Adet et Ferus perdent leur sang froid

 


Ces deux associations viennent de mettre en ligne ce courrier : " Pays de l'Ours - Adet et Ferus demandent un rendez-vous en urgence à Chantal Jouanno ". Le ton et le contenu mensonger du courrier adressé ainsi à Mme Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat chargé de l'écologie, ne manquent pas d'étonner.

Le ton d'abord, comminatoire, qui cherche à s'imposer et à en imposer : " Nous ne vous cacherons pas que nous avons été extrêmement surpris des propos que vous avez tenus hier soir sur France 3 Aquitaine … ", " La suite de votre intervention ne nous a pas rassurés, loin s'en faut ", et cela, en prenant presque Mme. la Ministre pour une imbécile ignorante du dossier : " cela n'a rien à voir avec des problèmes de GPS ", " Faut-il pourtant vous rappeler … ", " Mais peut-être avez-vous une vision déformée de l'opinion pyrénéenne … ".

Sans aucun doute, il faut voir là le dépit d'associations dont il a été maintes fois montré comment pendant des années elles avaient phagocyté le Ministère pour y faire prévaloir une voix et une voie uniques où les problèmes de fond, graves, réels, concernant biodiversité et développement durable semblaient se réduire à quelques espèces sauvages emblématiques. Et cela alors même que, dès février 2004, la complexité de ces problèmes, leur lien indissoluble avec la régression des pratiques traditionnelles, notamment " l'élevage extensif ", étaient soulignés dans le Rapport du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable: " Stratégie nationale pour la biodiversité ", (pages 11 et 16) :

" /…/ les modes d'utilisation du sol ont façonné de façon spectaculaire les milieux, induisant une évolution conjointe entre les sociétés et la biodiversité. Il en résulte des situations où l'abandon d'une pratique traditionnelle menace directement des éléments remarquables du patrimoine naturel et paysager. Bon nombre d'espaces ouverts sont, par exemple, menacés de disparition par l'abandon du pâturage extensif. /…/
"Mais la diversité du vivant reste une notion complexe, souvent mal appréhendée, au-delà de l'attachement à certaines espèces emblématiques (dauphin, baleine, ours...). "

Ce dépit, cette rage de ne plus être les seuls interlocuteurs apparaît d'ailleurs clairement dans cette remarque, assez culottée quand on sait comment la DIREN Midi-Pyrénées continue à être la chambre d'enregistrement des fantasmes réducteurs de ces associations : " nous connaissons la mauvaise foi des opposants à l'ours et, sauf erreur de notre part, vous n'avez rencontré à ce jour sur ce dossier que leurs représentants ".

Quant aux mensonges, coutumiers aussi bien chez ces associations que chez certains représentants locaux de la puissance publique, l'un des plus délicieux est le suivant : " En 2008 encore, une étude réalisée par l'IFOP pour la Diren Midi-Pyrénées montrait que 76% des Français, et 55% des Montagnards pyrénéens étaient favorables au maintien d'une population d'ours dans les Pyrénées ". Certes, mais maintien ne veut pas dire du tout nouvelles réintroductions comme le réclament à Mme. La Ministre nos deux associations.

FERUS - ADET " oublient " donc de mentionner ceci : à la question de ce même sondage, pourtant très dramatiquement orientée, " Si la vingtaine d'ours actuellement présente dans les Pyrénées est insuffisante pour assurer la survie de l'espèce, vous personnellement êtes vous favorable ou opposé à l'introduction d'ours supplémentaires ", les réponses ne laissent pas place au doute ; elles y sont même comparées à celles apportées à une question similaire en 2003, AVANT les importations d'ours de 2006 et leurs conséquences :

  • pour la zone de montagne des départements pyrénéens le NON explose de 41 à 60%, avec un pic de 71% en Ariège, le département le plus exposé en continu aux dégâts des ours ;
  • et pour la France entière elle-même, pourtant bien loin de vivre directement les conséquences de ces importations, le NON n'est pas loin de doubler : de 25 à 41% ; de nouvelles importations, des sommes folles encore dépensées, de nouveaux dégâts, on peut conjecturer que le NON deviendrait alors majoritaire.

Outre l'impolitesse un peu méprisante, il y a quand même quelque culot à oser affirmer alors : " Faut-il pourtant vous rappeler les résultats des études d'opinion, qui concluent toutes, sans exception, à l'adhésion des Pyrénéens à cette cause ".

Décidément, si ADET et FERUS perdent leur sang froid, elles ne perdent pas leur génétique propension à déformer la réalité en un sens favorable à leur thèse. Autre façon de prendre les gens, et Mme la Ministre, pour des imbéciles.

Auteur : B.Besche-Commenge ASPAP/ADDIP - 8 septembre 2009

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Pays de l'Ours - Adet et Ferus demandent un rendez-vous en urgence à Chantal Jouanno


Le samedi 5 septembre 2009, l'ADET-Pays de l'ours et Férus adresse une lettre à Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, suite à son intervention télévisée de la veille sur France 3 Aquitaine. .


Le 5 septembre 2009


Madame la Ministre,

Nous ne vous cacherons pas que nous avons été extrêmement surpris des propos que vous avez tenus hier soir sur France 3 Aquitaine, en réaction à l’annonce par les opposants à l’ours que deux ours auraient été abattus en Ariège ce printemps.

Nous ne méconnaissons pas la stratégie des opposants qui font de la provocation médiatique au moment où vous allez devoir vous prononcer sur les modalités de la poursuite de la restauration de la population d’ours dans les Pyrénées. La manœuvre est grossière.

Pour autant, sur le terrain, nous considérons qu’il y a de vraies raisons d’être inquiets pour au moins un ours, Boutxy, dont on est sans nouvelle depuis début juin 2009.
Et cela n’a rien à voir avec des problèmes de GPS, les derniers étant hors service depuis deux ans, ni même avec des problèmes d’émetteur-radio, les ours présents dans ce secteur de la Haute-Ariège n’en étant pas équipés.
Si nous avons bien noté votre décision de lancer une enquête, conformément à notre demande, elle reste technique et administrative et nous avons le sentiment que l’Etat n’accorde pas à cette affaire l’importance qu’elle requiert, de par la gravité des paroles prononcées.

La suite de votre intervention ne nous a pas rassurés, loin s’en faut.
Vous avez précisé attendre les conclusions du rapport de Monsieur le Préfet de Région Midi-Pyrénées « pour savoir si l’on pouvait poursuivre et sous quelles conditions la réintroduction des ours », puis qu’il faudrait une véritable adhésion de la population à un éventuel futur nouveau plan de restauration.
Ces mots ont dû résonner aux oreilles des opposants à l’ours comme un encouragement à la poursuite des actions radicales et violentes.
En exprimant un doute sur la poursuite du plan de restauration de la population, vous avez prononcé là exactement les mots qu’ils espéraient.
Ne doutez pas qu’ils vont maintenant multiplier les actions afin de créer l’illusion d’une opposition majoritaire à l’ours dans les Pyrénées.

Or sauver l’ours en France implique obligatoirement un renforcement des effectifs, même si d’autres actions sont nécessaires en complément. Il n’y a donc par conséquence pas d’autre manière de satisfaire aux obligations légales de la France au regard de la Directive européenne Faune-Flore-Habitats qu’en lâchant dans les années à venir de nouveaux ours dans les Pyrénées.

Madame la Ministre, la conservation de l’ours brun, face à une opposition minoritaire mais déterminée, requiert une volonté politique forte et sans faille. Vos propos sur France 3 hier soir ont laissé paraître au contraire un doute de votre part qui nous inquiète au plus haut point pour l’avenir de cette espèce en France.

Faut-il pourtant vous rappeler les résultats des études d’opinion, qui concluent toutes, sans exception, à l’adhésion des Pyrénéens à cette cause. En 2008 encore, une étude réalisée par l’IFOP pour la Diren Midi-Pyrénées montrait que 76% des Français, et 55% des Montagnards pyrénéens étaient favorables au maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées.
Nous ne voyons pas pour quelles raisons la question de l’ours serait la seule à requérir localement l’unanimité pour agir.
Y-a t-il tant de sujets qui rassemblent plus des trois-quarts des Français ?

Mais peut-être avez-vous une vision déformée de l’opinion pyrénéenne : nous connaissons la mauvaise foi des opposants à l’ours et, sauf erreur de notre part, vous n’avez rencontré à ce jour sur ce dossier que leurs représentants.

Aussi nous vous demandons de bien vouloir nous accorder en urgence un rendez-vous de manière à vous présenter personnellement notre analyse de la situation et nos propositions en faveur de la conservation de l’ours brun en France.

Dans cette attente, et restant à votre disposition pour ce faire, nous vous prions de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.


François ARCANGELI
Président de Pays de l’Ours–Adet

Jean-François DARMSTAEDTER
Président de Ferus

Source : ADET-Pays de l'ours du 5 septembre 2009

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