Le fantasme du retour du loup dans les Pyrénées

ou de la naïveté journalistique

 

Le fantasme du grand voyage des loups sur 800 km entre les Alpes et, comme par hasard, une réserve des Pyrénées-Orientales au pied du Madres, est profondément ancré dans les esprits. L’histoire est tellement belle que l’on refuse de voir les aveux de Gilbert Simon devant une commission parlementaire concernant l’introduction clandestine de loups dans les Landes tout autant que le rôle manipulateur de ce personnage à double facette de haut fonctionnaire et de militant associatif très actif pour la cause de l’ours et du loup.

Un retour à pas de loup dans les Pyrénées


Biodiversité Venus d'Italie, trois « canis lupus » ont été observés dans la partie orientale de la chaîne

Les petits chaperons rouges peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Ce n'est pas demain qu'ils vont se faire croquer par un loup de l'est pyrénéen. En onze ans de présence sur la partie orientale de la chaîne, seuls trois loups ont été formellement répertoriés. Les traces génétiques qu'ils ont laissées derrière eux ne laissent pas l'ombre d'un doute : deux mâles et une femelle, tous de lignée italienne. «Ce sont des canis lupus, des jeunes adultes qui ont migré de l'arc alpin après avoir quitté leur meute respective, explique Alain Bataille, correspondant du réseau loup pyrénéen pour l'Aude et l'Ariège à l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Ils peuvent se déplacer dans un rayon maximum de 800 kilomètres, à l'aurore ou au crépuscule, et surtout la nuit. Traverser un pont, un fleuve ou une autoroute ne leur pose aucun problème.»

Le premier loup est arrivé en 1999, les deux autres entre 2003 et 2004. Les trois animaux fréquentent avec plus ou moins de régularité les pics du Madrès (Aude, Ariège, Pyrénées-Orientales) (1), du Carlit (Ariège, Pyrénées-Orientales) et du Canigou (Pyrénées-Orientales).

Pas de meute en vue

Depuis leur implantation, les services de l'Etat sont aux aguets. Un réseau d'observateurs (67 en 2006, 120 aujourd'hui) a été mis en place sur toute la partie orientale de la chaîne. Et la coopération avec l'Espagne bat son plein, surtout depuis que d'autres canis lupus ont été répertoriés en Catalogne. N'empêche que pour le moment, leur nombre stagne. Et toujours pas de meute en vue. «Même si une rencontre entre individus mâle et femelle reste possible, nous n'avons aucun indice de reproduction. Ce front de colonisation reste donc très fragile», note Alain Bataille.

Pour Philippe Lacube, représentant emblématique des éleveurs ariégeois, «il ne faut pas les sous-estimer car s'ils venaient à coloniser le massif, ce serait extrêmement grave». Le loup fait donc toujours peur.

Auteur : Éric Dourel
Source : 20Minutes du 27 septembre 2010

Repérés

Même si trois zones de présence permanente attestent que le loup a passé les deux derniers hivers dans le massif du Carlit (côté français), au pic du Canigou (versant espagnol) et en Catalogne sud, il n'en demeure pas moins que notre animal a la bougeotte. En janvier 2008, plusieurs témoignages ont fait état de la présence d'un loup en Haute-Ariège. Et le 26 mars 2008, un autre, peut-être le même, a croisé la route d'un randonneur lors d'une balade dans la vallée de l'Ariège. (2)

(1) - Note de Louis Dollo : Le massif du Madres n'a aucun lien direct avec l'Ariège

(2) - Note de Louis Dollo : Ces informations sont exactes et reprises depuis ici. Il faut noter que les statistiques de prédations de loups étalies par la DREAL Rhône-Alpes ne fait mention d'aucune attaque ni victime en 2010, 2011 et 2012. Reste à savoir s'il reste vraiment encore des loups dans les Pyrénées-Orientales. Se reporter aux incohérences de FERUS que nous avons établies et à l'interview de Gilbert Simon accordé à la Dépêche du Midi du 25 décembre 2010 qui donne des explications assez étonnantes.

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Le fantasme du grand voyage


L’histoire est belle mais la réalité beaucoup plus condamnable même s’il n’existe aucune preuve matérielle comme cela est souvent le cas dans ce domaine. Quoique… un jour les archives pourraient bien parler.

Au départ il faut noter que les recommandations émises dans le cadre de la Convention de Berne prévoient l’élevage de loups en vue des lâcher dans la nature. Disposition qui n’existe pas pour l’ours. Vu le nombre d’élevage existant à la frontière franco-italienne coté Italie, à proximité du Mercantour et dans l’hypothèse de plus en plus probable de lâchers de cette nature non avoués, tous les loups sont d’origine italienne. Sur ce plan-là, personne ne peut se tromper.

Par contre, imaginer que le loup fasse un déplacement de 800 km en 1999 sans se faire remarquer, d’une seule traite, sans arrêt pour faire quelques prélèvements pour se restaurer est des plus étonnant malgré le discours répété par cœur comme une leçon par les agents de l’ONCFS. Mais le plus extraordinaire reste quand même le fait qu’ils viennent s’installer dans une réserve sur le versant sud du Madres dans le bas Conflent alors qu’ils ont traversé bien d‘autres régions propices à leur installation. C’est loups sont vraiment étonnant. D’autant plus qu’au départ en 1999, il était couramment dit qu’il s’agissait d’une couple. Et pas de reproduction….

Mais tout aussi extraordinaire, sont les médias qui tombent dans le panneau de cette ânerie manifestement montée de toute pièce avec force détail.

Louis Dollo, le 10 octobre 2010

La Convention de Berne et les recommandation de l'Union Européenne UICN, liste rouge et loups

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