Voyage d'étude de la délégation française dans le Trentin, Italie
du 10 au 13 décembre 2007

 

Les voyages d'étude prévus par le Ministère de l'Ecologie se poursuivent. Après les Asturies en Espagne, c'est dans le Trentin, en Italie que se rend la délégation française. Une vallée, frontière avec la Suisse où des ours d'origine slovène ont été introduits. Il est difficile de dissocier la problématique ours du Trentin de celle de la Suisse.


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La délégation pyrénéenne


Pour les associations membres de l'ADDIP, Coordination pyrénéenne, quatre personnes ont été retenues en respectant une répartition sur la chaîne des Pyrénées. Nous pouvons noter, entre autre :

  • Hélène Huez, membre active de l'ASPAP, éleveur de bovins mais aussi acteur du tourisme par la location d'ânes. . Elle est au conseil d'administration de l'ADDIP. Membre de la Confédération Paysanne, elle est élue à la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
  • Francis Ader, Président de l'ADIP, membre du Conseil d'administration de l'ADDIP, éleveur de moutons dans le luchonais, il est élu à la Chambre d'Agriculture de la Haute-Garonne.
  • Claude Vielle, éleveur de bovins dans le Lavedan (Vallée des Gaves), il est membre du bureau de l'ASPP 65.
  • Madé Maylin, éleveur d'ovins en vallée d'Ossau, producteur de fromage, secrétaire générale du Comité de défense contre la réintroduction d'ours, membre de la Fédération Transpyrénéenne des éleveurs de montagne

Nous notons également la présence de

  • Samuel Marget, éleveur d'ovins en Haut-Adour et berger salarié sur Montaigu. Il représente la Confédération Paysanne des hautes-Pyrénées
  • Madé Maylin censurée à la TV ?

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La délégation française

La délégation française était composée de 17 personnes dont 4 des associations membres de l'ADDIP, une de l'association des transhumants de l'Ariège, du FIEP, 3 de l'ADET, de FERUS, etc...

Ours - Mission d'étude en Italie (Trentin) : un modèle qui n'est pas transposable dans les Pyrénées


Dans le cadre d’une mission de comparaison entre les situations rencontrées dans différents pays où vivent des ours, le Ministère de l’Environnement, du Développement et de l’Aménagement Durable a organisé dans la région du Trentin en Italie le second des 4 voyages d’étude à l’étranger programmés jusqu’au printemps 2008. Le premier a eu lieu dans les Asturies (Espagne). La délégation était composée de deux inspecteurs généraux du ministère de l'Environnement, du directeur de la DDA de l'Ariège, de quatre agriculteurs pyrénéens dont Claude Vielle, éleveur dans la vallée des Gaves; trois membres de l'ADET et un représentant de FERUS. En fin de matinée, Marie-Lise Broueilh, présidente de l'ASPP65 (Association de Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen des Hautes-Pyrénées), et Claude Vielle ont tenu une conférence de presse pour faire le bilan de ce second voyage. Ce dernier est formel : la situation dans le Trentin n'a rien à voir avec celle des Pyrénées. Il s'en explique largement dans la vidéo ci-dessous. -

Source : Tarbes-Infos - Mis en ligne mercredi 19 décembre 2007-20h05

 
Marie-Lise Broueilh et Claude Vielle - ASPP 65

Texte de l'interview de Claude Vielle


" Au niveau du pastoralisme, pour nous, éleveurs, le bilan du voyage d'étude dans le Trentin est assez simple à faire. Le pastoralisme dans le Trentin n'a rien à voir avec les Pyrénées. La différence est déjà importante au niveau des surfaces: dans le Parc d'Adamello Brenta, la zone en limite et en confrontation avec le problème de l'ours fait 2000 ha, ce qui correspond environ à l'estive d'une seule commune dans les Pyrénées. Or les Pyrénées c'est 600.000 ha sur la chaîne côté français, dont 250.000 utilisés par les animaux transhumants, la zone à ours dans le Trentin représente donc moins de 1% de la zone pyrénéenne.
" Sur cette zone là, il y une vingtaine d'ours mais seulement 4000 brebis, et qui sont gardées par six bergers. On en a rencontré deux. Ils ne travaillent pas du tout comme nous, ce sont des bergers sans terre, qui transhument toute l'année. Il restent deux ou trois mois sur la zone du parc, et le reste de l'année transhument dans des régions de plaine, notamment la Vénétie ou la Lombardie.

" Quant aux éleveurs, on en a rencontré deux, un qui avait 600 brebis, l'autre 1000. Eux sont embêtés, très embêtés, la présence de l'ours est un problème qui vient s'ajouter à tous les autres, et, surtout, ils sont obligés de rester nuit et jour avec les bêtes, ce qui est très lourd à vivre, même si l'estive chez eux est très courte, 2 à 3 mois.

" Avant de partir dans le Trentin, on se doutait que ce système n'était pas transposable dans les Pyrénées, on ne voyait pas comment des bergers pouvaient s'adapter à ce système que l'on voudrait nous faire pratiquer ici, on ne voyait pas comment cela pouvait se passer aussi bien qu'on nous le disait. En fait, ils sont peu nombreux, 6 bergers sont confrontés au problème de l'ours. Ils sont plus ou moins bien traités par le Parc qui leur fournit essentiellement des clôtures. Mais ils n'ont aucune aide pour le gardiennage, aucune cabane digne de ce nom non plus. Ce sont des gens très rudes à la tâche, qui conviennent, quand on leur en parle, que leur vie familiale, leur rôle dans leur famille, sont forcément mis sous le coude pendant la période d'estive.

" Alors je ne sais pas ce qu'ont pensé les membres du voyage partisans de l'ours, je ne sais pas si quelqu'un peut les convaincre de quoi que ce soit, et je ne pense pas que c'était là le but du voyage. Nous, nous avons vite vu que la comparaison n'était pas possible avec les Pyrénées, c'était déjà visible au bout de la première matinée. Les autres se feront leur idée. S'ils regardent honnêtement le problème, tel qu'il nous a été présenté, ils ne peuvent plus affirmer que le " modèle " est transposable dans les Pyrénées.

" Il faut ajouter que, comme dans les Hautes-Pyrénées avec Franska, ils ont eu eux aussi une ourse à problèmes qui se livrait à quelques " facéties ", elle entrait dans les villages, dans des poulaillers, elle ne se gênait pas ; ils ont reconnu qu'elle était ours à problème et l'ont capturée ce printemps, en juin, pour la mettre dans un parc qu'ils sont en train de construire … et qui va quand même coûter 400.000 euros, mais ils ont estimé que ça valait le coup de le faire pour conserver cette ourse, qui ne sera pas visible par le public. Mais les gens en général ne voient pas non plus les autres ours dans la montagne, il n'y a que les chasseurs qui en voient parce que la chasse est autorisée, mais sans chiens, c'est une chasse d'approche, et les chasseurs arrivent à les voir de temps en temps, pour les autres personnes c'est vraiment du hasard si elles réussissent à en voir. Par ailleurs, ils ont construit un enclos de 7000 m2 où, là, trois ours sont visibles pendant l'été. "

Claude Vielle, le 19 décembre 2007

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Ils restent farouchement contre les ours


Claude Vielle, agriculteur à Beaucens et membre de l'association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPP 65), a participé à une visite organisée par le ministère de l'Écologie, dans le Trentin, région italienne située à une centaine de kilomètres de Vérone, non loin de l'Autriche. Il fut bien entendu question de l'ours et du pastoralisme.

D'autres associations des départements du massif des Pyrénées regroupées au sein de l'ADDIP (Association de Développement Durable de l'Identité des Pyrénées) étaient du voyage.

« On nous dit que dans le Trentin, tout va bien. Mais avec 2 000 ha, c'est une toute petite zone, qui n'est pas comparable avec par exemple, les 25 000 ha d'estives dans le canton de Luz-St-Sauveur » indique Claude Vielle qui ajoute que « là-bas, les bergers sont prisonniers de leurs bêtes qu'ils doivent surveiller nuit et jour du fait de la présence des ours ».

Bref, Claude Vielle a le sentiment que ce qu'on lui a montré n'a rien à voir avec les problématiques pyrénéennes. Aussi, Marie-Lise Broueilh, de l'ASPP 65, est plus que jamais déterminée. Elle met en avant que « si l'Adet (Association de Développement Économique et Touristique) veut des ours, qu'elle les prenne et les garde chez elle. Mais elle n'a pas à les imposer à l'ensemble des territoires ». Il serait donc étonnant que ces voyages organisés par le ministère de l'Écologie fassent bouger les lignes entre pro et anti-ours. Les positions sont bien arrêtées. Et le prochain séjour en Slovénie, prévu en janvier, risque de confirmer ce constat.

Auteur : Christian Sarrabayrouse.
Source : La Dépêche du Midi 20 décembre 2007

Réaction de Jean-Paul Mercier de l'ADET - Pays de l'ours


Parmi les 17 personnes présentes dans le Trentin, pensez-vous que l'opinion de Monsieur Claude Vielle fasse l'unanimité ? L'information objective, une fois de plus aurait été d'interroger d'autres participants, par exemple le seul éleveut-berger présent qui passe l'été avec ses bêtes, ce qui constitue son unique activité. Surprise, il n'est pas opposé à la présence du plantigrade !
On peut trouver comique que les plus violents détracteurs de l'ours soient tretraité(e)s, éleveurs de bovins à temps partiel, moniteurs de ski prioritairement ou même élèvent des..... ânes.
Si les journalistes de la Dépèche le désirent, il peuvent nous contacter. Nous leur fornirons des interlocuteurs représentatifs !!!!

Les autres interventions de Jean-Paul Mercier


Commentaires


Ce qui est intéressant dans cette intervention c'est que Jean-Paul Mercier:

1/ n'a rien compris à la démarche en cours
2/ ne supporte pas les différences d'opinions
3/ ne comprend pas que d'autres aient des opinions différentes des siennes
4/ voudrait qu'il y ait unanimité derrière SON point de vue qui est évidemment le meilleur.
5/ n'a toujours pas compris ce qu'était la pluriactivité en milieu rural. Si nous lui demandions sa profession, son nombre d'heure de travail effectif par semaine et le montant de sa rémunération ? Si les revenus des éleveurs étaient importants peut-être bien qu'ils s'abstiendraient d'être pluriactif pour beaucoup d'entre eux.

Manque de chance pour Jean-Paul Mercier c'est que :

1/ Claude Vielle n'est pas pluriactif mais vit uniquement de l'élevage (300 brebis et un dizaine de vaches)
2/ Les associations de l'ADDIP ne regroupent pas que des éleveurs mais, au sens large, tous les acteurs des territoires de montagne y compris des guides de haute montagne, des moniteurs de ski et des accompagnateurs en montagne.
3/ L'éleveur d'ânes est aussi éleveur de bovins et acteur du tourisme par la location d'ânes pour la randonnée.

Par ailleurs, je pense que les journalistes de la Dépêche du Midi savent ce qu'ils ont à faire sans recevoir de leçon de Jean-Paul Mercier, honorable inconnu selon les suisses. Si l'ADET veut communiquer, elle n'a qu'à faire comme les autres : convier la presse et remettre un dossier. Mais curieusement, depuis le début de ces voyages, les associations dites "pro-ours" sont assez muettes et ne parlent que pour tenter de parler à la place des autres. Pour une fois en 25 ans de manipulation et de mensonge, il se trouve une opposition qui a des choses à dire et le fait savoir. Nous pouvons comprendre que cela dérange !

Louis Dollo, le 20 décembre 2007

PS : Le 15 janvier 2007 j'écrivais : Pas de quoi en faire une salade. Mais manifestement il existe des écolos qui n'aiment ni la démocratie, ni la liberté d'expression surtout quand cette expression est contraire à leur idéologie. Et puis, les militants environnementalistes ont la fâcheuse habitude de pratiquer ce qui est appelé le terrorisme intellectuel. Nous en avons ici un excellent exemple.

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Comparons le Trentin et... les Pyrénées


La visite dans le Trentin peut se résumer ainsi :

  • 2 000 ha d'estives (Alpages)
  • 4 000 brebis durant environ 100 jours (3 mois)
  • 6 bergers esclaves nuit et jour sans indemnisation et sans logement correct qui sont ce que nous appelons des bergers sans terre c'est à dire qu'ils sont transhumant en permanence selon les saisons.
  • 20 ours

En contre partie nous avons le canton de Luz Saint Sauveur (Pays Toy) qui :

  • Un espace de 40 000 ha dont 24 000 ha d'estives
  • 21 902 ovins en estive de mai à fin septembre (4 mois) dont 14 485 en permanence toute l'année sur le canton
  • 3 865 bovins
  • 229 caprins
  • 55 équins.
  • Pas d'ours permanents

La différence d'activité fait que la comparaison n'est pas possible. D'un côté il y a un pastoralisme résiduel non résidant et de l'autre une forte activité toute l'année.Difficile d'accepter un prédateur au milieu de 25 000 bêtes.

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Madé Maylin de la vallée d'Ossau y était....


Dans La République des Pyrénées, Madé Maylin est interrogée sur ce voyage d'étude :

" Dans le Trentin , la sécurité liée à la présence de l'ours semble être toujours un problème d'actualité . Une ourse réintroduite depuis la Slovénie a défrayé la chronique en traversant nuit et jour les villages à la recherche de nourriture . Et si les élus locaux vivent la présence de l'ours comme la cerise sur le gâteau , dans une région axée sur le tourisme , ils redoutent aussi un accident ... Alors qu'en France la ministre Nelly Olin assurait qu'il n'y avait rien à craindre . ( En italique : propos de Made Maylin ) . "

" Mais surtout Made Maylin a été frappée par sa rencontre avec les quelques representants d'un pastoralisme , d'après elle , réduit à la portion congrue : " 9 éleveurs sur une surface égale à la moitié des Pyrénées Atlantiques et 4 000 brebis contre 300 000 dans le 64 " . " Ils n'ont aucun moyen de manifester la moindre objection à l'encontre de la condition d'exclu qui leur est faite " . Et d'évoquer sa rencontre avec un certain Lorenzo . " Bien sûr on lui a fourni une clôture , bien sûr , il est indemnisé, mais il reste maintenant 100 jours et 100 nuits consécutives sur l'estive, logé dans un algéco pour tenter de limiter les dégats , j'en avais les tripes nouées , résume t'elle " .

Et Pierre Casassus Lacouzatte de l'Adipp , de conclure sur l'incompatibilité entre ours et pastoralisme ... Même constat de tous les participants professionnels

Réponse d' Alain Reynes : " ... Il n'a jamais été question de transposer ce qui se fait en Italie ou en Espagne , dans les Pyrénées. Il est question de rencontrer des gens qui ont renforcé pour montrer d'une part que c'est possible, mais aussi pour recueillir des idées. Il ne s'agit pas de photocopier quoi que ce soit. Ces voyages à l'étranger permettent de confirmer ce que l'on dit depuis plusieurs années : le problème sécuritaire est un argument étonnant alors que dans tous les pays d'Europe, personne ne considère l'ours comme un animal dangereux. Bien sûr qu'en Espagne et en Italie, c'est différent. Et en Slovénie , ce sera encore différent. Mais la conservation de la population d'ours n'est plus depuis longtemps un choix. C'est une obligation. Le sens du voyage n'était pas : " Est-ce qu'on fait une réintroduction ? " mais : " Comment va t-on se nourir des expériences des autres pour voir comment nous allons procéder dans les Pyrénées ? "

Propos recueillis sur la République des Pyrénées

Commentaires aux propos d'Alain Reynes


La spécificité d'Alain Reynes est d'être doté d'un culot tout à fait remarquable. Mieux encore, il est capable de toutes les manipulations pour sauver son emploi largement subventionné par l'Etat alors que par ailleurs il est dans le camp de ceux qui critiquent le fait que les éleveurs sont abusivement aidés. Bref, il est bien connu qu'il n'est pas à une contradiction prêt pour défendre son idéologie pro-ours à tout craindre.

S'il n'est pas " question de transposer ce qui se fait en Italie ou en Espagne ", à quoi bon y aller ?
Si c'est pour montrer que " c'est possible ", à quoi bon faire le déplacement puisqu'Alain Reynes est plein de certitudes depuis 20 ans… Continuons !

Le pire est lorsqu'il dit que " ces voyages à l'étranger permettent de confirmer ce que l'on dit depuis plusieurs années " Faux. Ils confirment qu'une cohabitation n'est pas possible et que la présence de l'ours n'est jamais source de développement local. C'est donc une faillite.

Par ailleurs si " personne ne considère l'ours comme un animal dangereux " je ne comprends pas très bien pourquoi les clôtures des enclos sont si impressionnantes… Il est vrai que statistiquement, l'ours a fait peu de morts. Et les morts sont essentiellement en Roumanie. Mais ailleurs, quelles sont les activités humaines au milieu des ours ?

La discussion avec Reynes et les pro-ours ?
Impossible !
La preuve.

Il part d'un postulat que " c'est une obligation ". Ben voyons…. Et en Allemagne ? Pourquoi on les tue ? Pourquoi on n'en met pas partout ? Pourquoi on ne sacrifie que quelques régions ?
Si on part de cette fatalité, à quoi bon faire ces voyages ?

Mais le clou de la réflexion d'Alain Reynes est de poser cette question :

" Comment va t-on se nourrir des expériences des autres pour voir comment nous allons procéder dans les Pyrénées ? "

Manifestement Alain Reynes ne comprend rien. Ou plus précisément, son sectarisme le rend aveugle. Comment ne pas voir et comprendre que les expériences des autres sont dramatiquement négatives et que ce sont des contre exemples qui confortent les acteurs des territoires montagnards des Pyrénées dans leur position : la présence de l'ours dans les Pyrénées n'est pas compatible avec les activités humaines.

Louis Dollo, le 21 décembre 2007

Depuis ces voyages, début 2012, David Chétrit a sorti un ouvrage aux Editions Privat sous le titre évocateur : "La Réintroduction de l'ours - Une histoire de manipulation"
Si le titre est évocateur, le contenu est édifiant sur la manière dont les environnementalistes ont manipulé l'opinion et les élus durant 30 ans snas parler des tentatives de corruption sur lesquelles nous aurons à revenir un jour. Les soupçons que nous avions en 2007 se sont malheureusement confirmés : Les environnementalistes dits "écolo pro-ours" ne s'intéressent pas à l'ours, pas plus qu'à la biodiversité des Pyrénées mais uniquement à l'argent qu'il peut générer.

 

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L’ours : après les Tapas, une Pizza


Deuxième voyage dans le monde merveilleux de l’ours dans la province italienne du Trentin, même constat, on prend un petit territoire, on installe des ours, 6 bergers pour garder 4000 ovins, on leur donne des clôtures et des chiens de protection. Les pauvres bougres ne se consacrent qu’à la protection des troupeaux, le vrai travail pastoral est complètement occulté. Projet de création d’un sanctuaire pour les ours qui se comportent comme des délinquants auxquels des joyeux touristes leurs jetteront leur reste de Pizza.

Stop ! Tout cela est indigne, va-t-on continuer encore longtemps cette mascarade ? Combien d’argent va dépenser le Ministère de l’écologie pour des voyages d’étude, qui jusqu’à présent ne prouve qu’une certitude, la gestion de la réintroduction de l’ours faite dans ces pays est inapplicable dans les Pyrénées parce que tout simplement nous avons pas envie que nos montagnes soit transformées en grande friche, dénuées de vie humaine. Notre identité conserver nos traditions, voilà ce que nous voulons.
Suite du menu : un hamburger arrosé d’un Coca Cola, un gâteau slovène (Potica). Gargantuesque !

Auteur : Véronique Estrémé - Femme d'éleveur à Sentein - le vendredi 21.12.07

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Espagne et Italie : que font-ils de leurs ours ?


Les Pyrénées ont mal à l'ours ? Mais au fait, comment nos voisins européens se débrouillent avec ce plantigrade ? Le 26 juillet dernier, lors de sa venue à Toulouse, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Ecologie, avait demandé que des Pyrénéens, soit du clan des pro-ours, soit de celui des anti, aillent se rendre compte, par eux-mêmes de la façon dont on traitait ailleurs ces grosses bêtes.

Voilà donc comment un groupe est parti pour les Asturies, en Espagne, entre le 26 et le 29 novembre, et en Italie, dans le Trentin, du 10 au 13 décembre. Pro-ours et anti-ours sont donc partis ensemble, mais n'ont pas forcément regardé dans la même direction.

En Espagne, l'ours provoque un boom dans l'hôtellerie.

« Tout le monde est fier de l'ours, dans les Asturies, assure Alain Reynes, du Pays de l'Ours -Adet. En quelques années, le parc hôtelier est passé de 50 à 1 800 lits et cela est uniquement dû à la présence du plantigrade. Certes, ce n'est pas un exemple parfaitement photocopiable, mais on constate que les éleveurs n'ont pas de soucis. Il y a peu de brebis, mais elles sont bien gardées, donc l'ours n'attaque pas. Cela prouve que si on veut mettre les moyens ont peut arriver à vivre avec l'ours. »

« Il s'agissait d'une zone très déshéritée, observe Marie-Lise Broueilh, présidente du syndicat des éleveurs d'ovins de Barèges-Gavarnie. Des hameaux très fermés, où l'élevage était difficile. Et il est vrai que le tourisme local s'est appuyé sur l'ours pour se développer. Il y a beaucoup de petits hôtels, mais je pense que la rentabilité a été aidée en grande partie par des subventions de l'Europe. En revanche, il n'y a pas de réflexion sur l'espace rural. Des zones sont abandonnées à l'ours. Et si lui, ne pose pas trop de soucis aux éleveurs, en revanche, le loup cause pas mal de dégâts. De toute façon, l'exemple n'est pas reproductible. »

En Italie, dix ours de plus en trois ans.

« La réintroduction a été plus rapide que chez nous, remarque François Arcangeli, maire d'Arbas. Dix ours slovènes ont été lâchés entre 1999 et 2002. Or on constate que la cohabitation se passe plutôt bien. Les éleveurs utilisent des clôtures électriques, et petit à petit, les populations n'ont plus de craintes vis-à-vis de l'ours. Et pour le tourisme, l'ours est devenu très important. »

« La surface d'estives dans les Pyrénées est de 550 000 hectares pour 3 000 dans le Trentin. Les ovins transhumants sont 573 000 dans les Pyrénées et 4 000 dans le Trentin, note Hélène Huez, éleveuse et secrétaire de l'Aspap. Les situations sont difficilement comparables. De plus, dans le Trentin, il n'y a pas d'élevage dans les fonds de vallées, mais des pommiers et des vignes… »

Pro et anti ours se sont accordés sur une chose, dans le Trentin : construire un parc à 400 000 € pour éviter d'éliminer un ours par trop farceur, qui venait piquer les pommes dans un village, n'est pas la bonne solution. Mais au-delà de cela, ces voyages ont sans doute rapproché des personnes qui s'opposaient. Mais ont assez peu fait bouger les lignes.

François Arcangeli espère que les éleveurs ont révisé leur position sur le danger supposé de l'ours face à l'homme. Alain Reynes croit que la preuve que l'on peut se protéger a été apportée.

« Nous n'avons pas besoin de l'ours dans les Pyrénées, conclut Marie-Lise Broueilh, si certains le veulent, comme Arbas, pourquoi pas mais qu'ils n'obligent pas tout le monde à faire pareil ».

« Organiser ces visites, c'est mettre la charrue avant les bœufs, estime Hélène Huez. C'est avant la réintroduction que l'État aurait dû nous montrer ce qui se fait chez nos voisins, et nous laisser ensuite le choix ». Prochaine étape : le voyage en Slovénie. Une ultime chance pour que pro et anti ours rentrent les griffes.

Auteur : Dominique Delpiroux
Source : La Dépêche du Midi du 21 décembre 2007

Commentaire


Lorsque Dominique Delpiroux écrit au sujet des pros et anti-ours qu'ils "n'ont pas forcément regardé dans la même direction", je pense le contraire. Ils ont tous vu la même chose. Ils ont tous pensé la même chose. Mais du côté d'Arcangéli et de Reynes nous avons affaire à des personnes portées par une idéologie et une haine de l'éleveur pyrénéen qui est viscérale et qui leur interdit de dire la vérité. Et puis, l'ours, c'est leur fond de commerce. Sans l'ours, que ferait Alain Reynes ? Pointer au chômage ?

Quelques exemples.

Dire que l'hôtellerie asturienne est en plein boom c'est faire preuve de mauvaise foi. Les hôteliers ne se sont jamais engagés, lors des rencontre sur place, sur la rentabilité et l'avenir de leurs exploitations. Ils se sont abstenus de répondre aux questions. Et pour cause ! Un article de presse venait de paraître et expliquait les nombreuses difficultés et l'avenir incertain du tourisme en régression dans cette région.

Voir François Arcangéli dire que dans le Trentin la cohabitation se passe bien, c'est faire preuve d'une totale mauvaise foi et refuser d'accepter que l'élevage soit marginal et anecdotique avec seulement 2000 ha d'estive, 4000 brebis et 6 bergers durant 3 mois.

Il est tout aussi incroyable que François Arcangéli laisse croire à la presse qu'il "espère que les éleveurs ont révisé leur position sur le danger supposé de l'ours face à l'homme" alors que c'est tout le contraire qui a été exprimé…. et le danger n'est sûrement pas le problème de fond de l'ours.

Il est tout à fait clair aujourd'hui que les pro-ours n'ont strictement aucun argument pour justifier les importations d'ours. Si à ceci nous devons rajouter le comportement des diverses associations, fonctionnaires et intervenants pro-ours depuis 20 ans (tentatives de corruption et d'escroqueries, diffusion de fausses informations, rapports incomplets, informations cachées, procédures judiciaires contre les éleveurs et chasseurs, etc...) il y a peu de chance, pour ne pas dire aucune chance, de voir un jour les points de vue se rapprocher. Bien au contraire. Les éleveurs sont aujourd'hui de plus en plus convaincus de l'inutilité des importations d'ours et du caractère néfaste de sa présence pour le développement durable et le maintien de la biodiversité pyrénéenne.

Louis Dollo, le 23 décembre 2007

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“Le Trentin italien n’est pas un modèle pour les Pyrénées”


Les opposants à l’ours reviennent d’un deuxième voyage

Comme ils l’avaient fait après leur voyage d’études dans les Asturies espagnoles, les opposants à la réintroduction de l’ours ont présenté leur point de vue après un déplacement dans une autre zone à ours, le Trentin italien.
Hélène Huez (ASPAP 09), André Rouch et Jean-François Rummens (Fédération pastorale de l’Ariège), Francis Ader, Madé Maylin et Claude Vielle (ADDIP) étaient de ce voyage, entre le 10 et le 13 décembre, organisé par le ministère de l’Ecologie dans le cadre de l’évaluation du plan Ours. Et s’il fallait résumer cette visite dans l’extrême nord de l’Italie, Mme Huez expose que "on nous a parlé essentiellement de l’ours ; il a fallu chercher par nous-mêmes des informations sur le milieu dans sa globalité, et la cohabitation avec le pastoralisme".

La zone à ours du Trentin - Haut-Adige a connu, à l’instar des Pyrénées, le programme Life d’introduction d’ours slovènes à la fin des années 90. Mais les points communs avec la chaîne pyrénéenne s’arrêtent là. Implantés par la volonté locale de cette très riche et touristique province au statut autonome, sur un parc naturel prééxistant, les dix ours exportés de Slovénie font l’objet d’une gestion publique, "avec un suivi beaucoup plus transparent que dans les Pyrénées, des techniciens pour qui le dossier ours n’est pas la seule activité, et des capacités d’intervention importantes en cas de problème".

A tel point qu’il a été statistiquement démontré qu’une ourse causait énormément de dégâts, l’animal a fait l’objet de mesures d’effarouchement, puis d’une capture et d’un placement dans un parc fermé. "On aurait aimé qu’un dispositif statistique comme celui-là existe pour Boutxy ou Franska", notent sans ironie les membres de l’ASPAP. Et à propos de prénoms, il est intéressant de signaler que si la première génération introduite a été baptisée dans les règles de l’art, "les oursons nés dans le Trentin sont identifiés par les initiales des parents et des numéros. Tout simplement parce qu’après avoir joué, comme en France, sur le registre affectif, les promoteurs du projet se sont rendus compte que cela pouvait rendre difficile la gestion de certains cas problématiques. Par exemple, l’ourse à problèmes aujourd’hui enfermée fait l’objet d’une pétition demandant son relâchement, malgré les preuves apportées par l’équipe technique elle-même".

Et les militants de l’ASPAP d’observer également que "malgré les gros efforts de communication faits autour de l’introduction de l’ours, un sondage effectué par les autorités locales montre qu’en 2003, davantage de personnes se disaient opposées à la présence ursine dans le Trentin qu’en 1997".

En fait, à en croire MM. Lacube, Rouch et Rummens, ainsi que Mme Huez, tout se passe comme si le Trentin n’avait pas vraiment besoin de l’ours : "c’est une zone extrêmement touristique, le parc naturel compte 900.000 visiteurs par an. Mais le parc de vision de trois ours n’enregistre que 9.000 entrées…" Et les professionnels du tourisme, au poids économique considérable, ont été parmi les premiers à s’inquiéter quand la fameuse ourse à problèmes a fait un peu trop parler d’elle.

Quant à la cohabitation entre l’activité agricole et la présence ursine, la question a généré une colère certaine des opposants pyrénéens : "on s’est rendus compte que là-bas, le pastoralisme est quasiment inexistant". La zone intermédiaire, entre 300 et 800 mètres d’altitude, est en effet couverte de vergers. Plus haut, on trouve la hêtraie et sapinière entrentenue par des coupes ponctuelles. Enfin, de 1400 à 1800 mètres, s’étalent les pelouses pour les estives. "Après, il n’y a plus que les parois rocheuses des Dolomites". Et c’est dans cette configuration qu’un pastoralisme local travaille : "sur la zone à ours, on compte 200.000 hectares de surfaces d’estive, mais seulement 4.000 ovins pour… 6 éleveurs, détaille Jean-François Rummens. En Ariège, la surface d’estive est deux fois moindre, pour 55.000 ovins et 650 éleveurs…"

Du côté des bovins, on ne compte qu’une quinzaine d’éleveurs pour environ 2000 têtes de bétail. "Et surtout, il faut voir que ces éleveurs viennent de relativement loin pour la transhumance, ce ne sont pas des personnes qui habitent dans le secteur".

Avec de tels chiffres, un premier élément apparaît pour répondre à la question de l’acceptation italienne de l’introduction des ours. Ceci dit, tout le monde n’est pas unanime : "oui, nous avons rencontré des maires se disant favorables à l’arrivée des ours, reconnaît André Rouch. Mais d’autres élus locaux s’inquiètent quant à la sécurité de leurs administrés : les ours ne vivent pas au coeur du parc naturel mais en périphérie, non loin des zones urbaines. Et ils n’hésitent pas à venir se servir sur les ruches, les volailles, les arbres fruitiers et la vigne…"

Malgré le calme relatif qui entoure la présence ursine en Italie, la population de plantigrades souffrirait de pertes aux alentours de 30 %, avec un nombre d’adultes stagnant depuis dix ans. "L’opération italienne d’introduction d’ours est sur le fil du rasoir, constatent les membres de l’ASPAP, la pérennité de la population ursine n’est pas assurée". Et si d’autres ours étaient lâchés dans la zone, "ils viendraient à étendre le territoire de présence ursine. Pas sûr alors que l’acceptation soit la même…"

Après ce deuxième voyage instructif du groupe d’évaluation du Plan Ours, les deux inspecteurs généraux mandatés par le ministère de l’Ecologie devraient se rendre dans les Pyrénées en janvier. Et si aucune décision ne sera prise avant les municipales de mars 2008, les militants de l’ASPAP attendent des réponses : "que va-t-on faire, reprendre le rythme des lâchers ? Arrêter les frais ?" D’autant qu’ils aimeraient également "voir, pour une fois, un endroit où la cohabitation fonctionne vraiment entre des ours et un pastoralisme vivant".

Auteur : A. C.
Source : La Gazette Ariègeoise du 9 janvier 2008

Pour en savoir plus le site Web de l'ASPAP

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