Le climat en montagne et ailleurs... avec ses contradictions

 

Les évolutions climatiques de ces dernières années animent bien des passions. Elles sont aussi l'occasion pour divers scientifiques de se montrer, se faire connaître, d'exister en élaborant diverses théories parfois contradictoires.

Où est la vérité ?

Bien difficile à dire lorsque nous ne sommes pas soi-même un spécialiste… et encore !
Laissons le lecteur assurer son libre arbitre et se faire sa propre opinion dans les méandres des affirmations scientifiques sans parler des politiques, des propagandistes et autres associations toutes plus compétentes les unes que les autres comme le sont tous les épiciers et colporteurs de la terre qui présentent un produit.


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Changement climatique : les chiffres et les faits à l'approche de 2007


La Terre s'est réchauffée d'environ 0,75 °C depuis l'époque préindustrielle. Pour le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE), onze des années les plus chaudes des 125 dernières années ont été enregistrées depuis 1990, 2005 ayant battu le record. Tout le monde s'accorde à reconnaître que ce réchauffement est dû aux émissions de gaz à effet de serre, notamment au dioxyde de carbone (CO2), produits par la combustion des combustibles fossiles.

Selon le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE), l'examen de carottes de glace montre qu'il y a plus de CO2 dans l'atmosphère qu'au cours des 600.000 années passées. Entre 1960 et 2002, les émissions anthropiques annuelles de CO2 ont à peu près triplé dans le monde. Elles ont augmenté d'environ 33 %, rien que depuis 1987.

Le réchauffement au cours de ce siècle devrait, selon les prévisions, être compris entre 1,4 et 5,8 °C. Les impacts du changement climatique sont déjà visibles, notamment : rétrécissement de la calotte glaciaire de l'Arctique ; accélération de l'élévation du niveau des mers ; recul des glaciers partout dans le monde ; dégel du permafrost ; débâcle plus précoce des cours d'eau et des lacs ; intensité et durée croissantes des tempêtes tropicales ; allongement des saisons de végétation dans les régions de moyenne et haute altitudes ; et modifications des aires de répartition et du comportement des plantes et des animaux.

Dans l'Arctique, le dégel des tourbières libère du méthane, un gaz à effet de serre encore plus puissant que le CO2. Les scientifiques craignent de plus en plus la possibilité d'un changement brutal du climat, avec notamment une diminution des courants océaniques, comme le Gulf Stream qui réchauffe l'Europe, et la modification du régime des pluies comme la saison des moussons, qui auront des répercussions sur la sécurité alimentaire de milliards de personnes.

Le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE) rappelle que l'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. La superficie de l'océan Arctique couverte de glace en été diminue chaque année et la couche restante s'amincit. Parce que la mer absorbe plus de chaleur que la glace, il se produit une action en retour qui accentue la fonte. Depuis 1980, la partie européenne de l'Arctique a perdu entre 20 et 30 % de sa glace de mer. Les ours polaires sont tributaires de la glace de mer : ils y chassent le phoque et utilisent les corridors de glace pour se déplacer d'un endroit à un autre. Les femelles gravides construisent des tanières pour l'hiver dans les endroits recouverts d'une épaisse couche de neige. Elles n'ont pas mangé depuis cinq ou sept mois quand elles sortent au printemps avec leurs petits. Elles ont besoin d'une solide glace de mer de printemps pour leur survie et celle de leurs petits.

Cela fait deux décennies que la situation des ours polaires adultes de la région de la baie d'Hudson, au Canada, se dégrade avec une réduction moyenne de 15 à 26 % de la masse corporelle des adultes et du nombre d'oursons nés entre 1981 et 1998. Selon certains modèles climatiques, la glace d'été pourrait presque totalement disparaître dans l'Arctique avant la fin du siècle. Si c'est le cas, il y a peu de chances que les ours polaires survivent en tant qu'espèce.

Par ailleurs, pour le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE), si, dans certains endroits, les rendements agricoles pourraient croître en raison du changement climatique, ce sont les effets négatifs qui risquent de dominer en cas d'accentuation du réchauffement. L'Afrique est particulièrement vulnérable et des études mettent en garde contre le risque d'aggravation majeure des famines.

Les communautés pauvres sont celles dont les moyens de subsistance dépendent le plus directement d'un climat stable et favorable. Elles vivent généralement de l'agriculture pluviale de subsistance et sont hautement tributaires des phénomènes climatiques, par exemple des moussons asiatiques. Elles sont également très vulnérables aux événements climatiques extrêmes, comme les sécheresses et les tempêtes tropicales.

La fonte des glaciers des hautes chaînes de montagnes un peu partout dans le monde aura des conséquences sur l'alimentation en eau des cours d'eau. En Europe, dans huit régions glaciaires sur neuf, on observe un recul important des glaciers. Entre 1850 et 1980, les glaciers des Alpes européennes ont perdu environ un tiers de leur surface et la moitié de leur masse, ajoute le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE).

En Chine, la perte de volume annuelle des glaciers de montagne représente l'équivalent de la totalité des eaux du fleuve Jaune. L'Académie chinoise des Sciences estime que 7 % des glaciers du pays disparaissent chaque année. D'ici 2050, pas moins de 64 % des glaciers de Chine auront disparu. On estime à 300 millions le nombre de personnes qui vivent dans la partie ouest aride de la Chine et dont la survie dépend de l'eau des glaciers.

Au cours des 100 dernières années, le niveau global des mers s'est élevé en moyenne de 1 à 2 millimètres par an. Depuis 1992, ce chiffre est passé à environ 3 millimètres par an, principalement à cause de l'expansion thermique des océans sous l'effet du réchauffement et du déversement de l'eau douce des glaces qui fondent. La fonte des glaces est responsable d'une grande partie de l'élévation du niveau des mers observée, les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique étant les principales en cause. La calotte glaciaire du Groenland fond plus vite qu'elle ne se reforme. Dans l'Antarctique, trois immenses plates-formes de glace de la péninsule Antarctique se sont effondrées au cours des 11 dernières années ; cet effondrement a été suivi par une nette accélération et diminution des glaciers qui étaient retenus par les plates-formes.

A mesure que le niveau de la mer s'élève, les habitants des îles de faible altitude et des villes côtières sont confrontés à des problèmes d'inondation. En décembre 2005, une petite communauté établie dans l'arc insulaire de Vanuatu, dans le Pacifique, a sans doute été la première communauté à être officiellement déplacée à cause du changement climatique.

Le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE) précise aussi que le changement climatique est également une menace pour les habitats marins et pour les moyens de subsistance des populations qui en dépendent. Les océans ont absorbé environ la moitié du CO2 produit au cours des 200 dernières années, produisant de l'acide carbonique et abaissant le pH des eaux marines superficielles. Cela pourrait perturber le processus de calcification qui permet à des animaux comme les coraux et les mollusques de fabriquer leur coquille à partir du carbonate de calcium.

En 2005, la fondation Munich Re a estimé les pertes économiques dues aux catastrophes d'origine climatique, comme les tempêtes tropicales et les incendies de forêts, à plus de 200 milliards de dollars US1, pour un montant des sinistres assurés de plus de 70 milliards de dollars US. Ces chiffres sont comparables à ceux de 2004, l'année antérieure la plus coûteuse, où les pertes économiques ont totalisé environ 145 milliards de dollars US et les sinistres assurés quelque 45 milliards de dollars US.

Le réchauffement planétaire constant devrait provoquer des modifications de l'étendue géographique (latitude et altitude) et du caractère saisonnier de certaines maladies infectieuses, notamment les infections à vecteurs comme le paludisme et la dengue, ainsi que les infections d'origine alimentaire comme la salmonellose dont la fréquence est maximale pendant les mois chauds.

Certains impacts sur la santé peuvent être positifs. Par exemple, des hivers plus doux peuvent réduire les pics de décès saisonniers dans les pays tempérés. Mais beaucoup de ces pays connaissent des étés plus chauds. En 2003, la France a enregistré, selon les estimations, 15.000 décès supplémentaires à cause d'une vague de chaleur qui a causé la mort de pas moins de 35.000 personnes en Europe. Globalement, il est probable que les impacts négatifs du changement climatique sur la santé dépasseront de beaucoup ses effets positifs, précise le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE).

Par ailleurs, les communautés arctiques, y compris les populations autochtones qui s'efforcent de maintenir et d'adapter leurs modes de vie traditionnels, sont particulièrement vulnérables aux modifications de l'environnement. Quelque 4 millions de personnes vivent dans les régions arctiques, dont environ 10 % d'autochtones (400.000). Les concentrations varient, des Inuits qui composent 85 % de la population du territoire de Nunavut au Canada, aux Sámi qui représentent 2,5 % de la population de la Scandinavie du Nord et de la péninsule de Kola.

Le dégel à grande échelle du permafrost en Alaska et en Sibérie cause de sérieux dégâts aux édifices, aux pipelines, aux routes et autres infrastructures. Le changement climatique se traduit par un raccourcissement de la saison des glaces pour circuler sur les routes hivernales, ainsi que par un temps plus chaud et moins prévisible qui provoque des incendies dans certaines régions.

Les impacts du changement climatique sur les communautés de l'Arctique sont multiples, de ceux liés au dégel du permafrost aux dégâts causés aux édifices, en passant par des saisons plus courtes pour les routes hivernales. Dans l'Arctique, l'agriculture est extrêmement limitée. Les activités économiques de subsistance sont donc principalement la chasse et la pêche, l'élevage des rennes, le piégeage et la cueillette. Le réchauffement dans toute la région arctique est un problème pour les éleveurs de rennes et les chasseurs qui circulent sur les rivières gelées et sur la neige. L'accentuation de la fonte et du gel de la neige rend également la nourriture moins accessible pour les caribous et les rennes, ce qui nuit à l'activité économique et à l'intégrité culturelle des pasteurs et chasseurs.

Les modifications de la glace de mer et l'érosion côtière qui en résulte provoquent également des dégâts, ce qui oblige à déplacer certaines communautés côtières (comme celle de Shishmaref, en Alaska) et porte préjudice aux autochtones qui vivent de la chasse et de la pêche en mer.

Il y a de nombreux moyens d'éviter un changement climatique catastrophique. Notamment améliorer l'efficacité énergétique partout sur la planète et opter pour des ressources renouvelables et à faibles émissions de carbone comme l'énergie solaire et éolienne, les bio-énergies et l'énergie géothermique. Il est également possible de piéger et de stocker le CO2, tandis que plusieurs analystes considèrent que l'énergie nucléaire pourrait jouer un rôle majeur.

En 1995, la capacité installée d'énergie éolienne était de 4 800 MW d'électricité. Fin 2005, ce chiffre atteignait 59 000 MW, soit douze fois plus. Le Conseil mondial de l'énergie éolienne estime que plus d'un tiers de l'électricité consommée dans le monde pourrait être généré par l'éolien d'ici 2050.

Un avenir à faibles émissions de gaz à effet de serre passera également par des mutations sociales. Des millions de foyers utilisent maintenant le soleil pour produire leur eau chaude et ils sont de plus en plus nombreux à exploiter également l'énergie solaire pour produire de l'électricité. En Islande, l'énergie hydroélectrique et géothermique, présente en abondance, est exploitée pour produire de l'hydrogène à partir de l'eau en remplacement des combustibles fossiles. Au Brésil, l'éthanol produit à partir de la canne à sucre a remplacé environ 40 % de la consommation d'essence du pays, précise le Programme des nations unis pour l'environnement (PNUE).

Du Vietnam à l'Australie, du Kenya au Mexique, des gens se réunissent pour planter des arbres, souvent dans le cadre de l'initiative du PNUE : « Plantons pour la Planète : Campagne pour un milliard d'arbres ». Les arbres peuvent ralentir le changement climatique en absorbant le dioxyde de carbone à mesure qu'ils poussent. Ils contribuent aussi à réduire la pollution, à préserver la fraîcheur des villes, à protéger les zones de captage d'eau et à réduire l'érosion des sols. Mais il reste tant à faire qu'il ne faut pas tarder, chacun à son niveau à enclencher des actions pour tenter d'endiguer cette spirale infernale de réchauffement climatique. C'est certainement l'un des principaux combats que les hommes devrait avoir à mener en 2007, et dans les années qui suivront.

Auteur : Pierre Melquiot
Source : Actualité-News-Environnement du 26 décembre 2006

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Alpes: les glaciers reculent faute de neige


Depuis le début du 20ème siècle, la hausse des températures estivales est corrélée à la diminution des glaciers des Alpes. Pourtant ce ne fut pas toujours le cas : à la fin du Petit âge de glace, entre le 18ème et le début du 19ème siècle, les glaciers des Alpes ont pris du volume malgré des températures en hausse. Ce sont alors les précipitations qui ont fait la différence, expliquent Christian Vincent et ses collègues du laboratoire de glaciologie du CNRS (LGGE), associés à des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Au cours du Petit âge de glace, de la moitié du 16ème siècle à la moitié du 19ème siècle, les glaciers alpins ont connu une phase d'expansion. Le ''sommet'' de cette avancée s'est produit entre 1760 et 1830, alors que les températures d'été étaient à cette période supérieures à celles du 20ème. Les abondantes chutes de neige, qui dépassèrent alors la moyenne du 20ème siècle d'au moins 25%, sont responsables de ce paradoxe, expliquent les glaciologues dans les Geophysical Research Letters publiées ce mois-ci.

Les chercheurs ont combiné plusieurs données : les cartes anciennes indiquant la taille des glaciers, des relevés de terrain et des photos aériennes, et ont modélisé les écoulements de glace en fonction des différents scénarios.

Entre 1830 et 1850 les précipitations hivernales ont chuté et les glaciers ont reculé, notent les auteurs de l'étude, sans que les températures estivales soient en cause. A la belle époque de l'expansion, le glacier d'Argentière, par exemple, comptait un kilomètre et demi de plus et arrivait au pied du village du même nom.

Auteur : Cécile Dumas
Source : Nouvel Obs du 25 mai 2005

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Pyrénées : Les chutes de neige tombent en flèche


Lorsqu'il neigeait jadis à Foix, il neige aujourd'hui vers Luzenac. Vers 1450, le poète François Villon s'interrogeait sur les passés neigeux. Le grand Georges, Brassens, plus près de nous, en faisait autant. Qui, autour de soi, n'a pas entendu ce refrain : " De mon temps, il neigeait plus ".

Les moniteurs de ski d'hier en témoignent. L'un d'eux se souvient être descendu toute une saison durant de Superbagnères à Luchon à skis.
Mais la mémoire n'est pas la même pour tous : la neige du skieur n'a pas le même poids que celle du berger, ni celle de l'hydraulicien, moins sensible à la poésie mais plus attentif à la production de kilowatts. Ni celle, enfin, que craignent les automobilistes et ceux qui, engagés sur les autoroutes, sont en perdition dès qu'il est tombé 2 cm…
L'homme n'a pas vraiment la mémoire du climat.
Il est sensible à ses excès : les avalanches, les inondations, le canicules, les tempêtes. Par contre, la nature enregistre les variations. Les charbons de Carmaux indiquent les climats équatoriaux, les pollens des tourbières sont également des marqueurs, tout comme les cernes des arbres et les moraines (de Montgailhard par exemple).
Mais la mémoire collective, bien que floue, est globalement valable. Lorsque vers 1850-1900 il neigeait à Toulouse, aujourd'hui il neige à Foix, voire à Tarascon.

Et lorsque jadis il neigeait à Foix, il neige aujourd'hui vers Luzenac ou Ax. En cinquante ans, la température s'est accrue d'un degré (source Météo France Saint-Girons) et on estime que depuis 1850 (fin du petit âge glaciaire) la température du Sud-Ouest s'est élevée d'environ 2°.

Rentrerions-nous dans " le grand âge tropical " ? Or le gradient (diminution de la température avec l'altitude) est en moyenne de -0,6° par 100 m. Donc, +2° donne une élévation de 333 m.
Ce n'est qu'une moyenne, qui doit tenir compte des effets locaux très importants : Aulus reçoit 1.650 mm de pluie par an ; Vicdessos, à la même altitude, 1.100 mm.
Les archives ont bien conservé la mémoire terrifiante des avalanches survenues entre 1800 et 1895 dans le Vicdessos, aux Bazerques, Ax et surtout Orlu. Seize morts à Barèges.
Ainsi, le niveau des neiges a fortement remonté (de 300 à 400 m) ; globalement, les précipitations diminuent légèrement. Le débit des rivières en témoigne.
En plus, en raison du réchauffement qui s'accélère, la neige fond plus vite, ainsi que les glaciers. On peut penser que dans cinquante ans ils auront disparu des Pyrénées.
Et dans les trente ans qui viennent, le stock de neige diminuera de moitié. Avec ce que cela impose d'adaptation aux stations d'altitude qui ont fait de la neige leur gagne-pain.

Auteur : M. S.
Sources des informations : Météo France, agence de l'eau Adour-Garonne, travaux du glaciologue Pierre René, recherches de Michel Sébastien.
Source : La Dépêche du Midi du 29/10/2004

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Canada : Doux comme en 1803


Il y a 200 ans, on récoltait la laitue un 26 décembre à Montréal.

Un hiver doux, ça ne date pas d'hier. On a déjà cueilli des laitues à Montréal, le 26 décembre 1803!

Tout le battage médiatique entourant la douceur de notre hiver fait beaucoup sourire les historiens de la province. C'est le cas, entre autres, de Jean Provencher, qui s'intéresse à l'histoire de notre climat.

Depuis plusieurs années, le réputé chercheur accumule quantité d'informations dans les écrits de notre passé qui témoignent du temps qu'il faisait à l'époque de nos ancêtres.

Pont de glace

«Bien avant l'utilisation du charbon comme combustible, vers 1880, on connaissait déjà une grande variété dans les hivers au Québec», explique M. Provencher.

Ces faits de la nature ont été rapportés par plusieurs personnages de notre histoire. En 1633, quand Samuel de Champlain revient de France, il décrit le premier pont de glace sur le Saint-Laurent, entre Québec et Lévis.

Relevés historiques

Au début des années 1740, le naturaliste Jean-François Gaultier sera le premier homme à effectuer des relevés de température à Québec, à l'aide du thermomètre inventé en 1741 par le Suédois Anders Celsius.

En 1803, Montréal avait connu un autre hiver doux. Des agriculteurs avaient même labouré leurs champs et des laitues vertes ont été cueillies dans les jardins.

Pas d'été en 1816

«En 1816, on a aussi eu une année sans été. Il a neigé en Beauce en juin. On s'est rendu compte plus tard que l'éruption d'un volcan l'année précédente en Asie avait modifié notre climat», raconte M. Provencher.

«Il y a toujours eu des variations dans la météo. La caractéristique du climat québécois, c'est justement qu'il est imprévisible», rappelle le chercheur.


Des hivers étonnants

  • 28 décembre 1895 : On laboure les champs à Louiseville.
  • Hiver de 1880-1881 : Désastreux pour les vergers. Peu de grands froids, beaucoup de gel et de dégel.
  • Hiver 1877-1878 : Hiver très doux et printemps hâtif.
  • 10 au 20 janvier 1874 : On fait les sucres dans le canton de Compton.
  • Hiver 1869-1870 : Pas de pont de glace devant Québec.
  • Hiver 1859-60 : Pas de neige. Tantôt froid, tantôt pluvieux.
  • 26 décembre 1803 : On laboure les terres à Montréal et des laitues vertes sont cueillies dans les jardins.

Source : Jean Provencher, historien

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Les virus d’antan dégèlent


Des virus dangereux pourraient être relâchés par les lacs de glace de la Sibérie à cause de l’effet de serre.

Le réchauffement de la planète pourrait ressusciter des virus depuis longtemps disparus, qui survivent dans les lacs de glace du nord de la Sibérie. L’Arctique sera beaucoup plus touché par l’effet de serre que la moyenne de la planète, avec des augmentations de température frisant les 10° C au XXIe siècle.

Voilà ce que conclut une équipe russo-américaine de spécialistes qui étudie la vie microscopique des deux pôles, depuis la fin de l’Union soviétique, il y a une quinzaine d’années. Ces virus des glaces pourraient être assez atténués pour être inoffensifs. Mais le réchauffement de la Sibérie pourrait chambarder la courroie de transmission et le rythme de mutations du virus de la grippe.

« Le virus de la grippe peut survivre dans les lacs de Sibérie qui gèlent durant l’hiver, après le passage des oiseaux migrateurs asiatiques », explique le biologiste Scott Rogers, de l’Université d’État Bowling Green, en Ohio, qui est l’un des coauteurs de l’étude publiée ce mois-ci dans le Journal of Virology. « À leur retour, les oiseaux sont réinfectés par le virus de l’année précédente, qui se mélange à d’autres virus contractés dans le Sud. Nous pensons que ce brassage joue un rôle important dans l’évolution du virus de la grippe. »

Les couloirs migrateurs sibériens sont parsemés de lacs qui gèlent pendant l’hiver. « Parfois, quand l’été est frais, ces lacs demeurent gelés plusieurs années de suite », dit M. Rogers en entretien téléphonique.

Cycle gel-dégel accéléré

« Avec l’effet de serre, le cycle de gel-dégel va s’accélérer. Et des lacs situés plus au nord, où sont emprisonnés des virus plus anciens, vont commencer à fondre durant l’été. Nous ignorons le danger que causent ces virus anciens. Je crois qu’il ne faut pas être alarmiste, car plus un virus est congelé longtemps, plus il s’affaiblit. Mais il faut surveiller tout ça. »

À titre d’exemple, M. Rogers mentionne une épidémie de grippe en Russie en 1977. « Elle a été causée par un sous-type de grippe presque identique à celui qui avait causé une épidémie en 1950. On peut penser que le virus était resté emprisonné dans les glaces de Sibérie. »

Deux facteurs sont néfastes aux virus : la chaleur et l’eau. Or, dans la glace, il n’y a ni un ni l’autre. « Nous avons trouvé des virus encore viables dans des glaces vieilles de 140 000 ans, en Antarctique », indique M. Rogers. Un virus meurt s’il passe une semaine à une température de 22 à 25 degrés, mais il survit 10 semaines si la température est entre trois et cinq degrés.

À terme, les recherches de l’équipe russo-américaine pourraient améliorer la conception des vaccins antigrippaux. «Actuellement, on décide quels sous-types de la grippe on inclut dans le vaccin à partir des données humaines et animales en Asie, dit M. Rogers. En ajoutant les données des lacs de Sibérie, quand ils sont glacés en hiver, on pourrait tomber plus juste. »

En 2004-05, un sous-type de grippe qui n’avait pas été inclus dans le vaccin a frappé l’Occident, ce qui a doublé la mortalité. Au Canada, 12 000 cas de grippe ont été enregistrés en 2004-2005, alors que le nombre total de cas oscillait entre 3000 et 7000 dans les cinq années précédentes.

Auteur : Mathieu Perreault
Source : CyberPresse du 10 décembre 2006

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Lire l'avenir de notre climat dans les marécages


Les travaux de construction du Channel Tunnel Rail Link (CTRL, le projet de rallongement de la ligne à grande vitesse entre la sortie du Tunnel sous la Manche et Londres), ont permis de découvrir un ancien marécage datant de 55 millions d'années. Ainsi, des chercheurs de l'Université de Bristol, parmi lesquels Richard Pancost du département de génie chimique, ont mis en évidence, dans un article paru dans la revue Nature, le rôle du relargage de méthane par ces marécages dans le réchauffement climatique ayant eu lieu pendant la transition entre le Paléocène et l'Eocène, il y a 55 millions d'années. Cette période correspond à l'épisode de réchauffement climatique le plus rapide jamais enregistré, avec une augmentation de la température de plus de 5°C en quelques milliers d'années.

L'équipe de Richard Pancost s'est intéressée aux hopanoïdes, des substances chimiques sécrétées par des bactéries capables de survivre sur de très longues périodes et présentes dans ce marécage. Ils ont découvert que la composition de ces hopanoïdes changeait fortement au moment de la transition Paléocène-Eocène, notamment le ratio entre deux isotopes du carbone (C29 et C31). Selon ces chercheurs, cette anomalie serait très probablement liée à une forte augmentation de la concentration atmosphérique en méthane. Etant donné que le méthane se dégrade très vite dans l'atmosphère et que cette anomalie se prolonge sur plusieurs milliers d'années, cette augmentation ne résulte vraisemblablement pas du relargage initial de méthane lors de la formation des océans. En fait, selon Richard Pancost, "les substances chimiques découvertes [supposent] un relargage de méthane par le marécage sur une longue période, qui a été causé par une élévation de la température". L'intensité du réchauffement laisse donc à penser que les émissions de méthane en provenance du marécage ont agi en tant que feedback positif sur le mécanisme de changement climatique.

Même si la communauté scientifique s'intéresse depuis déjà quelques années au rôle des marécages et tourbières dans la régulation du cycle du carbone, c'est de la première fois que des chercheurs obtiennent une preuve géologique des interactions entre le cycle du méthane et un épisode de réchauffement du climat. Etant donnée l'énorme quantité de carbone actuellement stockée dans les zones marécageuses à travers le monde, cette découverte devrait amener les différents pays à s'interroger sur le déclanchement possible d'un effet rétroactif du même type dans un futur très proche. En effet, le réchauffement actuel devrait rendre les zones tempérées et polaires beaucoup plus chaudes et humides, ce qui pourrait favoriser la mise en place de conditions de développement bactérien anaérobique dans ces régions, avec pour conséquence une augmentation des émissions de méthane. Cependant, les chercheurs de Bristol restent très prudents sur d'éventuelles extrapolations entre un phénomène ayant eu lieu dans des conditions très différentes il y a plusieurs dizaines de millions d'années, et la situation actuelle.

Source : Bulletin Electronique du Royaume Uni du 10 octobre 2007

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Coup d'envoi des "projets domestiques CO2"


Jean-Louis BORLOO, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, donne le coup d'envoi des "projets domestiques CO2"

Jean-Louis BORLOO a approuvé ce jour une première liste de types de «projets domestiques CO2» et a ainsi donné le coup d'envoi de ce dispositif innovant qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Trois des types de projets approuvés ont été présentés à l'initiative de la Caisse des Dépôts. Ils concernent :

  • la captation du méthane produit par des effluents d'élevage sur des exploitations agricoles,
  • la réduction des émissions de HFC dans le secteur du froid commercial, de l'agroalimentaire ou des patinoires,
  • les réductions de consommation d'énergie ou la substitution des sources d'énergie utilisées.

Un quatrième type de projets, proposé par la Communauté urbaine de Lille, vise la récupération de gaz de décharge pour alimenter en carburant une flotte de bus.

Le ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, s'est attaché en étroite coordination avec les autres ministères intéressés, notamment le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, à vérifier d'une part le caractère effectif des réductions d'émissions liées à ces projets, et d'autre part l'«additionalité» de ces projets (1).

Le dispositif innovant de «projets domestiques» vise à financer des réductions d'émissions de gaz à effet de serre dans des secteurs diffus, non couverts par le système européen d'échange de quotas. Ce dispositif vise, dans une première phase expérimentale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5 millions de tonnes sur la période 2008-2012.

Jean-Louis BORLOO a déclaré : «Comme l'a indiqué le Président de la République le 24 septembre dernier aux Nations Unies, le carbone doit avoir un prix ; avec le dispositif innovant des «projets domestiques», le marché du carbone continue à se mettre en place, et des efforts de réduction dans des secteurs diffus peuvent donc être récompensés. J'appelle les entreprises et les collectivités locales à faire preuve d'imagination et à proposer de nouveaux projets ; j'appelle également les établissements financiers à s'engager dans ce dispositif».

(1 ) - Le dispositif des «projets domestiques» n'a pas vocation à financer des actions de réduction des émissions rendues obligatoires par la réglementation, ou qui pourraient être réalisées dans des conditions économiques satisfaisantes sans le financement apporté par le dispositif.

Source : Communiqué de presse du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables du 12 octobre 2007

En savoir plus

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La montagne doit s'adapter au réchauffement climatique


La montagne doit s'adapter au réchauffement climatique, dont les conséquences méritent d'être plus précisément étudiées, selon un rapport présenté jeudi à Plaine (Bas-Rhin) au congrès de l'Association nationale des élus de montagne (ANEM).

Le rapport détaille 21 propositions pour y faire face, parmi lesquelles la création d'un observatoire du changement climatique en montagne, des mesures de soutien aux professionnels de la neige et d'aide à la mutation du secteur touristique, le développement durable des régions concernées, ou encore la dynamisation de la filière bois.

La poursuite de la baisse de l'enneigement et du réchauffement des températures ne fait "strictement aucun doute", compte tenu de l'évolution constatée depuis le début de l'ère industrielle et des prévisions pour ce siècle, a estimé Eric Brun, directeur de recherche à Météo France, lors d'une table ronde consacrée à ce rapport.

Les études réalisées sur le massif des Alpes, par exemple, montrent que ce massif subit de manière accrue les conséquences du réchauffement mondial.

Selon Christian Chartry, délégué national du service Restauration des terrains de montagne (RTM), l'une des conséquences majeures du réchauffement en montagne sera la "plus grande fréquence des événements exceptionnels", tels que les crues torrentielles ou les glissements de terrain.

Le rapport de l'ANEM préconise entre autres une "adaptation durable" du secteur du tourisme, et notamment en faisant "évoluer les points de vue" en pensant la station de ski "dans son contexte régional", compte tenu des "incertitudes croissantes de l'enneigement".

"L'image de la montagne et les facteurs de son attractivité doivent être renouvelés pour réduire la dépendance des destinations touristiques aux stations de sport d'hiver", propose notamment le rapport.

Source : Le Monde du 25 octobre 2007

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Y aura-t-il encore de la neige dans les Pyrénées ?


Selon une étude scientifique espagnole, la hausse des températures d'ici la fin du siècle transformera la neige en pluie dans ces stations de basse altitude.

La pratique du ski dans les Pyrénées risque d'être compromise d'ici la fin du siècle par le réchauffement climatique, selon une étude du Conseil supérieur de recherches scientifiques (CSIC) espagnol.
Les températures dans la chaîne montagneuse qui sépare la France de l'Espagne, augmenteront de 2,8 à 4°C entre 2070 et 2100, ce qui affectera le niveau de neige dans les stations pyrénéennes, selon cette étude.

"Il neigera d'autant moins dans les stations de ski que celles-ci sont à basse altitude, entre 1500 et 2500 mètres. Ce qui était de la neige aujourd'hui sera de la pluie demain", a déclaré jeudi à l'AFP le responsable de cette étude, Juan Ignacio Lopez Moreno.

"A cause du réchauffement climatique, la saison de ski commencera plus tard et la fonte des neiges interviendra jusqu'à un mois plus tôt", analyse-t-il.

"Avec des températures au-dessus de 0°C, les canons à neige ne pourront pas bien fonctionner et la neige qu'ils produiront fondra de suite", a-t-il ajouté.

Le CSIC prévoit des augmentations des températures de 20 à 40% selon le niveau d'émission de gaz à effet de serre, entre 2070 et 2100.

Le centre de recherche espagnol anticipe aussi une baisse du niveau des précipitations de 10,7% à 14,8%.

"Les effets du réchauffement climatique seront plus prononcés sur le versant espagnol des Pyrénées", selon un communiqué du CSIC.

Source : Libération / AFP du jeudi 17 avril 2008

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Les carottes de glace du Groenland révèlent que le climat a basculé ''brutalement'' il y a 15.000 ans


Une étude de carottes du forage profond NorthGRIP au Groenland et publiée dans ''Science'', relie les brusques changements climatiques observables à des modifications radicales de la circulation atmosphérique.

Selon les résultats* d'une étude publiée le 19 juin dans ''Science'', l'équipe internationale, qui a analysé les carottes du forage profond NorthGRIP au Groenland, révèle que le climat a basculé extrêmement brutalement, en quelques années, à la fin de la dernière période glaciaire il y a environ 11.000 ans.

Cette équipe internationale à laquelle les paléoclimatologues français du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA – CNRS – Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) ont participé, a mis en évidence que ces brusques changements climatiques étaient liés à des modifications radicales de la circulation atmosphérique.

Le forage NorthGRIP s'est déroulé à 75.09° de la latitude Nord, et 42.32° de longitude Ouest, à une altitude de 2930 m au Groenland. Les opérations de carottage ont eu lieu de 1996 à 2004. Ce forage, mené sur une épaisseur de plus de 3 kilomètres, a permis de connaître l'histoire du climat au cours des derniers 125.000 ans.

Dans l'hémisphère Nord, la dernière période glaciaire (Quaternaire) s'est achevée de manière brutale, avec deux épisodes de réchauffement intenses, interrompus par une période froide, soulignent le CEA et le CNRS dans un communiqué. Le premier réchauffement rapide se serait produit il y a 14.700 ans, lorsque la température du Groenland a augmenté de plus de 10°C . Il y a 12.900 ans, un retour à des conditions glaciaires s'est par ailleurs traduit par des températures extrêmement froides, avant un réchauffement final, il y a 11.700 ans, marquant la fin de la dernière glaciation.

En comparant l'évolution de l'abondance de poussières, d'isotopes de l'oxygène et de l'hydrogène dans les couches annuelles des carottes de glace, les scientifiques sont parvenus à déterminer la manière dont le climat change, année après année. C'est d'abord le contenu en poussières qui change, et qui diminue d'un facteur 10 en quelques décennies. Le premier signe de bascule du climat se trouve donc loin du Groenland, dans les déserts d'Asie, sources de ces poussières, expliquent le CEA et le CNRS.

D'après les chercheurs, ces résultats permettent de cartographier la séquence des évènements correspondant à des transitions brutales ainsi que les processus climatiques les plus importants au cours de ces réorganisations.

Ces mesures d'une résolution temporelle exceptionnelle permettent pour la première fois de comprendre l'anatomie des changements climatiques passés. Tout comme le recul extrêmement rapide de la banquise Arctique au cours de l'été 2007, les changements climatiques les plus abrupts de la dernière déglaciation sont liés à des modifications radicales de la circulation atmosphérique, précise Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace.

Auteur : R. Boughriet
Source : Actu Environnement du 23 juin 2008

* Référence : High resolution Greenland ice core data show abrupt climate change happens in few years. J.P. Steffensen, K.K. Andersen, M. Bigler, H.B. Clausen, D. Dahl-Jensen, H. Fischer, K. Goto-Azuma, M. Hansson, S.J. Johnsen, J. Jouzel, V. Masson-Delmotte, T. Popp, S.O. Rasmussen, R. Rothlisberger, U. Ruth, B. Stauffer, M.-L. Siggaard-Andersen, A.E. Sveinbjörnsdóttir, A. Svensson, J.W.C. White, Science Express.

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Le glaciologue français Claude Lorius est "très pessimiste"


Le glaciologue français Claude Lorius, 76 ans, qui doit recevoir mercredi à Tokyo le prix "Blue Planet", se déclare "très pessimiste" quant à la capacité de l'homme à inverser les changements climatiques en cours, dans un entretien au quotidien Le Monde.

"Honnêtement, je suis très pessimiste. (...) On prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en 10.000 ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne pas vois que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance", explique-t-il.

Selon le glaciologue, le problème majeur est celui de l'énergie. "Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment", explique-t-il.

"Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par 4, la consommation d'énergie dont dépendant les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40!", souligne-t-il.

Interrogé sur l'émergence possible d'un nouvel ordre économique fondé sur le développement durable, il affirme ne plus croire à cette notion, jugeant qu'il s'agit d'un "terme trompeur".

"Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus...sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme", explique-t-il.

Le prix "Blue Planet", de la Fondation japonaise Asahi Glass, a été attribué au scientifique français pour sa contribution à la mise en évidence des changements climatiques à partir de l'analyse du coeur des glaciers de l'Antarctique, où il a effectué de très nombreuses missions.

Source : AFP/Google du 11 novembre 2008

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Un expert du climat appelle à "un sursaut de l'homme"


Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius doit recevoir, mercredi 12 novembre, à Tokyo, le prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.

Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...

Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.

Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...

C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

Une nouvelle ère ?

L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.

Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !

Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.

N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.

Propos recueillis par Laurent Carpentier
Source : Le Monde du 12 novembre 2008.

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Vers un traité international pour la protection de l'Arctique


La présidence française de l'Union européenne a lancé un appel, lundi 10 novembre, à Monaco, pour un renforcement de la coopération scientifique internationale dans l'Arctique, un premier pas vers une protection de cette région. "Il faut qu'il y ait un système de recherche unifié", a indiqué Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, lors d'une conférence internationale organisée conjointement avec la principauté monégasque.

L'Arctique fait l'objet de nombreux programmes mais "ces recherches ne sont pas coordonnées", a souligné le ministre. "Il n'est pas imaginable qu'il y ait des données scientifiques connues et non partagées, a-t-il estimé. Nous allons mettre les moyens nécessaires pour qu'il y ait ce réseau mondial d'informations."

Les scientifiques espèrent que ce soutien politique pourra donner un nouvel élan à la recherche au-delà de l'Année polaire internationale, qui s'achève en mars. Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas protégée par un traité international. Le Parlement européen s'est prononcé en octobre pour l'adoption d'un tel texte.

Source : AFP/Le Monde du 11 novembre 2008

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Jean-Louis Etienne : "Une pétition mondiale pour sauver la banquise"


Dans la perspective de la conférence de Monaco, l'explorateur Jean-Louis Etienne, connu pour ses expéditions à but scientifique dont la Mission Banquise en 2002, a lancé au mois de septembre une pétition pour la sauvegarde de la banquise. Il a déjà recueilli 28.000 signatures en France et travaille à sa diffusion dans le reste du monde.

Qu'attendez-vous de cette conférence de Monaco ?
On sait déjà ce qui va être annoncé, la mise en réseau de centres de recherches. Quelque chose qui existe déjà mais qui va être renforcé de manière qu'il y ait une plus forte coordination et des investissements qui soient faits au-delà de l'année polaire internationale, qui s'achève en mars 2009. C'est aussi une occasion de réunir toutes les personnes qui sont concernées par la problématique arctique aujourd'hui. Ce sont toujours des moments où les idées germent. Pas forcément à la tribune, où toutes les interventions sont formatées, mais plutôt en coulisses.

L'Arctique semble désormais prise en compte. Pourquoi avez-vous lancé votre pétition "Protégeons la banquise" ?
Je veux faire comprendre que le problème de la banquise n'est pas qu'arctique. Il est planétaire. Bien sûr, quand la banquise fond, le terrain de chasse de l'ours polaire, figure emblématique chère à nos coeurs, est menacé ; et les conséquences locales sont importantes. Mais ce n'est pas l'activité des Inuits qui fait fondre la banquise. Cette fonte vient du réchauffement climatique, un des problèmes de notre civilisation industrielle. Elle aura des conséquences très importantes car la pellicule de glace qui recouvre un océan gelé est un élément régulateur du climat, notamment dans l'hémisphère Nord.

Comment cela fonctionne-t-il ?
Le principe de la machine climatique, c'est l'échange. Pour atteindre un équilibre, la terre échange la chaleur tropicale avec le froid des régions polaires. La terre possède deux fluides pour véhiculer la chaleur vers les pôles: les courants atmosphériques et les courants océaniques dont un, célèbre, est le Gulf Stream. Un courant qui prend les eaux chaudes de la mer des Caraïbes et va les acheminer vers le nord. Avec la fonte de la banquise, le pôle froid du Nord s'affaiblit.

Comment, concrètement, protéger l'Arctique ?
Je veux faire de la banquise le témoin de la capacité de l'humanité à juguler les émissions de gaz à effet de serre. Mais il est impensable d'empêcher aujourd'hui les Etats puissants qui entourent l'Arctique (les Etats-Unis avec l'Alaska, le Canada, la Russie, la Norvège, le Danemark avec le Groenland) d'en exploiter les richesses. Je souhaite donc que le gouvernement français, dans le cadre de la présidence de l'Union européenne, adresse un signal fort à la communauté internationale et propose à l'Assemblée générale des Nations unies le vote d'une résolution qui classerait la banquise de l'océan Arctique en "zone d'intérêt commun pour l'humanité". Un projet politique pertinent et non conflictuel.

Pensez-vous que Barack Obama, qui s'est engagé à conduire l'Amérique vers les objectifs du protocole de Kyoto, aura une meilleure prise en compte de l'environnement?
Même si, en campagne, l'homme politique dit ce que son public souhaite, les Américains attendaient ce signal. La majorité d'entre eux sont déjà sensibles au réchauffement climatique, mais que leur dirigeant le soit aussi, cela peut tout changer. Et quand l'Amérique bouge, c'est le monde entier qui bouge.
Tara, de retour des glaces du pôle Nord, est arrivé à Paris cette semaine...
Cette mission, j'aurais aimé la diriger. J'ai construit le bateau Antarctica (l'ancien nom de Tara) il y a vingt ans pour suivre et analyser cette dérive de la banquise. Je l'ai possédé pendant dix ans et il était prêt à partir, ce que nous n'avons finalement pas pu faire pour des raisons financières. C'est un peu comme quelque chose qui vous échappe à la maturité. En même temps, je suis ravi de voir que ce bateau est considéré comme le véritable héros de cette expédition. Ce que l'on craint quand on va sur la banquise, c'est d'abord d'être broyé par la glace et Tara a résisté.

Auteur : Soazig QUEMENER
Source : Le Journal du Dimanche du 11 novembre 2008

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1.800 ans d’histoire climatique dans une stalagmite


Grâce à la croissance ininterrompue d’une stalagmite depuis l’an 190 dans une grotte de Chine, des chercheurs ont pu reconstituer les variations des moussons asiatiques depuis près de 2.000 ans. Ils observent d’intéressantes correspondances avec d’autres événements historiques et climatiques

Une stalagmite découverte dans une grotte de Wanxiang, dans le Nord de la Chine, a permis à des chercheurs de reconstituer l’intensité des moussons asiatiques depuis 1.800 ans. Les résultats coïncident aussi bien avec la chronologie politique de la Chine qu’avec l’évolution des glaciers alpins et les cycles solaires, expliquent les auteurs de ces travaux dans la revue Science publiée aujourd’hui.

Située aux franges des régions affectées par la mousson asiatique, la grotte de Wanxiang est de fait très sensible aux variations de ces pluies saisonnières, précisent Hai Cheng (University of Minnesota) et ses collègues chinois et américains. Echantillon exemplaire, la stalagmite a permis une datation précise des variations climatiques enregistrées dans ses dépôts calcaires.

C’est ainsi que les chercheurs ont pu corréler les années de moussons intenses avec des périodes prospères comme celle de la dynastie Song (environ 960-1260) ou à l’inverse des années sèches avec la fin des dynasties Tang, Yuan et Ming. Au-delà des frontières de l’Asie, les cycles des moussons coïncident aussi avec les périodes de recul ou de progression des glaciers alpins et avec des ‘’archives’’ climatiques relevées en Amérique centrale. Plus étonnant encore : la fin de l’âge d’or des Mayas correspond à une période de sécheresse enregistrée par la stalagmite de Wanxiang. Est-ce un hasard ? Même si le climat n’explique pas l’histoire, il a sûrement joué un rôle dans la survenue des événements, suggèrent les chercheurs.

Autre corrélation intéressante : les variations des moussons suivent un cycle d’environ onze ans, comme l’activité solaire, qui connaît un pic tous les onze ans. Encore une fois, même si l’activité solaire n’est pas le seul facteur en cause, elle semble être un des acteurs du jeu.

Enfin, Cheng et ses collègues constatent que les corrélations entre les variations des moussons et des températures prennent fin vers 1960, sans doute à cause du rôle prédominant que commence alors à exercer l’activité humaine sur le climat. Les tendances des 40 dernières années apparaissent comme des «anomalies» par rapport aux 1.800 années passées. A la fin du 20ème siècle les variations des précipitations et des températures sont étroitement liées aux aérosols et aux gaz à effet de serre, écrivent les chercheurs.

Auteur : Cécile Dumas
Source : Nouvel Obs / Sciences et Avenir.com du 7 novembre 2008

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2008 sera la dixième année la plus chaude depuis 1850


L'année 2008 est en passe de devenir la dixième année la plus chaude depuis 1850, a déclaré mardi un éminent scientifique spécialiste du climat, prévenant que la communauté internationale sous-estimait le réchauffement climatique.

L'année la plus chaude depuis que les mesures de température existent fut 1998, suivie par 2005 et 2003. La dixième place fait de 2008 l'année la moins chaude depuis 1999.

Phil Jones, directeur de l'Unité en recherche climatique de l'Université d'East Anglia, explique ce relatif 'ralentissement' dans le réchauffement par l'influence exceptionnelle cette année du phénomène de refroidissement naturel dans l'océan Pacifique connu sous le nom de La Nina.

"La Nina dans le Pacifique a duré plus longtemps que nous ne l'avions envisagé", a déclaré Jones dans un entretien à Reuters.

Jones estime par ailleurs que les mesures de température sous-estiment le réchauffement climatique en raison de l'absence de relevés dans l'Arctique entre 1961 et 1990, des années témoin pour juger de l'évolution.

"Le monde est probablement un peu plus chaud que nous ne le mesurons", a-t-il dit.

La banquise arctique a fondu à son plus bas niveau à l'été 2007 et a presque égalé ce record cette année. Selon l'Onu, cette région pourrait subir un réchauffement deux fois plus rapide que le reste de la surface terrestre.

Selon Jones, les mesures actuelles sous-estiment également la température des océans d'environ 0,5 degré celsius.

Auteur : Alister Doyle, version française Clément Dossin
Source : Reuters/Le Point du 12/11/2008

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Les forêts : le nouveau business du climat


Les négociations internationales préparatoires au « Protocole de Copenhague », successeur du « Protocole de Kyoto », entrent dans la dernière ligne droite avec la conférence climat des Nations unies à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre. Jusqu’à présent, chaque étape des négociations a vu se préciser la prise en compte des forêts dans le marché du carbone. Cela permettrait à toute structure qui ne souhaite pas ou ne parvient pas à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de les compenser virtuellement via une contribution financière utilisée pour lutter contre le déboisement. Ce nouveau mécanisme de « Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts » (REDD) devrait être un des points central de la réunion de Poznan.

La fédération internationale des Amis de la Terre vient de publier un rapport intitulé «Les mythes au sujet du REDD» qui analyse comment un tel système risque, entre autres, de déstabiliser fortement le marché du carbone et d’être une échappatoire illusoire aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.
Lors de la présentation du rapport, Sylvain Angerand, chargé de campagne forêt pour les Amis de la Terre France, a déclaré : « Des sociétés spécialisées sont en train de se créer pour acheter des morceaux de forêts dans les pays du Sud et les revendre dans les pays du Nord à des entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions de gaz à effet de serre ».

Les principales critiques développées dans le rapport sont les suivantes :

  • Le système REDD serait soumis aux aléas des marchés et des activités des spéculateurs, ce qui rendrait le financement instable et imprévisible.
  • Les pays pourraient voir réduite leur souveraineté sur leurs ressources naturelles car les décisions d’investissement accorderaient la priorité à la maximisation des profits et permettraient à des investisseurs étrangers d’acheter les « services » des forêts.
  • Les pays industrialisés pourraient continuer à polluer et les ressources et l’attention seraient détournées des mesures susceptibles de s’attaquer aux véritables causes profondes du déboisement.
  • Cela pourrait favoriser l’adoption d’une attitude de ‘protection armée’ qui aboutirait à déplacer, y compris par la force, des millions de personnes dépendantes des forêts.
  • La corruption et le mauvais gouvernement seraient facilités dans les pays qui possèdent des forêts tropicales, à cause des grandes sommes d’argent proposées et de la complexité probable des mécanismes financiers concernés.
  • Les marchés d’émissions pourraient être inondés, ce qui réduirait le prix du carbone et mettrait donc au point mort d’autres programmes d’atténuation du changement climatique.

Les Amis de la Terre France proposent une autre orientation que celle du REDD et notamment la création d’un fonds international de lutte contre la déforestation. L’association précisant que ce fonds pourrait « être alimenté de façon stable et importante par une taxe carbone sur les émissions liées au transport aérien ou maritime et pourrait bénéficier en priorité aux communautés locales et permettre de prendre en compte les autres bénéfices apportés par la forêt, notamment la préservation de la biodiversité ».

Auteur : Michel Sage
Source : Univers Nature du 29-11-2008

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