Bilan des constats de dommages de loups aux troupeaux domestiques : comparatif 2010, 2011 et 2012 au 31 décembre

De la manipulation à la réalité

 

Nous écrivions le 21 février 2012 à la réception d'un bilan provisoire de la DREAL Rhône-Alpes des constats de dommages de loups : "Tous les records de dommages sont battus en 2012. Avec une progression minimum de 22.5% du nombre de victimes par rapport à 2011, ceci n’est qu’un résultat provisoire auquel il faudra ajouter les victimes liées au doute". Bilan provisoire, oui, pour 2012. Mais il n'y a aucune raison pour que ce soit également provisoire pour les années 2010 et 2011. Après bien des péripéties, un document définitif établi seulement en mai 2013 nous fait apparaître que les informations comparatives fournies en février ne sont pas provisoire mais fausse. Erreur ? Manipulation ? Tentative de propagande face à l'explosion des prédations ? Difficile de répondre. Chacun y allant de sa justification. Ce qui n'enlève rien au fait que l'information diffusée en février 2013 est fausse pour les années 2010 et 2011.


Quant au montant des indemnisations, la situation est purement et simplement indécente. En deux ans, le nombre de victimes a progressé de +44.45% et le montant provisoire des indemnisations de 61.16%

Sans doute est-ce la preuve que le nombre de loups est bien supérieur à ce qu’on veut bien nous expliquer depuis 3 ans c’est-à-dire environ 200 à 250 alors que certains agents de l’ONCFS en imagine de 2 à 3 fois plus…. Et on va pinailler sur un éventuel loup mort. Quelle affaire !

Nous pouvons constater que pour la troisième année consécutive, il n'y a pas de prédations liées au loup dans les Pyrénées.

Vue les difficultés financières actuelles dans tous les domaines, la suppression de classes et de services publics dans les vallées, les augmentations d’impôts, etc… les conséquences financières liées à la présence du loup sont tout simplement inadmissibles et irresponsables.

Situation provisoire résumée

Année Nb de victimes indemnisées % de progression Montant des indemnisations % de progression
2012 (provisoire) 6021 + 22.5 1 909 651,71 € + 22.44
2011 4913 + 17.8 1 547 022,05 € + 30.56
2010 4171   1 184 917,54 €  

Bilans chiffrés définitif des attaques de loups commentés par la DREAL Rhône-Alpes

Bilan chiffré des attaques de loups au 31/12/2012 : Cet état des lieux compare le nombre d’attaques indemnisées au titre du loup au 31 décembre 2010, 2011 et 2012.

Au total, ce sont 1874 attaques et 6102 victimes indemnisées au titre du loup pour l’année 2012.

Des attaques en augmentation :

"Le nombre d’attaques sur les troupeaux indemnisées en 2012 au titre du loup est très supérieur à 2011 (+ 30 % environ) et avec une augmentation du nombre de victimes moins marquée (+ 24 % environ). Il y a cependant une disparité importante entre les départements : le nombre d’attaques en Rhône-Alpes est légèrement en augmentation (+ 7 % environ), avec un nombre de victimes en légère diminution (- 8 %), alors qu’il est en augmentation plus forte en PACA (+ 35 % d’attaques et + 33 % de victimes). Les augmentations observées les années précédentes se confirment encore cette année.

"Ces augmentations s’expliquent à la fois par l’intensification des attaques dans certains secteurs et par l’apparition de nouveaux secteurs, notamment en Lozère et en Ardèche".

Une analyse officielle étonnante qui sous-entend une évidente manipulation

Selon l’ONCFS (ou l'analyse de la DREAL Rhone-Alpes), il n’y aurait pas d’accroissement du nombre de loups. Analyse pour le moins étonnante que seuls des naïfs peuvent croire. Cette évolution des victimes serait due à "l’apparition de nouveaux secteurs" seulement. Curieux quand même lorsqu’on voit l’évolution dans les départements de présence traditionnelle. Sans être spécialiste, il est difficile de croire une telle stupidité et il faut avoir un certain culot pour diffuser une telle théorie.

Par ailleurs, le document officiel du bilan provisoire diffusé en février 2013 en comparant avec les bilans finaux 2010 et 2011 ne mentionne pas de prédations dans les Pyrénées. Ce qui laisse supposer qu’il n’y a pas de prédations depuis 3 ans. C’est sur cette base que tous les médias ont communiqué. De la manière la plus étonnante, il apparait, dans le document définitif publié très tardivement sur le site Web du Ministère, après mai 2013, et sans diffusion à la presse, des prédations dans les Pyrénées-Orientales sont mentionnées pour 2010, 2011 et 2012. Mieux encore. La carte du bilan communal des attaques de 2010 mentionne une attaque sur l’Ariège. Information non reprise sur le bilan 2010 et dans les comparaisons qui suivent.

La grande difficulté à communiquer

Normalement, la communication concernant le loup dans les Pyrénées-Orientales incombe, selon l’ONCFS, au service communication de la Préfecture. Problème : la Préfecture n’a jamais diffusé aucun communiqué sur le loup dans le département. Difficile d’être informé d’autant plus que nous nous y perdons lorsqu’il s’agit des bilans finaux comme vu plus haut.

Tout aussi étonnant, la date de réalisation d’un bilan définitif… après mars…. Et encore, il faudra intervenir via la CADA pour l’obtenir avant qu’il ne soit mis en ligne…. Nous n’avons pas été prévenus de la date. Nous le découvrons en septembre 2013.

Egalement obtenu avec beaucoup de difficulté après intervention de la CADA, la répartition des prédations par espèces d’animaux. Information qui n’est établi, pour 2012, qu’à titre provisoire en mai 2013. Il faut beaucoup de temps pour faire du provisoire….. Et pourquoi ne pas diffuser officiellement cette information qui n’est pas un secret d’Etat. Peut-être parce que nous découvrons que lorsqu’il ne s’agit pas d’ovins, 50% des dossiers sont rejetés et non indemnisés et qu’il y a manifestement des attaques sur canidés…. Traduisez : sur des chiens. Mais toutes ces informations ne rentrant pas dans la ligne idéologique des acquis écologistes, il a été très difficile des obtenir. Plusieurs mois avant que la DREAL ne fasse le décompte des chevaux et des chiens tués par des loups et une intervention de la CADA. Il n’est pas politiquement correct, pour préserver la sensibilité du bon peuple qu'il faut protéger des horreurs, de dire que ces animaux domestiques se font également massacrer…. Car ce pourrait être votre chien dans votre cours ou votre cheval dans son enclos à proximité de votre jardin. Voilà la réalité cachée.

Louis Dollo, le 15 septembre 2013

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