LES EOLIENNES

 

L'implantation des éoliennes va-t-il devenir, à moyen terme, une calamité européenne ?
Quoique les Pyrénées ne soient pas directement touchées par cette tendance de l'écologie politique, compte tenu de ce qui se passe à l'Est de la chaîne pyrénéenne et en Navarre, nous devons être particulièrement attentifs au phénomène qui semble être à la hauteur de l'éclairage de nos énarques de Préfets (1).
Il est claire qu'au nom des dogmes et principes de l'écologie politique, il est politiquement correct de s'aligner sur de l'antinucléaire. De ce fait, tout ce qui n'est pas nucléaire est bon sans soucis des conséquences autres que les radiations qui, en Europe occidentale, n'ont pas affectés grand monde en 25 ans.

Alors qu'EDF enterre ses lignes, que des précautions sont prises pour que les oiseaux ne percutent pas les lignes à haute tension ou les câbles de télésièges et téléphériques dans les stations de ski et qu'il se développe des mouvements contre les THT, des esprits bien pensants, c'est à dire des gens qui se prennent pour la bonne conscience populaire, s'efforcent de développer des éoliennes.

Par ce dossier, je vous laisse le loisir d'apprécier :
1/ ce que pourraient devenir nos paysages, avenir qui ne préoccupe guère nos bureaucrates citadins qui ont perdu le goût de la beauté paysagère comme cadre de vie ;
2/ ce qui attend la faune volatile sauvage : pire que la chasse souvent dénoncée par ceux qui soutiennent l'éolien.


Source de la photo : http://www.juracretes.ch

Une satisfaction pour les Pyrénées : de la Soule au Couserans, les Pyrénées et son piémont ne sont pas classés parmi les zones les plus ventées et pourraient ne pas être concernées.

(1) : Préfet : individu bipède, toujours de passage, ayant des fonctions de commandement et de décision toujours dans le respect de l'irresponsabilité au nom des grands principes de la République : "c'est pas moi c'est l'autre".
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Environnement

 

Zones de développement éolien : signature d'une circulaire


Une circulaire du 19 juin 2006 précise les modalités pratiques de mise en œuvre du dispositif de création des zones de développement éolien (ZDE). Elle indique notamment le contenu attendu des dossiers que les communes déposeront auprès des préfectures, elle détaille l’instruction du dossier et donne les critères d’évaluation, etc. Cette circulaire ne concerne que les installations éoliennes terrestres qui relèvent de l'obligation d'achat.
Dans un premier temps, il est rappelé que depuis le 14 juillet 2005, normalement, seules les installations situées dans une ZDE peuvent bénéficier de l'obligation d'achat. Toutefois, une période transitoire a été aménagée jusqu'au 14 juillet 2007 (article 37 III de la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique). Jusqu'à cette date, deux éléments sont nécessaires pour bénéficier d'un contrat d'obligation d'achat :

  • la détention d'un certificat ouvrant droit à l'obligation d'achat (certificat délivré par la DRIRE et attestant du respect du seuil de 12 MW et de la distance entre sites) ;
  • une notification du délai d'instruction d'une demande de permis de construire avant le 14 juillet 2007.

Ensuite, la circulaire définit les ZDE et les règles de constitution d'une ZDE. Une telle zone est créée par le préfet sur proposition d'une ou plusieurs communes ou d'un ou plusieurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre. Il est précisé que cette zone est définie en tenant compte du potentiel éolien de la zone, des possibilités de raccordement aux réseaux électriques, de la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés. A noter, la circulaire indique que le développeur d'un nouveau parc éolien implanté dans une ZDE peut bénéficier de l'obligation d'achat que seulement si les conditions suivantes sont réunies :

  • le parc est situé intégralement dans le périmètre de la ZDE ;
  • la puissance cumulée des parcs en service dans la ZDE, des parcs non encore construits bénéficiant d'un certificat d'obligation d'achat ou bénéficiant d'un permis de construire et du parc projeté est comprise dans les limites de puissance attendues dans la ZDE.

Enfin, la dernière partie de la circulaire concerne l'instruction de la proposition de création de la ZDE : le montage du dossier, la recevabilité du dossier et l'instruction du dossier par les services de la préfecture.

Pour information, il est demandé aux préfets destinataires de la circulaire de faire un bilan de mise en oeuvre de la circulaire dès le 15 juillet 2007 selon le modèle fixé par l'annexe V de la circulaire. Il est également indiqué que le gouvernement devrait fixer prochainement, dans un arrêté, les objectifs de développement des capacités de production d'électricité par filière à l'horizon 2015.

Source : Journal de l'Environnement du 3 juillet 2006

Observation
Il est assez stupéfiant de constater que cette circulaire ne prévoit pas un volet sur l'impact environnemental de ces installations industriels.

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Eoliennes: le vent aussi fort que l'atome


Posées sur leurs plateaux à l'ouest de Saragosse, les deux forêts de mâts blancs dominent la vallée de l'Être. Pas un arbre ni une culture aux alentours. Au loin, depuis là-haut, on devine les flèches de la basilique du Pilar et de la cathédrale de la Seo, les deux monuments de la capitale aragonaise. Les 100Mégawatts des 88 éoliennes de ces deux parcs aux pâles géantes et vrombissantes alimentent les usines Ford et une partie de la ville en électricité. Avec 1 566 mV sur 62 parcs éoliens installés depuis six ans, le vent d'Aragon produit l'équivalent d'un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech et 50 % de plus que la puissance éolienne installée en France. (1 000 MW fin 2006). Comme d'autres régions d'Espagne, deuxième producteur d'Europe avec 19 400 MW, l'Aragon s'est lancé dans un grand plan éolien. Les grands réseaux bancaires se sont associés à des industriels pour fabriquer et dresser ces mâts. Un millier d'emplois directs ont été créés.

PEU D'OPPOSANTS
« Nos paysages désertiques et ventés rendent plus facile le développement de l'activité qu'en France » indique le président de l'agence des entreprises de l'éolien Fernando Ferrando.. L'opposition se manifeste peu. « En général, les populations sont fières de consommer une énergie propre et renouvelable qui n'émet pas de gaz à effets de serre ni de déchets atomiques. La filière est très rentable et nous doublerons la production d'ici 2010 » poursuit Fernando Ferrando. Les autorisations et les redevances sont gérées au niveau régional puis redistribuées, ce qui a permis d'éviter conflits et compétitions dans les communes et de regrouper les mâts sur des sites ventés et peuy peuplées. De même, l'État n'a pas fixé un prix à l'achat aussi élevé que pour EDF en France, encourageant la Red Electrica à mettre en ligne cette énergie immédiatement disponible. Avec 29 % de la production totale, l'éolien dépasse le nucléaire. Le vent plus fort que l'atome. En 1992, la France en rêvait. L'Espagne l'a fait.

Auteur : Pascal Jalabert
Source : La Dépêche du Midi du 6 octobre 2006

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Les leçons énergétiques inattendues du Danemark


L'engagement éolien est critiqué, même si les résultats sont là

Le Danemark est-il le bon élève de la classe énergétique ? La question vaut d'être posée, alors que ce pays, petit et prospère, situé au nord de l'Allemagne, est le champion mondial de l'énergie éolienne : 15 % de son électricité provient du vent faisant tourner les pales de ses 5 400 éoliennes. Dans une étude récente, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) rend une réponse très nuancée. Bon élève, oui semble-t-elle dire, mais pas pour les bonnes raisons.
Le Danemark a la chance de disposer en mer du Nord de pétrole et de gaz, qui couvrent largement ses besoins énergétiques. Pourtant, le pays ne se repose pas sur cette manne : il est aussi un champion de l'efficacité énergétique, au coude à coude avec la Suisse et le Japon. Sa consommation globale d'énergie a diminué de 0,1 % par an depuis 1973, quand l'ensemble des pays développés ont vu la leur croître de 0,9 % chaque année. Il fait notamment bien mieux que la France, qui a relâché ses efforts depuis 1983.
Ces bons résultats sont-ils à mettre en rapport avec l'autre spécificité énergétique du Danemark : la présence massive, une tous les 8 km2, d'éoliennes ? L'appréciation des experts de l'AIE sur ce choix éolien est réservée. Certes, il a permis de développer une industrie puissante, faisant de Vestas le leader mondial des turbines éoliennes. Même si ce développement impressionnant s'est en partie opéré grâce à un prix subventionné accordé au courant éolien. De plus, les éoliennes n'ont pas suffisamment aidé le Danemark à contrôler ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ses émissions ont en effet crû de + 11 % par rapport à 1990, alors que le pays devrait les réduire en 2010 de - 21 % selon le protocole de Kyoto.

Dépendant des subventions
En fait, l'accent mis sur l'éolien s'est fait au détriment d'autres investissements qui auraient coûté moins cher pour un meilleur résultat : «Le coût de réduction des émissions de CO2 par le soutien aux énergies renouvelables a été plus élevé que cela aurait été le cas à travers des programmes d'efficacité énergétique ou le marché international des émissions», analysent les experts, qui répètent ce message plusieurs fois. En conséquence, ils recommandent d'utiliser le marché européen des quotas d'émission et de recourir paralèllement - le marché seul ne pouvant suffire à contrôler les émissions de GES - à de nouvelles mesures domestiques.
L'éolien présente aussi un autre inconvénient, souligne l'AIE : il n'assure pas une grande régularité de production. En cas de tempête, notamment, les aérogénérateurs doivent s'arrêter. En janvier 2005, le Danemark n'a ainsi échappé au black-out que parce qu'il a pu importer de l'électricité de ses voisins scandinaves et allemand.
En fait, l'éolien reste dépendant des subventions : lorsque le gouvernement les a fortement réduites en 2005, la construction des aérogénérateurs a été suspendue. Les experts en ont conclu que «la technologie actuelle est encore éloignée de la compétitivité commerciale». La subvention n'est plus que de 1,65 centime d'euro au Danemark, contre 8,4 centimes en France et 8,6 centimes en Allemagne.
L'agence recommande donc au gouvernement de Copenhague de poursuivre ses efforts d'efficacité énergétique : cette politique, la plus rentable, possède encore un fort potentiel. L'AIE insiste aussi sur la prise en compte du transport, exclue de la stratégie énergétique danoise, alors que c'est là que les émissions augmentent le plus.
Prudence à l'égard des éoliennes, effort redoublé sur l'efficacité énergétique, politique de contrôle des transports : ces leçons tirées du cas danois pourraient utilement inspirer d'autres gouvernements européens.

Auteur : Hervé Kempf
Source : Le Monde Energétique du 5 octobre 2006

Danemark, le pays où l'électricité est la plus chère

COÛTS DE L'ELECTRICITE (Source : National Utility Consulting Group, étude nationale sur l'électricité En euros/kWh)

  • Danemark : 0,1104 euros/kw.h
  • Italie : 0,109 euros/kw.h
  • Royaume Uni : 0,0908 euros/kw.h
  • Pays Bas : 0,0907 euros/kw.h
  • France (dérégulée) : 0,0867 euros/kw.h
  • France (régulée) : 0,0522 euros/kw.h
  • Belgique : 0,0865 euros/kw.h
  • Allemagne : 0,085 euros/kw.h
  • Espagne : 0,0766 euros/kw.h
  • Etats-Unis : 0,0726 euros/kw.h
  • Finlande : 0,0666 euros/kw.h
  • Suède : 0,0573 euros/kw.h

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Incidences sur les rapaces en Espagne


Dans un rapport de 2001, le Dr Lekuona indique avoir suivi 368 éolienne en Navarre durant un an. La province en compte un peu moins de 1100. Il a estimé la mortalité annuelle de vautours fauves à 409. Plus d'informations
L'association Gurelur dit que l'on trouve un grand nombre de cadavres dans un parc éolien pouvant se chiffrer à plusieurs douzaines.

En Aragon, des cadavres de vautours sont souvent trouvés. Il existe plusieurs rapports officiels qui les chiffrent, mais la plupart ne sont pas fiables. El Sekano dénonce le fait que la plupart des ornithologues qui les écrivent ne sortent jamais de leur bureau.

A Tarifa (détroit de Gibraltar) des vautours sont régulièrement trouvés sous des éoliennes.

Extrapolation des pertes de vautours pour cause d'éoliennes:

Navarre
409 x 6 ans = 2.454
Si les 700 éoliennes restantes ne tuent que 20% des vautours tués par les 368 étudiées par Lekuona (dont certaines sont situées à 1 km d'une colonie de vautours, ce qui les rend particulièrement meurtrières) il y en aura environ 500 par an soit un total: d'environ 3.000

Aragon
Un renard (??? Ou un chien) a déterré dans un parc éolien un sac de plastique contenant des ossements de vautours. Donc, des employés des sociétés d'exploitation des éoliennes ont peut-être reçu pour consigne de les enterrer. Ni vu ni connu. Vu les rapports officiels et les témoignages de El Sekano et d'autres, qui ont trouvé des cadavres, il est probable que la mortalité ne doit pas être loin de 1.000 vautours. Plus d'informations

Castilla et Leon
Personne ne s'occupe de "monitorer" cette grande région où il y a des milliers d'éoliennes. Mais elles sont plus récentes.
500, 1.000 vautours morts ? Qui sait? Il n'existe pas d'étude scientifique.

Castilla la Mancha
Grande région, mais moins de vautours. Disons 100, 200 victimes (estimation sans analyse scientifique) ?

Andalousie
Tarifa est un gros point noir pour les vautours, à la fois résidents et migrants.
Sûrement plus de 1.000 victimes en 20-25 ans. Peut être 2.000.


Pays Basque:
Il y a des vautours, et le développement éolien commence à peine.

Galicie
Aucune information sur les vautours mais il y a 2500 éoliennes.

Catalogne
Un vautour tué par une éolienne a été trouvé en novembre 2006 dans une région riche en vautours. Mais il n'y a que 2 éoliennes. et ils vont en construire des centaines à cet endroit...

Comunidad Valenciana:
Pas énormément de vautours et pas beaucoup d'éoliennes, pour l'instant...

Extremadura
Pas d'éoliennes encore. Mais cela commence.

Murcia:
Je ne sais s'il y a beaucoup de vautours.

Asturies
Pas d'éoliennes pour l'instant mais elles arrivent.

Cantabrique
Très peu d'éoliennes pour l'instant. Pas de suivi, pas de nouvelles.

Bref, au total, des milliers de vautours morts. Impossible de faire une estimation digne de ce nom.

D'autre part, la population de vautours fauves en Espagne s'élevait à environ 55.000 en 1999

Donc l'impact a pu être absorbé jusqu'à présent. Mais qu'en sera-t-il quand il y aura 25.000 éoliennes sur tout le territoire ? Et si l'on ajoute les vautours qui meurent envenimés, ou électrocutés, ou qui percutent des lignes à haute tension, ou qui meurent de faim (récemment, depuis que les autorités demandent aux agriculteurs d'enterrer leur cheptel mort - à cause de la maladie de la vache folle, et de la fièvre aphteuse).

L'avenir ne s'annonce pas rose pour le vautour en Espagne.

Autre sujet :

Deux aigles de Bonelli seraient morts en Catalogne, pour cause de parques éoliens. L'un disparu dans une zone où il y a des éoliennes, l'autre attiré avec un appât et tiré au fusil dans une zone où l'on veut mettre des éoliennes, et où la présence des Bonellis pose donc un problème.

D'autres Bonellis ont sans doute été tués par des éoliennes en Espagne, mais on ne le saura jamais. C'est un sujet trop brûlant. La SEO-Birdlife, comme la LPO en France ou la RSPB en Grande Bretagne, ont placé leur intérêt financier et celui de leurs membres ornithologues avant celui des oiseaux.

En Espagne, 25% du budget de la SEO-Birdlife est financé par des dons de Iberdrola et de la Banque Triodos (la banque mondiale des éoliennes). En Grande Bretagne, la RSPB loue son nom à une compagnie d'électricité qui vend un produit - "RSPB energy" - faisant penser aux clients que les éoliennes ne tuent pas d'oiseaux. C'est moralement répréhensible.
Qu'en est il de la LPO en France ? Vu leur soutien aux éoliennes, nous pouvons nous interroger.

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Financement des éoliennes, business, écologie et ornithologie


Il semble que la première association espagnole à avoir observé, dès 2001, la problématique des oiseaux tués par les éoliennes soit GURELUR.
Il faut aussi noter qu'un des premiers rapports d'étude sur ce sujet est celui du docteur Lekuona la même année lequel comptait 409 rapaces/an pour 368 éoliennes étudiées sur 1100 installées en Navarre seulement. A lire

Mais il faut savoir aussi que Iberdrola, une grosse compagnie d'électricité espagnole, et la banque Triodos, qui finance les éoliennes dans plusieurs pays, contribue à hauteur de 25% au budget de la société ornithologique d'Espagne (SEO Birdlife). Ce schéma assez semblable pour le RPSB qui vend de l'électricité verte en provenance des éoliennes.

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Espagne : Deux parcs d'éoliennes fermés suite à la mort de 220 Vautours fauves.

Situation d'Els Ports, dans la région de Valence
Carte: Ornithomedia.com

La mort de plusieurs Vautours fauves (Gyps fulvus) dans les secteurs d'Els Ports et de Maestrat, dans la Province de Valence, a convaincu le Conseil de l'Environnement (Conselleria of Environment) d'ordonner l'arrêt de deux champs d'éoliennes Arriello and Folch II, situés entre Vilafranca et Castellfort, afin que leurs impacts réels sur ces rapaces soient étudiés. Le dernier comptage évoque en effet le chiffre de 220 vautours morts causés par les éoliennes installées dans le secteur.

Ces deux parcs auraient perturbé les parcours de vol des nécrophages. Il ne s'agît toutefois que d'une suspension préventive le temps qu'une étude soit menée et que la compagnie qui gère les machines mette en place des mesures correctives.

L'ordre d'arrêt a été pris le 30 mai et n'affecte que les parcs d'El Arriello (33 éoliennes) et Folch II (10 éoliennes) situés dans la zone éolienne 3, alors que des oiseaux morts ont aussi été trouvés dans les zones 1 et 2 (au nord de Castellon). Au total, 273 turbines ont été installées dans la région, et 357 machines sont prévues au final. L'étude sur les causes de la mortalité des avutours s'inscrit dans une reherche plus vaste sur l'impact des éoliennes dans la région.
Le collectif d'associations de protection de la nature Gecen, qui a lancé la requête pénale pour enquêter sur la mort des oiseaux, s'est félicité de la fermeture préventive des installations. Mais il souligne que la suspension de l'activité de seulement deux parcs ne suffira pas à empêcher l'importante mortalité des vautours dans la région.

Source: sfgate.com et ornithomédia de juin 2008

Commentaire


Cette situation n'est pas vraiment nouvelle. Les associations écologistes espagnoles, notamment en Navarre, ont tiré la sonnette d'alarme depuis longtemps. Mais en France, nous sommes toujours meilleurs et, selon nos associations écologistes françaises notamment la LPO, parions que nos éoliennes sont bien différentes et ne causent aucun dégât.
Nous assistons quand même à un grand progrès : cette information est passée sur Ornithomédia mais… dans les brèves !

Louis Dollo, le 21 juillet 2008

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Le Conseil d'Etat suspend le tarif de rachat de l'électricité éolienne


Le Conseil d'Etat a annulé l'arrêté ministériel fixant le tarif de rachat par EDF de l'énergie éolienne. Rendue publique le 6 août, cette décision est un croche-pied au développement des aérogénérateurs. En effet, ceux-ci ne trouvent pour l'instant leur rentabilité que par l'obligation qui est faite à EDF de racheter l'électricité qu'ils fournissent. Un arrêté du 10 juillet 2006 a fixé le prix de ce rachat à 8,2 centimes par kilowattheure pour les 10 premières années d'exploitation. Ce texte avait été attaqué en 2006 par l'association Vent du Bocage, opposée au développement de l'énergie éolienne. Le Conseil d'Etat a suspendu l'arrêté en raison d'un vice de forme, l'administration n'ayant pas, lors de la préparation du texte, consulté les organismes adéquats.

Si cette décision ne remet pas en cause le fonctionnement des éoliennes déjà installées, elle devrait bloquer l'ouverture de nouveaux parcs. En effet, les opérateurs ne peuvent fonctionner sans passer un contrat avec EDF, que celle-ci, sans arrêté fixant le prix, ne pourra signer. "Il est probable que les contrats qui auraient dû être signés dans les prochaines semaines risquent de prendre du retard", dit André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables. Pour Jean-Louis Butré, président de Vent du Bocage, "la décision du Conseil devrait normalement entraîner la suspension du programme de construction demandé par le lobby des promoteurs qui fait actuellement fortune sur des bases tarifaires qui n'existent plus."

MANQUE DE TRANSPARENCE
Au ministère de l'écologie, on souligne que le Conseil d'Etat a jugé qu'il y avait vice de forme, mais n'a pas remis en cause le mode de calcul du tarif. Un nouvel arrêté, reprenant pour l'essentiel les dispositions du précédent, sera rapidement préparé, et "devrait être prêt en septembre", indique-t-on au cabinet du ministre.

Cette "péripétie désagréable", selon le terme de M. Antolini, intervient alors que l'intérêt économique du développement de l'éolien en France a été mis en cause par l'Institut Montaigne, d'inspiration néolibérale. Dans une étude publiée fin juillet, cet institut conclut qu'un développement d'ampleur de l'éolien "ne répond pas à un besoin en France et qu'il induirait des surcoûts pour la collectivité pouvant dépasser 2,5 milliards d'euros par an à l'horizon 2020". L'institut pointe notamment le tarif de rachat, jugeant qu'"un prix trop haut génère des rentes indues au détriment de l'intérêt général".

Le Syndicat des énergies renouvelables prépare une réponse à cette analyse. Il devrait souligner que les mécanismes d'aide publique "sont nécessaires pour donner une visibilité de long terme aux investisseurs". Ce débat est cependant assez difficile à démêler, faute de transparence, et la conclusion de l'Institut Montaigne devrait pouvoir être partagée par tous : "Les données officielles sur le coût du développement de l'éolien en France font cruellement défaut. Dans un souci de transparence, il serait utile que soit publiée une évaluation officielle des objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement en matière d'éolien."

Auteur : Hervé Kempf
Source : Le Monde du 10 août 2008

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Coqs de bruyère contre éoliennes, un combat sur la crête des Vosges


Des fumerolles montent des vallées, après la pluie, rejoignant le ciel gris et lourd. On dirait les panaches de dizaines de volcans, émergeant d'entre les courbes alanguies des sombres monts qui se succèdent sur l'horizon. Le regard ne distingue pas de signe de présence humaine, sinon, très loin, la tache du lac de Gérardmer et ses maisons, en un amas indistinct. Paysage profond et magnifique.

Mais la sérénité qui se dégage de Gazon du Faing, sur la crête des Vosges, pourrait ne pas perdurer ; des traits blancs verticaux pourraient apparaître sur la droite et rompre la ligne d'ondulation des montagnes. Il s'agit d'éoliennes, dont le projet déclenche une dispute acerbe entre écologistes. Côté alsacien, la communauté de communes de Kaysersberg (Haut-Rhin) veut implanter cinq éoliennes de 139 mètres de haut au sud du col du Bonhomme.

"Nous sommes engagés dans une démarche de développement durable, explique Roger Bleu, le président de la communauté, dans sa mairie du Bonhomme. Chaufferies au bois, toits photovoltaïques, aide à la rénovation écologique de l'habitat, soutien à l'agriculture environnementale, piscine sans chlore, nous voulons être une référence dans ce domaine. Les éoliennes viennent naturellement compléter le tableau." La communauté mettra sur la table environ 60 % des 18 millions d'euros d'investissement, afin de tirer bénéfice du projet. "Les éoliennes seront aussi un levier économique, poursuit M. Bleu, nous attendons la taxe professionnelle et, après douze ans, un revenu annuel de 500 000 euros."

Mais le projet a suscité une vive opposition du côté lorrain. La question du paysage, trop subjective, n'est pas un argument suffisant. C'est sur la présence du grand tétras, alias coq de bruyère, un oiseau imposant (le mâle pèse 5 kg) qui vit dans les tapis de myrtilles des sapinières, que la controverse s'est focalisée. "C'est une espèce clé de voûte de l'écosystème forestier, dit Louis-Michel Nageleisen, président du Groupe Tétras Vosges (GTV), une association dédiée à la protection de l'animal. Sa présence signifie qu'un habitat est dans un équilibre riche en espèces de toutes sortes."

Mais, dans les Vosges, les coqs de bruyère, se portent mal : de cinq cents dans les années 1970, ils ne sont plus qu'une centaine aujourd'hui. Cependant, sur la réserve naturelle du Tanet Gazon du Faing, à quelques encablures du col, la population semble repartir à la hausse. "Elle pourrait recoloniser d'autres sites vers le nord, et nous voudrions établir un corridor biologique, dit M. Nageleisen. Or les éoliennes seraient placées juste sur ce corridor. Elles constitueront une nuisance par elles-mêmes et par la fréquentation humaine qu'elles induiront sur les chemins créés."

Cette préoccupation a convaincu les élus Verts lorrains, comme Daniel Béguin ou Jean-François Fleck, conseillers régionaux, alors que les Verts alsaciens soutiennent le projet. Et, à discuter avec les uns et les autres, on n'est pas loin de les entendre s'envoyer... des noms d'oiseaux.

Des compensations pourraient-elles faire avaler la pilule éolienne ? La communauté de communes s'engage à empêcher l'exploitation forestière sur 700 hectares, ce qui élargirait l'espace tranquille où peut vivre le coq. Mais le GTV doute : "Je n'ai rien vu d'écrit, dit M. Nageleisen. Et au lac Blanc, où l'aménagement de la station de ski devait s'accompagner de compensations biologiques, on n'a quasiment rien vu. De plus, les compensations ne peuvent qu'atténuer l'impact de l'infrastructure, pas l'empêcher."

M. Bleu assure de sa volonté de réaliser les compensations promises : "Nous y consacrerons plus de 600 000 euros sur vingt-cinq ans." Et il élargit le débat : "Le problème du tétras, c'est qu'il est dérangé par les pénétrations en forêt. Il faudrait limiter la fréquentation de la réserve de Gazon du Faing et alentour. Je suis partisan de ne plus autoriser la route des Crêtes aux véhicules automobiles."

Mais, à court terme, le problème, ce sont les éoliennes. Biodiversité ou énergies nouvelles ? "Si l'homme n'est pas capable de sauver le grand tétras, il ne pourra pas se sauver lui-même", dit Jean-Marie Triboulot, du GVT. A quoi Henri Stoll, maire de Kaysersberg et dont René Dumont est le maître à penser, répond : "Leur problématique, c'est de sauver le tétras. J'ai une autre problématique : sauver le monde." La planète a rendez-vous au col du Bonhomme.

Auteur : Hervé Kempf
Source : Le Monde du 14 août 2008

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Polemique autour du prix du vent


Une etude contestee estime le surcout a un milliard d’euros par an d’ici 2020.
Enervement dans le monde effervescent de l’eolien. Une enieme etude vient a nouveau de secouer les pales des aerogenerateurs francais. A l’origine, Vincent Le Biez, eleve ingenieur du corps des Mines, qui publie a l’Institut Montaigne (think tank patronal reconnu) une etude plutot critique sur l’efficacite economique et ecologique de l’eolien, battant en breche les arguments des plus hautes autorites de regulation de l’energie.
D’apres lui, le developpement de l’eolien en France «ne repond pas a un besoin, etant donne la sobriete du parc de production electrique francais en termes de CO2 [grâce au nucleaire, ndlr]». Il ecorne passablement l’objectif affiche lors du Grenelle de l’environnement, qui fixe a 25 000 megawatts (MW) la puissance eolienne installee d’ici a 2020. «Si cet objectif devait se realiser, il se traduirait par un surcout de 1 milliard d’euros par an d’ici a 2020 et de 2,5 milliards d’euros au-dela.» C’est-a-dire 100 euros par an et par foyer.

Ennemis.
Face aux inquietudes liees au pouvoir d’achat, l’argument fait mouche. Mais il en faut plus pour decoiffer Andre Antolini, truculent president du Syndicat des energies renouvelables, qui voit dans cette etude une vulgaire commande des ennemis du Grenelle. «Le Grenelle a retenu des objectifs ambitieux en matiere de renouvelables, ce qui decoit certains. Si on suit les previsions de ce jeune eleve-ingenieur, on dit adieu au Grenelle. Et on ne remplit pas les objectifs de la directive europeenne, qui fixe a 20 % notre part de renouvelables d’ici a 2020.»

Mais l’etude l’interroge… En effet, le chiffre de 100 euros est sans commune mesure avec celui calcule par la Commission de regulation de l’energie (CRE) qui, elle, estime le surcout actuel de l’eolien a 90 centimes d’euros par foyer et par an. Il faut dire que les deux resultats ne racontent pas la même chose : l’etude de l’institut calcule le cout supporte par la collectivite pour mettre en place une politique, tandis que la CRE a mesure le cout de l’eolien sur la facture d’electricite. «Ce chiffre etait valable en 2006, quand il y avait un parc eolien d’1 GW [1 000 MW]. Mais même en extrapolant, on reste assez loin des valeurs de l’Institut Montaigne», indique un porte-parole de la CRE. «Nous determinons le montant des compensations versees a EDF pour avoir achete plus cher de l’electricite renouvelable. Lui cherche a savoir ce que represente le cout global pour la collectivite du changement de mix energetique francais.»

Ce n’est pas logique, mais c’est ainsi : produire de l’energie a base de vent coute plus cher. Histoire de lancer la filiere, l’electricite produite grâce au vent est achetee par EDF a un tarif superieur, en l’occurrence 82 euros le megawattheure contre 65 euros pour l’electricite du marche. EDF paie donc 17 euros de plus par megawattheure eolien. Ce surcout est en realite supporte par tous les Francais, qui s’acquittent d’une taxe, la contribution au service public de l’electricite (CSPE), proportionnelle a leur consommation. «Il faut voir cette taxe comme un investissement permettant d’accompagner la montee en puissance progressive de la filiere», rassure Antolini.

«Energie fatale.»
Argument supplementaire de l’etude critique, le manque de flexibilite des aerogenerateurs. «En matiere d’energie, il faut produire autant qu’on consomme», explique Vincent Le Biez. «Or, l’eolien est une energie fatale : on est oblige de l’injecter dans le reseau quand elle arrive et elle n’est pas previsible.» La variabilite de l’energie eolienne est une realite physique, mais les progres de la modelisation et de la prevision meteorologique permettent de mieux l’anticiper. D’autant qu’on sait mieux prevoir les pics de consommation d’electricite. La France reste le deuxieme gisement eolien en Europe, derriere la Grande-Bretagne. «Le vent souffle toujours quelque part», rappelle l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’energie (Ademe), qui a dresse quelques atlas eoliens departementaux.

Diversification.
Par ailleurs, chaque kilowattheure eolien evite l’emission de 300 grammes de CO2. La CRE prevoit une production eolienne de 5,5 TWh (5 500 GWh) pour 2008, soit 1,65 million de tonnes de CO2 evitees (sur un total d’emissions francaises d’environ 500 millions). «Je n’ai aucun probleme avec l’eolien, previent Vincent Le Biez. On peut dire qu’il participe a la diversification du bouquet energetique francais. Mais on n’a pas besoin que 10 % de la consommation d’electricite soit couverte par de l’eolien. Comme on subventionne cette energie, cela pourrait couter trop cher.» Au fond, le debat depasse la question du surcout et de la facture EDF des particuliers. Quel prix accepte-t-on de payer pour doter son pays d’energies propres ?

Auteur : Laure Noualhat
Source : Libération du 4 août 2008


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Un developpement qui s’accelere

En mai 2008, plus de 2 200 eoliennes avaient vu le jour en France, ce qui correspond a une puissance installee de pres de 3 000 megawatts (MW). Apres avoir lambine jusqu’en 2006, la France rattrape son retard, notamment grâce a un tarif de rachat attractif de l’electricite issue du vent, et installe desormais 1000 MW par an. D’apres le Syndicat des energies renouvelables, les permis de construire deja attribues portent a 7 300 MW les capacites eoliennes theoriques francaises. Cela ne fait que commencer. Dans le cadre du Grenelle, l’objectif affiche est de 25 gigawatts de puissance installee d’ici a 2020.

Auteur : Laure Noualhat
Source : Libération du 4 août 2008

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