LES PLUS VIEUX OISEAUX DES MONTAGNES

 

Habitués à les voir ou les savoir dans nos Pyrénées, beaucoup ignorent que ces oiseaux sont des rescapés de l'époque glacière. Nous pourrions presque dire que la présence du grand tétras, du tétras lyre ou du lagopéde dans les motagne pyrénéennes est une anomalie de la nature. Nous n'allons pas nous plaindre de cette anomalie qui, parfois, est source de polémique entre administrations d'Etat, naturalistes, chasseurs et équipeurs de la montagne.

Le Grand Tétras - Tetrao urogallius


En quelques chiffres
, le Grand tétras se réparti en France de la manière suivante :

  • Vosges (entre 400 et 1200 m) : 500 individus
  • Jura (entre 800 et 1600 m) : 500 individus
  • Alpes : 50 individus
  • Pyrénées : 5 000 individus.

La superficie globale de répartition est de l'ordre de 1 200 000 hectares.

Son évolution : autrefois il habitait dans les forêts de plaine. Maintenant, en Europe il ne subsiste pratiquement plus que dans les forêts de montagne. Après une forte régression, sa protection tend à le voir réapparaître.

Causes de régression : les causes tiennent essentiellement aux modifications climatiques (par exemple lorsque les débuts d'été sont frais et humides, les poussins ont quelques difficultés de survie), à la surfréquentation touristique, à l'emploi de pesticides et à de trop fortes densités de cerfs qui épuisent les gisements de myrtilles dont il est friand.1 La chasse doit y participer, mais pour une faible partie.

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Le Tétras-Lyre (ou petit tétras ou petit coq de bruyère)

Lyurus tetrix

Il a les mêmes problèmes de survie que le Grand Tétras. Il est surtout connu pour ses joutes amoureuses, qui selon les rigueurs de l'hiver et la région se font entre le 15 avril et le 15 juin. Néanmoins, il s'adapte mieux au milieu que le grand tétras dès lors qu'il trouve des arbres (il est arboricole), des nids de sable pour des bains de poussière et de l'eau car il est souvent assoiffé. En montagne (surtout dans les Alpes) il se situe entre 1000 et 2700 m d'altitude dans des secteurs peu fréquentés. Il recherche le calme, il est très farouche, très sauvage et craint l'homme.

Par grand froid il creuse un conduit sous la neige, se terminant par une loge où il peut rester de nombreux jours en attendant la fin d'une tempête. Il s'isole de la neige avec des crottes. Au matin il s'envolera en faisant éclater la croûte de neige ou la poudreuse. Comme le lagopède, il a une capacité d'adaptation au froid qui fait qu'il ne quitte jamais les hauteurs.

1 Source : "La Vie de la Montagne" de Bernard FISCHESSER, Ed. Chêne/Hachette - 1982

Le Lagopède - Lagopus mutus

Comme nous l'avons vu plus haut, il aurait plutôt sa place dans les steppes glacées du Grand Nord.  C'est un habitué des espaces venteux. Cet oiseaux vit  de manière très exposé, toujours à découvert. Ce qui explique l'adaptation de son plumage au camouflage. Il ne s'envole qu'au dernier moment préférant bien souvent s'aplatir au sol pour se camoufler. Dans ces cas là il est parfois facile de l'observer si vous l'avez repéré.

Il dispose d'un plumage adapté au froid, comme la gélinotte, avec une densité plus fourni que les oiseaux des plaines et des plumes sur les pattes. Sa tolérance au froid est surprenante. Il ne quitte jamais les hauteurs.

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LE LAGOPEDE (aussi appelé perdrix des neiges ou tétras des neiges ou ptarmigan) - Lagopus mutus

Le lagopède connaît trois mues par an :

  • L'été brunâtre
  • L'automne grise pour se confondre aux pierres et herbes
  • L'hiver blanche pour se confondre avec la neige. Toute fois sa queue au repos cachée sous les ailes est marquée de noir et le mâle a un bandeau noir sur l'œil.

Les plumes des doigts des pattes sont plus longues l'hiver que l'été et seuls les ongles émergent. Ceci permet des protéger du froid et d'accroître la surface d'appui dans la neige.

Si il reste cantonné en altitude au-dessus des forêts sauf aux très fortes chutes de neige ou il redescend à la limite de la forêt, il ne dédaigne pas prendre des bains de poussière et descendre dans les pâturages faire un frugal repas. Contrairement aux apparences, il ne craint pas la disette. Il est essentiellement herbivore avec cette particularité de manger toutes les parties des végétaux ainsi que le bois et l'écorce. En été aucun problème (il apprécie en particulier les feuilles de saules nains) mais en hiver il lui arrive de creuser la neige autour des arbres ou des rhododendrons pour trouver l'herbe indispensable (même jaunie), les mousses, les lichens. Il va également sur les versants déneigés.

C'est un marcheur (regardez ses petits pas). Il couvre des distances importantes à petit pas.

 

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Polémique autour d'une piste de ski à Luchon : Les écologistes veulent sauver le coq de bruyère


L'association des Amis de la Terre part en guerre contre un projet de création d'une nouvelle piste de ski située au nord de l'hôtel de Superbagnères, en l'emplacement d'une ancienne remontée mécanique abandonnée depuis 1932. Selon les écologistes, cette piste verrait le jour là même où évolue le grand tétras, nom donné au coq de bruyère, une espèce en voie de disparition qu'il est interdit de chasser.

D'importants terrassements (30 000 m3) seront faits pour reprofiler cette piste et, toujours selon les écologistes, une partie de la forêt classée sera abattue.

Depuis 1992, les zones de nidification protégées des activités sportives et de la chasse, avaient permis à la population des Grands Tétras de se développer. leur nombre augmentait sensiblement année après année. « Les remontées mécaniques, les lignes électriques, les filets de protection et surtout les milliers de skieurs lancés à grande vitesse sur cette piste classée rouge vont rompre cet équilibre naturel retrouvé », indique Alain Ciekanski, délégué régional des Amis de la Terre. Selon lui, cette piste dangereuse va croiser les pistes pour débutants avec des risques de collision évidentes : « Des passages souterrains seront peut-être aménagés pour éviter aux deux catégories de skieurs de se croiser, mais il nous semble irréaliste de croire penser que les skieurs emprunteront ces passages. Comment exiger des vacanciers qu'ils l'utilisent alors qu'ils sont venus pour profiter des grands espaces. Nous demandons l'abandon du projet ».
Source : La Dépêche du Midi du 8 aout 2005

Commentaires


Si l'action pour la sauvegarde du coq de bruyère est légitime, les arguments techniques sur les pistes de ski avancés par les Amis de la Terre relèvent du comique. Il est difficile de croire que les responsables d'ALTISERVICE, dont on connaît le niveau de compétence dans ce domaine, puissent proposer, pour leurs clients, des solutions dangereuses et inadaptées.
Il parait aussi assez peu probable que cette société engage des travaux sans avoir toutes les autorisations nécessaires prévoyant trés certainement un volet environnemental assez précis comme dans les autres stations.

Conclusion : On peut être contre le réaménagement de cette vieille piste. Mais pour demander l'abandon du projet il faudrait surement, de la part des Amis de la Terre, d'autres arguments plus sérieux.
Quelle est la position des autres organisations écologistes et des chasseurs particulièrement sensibles à la présence d'un tel animal chassable sous certaines conditions ?

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