L’AOC Barèges-Gavarnie : un des combats perdu d'avance de FERUS

 

Il s’agit d’un combat totalement délirant et sans avenir : s’opposer à un produit de qualité respectant des règles de protection environnementales depuis des millénaires. C’est bien là que nous voyons le caractère idéologique hostile à l’humain de ces organisations sectaires qui se moquent de l’environnement.

Mais pire encore. Voilà plus de 30 ans que FERUS (ex-ARTUS) nous trompe dans une vaste magouille organisée par son ex-président, Gilbert Simon, qui cumulait à peu près toutes les fonctions au Ministère de l’écologie, à FERUS, au WWF et à l’UICN-France.  En réussissant e tour de passe extraordinaire de faire des deux espèces animales qui ne sont pas en danger dans le monde, l’ours brun et le loup, une espèce en danger en France contre toutes les règles d’évaluation de l’UICN, ceci a un nom : de la malhonnêteté. Toutes les associations ont trempés dans cette manipulation : FIEP, ADET-pays de l’ours, Férus et le WWF. Pourquoi ? Parce que derrière il y avait de l’argent. Il était donc plus rentable de faire du lobbying à partir d’une doctrine extrémiste et quasi totalitaire que faire de la vraie protection de l’environnement. Par contre l'AOC mouton de Barèges-Gavarnie, c'est de la protection de l'environnement, c'est du développement de biodiversité et c'est du développement durable. Alors, puisque ce n'est pas dans leur doctrine, ça dérange.

 

 

Dans son obstination contre l’AOC mouton de Barèges-Gavarnie, FERUS précise dans une note du 20 septembre 2012 :

« En 2009, lors d’un atelier de travail du Groupe National Ours dans les Pyrénées, nous avons appris que les dégâts d’ours sur troupeaux labellisés comme les productions bio sont mieux indemnisés de 10%. Ferus a demandé s’il en est de même pour les animaux AOC Barèges-Gavarnie et le représentant de l’Etat a confirmé que ce label AOC Barèges Gavarnie bénéficie aussi des 10 % de majoration mais également que « le cahier des charges n’interdit d’ailleurs pas le gardiennage du troupeau ni l’utilisation de chiens de protection ». Par suite, le non-gardiennage de ces troupeaux n’est qu’une instrumentalisation de l’opposition à l’ours. De toute façon, s’il est estimé qu’au final le décret pris pour le label AOC Barèges-Gavarnie empêche la mise en place de moyens de protections adéquats, c’est au décret d’être modifié car le droit européen prime sur le droit français ».

Nous avons ici un parfait exemple d’ignorance et incompétence de la part de FERUS qui ne s’intéresse pas beaucoup à ce qui se passe sur les territoires dont ils ont la prétention de diriger les bonnes consciences. Ils sont dans leur monde, leur idéologie et hors d’eux, rien ne se passe.  En effet, ils réagissent 4 ans après la création de l’AOC (2005) et 7 ans après ils n’ont toujours pas compris qu’en montagne il y avait des femmes et des hommes qui y vivaient au quotidien et qui, comme eux, ont parfaitement le droit de se développer et surtout de faire ce que eux ne font pas : du développement durable. L’AOC / AOP Barèges-Gavarnie est totalement dans les orientations de la conférence de Rio que les ONG environnementalistes semblent méconnaître. Et FERUS poursuit dans sa note :

« FERUS a plusieurs fois dénoncé l’AOC Barèges-Gavarnie, notamment pour s’opposer à l’effarouchement de l’ours Cannellito : 

[Ndr : ces deux argumentaires à 7 ans de différence sont de véritables condensés de mensonges. Voir nos commentaires ci-dessous à la suite de chacun des argumentaires]

Avec cette organisation d’idéologie sectaire, nous voyons très bien que c’est non à l’effarouchement, non à la chasse, non aux voitures, non aux pistes pastorales, non aux perturbations ludiques, etc… c’est-à-dire non à la vie des hommes et place uniquement à la vie des animaux et plus c’est gros (les animaux) plus c’est beau. Et le pire dans cette histoire c’est qu’une fois encore ils se moquent de la vie des hommes qui ne sont, pour eux, que des intrus.
Pas sûr que les habitants des vallées acceptent de telles exigences : partir dans les villes pour laisser la place aux animaux sauvages.

Soyons réaliste. L’avenir n’est pas avec les écologistes doctrinaires et sectaires mais dans un cadre durable et raisonné avec et pour ceux qui vivent sur le territoire à l’année. L’AOC / AOP Barèges-Gavarnie, comme les habitants du Pays Toy, sont eux, territorialisés dans un secteur bien terminé et décidés à y rester. Ce n’est pas le cas des adhérents de FERUS.

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Hautes-Pyrénées : les associations s’opposent à l’effarouchement de l’ours !


Les associations membres de la coordination Cap Ours ont écrit à la Ministre de l’Ecologie leur opposition à l’arrêté autorisant l’effarouchement d’un ours pris le 1er août par le préfet des Hautes-Pyrénées.

Nous considérons que cet arrêté est illégal, inutile, inefficace et qu’il est même finalement contre-productif.

  • Illégal, car il ne respecte pas les termes de la Directive « Habitats » quant aux dérogations susceptibles d’être accordées pour prévenir les dommages à l’élevage. L’article 16 de la Directive précise en effet que les dérogations ne sont possibles à la condition « qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante ». Or, le troupeau concerné ne bénéficie pas des mesures de protection ayant démontré leur efficacité, notamment la présence d’un berger et de chiens de protection. Ceci alors que la présence durant 6 nuits de bergers missionnés par l’administration a prouvé qu’il était tout à fait possible de prévenir les attaques.
    Si le décret relatif à l’appellation d’origine contrôlée « Barèges-Gavarnie » invoqué par Monsieur le Préfet pour justifier son arrêté vient en contradiction avec la directive « Habitats », il doit alors être modifié en conséquence, le droit européen primant sur le droit national.
    De plus, cet arrêté déroge complètement au protocole « ours à problème » (fruit de nombreux ateliers de travail entre tous les acteurs concernés), d’abord en n’appliquant pas les concertations nécessaires avec tous les acteurs (donc les associations de protection de la nature) et en ne tenant pas compte de l’absence de protection des troupeaux.
  • Inutile, car si l’effarouchement d’un ours peut permettre de corriger un comportement anormal, il ne se justifie en rien sur un animal au comportement normal comme c’est le cas ici. Il est impossible de faire comprendre à un ours qu’il ne doit pas attaquer des troupeaux sans protection !
  • Inefficace, car dans l’hypothèse, peu probable, où les techniciens parviendraient à effaroucher l’ours une fois, cela le décantonnerait sans corriger le comportement visé. Tout au plus le problème sera-t-il déplacé sur les estives voisines.
  • Contre-productif enfin, car tout cela aura comme effet de décrédibiliser les techniciens de l’ONCFS chargés de l’opération et les services de l’Etat.

Craignant que cet arrêté ait des conséquences négatives et durables, et afin de les limiter, nous étudions toutes les hypothèses, y compris celle d’actions en justice afin de le faire annuler et d’éviter que de tels errements ne se reproduisent.
Nous ne demandons pas la protection de l’ours au détriment des activités humaines. Il s’agit d’avancer ensemble sur de vraies solutions permettant de concilier la restauration d’une population d’ours et le développement d’un pastoralisme durable, tout en valorisant localement ce patrimoine pyrénéen riche et diversifié.

Les associations membres de CAP – Ours :
Altaïr Nature, Animal Cross, Association Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne 66 (APAM 66), APATURA, Association Nature Comminges (ANC), Comité Ecologique Ariégeois (CEA), Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), Ferus (Groupe Loup France/ARTUS), France Nature Environnement Hautes Pyrénées (FNE 65), France Nature Environnement Midi Pyrénées (FNE Midi Pyrénées), Fonds d’Intervention Eco-Pastoral – Groupe Ours Pyrénées (FIEP), Mille Traces, Nature Midi-Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées comité local Hautes-Pyrénées, L’oeil aux aguets, Pays de l’Ours-ADET (Association pour le Développement Durable des Pyrénées), Société d’Etude de Protection et d’Aménagement de la Nature dans le Sud Ouest section Pyrénées-Atlantiques (SEPANSO Pyrénées-Atlantiques), Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), Sours, WWF France.

Communiqué CAP – Ours Coordination Associative Pyrénéenne pour l’Ours du 7 septembre 2012

Commentaire de ce communiqué


Férus parle mais ne prouve rien une fois de plus. Quoique.....

1/ Si l’arrêté préfectoral est illégal, curieux qu’il ne soit pas attaqué. En tout cas il y a eu plus de 6 nuits avec gardiens sous la tente, les éleveurs y ayant largement contribués, et, au cours de cette garde il y a eu une prédation à quelques mètres de la tente. Curieux que les milices de Férus n’aient pas surveillé cette estive….

2/ Inutile… nous apprenons donc qu’il est normal qu’un troupeau serve de garde-manger à un ours. Les brebis sont même probablement faites pour ça. Petit problème : les obligations légales de l’état en vertu de l’article L113-1 du Code rural.

3/ Inefficace… Tout à fait d’accord. Mais puisque l’effarouchement est prévu au protocole doit-on considérer que ce protocole est inefficace et mis en place par des incompétents, c’est-à-dire l’ONCFS ?

4/ Contre-productif … « car tout cela aura comme effet de décrédibiliser les techniciens de l’ONCFS ». Tout à fait d’accord. Quoique les techniciens de l’ONCFS ne sont plus crédibles depuis longtemps en matière d’ours… D’autant que dès 1995, les chargés de projet ont démissionné en raison de l’incompétence des personnels mis à leur disposition…. Et au moins les patrons sont toujours là…

Merci à Férus d’avoir confirmé ce que je pensais depuis très longtemps.

Mais un point exige des précisions : le nombre d'associations de Cap-Ours. Impressionnant mais simple poudre aux yeux car beaucoup d'associations sont membre d'autres associations ou fédérations d'associations. La réalité est qu'il ne reste véritablement que 4 ou 5 associations dans Cap-Ours et non toute cette litanie.
Vous avez dit manipulation ?

Louis Dollo, le 20 septembre 2012

Nota : 28 septembre 2012 : Ferus et autres associations écologistes attaquent l'arrêté préfectoral d'effarouchement - Les effarouchement ont bien eu lieu sans jamais trouver l'ours. Néanmoins, durant cette période, il y a eu une prédation le 17 septembre 2012

 

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Lettre de Cap-Ours à Dominique BUSSEREAU, Ministre de l’agriculture : Mesures de revalorisation de l’économie montagnarde et du pastoralisme du massif pyrénéen

 

Le 21 mars 2005

Monsieur le Ministre de l’agriculture Dominique BUSSEREAU

Objet : Mesures de revalorisation de l’économie montagnarde et du pastoralisme du massif pyrénéen

Monsieur le Ministre de l’agriculture,

L’annonce par le ministre de l’écologie d’un vrai plan de restauration de la population ursine dans les Pyrénées nous agrée profondément. Cette annonce s’accompagne d’un important travail pour revaloriser l’économie montagnarde et pastorale pyrénéenne. Déjà des consultations des organisations professionnelles agricoles ont eu lieu, tant au niveau départemental que du massif.

Comme beaucoup, nous regrettons que cette réflexion nécessaire soit si tardive, presque dans l’urgence, puisque ces mesures doivent s’inscrire dans le PDRN 2007-2013. Nous prenons acte de ce travail en cours et nous vous faisons part de nos propositions, tant pour la politique de soutien à l’agriculture de montagne dans les Pyrénées que pour les mesures spécifiques aux problèmes liées à la présence des ours et plus largement des prédateurs.

Nous vous rappelons que depuis toujours CAP-Ours, coordination de 28 associations favorables à la présence de l’ours dans les Pyrénées, se bat pour permettre la cohabitation entre les hommes, en particulier les éleveurs, et les ours. Quelques associations membres de CAP-Ours font un important travail en ce sens, et ce depuis des décennies.

  • le FIEP, dans le Béarn, a mis en place les premières mesures d’aide aux bergers et éleveurs qui étaient confrontés aux ours, il y a déjà une trentaine d’années. Ces mesures sont la base de toutes celles qui ont été promulguées depuis.
  • Pays de l’Ours-ADET œuvre depuis la réintroduction d’ours en 1996 au développement économique et touristique des Pyrénées centrales, avec des résultats positifs tant pour les éleveurs (Broutard du pays de l’ours) que pour les autres acteurs économiques des vallées (accompagnateurs, artisans, hôteliers, restaurateurs…).
  • Enfin, L’Association pour la cohabitation pastorale, composée essentiellement d’éleveurs et de bergers, est à la charnière de ces actions et c’est notamment par son intermédiaire que de nombreux chiens patous sont été placés sur l’ensemble du massif pyrénéen pour permettre la protection des troupeaux aujourd’hui et demain. C’est pourquoi nous souhaitons enrichir les consultations du monde agricole et forestier sur les mesures de revalorisation de l’économie montagnarde et pastorale du massif des Pyrénées.

Les exploitations pastorales ne représentent que 35 % des exploitations pyrénéennes, aussi il nous semble important que des mesures puissent accompagner les autres exploitations agricoles. Prenons un exemple : les apiculteurs de montagne ont aussi des contraintes liées à leur implantation, et la présence de l’ours oblige à une protection supplémentaire des ruchers.

Malgré la diversité de l’économie agricole de montagne entre les différents départements pyrénéens, il nous semble essentiel que les mesures qui seront proposées concernent l’ensemble du massif afin de garder cette richesse . Nos contacts avec des éleveurs des différents départements nous font souligner ce point, car la complexité actuelle des différentes mesures de soutien au pastoralisme ne facilite pas leur lecture, et crée des écarts importants entre les départements. L’harmonisation doit se faire vers le haut, car plus nous faciliterons le développement d’un pastoralisme vivant, employant de nombreuses personnes (bergers), permettant par une véritable conduite des troupeaux la conservation de l’écosystème agro-pastoral (support de l’ensemble des activités de haute montagne), plus l’acceptation par les éleveurs et les autres agriculteurs du retour des prédateurs sera facilitée.

Aussi pensons-nous que le seul zonage acceptable pour l’ensemble des mesures, en particulier des aides spécifiquement liées à la protection des troupeaux (clôtures, chiens, gardiennage, cabanes…), doit être le massif. L’expérience des réintroductions précédentes, l’exemple du retour naturel du loup dans les Alpes (à anticiper pour les Pyrénées) montrent que les animaux sauvages ne tiennent pas comptent des limites administratives que nous fixons. Donc c’est bien au niveau du massif qu’il faut prévoir les mesures d’aides et de protection, qui sont aussi des mesures de prévention et de précaution.

A l’évidence un des premiers trains de mesures qu’impose le plan de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées est de favoriser le gardiennage des troupeaux : outre les aides qui permettraient aux éleveurs d’employer des bergers sans surcoût prohibitif, il convient de travailler plus en amont sur la formation des divers acteurs (bergers, éleveurs), sur le logement des bergers en altitude et la construction de cabanes et abris adaptés aux estives. Les mesures qui ont été adoptées en 2000-2003 pour la partie centrale des Pyrénées, soutenue localement par certains conseils généraux, doivent servir de référence. Cependant, nous pensons que les mesures d’aide à l’embauche des bergers ne doivent pas faire référence au nombre de bêtes ou, tout au moins, prévoir la possibilité de dérogations pour les montagnes difficiles, où garder plus de 500 à 600 bêtes peut être un maximum. Pour les cabanes de berger, il semble particulièrement important d’une part de rechercher des choix de construction qui, tout en s’intégrant au paysage, ne génèrent des coûts trop importants comme certaines cabanes construite trop traditionnellement. Néanmoins il convient d’adapter la législation en place (législation du travail notamment) pour la rendre compatible avec une activité spécifique et un milieu particulier. Pour toutes ces questions, il nous semble important que les associations de bergers ou des bergers ? dans les départements où elles n’existent pas, participent à leur définition et leur mise en place, car notre expérience nous dit qu’ils sont trop souvent oubliés.

Plus particulièrement, surtout pour les zones intermédiaires, celles qui sont les plus problématiques tant pour l’entretien de l’espace que pour la protection des troupeaux contre les prédateurs sauvages et domestiques, il faut rechercher des mesures qui favoriseraient la création d’un foncier cohérent et le regroupement des petits troupeaux pour permettre leur gardiennage (moins de 100 ovins). Les collectivités locales pourraient incitées à abonder ces mesures de manière à permettre l’embauche de bergers ? C’est dans ce cadre que la taille minimale des troupeaux est un frein important pour l’efficacité des mesures d’aides. Quand, comme dans la vallée de Luz, la taille moyenne des troupeaux n’excède pas les 90 têtes d’ovins, pour être efficaces les mesures doivent pouvoir être assouplies pour tenir compte de certaines particularités locales. Il nous faut donc trouver les moyens d’avoir une gestion des troupeaux adaptée aux conditions de présence humaine actuelle, permettant le maintien des structures existantes tout en faisant accepter les ours

Il convient aussi d’adapter certaines mesures de traçabilité, de police sanitaire, de déclaration de mouvement des troupeaux à la réalité de l’estive. Déclaration de naissance, pertes de boucles, déclaration simplifiée des mouvements (il ne faudrait pas que les nouvelles règles obligent un éleveur qui change de pacage à chaque saison, suivant en cela l’ouverture et la fermeture de la montagne, en arrive à faire quatre déclarations de changement d’exploitation dans l’année).

Pour permettre le maintien d’un pastoralisme vivant en montagne, il convient de favoriser le maintien des exploitations en montagne. En ce sens, l’idée d’une revalorisation des ICHN, voire d’autres aides, du fait de la présence des prédateurs est une solution acceptable. Il est incontestable que la présence de prédateurs sauvages constitue un handicap naturel supplémentaire demandant aux éleveurs un surcoût d’aménagement, de travail et de stress qui n’est pas complètement pris en compte par les autres mesures. Aussi nous sommes largement favorables à une revalorisation des ICHN pour les zones de montagne et haute montagne du Massif ou à la création d’un complément ICHN prédateurs.

La récente réforme du plan « bâtiment » qui fait disparaître la spécificité montagne, qui met un seuil pour obtenir l’aide à un minimum d’investissement de 15000 €, va à l’encontre du projet annoncé maintenant. Il faut obtenir une dotation spécifique dans le cadre du plan bâtiment pour le massif des Pyrénées. Il faut permettre même au plus petites structures, même celles qui selon des critères strictement comptables ne semblent pas viables (il y en beaucoup qui existent depuis des années et des décennies) d’obtenir des aides. La montagne pyrénéenne est façonnée par l’existence de ces exploitations, aussi l’aide aux plus petits projets doit être possible, et il semble nécessaire dans tous les cas de comptabiliser dans l’investissement le temps passé pour l’auto-construction (ce qui permettrait parfois d’atteindre les 15000 €). Des mesures qui permettraient de vraies installations progressives, notamment pour les bergers, car cette activité est souvent un premier pas avant l’installation, sont nécessaires.

Enfin, l’aide apportée à la valorisation des produits doit s’articuler avec l’ensemble des aides à la revalorisation de l’économie montagnarde des Pyrénées. Le cas de l’AOC Barèges-Gavarnie est pratiquement l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Quelle est la cohérence entre d’un côté des mesures pour l’emploi de bergers, la conduite des troupeaux et de l’autre les soutiens à un signe de qualité qui exclut, par principe, cette forme moderne de pastoralisme ?Aujourd’hui l’AOC Barèges sert d’argument pour refuser la présence de l’ours…

Au contraire les marques utilisant l’ours comme élément commercial (le fromage Pé Descaous, le Broutard du pays de l’ours) cherchent un maximum de cohérence entre un produit et les modes de gestion des troupeaux et de l’environnement. Ce souci de cohérence nous semble essentiel. Du fait de l’évolution des marchés, de l’intégration à une économie mondialisée dominée par les coûts de productions, répondre à travers les productions aux attentes sociales et environnementales de la société de proximité, est probablement une véritable solution économique. Pour terminer, quelques mots sur la forêt. L’ours, qui est à l’origine de ces consultations, est un animal essentiellement forestier. On sait que la conduite des exploitations forestières peut causer de nombreux dérangements et détruire le milieu de vie de ces animaux. Il ne serait pas logique d’un côté de réintroduire des ours et de l’autre de ne pas chercher de nouvelles règles et méthodes d’exploitation forestière.

Nous sommes d’accord pour que soient pris en compte les handicaps naturels de la forêt pyrénéenne, forêt de montagne souvent difficilement accessible. La création d’une ICHN forêt semble pouvoir être une première réponse.

Néanmoins nous demandons que des règles précises d’intervention en forêt soient mises en place afin de tenir compte de la présence d’ours ou d’autres espèces (coq de bruyère notamment). En outre une importante réforme des soutiens à l’exploitation forestière doit être mise en œuvre, l’aide apportée pour la construction des routes doit pouvoir être apportée dans son intégralité pour les autres formes d’exploitation forestière (câble, traction animale…).

Comme le montre ces quelques suggestions et remarques nous sommes disponibles pour participer à des réunions de travail afin de rechercher les solutions permettant la cohabitation entre l’humain, notre premier souci, et l’animal. N’oublions jamais que la défense de l’environnement est d’abord une défense du milieu de vie de l’humain.

Nous croyons que la restauration des populations d’ours dans les Pyrénées est le signe d’une nouvelle vitalité, comme le montre l’intérêt porté par vos services à nos problèmes montagnards pyrénéens. Nous vous demandons aussi d’inviter lors des réunions de consultations agricoles en plus des organisations professionnelles traditionnelles, l’Association pour la cohabitation pastorale (ACP). Non seulement elle a maintenant une véritable expérience sur les mesures de protection et les mesures d’accompagnement, mais aussi elle est pour l’administration un allié précieux pour montrer que tout le monde agricole n’est pas farouchement hostile à la présence de prédateurs sur notre massif.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre de l’agriculture, l’expression de nos salutations distinguées.

Copie envoyée à : la DDRAF Midi-Pyrénées, aux DDAF ainsi qu’aux préfectures des départements pyrénéens.

Source : Férus du 21 mars 2005

Commentaire de cette lettre

Cette lettre est un vrai gargarisme qui débute sur trois mensonges majeurs :

1/ Le FIEP n’a jamais été à l’origine des premières mesures d’aides aux bergers, ce sont les sociétés de chasse et avant même l’existence du FIEP. Mais ceci, comme la téléphonie, fait partie de la légende bien-pensante qui existe autour du FIEP.
2/ L’ADET (Association de Développement Economique et Touristique) n’a jamais rien fait en matière de développement dans les domaines économiques et Touristiques. Il n’existe que 4 ou 5 éleveurs autour du broutard du pays de l’ours, ce qui est totalement dérisoire quant aux accompagnateurs en montagne,  les artisans…., les bons n’ont pas besoin de l’ADET pour se développer et ils sont nombreux beaucoup plus nombreux que ceux qui plongent dans ce milieu mensonger.
3/ L’Association pour la cohabitation pastorale (ACP) a vécu uniquement par des subventions impressionnantes qui sont parties en fumée dans des conditions assez douteuses avec une présidente rémunérée. Tout a été transformé dans une autre association, « La Pastorale » dont nous ne savons pas très bien comment elle vit… sans doute des fonds publics.

Les seuls emplois créés ne dépendent que de subventions d’Etat, ce qui n’est pas très sérieux en termes de développement économique. Quant au touristique, il est tellement reliquaire qu’il n’est même pas visible.
FERUS, l’ADET et le FIEP ne sont pas du tout crédibles quant aux objectifs économiques autour de l’ours. Vu le coût que cela occasionne, il vaut mieux arrêter l’expérience puisqu’il s’agissait en 1996 d’une expérience et non d’un renforcement de population d’ours.

Le reste du baratin est du même jus. Inutile de s’y attarder.

Louis Dollo, le 10 juin 2011

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