Mortalité des ovins : supercherie et manipulation de l’ADET-Pays de l’ours

 

L’ADET-Pays de l’ours, association agréée protection de la nature, n’a pour seule finalité, depuis près de 30 ans, que l’introduction d’ours et leur développement dans les Pyrénées. Le titre qu’elle s’est donné, Association pour le Développement Economique et Touristique,  est déjà en lui seul une tromperie et une véritable manipulation puisqu’elle n’a jamais rien fait en matière de développement à l’exception de quelques kermesses sans grand intérêt.  Mieux encore, elle n’a jamais tenu ses promesses de 1996, a fait démissionner en série toute une palette d’experts en ours et n’a jamais parlé de développement durable des vallées pyrénéennes.

Mais voilà, cette association devenue, depuis quelques années, experte en pastoralisme et élevage d’ovins en montagne. En faisant quoi ? Rien ! Tout juste réunir autour d’elle, dans ses meilleurs années, 6 éleveurs, dont certains ne sont même plus en montagne, pour imaginer une marque commerciale : "Le broutard du Pays de l'ours". Pays de l'ours ou non, il semble que l'ADET que l'ours était partout ou presque, que tous les broutards des Pyrénées sont du pays de l'ours et que beaucoup d'entre eux se fon t croquer par l'ours quelque soit les mesures de protection qui peuvent être prises.

Aujourd’hui, cette association tente, pour essayer d’exister, de faire des amalgames et supercheries à travers un communiqué du 26 juin 2012 sous le titre « La mortalité des brebis dans les Pyrénées et l’incidence de l’ours brun » en fournissant des références pour le moins déplacées. Précédemment, et suite aux prédations dans les Hautes-Pyrénées, elle avait diffusé, le 4 juin 2012, un communiqué assez surréaliste sous le titre « Ours en Bigorre : Traitons les causes du problème plutôt que ses conséquences ! »

L'ADDIP, coordination pyrénéenne, démonte, sans grande difficulté, la supercherie et les arguments parfois mensongers de cette association qui, depuis ses origines, est, avec le FIEP et ARTUS / FERUS à la source de tous les mensonges et manipulations ayant conduit l’ours des Pyrénées à son extinction pure et simple et aux désordres actuels. David Chétrit reprend tous ces éléments dans son ouvrage "Réintroduction de l'ours - Histoire d'une manipulation"

 

A propos des dégâts des ours, les supercheries intellectuelles de l’ADET


Sous le titre « La mortalité des brebis dans les Pyrénées et l’incidence de l’ours brun », l’ADET vient de mettre en ligne une « analyse » qui est une parfaite supercherie intellectuelle.

 A) - 1° supercherie

La « méthode » a de quoi faire frémir même le plus amateur des statisticiens : l’ADET en effet compare deux réalités d’échelle différente. S’il y avait des ours sur tout le massif, en même nombre dans toutes les estives, il serait possible d’analyser ce qu’elle appelle « Incidence de l’ours sur la mortalité des brebis dans les Pyrénées », or ce n’est pas du tout le cas.
La seule méthode recevable est celle qui, sur les estives où l’ours attaque, compare la situation antérieure à ce qu’elle est depuis que l’ours est présent. Ce que fait l’ADET est une erreur de logique que n’importe quel élève de terminal un peu attentif à ses cours de philosophie est capable de reconnaître : juger d’un cas particulier, dans un contexte particulier, en fonction de la situation générale. C’est un peu comme dire que l’incidence du SIDA est sans gravité puisque la très grande majorité des gens qui font l’amour n’attrapent le SIDA  !

Les estives les plus frappées en continu sont dans le Couserans, et sur des estives où depuis des années des bergers ou éleveurs bergers sont présents pour surveiller les troupeaux, comptabiliser les pertes, mesurer en fin de saison l’état général des bêtes. Tous s’accordent sur les effets destructeurs de la présence des ours.
Ainsi l’an dernier, pour le Trapech où le président du groupement pastoral a toujours tenu une comptabilité précise du bilan de l’estive, celui déclarait en novembre : « J’ai perdu 3650 € cette année, en 2012 je ne remonterai pas. » Il est quand même remonté, mais c’est une dernière tentative et le risque est réel de voir ce très ancien groupement disparaître.

Effets destructeurs pas seulement en nombre de bêtes tuées et indemnisées, ce n’est que la partie visible de l’iceberg.  Il y a les bêtes disparues, affolées par la seule odeur du passage de l’ours, et que l’on ne retrouve qu’au prix d’un travail harassant, voire jamais ; celles qui, blessées, sont allées mourir parfois très loin et dont au mieux on ne retrouve qu’un squelette curé par les vautours en quelques heures à peine, plus d’indice alors.
Et surtout, les effets du stress sur l’état du cheptel qui ne se nourrit plus correctement pendant plusieurs jours, toujours inquiet, et la déstructuration totale du fonctionnement collectif du troupeau. Un troupeau n’est pas une mécanique, mais un très complexe système d’interrelations entre des bêtes formant des groupes unis par un fonctionnement commun : le berger connaît ces fonctionnements qui lui permettent de gérer souplement l’occupation des lieux et le déplacement des bêtes en fonction de l’état des herbages, de la météo, du moment au cours de la saison d’estive. Après le passage de l’ours, il est très difficile de faire retrouver aux bêtes cette coordination interne.
Au lieu de se livrer à des calculs « bidons », l’ADET serait mieux inspirée de lire ce qu’écrivent les spécialistes des grand prédateurs :

- 1989, L. NEDELEC, étude pour le Parc National des Pyrénées (1) : « De toutes ces données, il ressort qu’aucun type de gardiennage n’est dissuasif quand l’ours a décidé d’attaquer même s’il préfère éviter la proximité humaine. Les patous, les clôtures électriques ne l’intimident pas. »

   - 1999, Petra KACZENSKY dans le volume 11 de la revue scientifique URSUS (2) : « Il n’y a pas d’exemple en Europe où des systèmes de pâturage extensif avec de faibles pertes cohabitent avec des populations viables d’ours et de loups dans le même espace. » (p.68) A propos de la mesure soi disant clef de protection des troupeaux, le parcage nocturne en clôture, la même auteure souligne qu’en Slovénie : « l’analyse des prédations montre de plus grands dégâts lorsque l’ours attaque des bêtes dans de telles clôtures que lorsqu’elles pâturent librement »

B) - 2° supercherie

Elle est à la fin : le « Diagramme alimentaire de l’ours brun dans les Pyrénées (ONCFS Equipe Ours) » est un parfait exemple de biais dans l’analyse et de tromperie du lecteur. Mais ici l’ADET ne fait que relayer la supercherie de l’équipe ours de l’ONCFS  (ETO) qui sait très bien mais « oublie » de dire la vérité : la méthode utilisée pour ce diagramme repose sur l’analyse des excréments qui ne permet pas de savoir la part réelle de viande dans l’alimentation de quelque animal que ce soit, seule une analyse d’urine le permettrait et prélever l’urine d’un ours … même en courant très vite …
Cette impossibilité est relevée par le propre responsable de l’ETO, P.Y. Quenette cosignataire en 2003 d’un article de la Revue Médicale Vétérinaire :

« la composition des fèces procure une estimation fortement biaisée du régime alimentaire réel de cet animal. /…/ L’aspect grossier des restes végétaux retrouvés dans les laissées indique une faible capacité du tube digestif de l’ours brun à effectuer une dégradation poussée de la matière végétale. Celle-ci occupe de ce fait la quasi-totalité du volume des laissées, et il est possible que l’orientation phytophage de l’ours brun des Pyrénées ait été surestimée jusqu’ici. » (3)

En clair : l’ours digère très mal les végétaux qui ne peuvent donc pas le nourrir, on a surestimé son côté « végétarien ». Ce qui n’empêche pas le même Quenette dans la mise à jour du site de l’ONCFS d’écrire encore l’inverse en mars 2012 : « L’Ours Brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. » (http://www.oncfs.gouv.fr/Connaitre-les-especes-ru73/LOurs-ar974). C’est un mensonge sans aucune pudeur !

Cette réalité carnivore de l’ours, la fausse image donnée par l’analyse des excréments, tout cela était déjà indiqué en 2000 au niveau européen dans « Action plan for the conservation of the Brown Bear in Europe (Ursus arctos) » (Nature and Environment No. 114), traduit en français en 2006 sous le titre « Plan d'action pour la conservation de l'ours brun (Ursus arctos) en Europe ». Les rédacteurs, tous spécialistes internationaux des ours, dont Jon E. Swenson soulignaient :

« Etant donné qu’elle est très digeste et d’une grande valeur nutritionnelle, la viande semble jouir de leur préférence quand elle est disponible. /…/ La plupart des études sur les habitudes alimentaires de l’ours brun se fondent sur l’analyse de leurs déjections et sous estiment l’importance des animaux, et notamment des mammifères, dans le régime de cette espèce. »

Mais ces documents ne sont jamais proposés ni au public ni aux journalistes, par les deux larrons, complices dans la manipulation : l’ETO et l’ADET. Ils ne diffusent que leurs mensonges avérés alors qu’ils connaissent très bien la réalité. Il faut cependant regretter une chose : que certains journalistes se contentent souvent de reprendre ces propos chatoyants à usage public, le miroir aux alouettes, sans se donner la peine de chercher à vérifier leur validité, croiser les informations, ce que l’on appelle un travail de journaliste : une véritable enquête et pas une chambre d’écho.

Communiqué de l'ADDIP du Mercredi 27 juin 2012

 

(1) L. Nédelec, L’ours brun (Ursus arctos, L.) dans les Pyrénées Occidentales - Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes -27 septembre 1989.

(2) Kaczensky, Petra., Large Carnivore Depredation on Livestock in Europe.  Ursus 11:59-71. 1999. «  There is no example in Europe of extensive sheep farming with low losses and viable populations of bears and wolves on the same range » /…/ « An analysis of damages showed greater losses when a bear attacked sheep in small enclosures compared to those ranging free. »

(3) Y. Lagalisse, P.Y. Quenette, J.Rech et Y. Lignereux, Étude coproscopique du régime alimentaire d’une population d’ours bruns (Ursus arctos) réintroduite dans les Pyrénées (1996-1999), Revue Méd. Vét., 2003, 154, 10, pages 639-644


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