lutte contre la pollution sur la croissance et l'emploi, pour ainsi mieux effectuer les arbitrages induits, loin d'être toujours faciles ? Considère-t-on le coût des énergies alternatives aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), et le coût des subventions qu'elles reçoivent ou devraient recevoir pour être rentables, lorsqu'on nous serine soir et matin qu'il convient dès demain de les multiplier à tout-va ? Est-ce qu'on évalue les avantages et les inconvénients (les coûts et les bénéfices) des mesures d'adaptation à la hausse des températures comparés aux avantages et inconvénients de la lutte contre cette hausse, et toutes les combinaisons possibles entre ces méthodes ? Et si l'on nous en dit un peu plus sur la fiscalité écologique, à juste titre centrale en matière d'environnement, évalue-t-on la nécessaire réforme globale de la fiscalité qu'elle implique, le tout sans alourdir - mieux, en diminuant - l'ensemble des prélèvements obligatoires ? Et l'indispensable innovation technologique, sans doute « la » solution à long terme contre les gaz à effet de serre, comment la traite-t-on ? Et pour la recherche non moins indispensable pour l'engendrer, que fait-on ? En outre, croit-on y arriver seul ou en coopération avec les autres ? Et quel rôle accorder au marché et aux entreprises dans cette démarche ? Et comment incorporer l'incertitude liée au changement climatique et à ses conséquences ? Et...

On le voit, maintes et maintes questions se posent qui relèvent pour l'essentiel du domaine de l'économie, et qui ne seront pas résolues par de grandes déclarations morales ou de belles envolées lyriques sur « la planète qui brûle ». Elles exigent de la raison économique, de l'intelligence créatrice, des marchés dynamiques et ouverts, et un État « incitateur » à la bonne performance environnementale (sans négliger les autres préoccupations économiques), plutôt qu'à la contrainte bureaucratique.

Et puis, trop garder la tête dans le guidon, fût-il vert, peut nuire à la perspective. Un fait, un simple fait, en matière de réchauffement climatique. La France représente environ 1,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si, par un quelconque coup de baguette magique, on parvenait à gommer ces émissions, le thermomètre baisserait d'un formidable montant : sans doute un ou deux millionièmes de degré d'ici à la fin du siècle ! Au risque de choquer, on pourrait en conclure que le réchauffement climatique n'est pas un problème français. Ce qui ne veut pas dire que nous devrions ne rien faire, mais que, quoi que nous fassions, presque mathématiquement, l'impact sur la température du globe sera quasi nul. C.Q.F.D. Que nous sommes petits !

Le changement climatique est bel et bien un problème mondial, celui d'un bien public mondial, et qui doit être traité comme tel. Nos débats, positions et propositions bien franco-français ne seraient-ils pas alors quelque peu dérisoires... ?

Auteur : André Fourçans, professeur d'économie à l'Essec.
Source : Le Figaro du 19 octobre 2007

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Grenelle de l’Environnement : la contribution de FERUS

Ce texte est la contribution de FERUS au Grenelle de l’Environnement. Il a été posté sur le site de consultation publique du Grenelle de l’Environnement et également envoyé aux rapporteurs du groupe "Préserver la biodiversité et les ressources naturelles" du Grenelle, aux Ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie et à la DNP (Direction de la Nature et des Paysages).

Faire un effort exceptionnel sur les espèces qui génèrent des conflits
Il s’agit ici d’une contribution complémentaire à l’excellent travail qu’a déjà produit le groupe sur la biodiversité.

Il est issu de l’expérience de FERUS, association nationale qui protège les grands carnivores.

Les espèces qui génèrent des conflits ne sont pas toutes « menacées », certaines même ne se portent pas trop mal ; (il n’est pas question, bien sûr, des espèces invasives).

Il existe un dispositif général consistant à décliner par groupe d’espèces et même par espèce la stratégie nationale pour la biodiversité, mais il faut intensifier les politiques de soutien aux espèces qui suscitent des réactions de forte hostilité dans des fractions de l’opinion. Et peut être mettre en commun au sein d’une task force (dans une Agence pour la Nature ou un service de ministère) les éléments qui les rassemblent, avant de leur consacrer ensuite des plans d’actions particuliers. Ces espèces qui dérangent sont en effet de parfaits révélateurs des énormes obstacles que rencontrera l’ambitieux projet d’arrêter l’érosion de la biodiversité. On le constate dans cinq domaines au moins.

1 Le combat pour la biodiversité commence dans les esprits

Ce n’est pas parce que les scientifiques sont unanimes que tous les publics adhèrent. Ceux que la présence du loup, de l’ours, mais aussi du hamster, de rapaces ou d’oiseaux piscivores, d’insectes xylophages inféodés aux vieux arbres dérangent proclament : ces espèces ne sont pas menacées, elles existent ailleurs que chez nous ( qu’en France, ou que dans notre région), donc nous pouvons les faire disparaître. Les vieux concepts d’utile et de nuisible ressurgissent vite, « à quoi servent-elles, qu’à nous pourrir l’existence ? ». L’affirmation par ailleurs fort belle que la Biodiversité est l’Assurance vie de la Terre -mentionnée par le groupe du Grenelle- est comprise par les ennemis de ces espèces comme une sorte d’appel à constituer un conservatoire de specimens, une banque de gènes. Ils pensent qu’elle les éxonère de l’obligation de maintenir in situ les espèces qui ne sont pas strictement endémiques et menacées, puisque l’objectif est d’éviter les disparitions d’organismes vivants qui pourraient faire défaut à l’humanité.

Il est impératif que l’ensemble des forces qui auront à accompagner la stratégie pour la biodiversité trouve les mots et les vecteurs pour combattre cette propension à trier entre les bonnes et les mauvaises causes (on a vu sur l’ours de nombreux bons esprits reprendre à leur compte l’affirmation des éleveurs que l’animal « n’avait plus sa place »). Si l’on accepte de perdre "quelques" espèces, on se résigne au fil du temps à en voir disparaître beaucoup plus.

2 Le monde politique doit assumer les conséquences de cet engagement global

On en est loin, on ne peut qu’être frappé par l’incapacité quasi totale des élus territoriaux à faire autre chose que défendre les intérêts dits économiques immédiatements menacés par la survie des espèces qui dérangent. Au mieux les régions s’abstiennent prudemment de s’exprimer, les départements, les communes et les parlementaires « locaux » harcèlent l’Etat . Avec pour résultat d’une part que cela renforce l’image négative d’une biodiversité protégée par Paris contre le sentiment des populations locales, d’autre part que cela pose la question de la contradiction entre des engagements internationaux précis et l’affirmation qu’il faut prendre en compte les désirs des populations concernées.

Au minimum un gros travail de formation et d’éducation interne aux partis politiques est nécessaire pour que la biodiversité cesse d’être un domaine où il est permis de dire n’importe quoi au nom de la défense des intérêts économiques et d’une conception étriquée du "développement".

3 Pour ces espèces, il faut de l’espace

Malgré les zones protégées et Natura 2000, on souffre encore d’un énorme déficit de milieux vraiment naturels. La plupart de ces espèces « à problèmes » ont un grand besoin de tranquillité. Le groupe du Grenelle mentionne la rareté des surfaces naturelles continues de plus de 50 kilomètres carrés. On devrait ajouter que les zones dans lesquelles n’existe aucune infrastructure permettant la pénétration d’un véhicule à moteur sont rarissimes. Si l’on inclut les pistes forestières carrossables (même quand l’accès est théoriquement restreint) ce sont les espaces d’au moins UN kilomètre carré qui sont l’exception en France.

La lutte contre l’artificialisation des sols est justement préconisée par le groupe, avec évocation de mesures fiscales. Certaines espèces sont précisément mal perçues parcequ’elles occupent des espaces convoités, sur le littoral, en montagne, près des eaux douces. Les tétraonidés, les tortues ne seront conservés qu’au prix de renonciation à des activités de loisirs très populaires et très rentables.
Plus généralement l’étalement urbain et le cloisonnement par les infrastructures repoussent des espèces vers des lieux où elles entrent en conflit direct avec l’homme.

Il faudrait d’une manière ou d’une autre instaurer une règle en dehors des zones urbaines : pas un kilomètre de voie créé sans qu’on en supprime un autre, par exemple une vieille piste forestière ou une route « touristique » qui ne dessert plus d’habitation permanente. Et il faudrait, si l’on estime qu’il faut passer de 60 000 hectares artificialisés par an -un département tous les dix ans !- à 30 000, puis à 10 000, faute de quoi la nature ne sera pas durable, établir au niveau national un contingent annuel maximum de surface équipable à répartir dans les documents d’urbanisme (en volume) avec une autorité régulatrice et compensatrice. La juxtaposition des efforts spontanés (s’ils existent) des collectivités décentralisées n’aboutira jamais à ralentir l’étalement global, et la fiscalité poussera surtout à la hausse du prix des équipements.

4 Il faut aussi une bonne police

On néglige souvent le fait que la seconde cause de disparition des espèces après la destruction des habitats est leur destruction directe par l’homme (à égalité avec les espèces invasives). Les effets du changement climatique ou de l’accumulation des polluants ne se feront sentir que « trop tard » pour de nombreuses espèces que l’homme aura éradiquées directement bien avant. Pour lutter contre cette cause majeure de déclin de la biodiversité, en plus d’une grande éducation populaire, rien ne vaut une bonne police de la nature.

Avec environ un agent pour 25 000 hectares, et un agent pour 5000 kilomètres de bord d’eau, la France est un nain en la matière parmi les pays modernes. Il faut aborder ces questions triviales, peu compatibles avec le destockage des agents publics, et faire une exception dans ce domaine.

Il faut aussi durcir les lois de protection, la tentative de destruction d’espèce protégée n’est pas punissable en France, la perturbation intentionnelle et la destruction des biotopes ne sont sanctionnées que symboliquement.

5 Il faut enfin des experts indépendants