Cette zone ours est d'une dimension très importante du fait des besoins
de l’Ours ; il n’y a rien de comparable avec les autres espèces
à protéger. Ce serait ainsi environ 400 communes du département des
Pyrénées-Atlantiques sur 510 qui seraient sous l’emprise Natura 2000.
situation bien évidemment inacceptable pour les élus et les populations
locales qui se sentent rejetées et soumises à des contraintes de vie
nouvelles qu’ils connaissent déjà partiellement.
Déjà, l’ancien
Ministre de l’environnement, Brice Lalonde, avait imposé unilatéralement
des zones de protection. Les communes s’étaient regroupées au sein de
l’Institution Patrimoniale du
Haut Béarn (IPHB). Elles craignent le gel de leur territoire
sous prétexte de protéger l’ours. Mais se pose un problème économique
important. En même temps qu'une
zone à ours, c’est aussi la région européenne où l’on produit le plus
de fromage de brebis en montagne dont l'AOC Ossau-Iraty.
Le bras de fer est donc engagé entre les populations locales soucieuses
de préserver :
- Leur liberté
et leur droit au travail
- Leurs méthodes
ancestrales de production laitière et fromagère (appellation contrôlée)
- Leurs activités
agricoles, etc…
Ils connaissent toutes ces contraintes depuis plusieurs années. Natura
2000 n’a donc rien de nouveau pour eux en ce sens qu’ils en connaissent
le prix et veulent donc, à tout
prix, éviter l’extension de cette zone de protection déjà existante.
Ne pouvant se faire
entendre des institutions nationales et européennes, l’IPHB fait appel
aux services de Maître Olivier Piquemal, avocat à Toulouse. Après étude
du dossier, ce fut la consternation pour les élus et les éleveurs. Juridiquement,
les populations doivent se soumettre de fait. Pourquoi ?
S’il est bien demandé
un avis à la commune, ce qui fait politiquement correcte, il apparaît
que :
1/ si la commune
ne répond pas, son avis est réputé favorable deux mois après avoir
reçu la proposition de périmètre Natura 2000 et à ses conséquences
de protection.
2/ si la
commune répond en exprimant son désaccord sur le périmètre proposé,
il faut savoir que :
- Les motivations
et raisons économiques du refus (en l’occurrence l’élevage de brebis
laitières) ne sont pas recevables.
- Pour être
recevable il est préférable, selon les termes du Préfet "de s’appuyer
sur des considérations d’ordre scientifique afin que je [le Préfet]
puisse en tenir compte"
On voit clairement,
le décalage et le niveau d’incompréhension, source de conflits majeurs,
entre les populations de terrain qui protége au mieux leur milieu naturel
depuis la nuit des temps et le monde scientifique encré dans ses convictions
le plus souvent livresques.
Les limites du
périmètre de protection transmis par les scientifiques du Muséum d’histoire
naturelle à l’Etat français puis à la Communauté Européenne, s’imposent
de fait quelque soit l’avis des élus qui ne disposent d’aucun moyen
scientifique autre que leur bon sens et leurs connaissances du terrain
du milieu naturel. A ce bon sens il leur est opposé le fait que tout
est conforme au décret publié au JO du 9 novembre 2001.
Jolie réponse de fonctionnaire !
Pour conclure,
nous pouvons constater que l’Etat ou plus exactement les fonctionnaires
de l’Etat font ce qu’ils veulent quand ils veulent et où ils veulent
avec des textes taillés à leurs mesures. En effet, les experts, sans
doute pas les mêmes, qui avaient établi des rapports assez nombreux
d’ailleurs, joints à la déclaration d’utilité publique pour l’aménagement
de la route d’accès au tunnel
du Somport par la vallée d’Aspe, avaient fortement suggéré de
réaliser des tunnels avec végétation pour permettre le passage des ours
en toute quiétude. La longueur minimum de ces passages recommandés était
de l’ordre de 6 km. Si, aujourd’hui, vous voyez l’ombre d’un de ces
tunnels ou même le début d’un chantier, merci de me
prévenir.
Je suis donc tenter
de penser que, pour tous ces fonctionnaires d'état, ces vallées
au milieu naturel hostile, peuplées de Gascons béarnais réfractaires
sont plus un problème que les plaines gauloises et qu’il est sans doute
urgent de voir disparaître autant l’ours que les humains. Avec de tels
comportements, on peut se poser la question de savoir si l’ours à un
avenir, qu’il soit protégé ou non.
Louis
Dollo - Décembre 2001