Mise en place d’une plate-forme ou Manifeste pour les Grands prédateurs de l'Union Européenne

 

Selon le site de l’Union Européenne : "Un deuxième atelier des parties prenantes pour l'action de l'UE en faveur des grands carnivores organisées par la DG Environnement a eu lieu le 5 Décembre 2013. Quelque 90 représentants des communautés des chasseurs et des éleveurs, les associations agricoles, les organisations environnementales, les gouvernements locaux et nationaux et des scientifiques de toute l'Europe se sont réunis à Bruxelles pour discuter de la possibilité d'une plate-forme pour le dialogue sur les grands carnivores, de partager des expériences entre différents pays. Cette proposition a été bien accueillie par les groupes d'intérêt. Les premiers projets d'ensembles de mesures de conservation clés pour chaque population de grands carnivores ont également été discutées". Source : Présentation des ateliers-Site Web Union Européenne (en anglais)


Nous avons ici un parfait exemple de mensonge institutionnel pour plusieurs raisons.

1/ Comme en témoigne la liste des présents invités, les représentants des Pyrénées et d’une manière générale des éleveurs français ont été largement évités. Franck Diény (FNO), Laurent Garde (CERPAM) et Bruno Besche Commenge (ADDIP – Coordination pyrénéenne) ne sont pas sur la liste. Pourquoi ? Seraient ils hostiles à la « coexistence » ou « cohabitation » avec les grands prédateurs ? On s'en doute. Ont-ils décliné l'invitation ? Peu importe, les éleveurs français avaient au moins un représentant : Emmanuel Coste - FNO (Copa-Cogeca). Comparé à la délégation écologiste, c'est peu. Mais la qualité est-elle fonction du nombre ? Que représentent ces groupuscules ? Surement pas les populations concernées tel que prévu dans l'article 22 de la Directive Habitats. Comme d'habitude, les écologistes font illusion et tentent de passer en force.

2/ Sur 92 participants représentant 28 pays européens, la France en avait 7 :

  • François Arcangéli : Conseil Régional Midi-Pyrénées, Commune D'Arbas, Association Pays de L'Ours – ADET
  • Alain Reynes : Association Pays de L'Ours – ADET
  • Farid Benhammou : Présenté au titre de : "CNRS – Laboratoire de Geographie Physique – UMR 8591" mais est en fait militant de FERUS
  • Anthony Kohler : FERUS, Ours, loups, lynx conservation
  • Jean Maurice Boillon : Federation des Chasseurs du Doubs
  • Emmanuel Coste : FNO (Copa-Cogeca)
  • Plompen Werner : Eleveur, Représentant qui ???

Dans cette délégation française de 7 personnes, il est pour le moins étonnant de constater qu'il n'y a pas moins de 4 écologistes et seulement deux représentants des éleveurs concernés. Nous notons deux participants d'une petite association pyrénéenne qui n'est pas représentative des Pyrénées et encore moins de la France d'autant que cette association, avec Férus, assigne son pays auprès d'une juridiction européenne, trés probablement avec de l'argent public. Nous voyons qu’il est fait la part belle aux écologistes plutôt qu’aux acteurs de terrain que sont les éleveurs. Curieux exercice de la démocratie par l'institution européenne.

Une participation étonnante :

Et sans complexe, ce bouffon représente son blog. Si tous les blogs devaient être représentés cela changerai la tendance. Dans les faits il est autant ADET que FERUS ou FNE. Il est donc le 8ème représentant des structures françaises sur.... 92 participants, commission européenne incluse.

A voir la liste des participants il est assez pitoyable de constater que les états prennent ce type de réunions au sérieux. C'est aussi une parfaite démonstration du caractère lobbyiste de l'Union Européenne qui se moque de la représentation démocratique tout en donnant des leçons. Est-ce la même procédure pour faire condamner la France lorsqu'il s'agit des grands prédateurs ours, loups et lynx ??

3/ Prétendre que : « Cette proposition a été bien accueillie par les groupes d'intérêt » est faux malgré la sélection des participants. En effet, la FNO / Copa ont demandé la révision du texte. De plus, à voir les manifestations qui se déroulent dans toute l’Europe contre les grands prédateurs, il est mensonger d faire croire à une belle unanimité. Le communiqué de presse commun des syndicats agricoles et des associations ne laisse place à aucun doute sur le désaccord total avec la DG Environnement de l'Union Européenne. Un retour en arrière est assez peu probable.

5/ La France n’était représentée par aucun élu national dépositaire de la démocratie.

6/ Les conditions matérielles de cette réunion sont pour le moins déplorable. Tous les documents sont en anglais. Les débats sont en anglais et pas assez de traducteurs. Comment, dans ces conditions, croire à un débat sérieux.

7/ Aucun document rendu n’est en français comme la presque totalité des pages Web liées à l’environnement sur le site de l’Union Européenne. Comme nous l’avions dit à l’issue de la première réunion, la direction générale de l’environnement de l’Union Européenne n’a pas un fonctionnement normal démocratique.

L’Europe subi une forme de dictature environnementaliste qui pourrait justifier une révolte des territoires concernés par les grands prédateurs. En Italie Michele Corti manifeste également contre cette forme de gouvernance environnementaliste européenne.

Alors que dans le cadre de la Convention d’Aarhus les Etats membres sont dans l’obligation d’associer toutes les personnes concernées aux projets environnementaux, l’Union Européenne s’en affranchi. Il est tout à fait impossible de connaître le contenu du projet de manifeste ou plate-forme (on ne sait pas très bien) d'acceptation et de protection des grands prédateurs à signer en juin prochain et qui fait actuellement l’objet de transaction pour avril. Preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que la DG Environnement de l’Union Européenne se comporte comme une structure totalitaire.

Louis Dollo, le 6 mars 2014

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