FERUS, une association de lobbying
ou de défense de l'ours ?

 

Le rôle de l'association FERUS (ex-ARTUS) est parfois surprenant en matière de défense des grands prédateurs, notamment l'ours dans les Pyrénées (et non l'ours des Pyrénées qui n'existe plus depuis 5000 ans). En effet, cette association n'a strictement aucune structure locale, aucune action locale mais reste aux manœuvres depuis des bureaux, derrière un ordinateur et à l'occasion de réunions nationales comme la faisait par le passé Gilbert Simon ex-directeur de la nature et des paysages au Ministère de l'écologie, devenu aujourd'hui, comme par hasard, vice-Président de FERUS. Partant de cette observation, nous nous interrogeons de savoir si cette association au financement inconnu fait du lobbying idéologique basé sur l'ensauvagement des territoires de montagne ou véritablement de la défense d'une espèce protégée qui n'est plus en danger selon l'UICN.

 


Grand Charnier
Recherche sur Pyrénées-Pireneus

Accueil du Monde des Pyrénées
Environnement des Pyrénées
Ecologie, un vrai problème manipulé de façon inquiétante
Ours dans les Pyrénées


 
Ne pas partager les mêmes idées c'est se radicaliser


Nous savons que le milieu environnementaliste n'aime pas beaucoup la contradiction. Pour eux, le dialogue signifie partager leurs idées et discuter après sur la base de leurs idées. Dans le cas contraire, la violence du propos va au-delà de leur déception. Le tout agrémenté de quelques mensonges pour tenter de trouver une explication à l'inacceptable.

Nous reproduisons ci-dessous le texte paru sur le site de FERUS avec le communiqué de l'ADET-Pays de l'ours pour mieux les commenter.

Les anti-ours radicalisent encore leurs positions


Nous publions ici un communiqué de Pays de l'ours-Adet. FERUS a participé au voyage dans le Trentin. Il a salué le projet italien du retour du "Seigneur des forêts", a noté l'acceptation locale des ours (72% d'opinions favorables, comme dans les Pyrénées malgré la propagande orchestrée par quelques-uns), a rencontré des maires très heureux du retour de l'ours, a écouté comme toute la délégation le président des apiculteurs de la province parler des très faibles dégâts commis par les ours (ceux causés par les pesticides dans les vergers de la basse vallée sont infiniment supérieurs, a-t-il dit) et a même applaudi le président des chasseurs de la province de Trento après son plaidoyer généreux et sensible pour la grande faune, ours, loup et lynx réunis ! Comme il fallait s'y attendre, les éleveurs pyrénéens présents n'ont retenu qu'une chose : l'élevage ovin est faible dans le Trentin, qui accueille bien plus de vaches. Oui, mais il nous a été démontré, grâce à un cas bien précis, que la pose de clôtures et l'utilisation de chiens de protection font considérablement baisser les pertes, faibles malgré tout puisque pour 8 ours différents repérés autour du même alpage !, seules 30 brebis sur 1 000 (soit 3%) ont été tuées.

Communiqué Pays de l'Ours - Adet, 1er février 2008

A court d'arguments, les opposants à l'ours " déclarent forfait " et radicalisent encore leur position
Une fois de plus, les anti-ours rompent le dialogue. Ils viennent de faire connaître leur décision de ne plus participer aux voyages d'étude organisés par l'Etat. Ces déplacements en Europe permettent pourtant d'apprécier comment nos voisins organisent cette cohabitation que les opposants français sont les seuls à refuser.
Après que les anti-ours aient réclamé la concertation, après avoir revendiqué et obtenu de participer à ces voyages en surnombre, après avoir affirmé abandonner les actions violentes pour le dialogue et les propositions, l'espoir de discussions apaisées renaissait. En vain.
Il est vrai que les premiers voyages en Espagne et en Italie ont mis à mal leur discours, en révélant la faiblesse ou la malhonnêteté de leurs arguments.
Ils y ont vu et entendu avec nous qu'en Espagne comme en Italie :

  • l'ours n'est pas un animal dangereux ;
  • l'ours ne menace pas l'activité pastorale ;
  • la cohabitation élevage - ours s'organise, et ce n'est qu'une question de bonne volonté et de moyens ;
  • la présence de l'ours est un atout pour le développement du territoire.

Face à de telles évidences, et malgré toute la mauvaise foi dont certains ont fait preuve dans les médias à leur retour, on comprend qu'ils ne puissent plus gérer le gouffre qui les sépare de la réalité. Ils préfèrent stopper là l'expérience qu'ils avaient pourtant eux-mêmes réclamé.
Si la gestion de l'ours était si désastreuse qu'ils le prétendent en Slovénie, ils seraient au contraire venus avec enthousiasme le constater avec nous.
Ce forfait au milieu de la mission, à laquelle ils s'étaient pourtant engagés à participer, traduit au contraire un malaise qu'ils cherchent à dissimuler derrière des argumentations et des revendications toujours plus extrémistes. Jusqu'à brandir la menace de s'en prendre directement aux ours, tout en prétendant vouloir l'éviter, comme pour s'en dédouaner à l'avance...
On voudrait encourager des destructions d'ours qu'on ne s'y prendrait pas autrement !

Source : FERUS du vendredi 1er février 2008

Selon des élus de la Coordination pyrénéenne ADDIP, "le préambule de Ferus est un tissu de mensonges comme tout ce qui a pu être écrit dans la revue du Ministère de l'Ecologie "Empreinte N° 4"". Cette coordination rappelle les conditions de participation et les difficultés qu'elle a rencontré dans un communiqué du 22 novembre 2007 suite à un Conseil d'Administration du 19 novembre 2007. Quant à l'acceptation de la population, elle peut être d'accord puisque, dans le Trentin, elle ne concerne que 6 bergers sans terre qui transhument deux mois par an avec 4 000 brebis sur 2 000 ha. soit la superficie des estives d'une commune des Pyrénées. Le canton de Luz compte à lui seul plus de 25 000 ha et le Béarn a plus de 300 éleveurs, producteurs de fromages. La comparaison entre les deux régions semble ridicule comme l'ont souligné les éleveurs pyrénéens.

Quant aux sondages français justifiant une volonté "populaire", nous les avons déjà démonté et la seule manifestation des éleveurs à Bagnères de Bigorre avec plus de 7000 participants (500 à Toulouse pour les écologistes) est sans appel.

Pour ce qui est du communiqué de l'ADET, cette association se comporte comme si elle était l'organisatrice de ces voyages et la seule interlocutrice des éleveurs. Jusqu'à preuve du contraire il s'agit d'un dialogue avec l'Etat et uniquement avec l'Etat, l'ADET comme FERUS devant se situer, au mieux, au même niveau que les éleveurs avec cette différence que ces associations ne sont ni domiciliées ni représentatives des habitants et travailleurs des territoires pyrénéens. Il ne leur appartient donc pas de juger s'il y a ou non rupture de dialogue. Il semble qu'il y ait de leur part une confusion des genres comme c'est le cas depuis plus de 20 ans. Selon nos sources, les associations de l'ADDIP se sont parfaitement exprimées auprès des inspecteurs généraux de l'agriculture et de l'environnement en charge de l'évaluation à mi-parcours. Un certains nombres de documents et arguments ont été fournis ainsi que des études externes émanant aussi bien de l'ONU que de la FAO, de l'Union Européenne ou du Ministère de l'Environnement slovène de même que des articles de presse et communications des opposants aux grands prédateurs des provinces des Monts Cantabrique en Espagne pour montrer que la situation est bien différente de celle que l'on veut bien nous faire croire.

Le voyage dans les Asturies a montré "l'impossible transposition dans les Pyrénées". Nier ce fait c'est vouloir se mentir à soit même, être de mauvaise foi ou être une nullité intellectuelle parfaite. Le moindre voyageur dans ces régions peut se rendre compte par lui même de la situation. Les rapports officiels sur l'élevage dans les Cantabriques sont éloquents. "Notre discours ne sort que renforcé de ces voyages ce qui rend les autres [voyages] inutiles" ont ils précisé.

Le refus d'aller en Slovénie a été "clairement expliqué après des débats internes", précise le Président de l'ADDIP, Philippe Lacube. Un communiqué de l'ADDIP du 29 janvier 2008 donne toutes les explications.

Les propos de l'ADET-Pays l'ours nous laisse penser que nous avons affaire à des incompétents ou des manipulateurs depuis plus de 20 ans en collaboration avec le FIEP, FERUS et le WWF. " C'est à se demander s'ils ne profitent pas de l'argent de l'Etat pour s'organiser des voyages touristiques ". Les subventions excessives dénoncées par de nombreux rapports d'inspection et parlementaires seraient elles insuffisantes ?

Quelques exemples...

  • " L'ours n'est pas un animal dangereux " : voilà une notion totalement nouvelle. La lecture de la presse espagnole tend à faire croire l'inverse (Cf. Attaque d'un homme de 75 ans en 2004) mais aussi celle de Roumanie, Grèce, Slovaquie et... les rapports (en anglais) du Ministère de l'Environnement slovène.
  • " L'ours ne menace pas l'activité pastorale " : voilà une révélation qui se saurait si elle était vraie. Avec une telle affirmation, on se demande pourquoi il y a autant d'éleveurs hostiles depuis 500 ans que nous disposons d'une histoire écrite. Nier un tel fait c'est manifester une volonté de révisionnisme historique (Cf. "Histoire de l'ours dans les Pyrénées, de la préhistoire à la réintroduction" de Olivier de Marliave qui n'est qu'un court résumé avec parfois des omissions)
  • " La cohabitation élevage - ours s'organise, et ce n'est qu'une question de bonne volonté et de moyens " : alors il doit manquer beaucoup de moyens et cela a été très mal organisé. Les associations environnementalistes comme les administrations en charge de la question (ONCFS, ONF, DIREN, PNP) doivent être des nullités. Merci à l'ADET-Pays de l'ours de le faire remarquer avec l'aide infaillible de FERUS dont le vice-Président, Gilbert Simon, n'est autre que l'ex-Directeur de la nature et des paysages au ministère de l'Ecologie. On tourne toujours dans le même marais…. De l'incompétence admise par eux-mêmes.
  • " La présence de l'ours est un atout pour le développement du territoire " : une affirmation qui fait rire si elle ne mettait pas en péril la vie sociale et économique de milliers d'habitants des Pyrénées. L'ADET avait été créée pour assurer (au moins participer) au " développement économique et touristique " des vallées. Qu'a-t-elle fait ? Quelles sont ses réussites, ses succès ? Si l'ours était une source de revenus et de développement depuis 20 ans cela se saurait. En attendant, le développement économique des vallées se fait par d'autres moyens, fort heureusement ! Rien, dans l'histoire des Pyrénées, ne montre que l'ours peut être un atout. C'est même le contraire qui se confirme encore aujourd'hui. Les visites dans le Trentin ou les Monts Cantabrique prouvent la même chose.

"Face à de telles évidences", pour parodier l'ADET, nous comprenons la nervosité des dirigeants environnementalistes et "toute la mauvaise foi" qu'ils déploient. Un voyage en Slovénie aurait été bien pire. Le lecteur jugera de lui-même.

Dans son communiqué l'ADET précise : "Si la gestion de l'ours était si désastreuse qu'ils le prétendent en Slovénie, ils seraient au contraire venus avec enthousiasme le constater avec nous." Constater quoi ? En plein hiver, à la suite de tempêtes de neige importantes, comme dans les Pyrénées, les rares troupeaux d'ovins (il y a surtout de l'élevage de bovins depuis que le gouvernement subventionne pour changer de type d'élevage et avoir moins de prédations) sont confinés dans les bergeries. En terme de pastoralisme, il n'y a rien à voir à cette période de l'année. Quant aux ours, ils hibernent. Aller en Slovénie pour participer à des réunions avec des interlocuteurs choisis expliquant que tout est beau dans le meilleur des mondes ne présente aucun intérêt. Il est préférable de lire les rapports du Ministère de l'Ecologie qui explique les difficultés de plus en plus grandes de cohabitation et le nourrissage pour "cantonner" les ours du mieux possible. Avoir nier les nourrissages pendant 10 ans alors qu'ils sont une réalité quotidienne n'inspire pas la confiance autant envers les associations qu'envers les fonctionnaires français qui sont devenus des professionnels du mensonge dans ce domaine.

Autant d'arguments, et bien d'autres encore, qui n'inspire pas le dialogue avec de telles associations qui cherchent désespérément des éleveurs comme "faire valoir" de leurs incohérences à chaque occasion mais qui se heurtent aujourd'hui à un rejet assez profond des populations montagnardes. Nous voyons que dans cette démarche, il ne s'agit pas d'assurer un développement durable, dont la protection de la biodiversité, autour des hommes et des femmes qui vievent et trravail sur les territoires, mais de développer un lobbying qui fait vivre quelques individus autour d'une idéologie de l'ensauvagement des montagnes, parfois avec des politiques opposées à celles du Ministère de l'Agriculure.

Cette affaire ne tient pas la route.

Louis Dollo, le 8 mai 2008

Haut de page

Vidéo sur Yutube : réaction curieuse de FERUS


Après la disparition de la vidéo sur Youtube, il est difficile de rendre compte d'une information. Cette vidéo était-elle l'expression d'une opinion ou d'idées ou était-elle un appel à la destruction d'espèces protégées ?
FERUS ne dit rien à ce sujet. Il n'est d'ailleurs fait aucun commentaire. Un peut comme si il était normal d'utiliser des armes pour détruire les ours. Etonnant ! Surprenant !

Pas tant que cela. Les réactions n'en sont que plus vives et plus extrême pour mieux entretenir et attiser les conflits. Sans aucune modération, FERUS laisse écrire " si j'étais le chasseur qui a tué Cannelle, je commencerais à faire attention !" ou encore "si il n'avait pas de lois dans ce pays, je serais posté et tirerais le premier braconnier qui passe ".
De là à penser que FERUS cautionne des méthodes terroristes, il n'y a qu'un pas que d'autres ont déjà franchi. Imaginer qu'ils appliquent les méthodes des fondateurs du WWF n'est peut-être pas un hasard. Nous avons ce qui s'est passé à Arbas lors de la tentative du premier lâcher conduite de manière autoritaire avec des hommes en armes face à des bergers armés de sonnailles.

De tout temps, FERUS, comme son ancêtre ARTUS, a cherché à entretenir les conflits dans les Pyrénées tout simplement pour exister et justifier une manne financière non négligeable que n'ont pas su trouver les associations hostiles aux introductions d'ours dans les Pyrénées. Faire monter la pression pour que FERUS et ses satellites " règnent sur le sauvage ", montrer qu'il est " grand " pour que ses militants deviennent des " prophètes et des martyrs de la grande cause. "

Après tout, pourquoi pas ? C'est son droit d'apparaître ainsi. Mais ce qui est grave c'est de savoir que FERUS est un interlocuteur privilégié de l'Etat français et qu'il mène sa cause avec une bonne part d'argent public. N'y aurait-il pas un problème de… moral ?

Pas trop si l'on considère que FERUS mène plus une action de lobbying que de protection des grands prédateurs.

Louis Dollo, le 8 mai 2008

L'ours JJ3 abattu, des menaces sur Youtube


Suite au tir de l'ours JJ3 dans les Grisons (Suisse) le 14 avril, une vidéo montrant un inconnu la face cachée et armé d'une Kalachnikov a circulé sur Youtube. Elle a depuis été retirée. Dans un dialecte suisse-allemand, l'inconnu parle au nom d'un groupe dont les intentions seraient de tuer ceux qui ont abattu l'ours. Il dit aussi être formé à utiliser tout type d'armes, dont une Kalachnikov. Il menace également les autorités grisonnes d'intenter des actions contre le tourisme dans la région. Dans son discours, l'inconnu donne une leçon sur ce qui est vraiment la chasse aux ours : " Ceci est le chargeur. Je l'insère. Chargement. Je n'attrape pas cette fois un ours, mais plutôt des chasseurs, deux, trois, quatre, cinq chasseurs. Je suis prêt à combattre pour les animaux sauvages. Cette Kalachnikov n'est pas vrai, c'est un simple fusil à air comprimé. Mais nous utilisons des armes réelles ". Il pointera ensuite son doigt vers la caméra : " Tu as tiré l'ours sans penser aux conséquences (…) "

Sources :

Les réactions sur le blog de FERUS - Nous nen mentionnerons que deux

23 avril 2008 12:49, par Cpat
Moi ça ne m'étonne pas du tout que ce genre de connerie arrive. Et ça ne m'étonnerais pas si, hélas, certain passait réellement à l'acte. Avec le comportement haineux, agressif, etc… qu'ont les anti-prédateurs… comme on dit : " qui sème le vent récolte la tempête ". Et moi, si j'étais le chasseur qui a tué Cannelle, je commencerais à faire attention !

23 avril 2008 16:05, par Maxime. L
Je ne m'étonne nullement de ce comportement, j'ai la même réaction avec les loups. Je ne passerais jamais à l'acte je ne suis pas fou mais si il n'avait pas de lois dans ce pays, je serais posté et tirerais le premier braconnier qui passe. La menace est elle à prendre au sérieux ? Je ne sais pas mais les pro ours peuvent être aussi radicaux que les anti.

Haut de page

Intervention de FERUS sur la liste de dialogue Natur Naute


De : natur-naute@yahoogroupes.fr [mailto:natur-naute@yahoogroupes.fr]
De la part de sandrine andrieux
Envoyé : vendredi 20 juin 2008 16:10
À : natur-naute@yahoogroupes.fr
Objet : [natur-naute] bilan ours ADDIP


Bonjour à tous

A propos du bilan ours de l'ADDIP, envoyé par Louis, quelques commentaires factuels :

1) Les espèces sauvages existent depuis des dizaines de millions d'années, un million au moins pour les plus récentes. La version "moderne" de l'ours (plusieurs centaines de milliers d'années) n'est qu'une légère évolution d'un ancêtre vieux de millions d'années. Les moutons animaux domestiques asiatiques ne sont là que depuis 6000 ans... la montagne et la nature n'ont pas eu besoin de l'homme pour façonner les espèces sauvages.

2) Les "écolos", les protecteurs d'ours, ne disent pas s'il faut des moutons, quelles races sont bonnes ou inutiles ni comment les élever.
Ils ne sont pas très compétents et surtout pas légitimes. De la même façon, les éleveurs n'ont pas à dire ce qu'est la biodiversité, ni ce qui est bon pour elle, ni ce que doit être la nature dans ce pays.

Ou alors ouvrons aussi le débat sur le pourquoi de subventions massives à l'élevage, et à quelles conditions, et là nous serons légitimes en tant que contribuables.

3) si on veut, on peut demander au comité fançais pour l'UICN, au CNPN, au Muséum et à l'Institut français pour la biodiversité, et à deux ou trois organismes internationaux -Conseil de l'Europe, UICN monde, - si l'ours doit être ou non conservé dans les Pyrénées et dans l'intérêt de la biodiversité. Plutôt que de se lancer des citations à la tête, il existe des aéropages de gens compétents en matière de biodiversité.

4) si seules les espèces menacées de disparition planétaire ont droit absolu de cité en France, nous n'avons rien compris ... Nous croyions que la loi (sur les espèces protégées), les directives européennes (qui mentionnent des espèces prioritaires mais exigent la conservation en bon état de toutes) et le "Grenelle" (engagement politique, halte à la perte de biodiversité) concernaient toutes les espèces sauvages présentes en France....

Amicalement à tous

Sandrine ANDRIEUX
Chargée de communication - FERUS
Rédactrice en chef "La Gazette des Grands Prédateurs"

Réponse à Sandrine Andrieux

Sandrine est pleine de bonne volonté pour défendre l'association qui l'emploie mais elle manque manifestement de connaissances et parfois de culture dans ce qui concerne l'ours. Lacunes de jeunesse qui devraient se combler rapidement….

 

Sandrine : Les espèces sauvages existent depuis des dizaines de millions d'années, ….. La version "moderne" de l'ours n'est qu'une légère évolution d'un ancêtre vieux de millions d'années…..

Louis : C'est vrai. Et depuis que les agriculteurs existent-ils combattent l'ours. Jamais ours et homme n'ont pu cohabiter. D'ailleurs, l'ours brun était présent partout. Pourquoi s'obstiner à vouloir à tout prix en remettre dans les Pyrénées et pas ailleurs ? Voir l'histoire de l'ours

S : Les moutons animaux domestiques asiatiques ne sont là que depuis 6000 ans... la montagne et la nature n'ont pas eu besoin de l'homme pour façonner les espèces sauvages.

L :
L'homme s'est sédentarisé. Il a évolué depuis 6000 ans au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Il ne vit plus de chasse et de cueillette. Il vit de culture et d'élevage. A quel type de civilisation veux-tu revenir ?
Si l'homme était encore un chasseur, accepterais-tu qu'il tue des ours pour se nourrir ?
C'est un choix de société et non un choix entre homme ou ours ou bien entre ours et pastoralisme. Curieusement, vous n'avez pas fait de sondage sur ce choix de société.

S : Les "écolos", les protecteurs d'ours, ne disent pas s'il faut des moutons, quelles races sont bonnes ou inutiles ni comment les élever.
Ils ne sont pas très compétents et surtout pas légitimes.

L :
Sur ce dernier point, nous sommes tout à fait d'accord. Vous n'êtes pas légitime. Mais alors explique moi pourquoi FERUS et autres associations environnementalistes explique aux éleveurs des Alpes et des Pyrénées comment ils doivent conduire leurs troupeaux et pourquoi ils préconisent des règles de gardiennages c'est-à-dire des " règles de bonne pratique " de l'élevage ovin ?

S : De la même façon, les éleveurs n'ont pas à dire ce qu'est la biodiversité, ni ce qui est bon pour elle, ni ce que doit être la nature dans ce pays.

L :
Et toi tu as à le dire ? Pourquoi les éleveurs seraient plus idiots que toi et tous les militants écologistes qui se répandent sur Internet ou sur les marchés pyrénéens y compris jusqu'aux Pastoralies.
Je crois rêver en te lisant. Mais bon…. c'est une question d'habitude depuis plus de 20 ans…

Si je comprends bien, tu défends l'idée de l'existence d'une élite, dont ne font pas partie les éleveurs, et qui a le droit de décider à la place de tout le monde. ca me fait penser à certaines idéologies....

S : Ou alors ouvrons aussi le débat sur le pourquoi de subventions massives à l'élevage, et à quelles conditions, et là nous serons légitimes en tant que contribuables.

L : Là ce n'est vraiment pas un problème. Le slogan de l'ASPAP, repris par les autres associations de l'ADDIP c'est " Ni ours ni indemnisation, les Pyrénées vivantes et tranquilles " Ceci est sur les banderoles. Pour les autres aides à l'élevage et l'agriculture, je crois que les céréaliers en touchent nettement plus que les éleveurs de montagne et que la PAC est applicable à l'ensemble de l'Europe. Je ne vois pas pourquoi les éleveurs pyrénéens auraient plus honte que les autres agriculteurs à dire qu'ils sont aidés et subventionnés. Il faut quand même dire que contrairement à l'éleveur du massif armoricain ou du Morvan ses aides sont assorties de conditionnalités environnementales beaucoup plus contraignantes en raison de l'ours.
Mais je crois que beaucoup d'agriculteurs aimeraient vivre de leur travail plus que des subventions. Pour cela, il faut que ce soit les mêmes règles du jeu partout et que la société accepté de payer sa nourriture deux fois plus cher.
Il est facile de critiquer les subventions mais il est moins facile d'accepter de payer plus….

S : Si on veut, on peut demander au comité français pour l'UICN, au CNPN, au Muséum et à l'Institut français pour la biodiversité, et à deux ou trois organismes internationaux -Conseil de l'Europe, UICN monde, - si l'ours doit être ou non conservé dans les Pyrénées et dans l'intérêt de la biodiversité.

L :
L'UICN a déjà fourni la réponse : l'ours brun n'est pas une espèce menacée et la population d'ours brun dans les Pyrénées a déjà disparu. La même UICN comme la Convention de Berne dit que pour faire une réintroduction ou un renforcement notable il faut une acceptation sociale. Nous sommes très loin du compte. Rien que pour ce dernier point, les importations d'ours ne sont pas possibles sauf en l'imposant par la force comme cela a été fait.

S : Plutôt que de se lancer des citations à la tête, il existe des aréopages de gens compétents en matière de biodiversité.

L :
Tu as raison. Tu as même toutes les références dans le rapport de l'ADDIP. Il faut le lire. Je te promets, il est excellent !

S : Si seules les espèces menacées de disparition planétaire ont droit absolu de cité en France, nous n'avons rien compris ...

L :
Tu n'as effectivement rien, compris. Ce n'est pas moi qui le dit mais l'UICN. L'ours brun n'est pas une espèce menacée.

S : Nous croyions que la loi (sur les espèces protégées), les directives européennes (qui mentionnent des espèces prioritaires mais exigent la conservation en bon état de toutes) et le "Grenelle" (engagement politique, halte à la perte de biodiversité) concernaient toutes les espèces sauvages présentes en France....

L :
La biodiversité c'est l'ensemble du vivant, espèces sauvages ou non (donc aussi espèces d'élevage / domestiques) et l'homme. C'est ce que reprend le Grenelle de l'environnement. Qu'il y ait des lois et directives pour les espèces sauvages est une chose. Qu'il existe d'autres espèces à protéger en est une autre. Cela aussi est expliqué avec des références sérieuses dans le rapport de l'ADDIP. Mais il faut le lire avant de critiquer.

 

Je crois, Sandrine, que tu ne connais pas ou mal la genèse des introductions d'ours dans les Pyrénées avec toutes ses magouilles, manipulations, tentatives de corruption, etc… Ce n'est pas seulement une affaire de " sauvetage de l'ours brun dans les Pyrénées " mais, à la base, c'est une affaire de gros sous et de financements divers qui te dépasse largement. Il y a eu un excellent ouvrage sur ce sujet qui a été entièrement acheté à l'éditeur par une association que tu connais bien afin qu'il ne soit jamais diffusé. Il se trouve qu'il en existe quelques copies qui circulent.
Pour moi, l'affaire de l'ours dans les Pyrénées n'a rien à voir avec l'écologie, la biodiversité. Ce n'est même pas une affaire politique ou si peu. C'est l'affaire d'une petite "mafia" qui disparaît lentement avec le temps. Ils ont su en profiter. Certains ont vécu avec. Je reprendrais simplement pour conclure les paroles que le directeur d'une association m'a tenu au cours d'un repas : " Si je n'avais pas l'ours, de quoi je vivrais ? " Nous pouvons le comprendre. Il est d'ailleurs très actif pour trouver des financements y compris en Espagne.

A côté des gens intéressés, il y a les idéologues du " tout sauvage " auxquels tu empruntes certains de tes propos. Ceux-là ont pour objectif " la récupération des territoires pour les gérer ", en fait ne rien y faire pour les laisser à l'abandon et en faire de grands zoo. Vaste sujet sur lequel nous reviendrons car très proche d'une idéologie politiquement peu acceptable qui a laissé des trraces indélébile dans l'histoire du monde.

Louis Dollo, le 10 août 2008

Haut de page

FERUS évangélise les Pyrénées


Un peu comme ces missionnaires américains de l’Eglise Evangélique ou des mormons, FERUS est « présent sur le pavé pour expliquer le choix de la protection de l’ours dans les Pyrénées et sur la possible cohabitation.»

« Présent sur le pavé », voilà une expression qui nous fait plus penser aux péripatéticiennes de certaines grandes villes qu’à nos marchés montagnards. Qu’à cela ne tienne, FERUS constate depuis les derniers lâchers d’ours de 2006 « qu’il manquait cruellement de personnes sur le terrain pour informer les habitants, mais aussi les gens de passage.»

Allons donc !

Les éleveurs qui ont subi des sinistres des prédateurs seraient donc mal informés. Des siècles de culture et d’histoire autour de l’ours font que ces régions ont une population mal informée sur les conséquences de la présence des ours dans les estives. Alors FERUS envoie des évangélisateurs dans les vallées pyrénéennes pour porter la bonne parole. C’est ainsi que nous avons pu voir un de ces personnages en Ariège dans les rues de Sentein et au marché de Castillon et de Saint-Girons. Et plus récemment, dimanche dernier, à la foire au fromage d’Etsaut en vallée d’Aspe

Une habitante de Sentein nous raconte…. « Lundi, un "allumé" de chez FERUS faisait de la propagande sur le trottoir de la rue Villefranche à St Girons. Il attendait le bus. Du moins je le croyais. Il interpellait les gens pour leur parler de biodiversité et de l'ours. En fait, je l'ai reconnu. Il était à la manif de Toulouse : un grand, maigre, châtain clair et lunettes de soleil. A Toulouse, il prenait des photos de nos trombines. On l'avait un peu chambré et H. D… lui avait fait sonner les cloches au niveau des oreilles » Le pauvre ! Il devait vivre des grands moments de solitude dans ces vallées du Couserans. Notre Ariégeoise poursuit… « Je me suis chargée de dire aux passants de ne pas écouter ses c….. Il expliquait que l'an dernier il était allé en Russie voir la forêt sibérienne. Je lui ai demandé s'il avait remboursé le CO2 qu'il avait utilisé pour y aller. Mais pas de réponse. » Il est vrai pour ces missionnaires de la cause de l’ours, tout le bien être du monde repose sur la survie d’ours dans les Pyrénées. La pollution n’est qu’un « détail de l’histoire ». Mais notre Ariégeoise n’a pas la langue dans sa poche.

A Etsaut, même si le maire est qualifié de « pro-ours », il n’empêche qu’il n’a jamais fait voter par son conseil municipal un accord pour accueillir des ours sur sa commune en 2006. Les « missionnaires » de FERUS sont venus plus nombreux… A trois… « Ils se sont fait allumer par les bergers… » Et devant un stand de la Soule, ils se sont fait prendre à parti par une jeune fille particulièrement remontée.. « En plus de nous faire ch….. ». Mais qu’importe « ils entendent mais n’écoutent pas. » De son côté, le chevrier d’Aydius ne veut pas en entendre parler. Quant à Julien il ne se sent pas assez intelligent pour parler d’ours. L’ambiance ! Mais pour ces missionnaires de la bonne cause ursine et mauvaise cause pastorale « on est bien reçu. Les gens sont contents. »

Ben tiens donc ! Parions que dans quelque temps nous verrons un communiqué de FERUS nous expliquer que la majorité de la population est pour une introduction de l’ours. En attendant, beaucoup sont ceux qui pensent qu’il y a là une provocation pour créer des incidents et organiser une manipulation de l’opinion. Viendront-ils sur le marché de Luz dans les Hautes-Pyrénées ? Ou de Lourdes ? Ou d’Argelès ? Ou bien iront-ils en Ariège le 8 août pour les Pastoralies au Plateau de Beille ? (1)

Une chose est certaine. La technique employée est la même qu’à la fin des années 1980 et début 1990 : créer le conflit permanent pour justifier une existence artificielle. Attention à la provocation !

Auteur : Louis Dollo
Source : Tarbes-Infos -
Mis en ligne mardi 29 juillet 2008-8h00

(1) ils sont bien venus aux Pastoralies le 8 août aux Cabannes. Voir le film....

Haut de page

Férus et le Comité Ariégeois de défense de la nature écrivent au Préfet de l'Ariège
 

 


Grand Charnier
Recherche sur Pyrénées-Pireneus

Accueil du Monde des Pyrénées
Environnement des Pyrénées
Ecologie, un vrai problème manipulé de façon inquiétante
Ours dans les Pyrénées