François Moutou

 

François Moutou, épidémiologiste à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Anses), mais aussi militant écologiste de la Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifère (SFEPM).


Epidémiologiste à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Anses), le vétérinaire François Moutou travaille sur diverses maladies communes à l'homme et aux animaux pour mieux les comprendre et les prévenir. Mammalogiste, il est membre de la Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifère (SFEPM). Concerné par le thème de la biodiversité, il pense que "la question n’est pas de discourir sur une stratégie nationale pour la biodiversité mais de décider ensemble si on garde ou non, le grand hamster (Cricetus cricetus) en Alsace, le vison européen (Mustela lutreola) en Aquitaine, l’ours brun (Ursus arctos) dans les Pyrénées - et tous les autres - et ensuite de s’y tenir. On sait techniquement comment faire et pour les conserver et pour les éliminer. On le dit, on le fait et on l’assume." - En savoir plus....

Le vétérinaire François Moutou, auteur de nombreux ouvrages sur les animaux, nous parle des ours. 10 ans après la mort de l'ourse Cannelle, tuée par un chasseur dans les Pyrénées, où en est-on de la présence du mamifère dans nos territoires ?

On peut être épidémiologiste et vétérinaire mais ne rien connaître à la problématique pyrénéenne. C'est un peu ce qui se passe pour François Moutou. Le militantisme aveugle, même à la SFEPM.

Pour François Moutou, des ours dans les Pyrénées (et non DES Pyrénées qui eux n'existent plus), c'est "une grande chance". Pour qui ? Ce n'est pas, à priori, l'avis des éleveurs, voir même de nombreux acteurs du tourisme local. Dire qu'il y a "une absence de volonté de cohabité avec les habitants", est exact. Mais est-ce à François Moutou de l'exiger ou de l'imposer ? Accepterait-il d'être éleveurs / berger et voir son outil de travail décimé par un prédateur grand carnivore ?

Parler de "pression commerciale liée au mouton" est stupéfiant. Un troupeau un la base de l'outil de travail particulier car vivant, procurant un revenu pour le berger. Lui-même, vétérinaire, s'il en vit, trouverait-il normal que l'on détruise son cabinet pour ne plus en vivre ?

Si les chasseurs se trouvent être plus menacés que les randonneurs c'est tout simplement parce qu'on ne chasse pas le sanglier en restant sur les chemins de randonnée, parceque le chasseur a des chiens qui lèvent le gibier dont l'ours et parce qu'on chasse à l'automne, une période où l'ours a plus de difficulté à trouver des protéines avant l'hiver. Nous ne pouvons pas, dans ce domaine, comparer randonneurs et chasseurs.

Dire que "la filière [ovine] n'est pas très bien organisée", il faudra le démontrer. Lorsqu'il s'agit de passer des nuits et des jours à surveiller un troupeau, comme si le berger était un esclave taillable et corvéable à merci, cela n'a rien à voir avec l'organisation de la filière. Ne mélangeons pas les problèmes.

Il est exact que "l'ours n'est pas la question majeure". Les vraies questions sont : que voulons-nous faire de nos territoires ? Et, qui doit décider de l'avenir de nos territoires ? Jamais les écologistes ne répondent à ces questions pourtant essentielles aussi bien dans la convention de Berne que dans la Directive Habitat. Mais cela est vite oublié en invoquant l'absence de "volonté politique". Il ne s'agit pas de volonté politique mais du respect des souhaits des habitants des Pyrénées prévu dans le Code de l'environnement comme dans les conventions internationales.

François Moutou accuse : "des actions désagréables voir illégales.... ou bien la loi existe ou bien y a pas de lois". Propos diffamatoires car il n'apporte aucun argument à ces affirmations.

Il a raison de dire que "la biodiversité c'est aussi ce qui nous nourrit". C'est la raison pour laquelle les Pyrénéens refusent les importations d'ours qui ne sont pas indispensables et qui peuvent avoir un effet négatif sur la biodiversité entretenue grâce à l'action des troupeaux et en aucun cas l'action de l'ours. Il a également raison de dire qu'il ne faut pas "opposer économie à écologie". C'est le principe du développement durable avec ses trois piliers : économie social et environnement. Le problème est qu'aucune association environnementaliste ne parle de développement durable mais uniquement de sauvage et d'ensauvagement excluant l'homme. Si pour François Moutou opposer économie et écologie "c'est suicidaire", bien plus que cette opposition, l'ours, comme le loup, est suicidaire pour l'économie pastorale qui crée autant d'emplois que le tourisme, et en complémentarité.

Ramener la question de l'ours aux problémes de "mandat électoral" est un peu court pour éviter de parler de l'obligation d'acceptation sociale. La volonté politique ne signifie pas dictature. Le peuple a le droit de s'exprimer et de décider. C'est ce qui s'appelle la démocratie.... une notion qui ne semble pas exister dans le langage écologiste.

Quant à "la richesse culturelle" de l'ours, en voilà une dont on se passe trés volontier en y préférant la richesse culturelle pastorale bien plus forte et riche avec les hommes et les savoir-faire qui l'accompagnent.

Louis Dollo, le 12 novembre 2014

A lire : L'Etude et la conservation des Carnivores - Chapron G. - Moutou François - Préface : Boitani Luigi - Colloque francophone de mammalogie (1999 ; Alfort) . Ed. Paris , Société française pour l'étude et la protection des mammifères (2002)

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