L'affaire José Bové

 

José Bové aura choqué tous les faux culs de l’écologie sectaire plus orientés vers une idéologie politique que vers la protection de l’environnement. Pourtant, Bové, n’a fait qu’exprimer ce que beaucoup pensent et ne peuvent pas exprimer publiquement. Il avait par ailleurs deux bonnes raisons de tenir ce discours :

1/ le loup arrive à proximité de sa bergerie
2/ l’opposition aux grands prédateurs, loups et ours, est une position constante de la Confédération Paysanne, syndicat agricole dont il est issu.

Mais tous ces aspects apparents ne doivent pas nous faire ignorer qu'autour de José Bové il y a un ensemble de réseaux.... La "Galaxie Bové".


A proximité de sa bergerie
Nous aurions pu imaginer qu’après 20 ans de présence du loup dans les Alpes françaises et 11 ans ddepuis les premières importations d’ours dans les Pyrénées, les occasions de s’exprimer ne manquaient pas. Mais sa fibre politique pour parvenir au parlement européen via Europe Ecologie – Les Verts, parti politique favorable à l’implantation de prédateurs au milieu des troupeaux, nécessitait de sa part une certaine réserve. L’approche du loup de ses moutons (si tant est que nous puissions dire qu’il est encore paysan) l’aura poussé à dire ce qu’il pense réellement. Un peu tard, sans doute. Beaucoup aurait apprécié qu’il le fasse avant dans un contexte moins intéressé et moins tendu.

La position de la Confédération Paysanne
Cette position n’est pas à mettre en doute même si, dans certains départements comme les Hautes-Pyrénées, il y a des positionnements officiels pour le moins discutable. Sans doute un moment d’influence de la part de Renaud de Bellefon, leader pro-ours, avec des méthodes qui apparaissent douteuses pour plusieurs interlocuteurs.
Des militants de ce syndicat se sont ouvertement engagés dans la lutte contre les grands prédateurs comme en Ariège contre les introductions d’ours aux côtés de l’ASPAP. D’autres ont fait marche en arrière comme dans les Pyrénées-Atlantiques mais d’autres encore ont alimenté l’incohérence en s’abstenant dans des votes de motions comme à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Pyrénées par exemple ou en entretenant l’ambiguïté au sein des comités départementaux de gestion de l’espace montagnard. Ce n’est qu’en 2006 que la Confédération Paysanne c’est clairement positionnée contre les importations d’ours.
Pour le loup, il aura fallu attendre 2004 pour voir le premier communiqué de presse soit 12 ans après l’arrivée officielle dans le Mercantour (1992). Mais depuis, la ligne est claire et proche de la FNSEA et de la FNO.
Pour José Bové, il lui aura fallu attendre 2012 pour, enfin,  s’exprimer

Contre et pour José Bové
Comme il fallait s’y attendre, immédiatement après sa déclaration radiophonique du 17 juillet 2012, l’écologie sectaire et haineuse s’est déchaînée. Son propre parti politique affiche un net embarras en utilisant de nombreuses contorsions oratoires. Du côté des associations, c’est l’idéologie qui prime sur le réalisme. Et là, la haine se déverse dans toute sa splendeur en allant jusqu'à lancer une pétition et déposer plainte. José Bové devient un traitre. Un seul élu socioprofessionnel aura le courage de lui apporter son soutien, Jean-Louis Chauzy, fidèle à ses idées. Mais il sera assez seul alors que beaucoup d’éleveurs, même s’ils sont au syndicat majoritaire (FNSEA), estiment que José Bové a eu raison de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière. Bruno Besche Commenge, qui s'exprime à titre personnel mais dont nous connaissons les sympathie pour l'ASPAP, s'amuse de la position de FERUS et remercie Bové "d’avoir permis par sa prise de position que Ferus en arrive à reconnaître ainsi, à son propos (faut pas rêver, mais c’est déjà ça !), ce qu’elle s’obstine à nier par ailleurs dans la vraie vie des loups et des bergeries".

Bové sans soutien mais…..
Aucun soutien écolo pour Bové. Aucun soutien politique sauf  Jean-Louis Chauzy en Midi-Pyrénées qui n’est pas spécialement concerné par le loup. Encore que…. Par contre, d’un côté, une majorité silencieuse qui ne rêve de passer à l’action et de l’autre, des élus, comme Rachida Dati et Véronique Mathieu, députées européennes (UMP) comme Bové (EELV), estiment qu’il faut revoir la Directive habitats et la Convention de Berne. Et c’est bien là le fond du problème pour modifier le statut de ces grands prédateurs qui ne sont pas en péril au niveau européen.

 


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Loup : Politis organise le débat - José Bové s'explique


Faut-il autoriser l’abattage du loup ? demande Politis le 27 septembre 2012 :

« Bien que l’on ne compte guère plus de deux cents individus en France, le loup fait l’objet d’affrontements entre écologistes et éleveurs. Pour Pierre Athanaze, il n’est qu’un bouc émissaire. Pour José Bové, tirer sur l’animal est un réflexe d’autodéfense de l’éleveur. »

Ci-dessous le texte de José Bové publié par l’hebdomadaire sur la question :

« Quand je dis que si je vois un loup s’approcher de mes brebis, je tire, je raisonne comme l’éleveur d’un troupeau de 150 bêtes que j’ai été pendant une quarantaine d’années. Je ne vois pas pourquoi je laisserais un loup s’attaquer à mon troupeau, à mon gagne-pain ! Je ne suis pas contre les loups, mais je suis d’abord paysan et éleveur. Je ne reproche à personne de vouloir sauver les loups, mais que les gens ne me reprochent pas de vouloir sauver mes brebis. Nous sommes aujourd’hui dans cette situation particulière d’antagonisme, de conflit par rapport aux loups parce ce que nous vivons une désertification qui s’accentue partout chaque année. ! Je ne vais pas prétendre que certaines pratiques d’élevage ne sont pas critiquables. Car si un éleveur laisse 500 ou 1 000 brebis gambader toutes seules dans la montagne et qu’il se contente d’aller leur rendre visite de temps en temps, cela peut entraîner de gros risques. Mais, le berger, dans un système qui ne nourrit plus son homme, il est tout seul, il n’a pas de personnel.

La principale menace pesant sur le troupeau n’est pas tellement le loup mais le ministre de l’agriculture, ou la politique agricole européenne, ce qui revient au même. L’élevage ovin est réduit a néant, dans le secteur agricole cette activité a le plus mauvais revenu de tous. Donc le loup représente un problème qui s’ajoute aux difficultés. La diminution du nombre d’éleveurs et de la présence humaine dans la montagne, entraîne un retour des animaux sauvages ; pas seulement le loup, mais d’autres comme le lynx par exemple. Cette présence provoque des tensions dans de plus en plus nombreuses régions. Mais cette tension ne constitue pas une nouveauté, elle a été permanente depuis des siècles dans l’histoire humaine des campagnes, mettant le loup face aux éleveurs. Des problèmes, des affrontements il n’en pas existé que sur le Gévaudan, mais aussi dans le centre ou dans l’est de la France. Cette confrontation entre l’éleveur, le paysan et les aléas de vie au sein du milieu naturelle n’a jamais été simple, comme ne sont jamais simples tous les conflits qui surviennent sur un territoire. Pour les uns comme pour les autres il y a la volonté d’éliminer l’autre. Normal, je n’élève pas des brebis pour nourrir le loup.

Autre question: est il est possible de parvenir à une nouvelle harmonie entre les concurrents que sont les hommes et certaines espèces sauvages occupant le même territoire ? J’ai des doutes dans un sens comme dans l’autre. Répondre par l’affirmative, ce serait oublier une situation à peu prés semblable dans tous les pays européens : tous les territoires ruraux et agricoles ne sont plus constitués que d’espaces occupés et donc intégralement façonnés par l’homme. Nos montagnes ont été transformées par les hommes, qu’il s’agisse de la coupe des forêts, de l’agriculture ou de l’élevage. Ces montagnes ne sont même plus sauvages dans leurs parties les plus hautes puisque pour les escalader des hommes ont équipé des voies d’escalade avec des pitons, voire des échelles. S’obstiner à croire à un espace naturel mythique ou idyllique, sans présence humaine relève d’une grave erreur d’appréciation de la réalité. Il faut renoncer à considérer la campagne comme un simple espace de jeu ; ou comme une agréable nature sauvage dans laquelle il ferait simplement bon vivre. Un espèce de mythe plus ou moins rousseauiste avec des lions végétariens qui mangeraient à côté des antilopes ou des loups qui lècheraient les agneaux égarés pour les ramener ensuite à leur mère. L’espace naturel du XXI ème siécle n’a plus rien à voir avec celui du Moyen Age, ne serait-ce que parce que nous sommes bien plus nombreux. »

Auteur : José Bové- Politis octobre 2012

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