"La peau de l'ours"

Un film de Pascale Fossat

Présentation du film

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Écrit et réalisé par Pascale Fossat, "La Peau de l'Ours" s'est vu décerner le Grand prix de la 1re réalisation au Festival du film de montagne d’Autrans 2010.

Dans les Pyrénées en France et en Espagne l’ours était mort ou presque et le voilà ressuscité. Le film est tourné en automne et en été, de chaque côté de la frontière, dans les Pyrénées centrales là où des ours slovènes ont été récemment réintroduits.
Dans les villages on ne parle plus que de cela. Pascale Fossat donne la parole à ceux qui vivent dans les Pyrénées, d’une estive à l’autre des discussions enflammées s’engagent entre éleveurs et entre bergers. Les « pro » ours revendiquent la réintroduction au nom de la sauvegarde de l’espèce et du respect de la biodiversité. Les « anti » considèrent l’ours comme un prédateur de leurs troupeaux et un danger pour la population.

La réintroduction de l’ours, plus généralement, pose la question du devenir économique, écologique et humain du massif pyrénéen en France et en Espagne. Alors qu’un Parc Naturel Régional se met en place en Ariège, les éleveurs aimeraient que leur point de vue soit pris en compte.

La cohabitation entre l’éleveur, le berger, l’ours et le touriste est-elle possible ?

Un film documentaire de Pascale Fossat - 57 mn
Produit par Les films de la castagne

Ce film a été co-produit avec TLT, avec la participation de la Mairie de Toulouse, le soutien de la Région Midi-Pyrénées et du Centre National de la Cinématographie

Contact : Les films de la castagne - 19 rue Déodora - 31400 Toulouse
Tel : +33 5 61 25 98 98 -

« La peau de l'ours » prendra le chemin des Pyrénées cet été 2010 : plusieurs projections-débat seront organisées au fil des étapes d'une « caravane itinérante » menée par Pascale Fossat et qui ira à la rencontre des populations de la chaîne pyrénéenne.

Pascale Fossat est productrice à France Culture, originaire du piémont pyrénéen elle n’a pas une approche urbaine du problème de l’ours.

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Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Présentation de La Peau de l'Ours

 

 
Le résumé du film


L’ours qui cachait la montagne

En 1996 la France décide de lancer un programme de réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées centrales. Malgré les réticences des bergers, le Plan Ours voit le jour.

Depuis ce sont une vingtaine d’ours qui parcourent cet espace pyrénéen. C’est auprès des éleveurs, au milieu des troupeaux, que Pascale Fossat est allée glisser sa caméra. Dans la montagne, à ciel ouvert.

Les visages se succèdent, béret penché, houlette coincée sous l’aisselle, surplombant les inclinaisons des vallées. Une caméra qui voit large, avec l’homme au centre, le ciel audessus.

Jamais écrasé par la montagne, ni la dominant. Mais avec, tout contre. Michel Estremé, éleveur, a vu ses bêtes si affolées de leur rencontre avec l’ours, qu’il a mis trois semaines pour les faire redescendre de l’estive. Il sera de toutes les manifestations. Pour le vieil Urbain Coumes, éradiquer les prédateurs des troupeaux doit demeurer une priorité. Et former des jeunes à la succession pastorale. Christian Bouigues, éleveur, se gausse du folklore touristique mené tambour battant autour du plantigrade. Et rappelle l’impérative nécessité de dire la réalité de leur vie, " montrer notre misère. On y est. On n’est pas bien ".

Gérard Dubuc, maire de St Lary, et sa colère d’un souffle, plus vive et soutenue que le vent d’autan. Le désarroi des éleveurs devant les bêtes massacrées. La frustration des bergers itinérants qui se sont pliés plein d’espoir au Plan Ours. Ils naviguent aujourd’hui de CDD en CDD. Attablés à une terrasse, Eric Binet, Membre de l'Inspection Générale de l’Environnement, et Alain Escafre, Membre du Conseil Général de l'Agriculture, auditeurs du Plan Ours, soulignent la " recherche de conciliation ". Et entendent bien, malgré tout, que la présence de l’ours, " c’est une contrainte de plus, la goutte d’eau qui fait déborder le vase ". Sur un territoire en perte de vitesse économique, comment légitimer la mobilisation de millions d’euros pour l’ours, alors que l’homme lui, est en peine ?

Quand Bruno Besche, linguiste, lance une bobine enregistrée, c’est le patois rocailleux et la sagesse d’ Adrien Jean de Pau qui surgit. " La façon dont de tout temps on a tenu les bêtes en montagne… " Des moutons par dizaines, parsemés sur les collines, dévalant les monts herbeux des estives. C’est ainsi que l’on tient les bêtes ici, en liberté. Les conséquences de la réintroduction d’un prédateur chassé depuis des générations sont sans appel : des montagnes désertées par l’homme, une nature livrée à l’ensauvagement signent la fin du pastoralisme dans les Pyrénées. Journaliste radio, Pascale Fossat a l’art de rassembler les sons, de nous faire pénétrer au creux des monts, fouler l’herbe derrière le pas prompt des bergers. Une image qui sait contempler, suivre la brume qui avale les forêts et s’attarder sur la cabane du berger. Permanence sonore des clochettes des brebis et des vaches, comme un bruit né de la nature. Les cris des hommes appelant le rassemblement des troupeaux, se hélant d’une montagne à l’autre. Hymne à une nature vivante, en perpétuel mouvement.

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Les personnages

Michel Estremé de Sentein (Ariège-Couserans)
surveille ses brebis

Michel Estrémé, 50 ans, est berger éleveur à Seintein dans l’Ariège depuis toujours, comme son père et son grand-père. Comme beaucoup, Michel n’arrive plus à s’en sortir financièrement avec l’élevage et exerce une double activité. Les Estrémé aiment plus que tout leur vallée ancestrale du Biros mais redout nt d’être transformés en gardiens de zoo « par des parisiens en mal de sauvage ».
Pour Michel la cohabitation de l’homme avec le « fauve » est impossible : « c’est ou l’ours ou nous ».


Véronique Estrémé, la femme de Michel, tient la chambre d’hôte de Seintein « lou rabada »

Georges Estrémé, l’oncle de Michel, ancien postier, éleveur, berger, aujourd’hui à la retraite, farouchement opposé à la réintroduction des ours.

Urbain Coumes, le dernier éleveur-berger de Casabède comme son père Adrien, sauveur de la race rustique Castillonnaise en semi-liberté.

François Martres, Jean-Marc, Jérémy et Elodie Amilhat, éleveurs sur le Mont Rouch.

Pascale Fourquet et Stéphane Leclerck, éleveurs à Melles, sur une estive « pilote » où l’ours slovène a été introduit pour la première fois en 1996.

André Rigoni, le maire de Melles, village de « la montagne sauvage ».

Gérard Dubuc, le maire de Saint-Lary et les éleveurs de l'Estive du Baresté.

François Arcangéli, le maire de Arbas, « le pays des ours », où la deuxième introduction d’ours s’est déroulée en 2006.

Catherine Lacroix éleveuse et bergère néo-rurale dans la plaine Barjac en Ariège. Comme son compagnon, éleveur de chiens patous, elle est favorable à la réintroduction des ours dans les Pyrénées et au label « broutard du pays de l’ours ».

Marc Chatonnay, animateur des randonnées «à Arbas « en pays de l’ours » de l’ADET (Association pour le Développement Economique et Touristique des Pyrénées Centrales)

Paco Boya, Syndic et député à Lès dans le Val d’Aran, opposé à la politique de réintroduction.

Eric Espagne, éleveur de brebis à Béret, ancien moniteur de ski à Baqueira.

Luis Lurrey, éleveur à Lès.

Gérard Rolland, berger itinérant de l'Equipe Technique Ours (ETO)

Bruno Besche-Commenge, linguiste.

Eric Binet et Alain Escaffre, Conseils Généraux des Ministères de l’environnement et de l’Agriculture, auteurs d’un audit sur le plan de conservation et de restauration des ours.

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Propos extraits du film


Bruno Besche-Commenge, linguiste :
" On va vers un ensauvagement total de ce milieu, à long terme plusieurs centaines d'ours sur des milliers de kilomètres carrés, il est bien évident que le territoire à ce moment là va être dédié aux animaux sauvages. "

Gérard Rolland, berger itinérant, Equipe Technique de l' Ours :
" Il peut y avoir une cohabitation possible avec des moyens, avec une politique sur le long terme parce que ça aussi on n' en parle pas mais bon, moi je suis un peu amer aujourd'hui en tant que gardien itinérant de la politique de l'Etat parce que nous, on est des précaires, on est en CDD et il n'y a rien eu à faire pour qu'on ait un travail à l'année alors qu'il y avait des besoins. "

Gérard Dubuc, Maire de Saint-Lary :
" La concertation n'est jamais venue, les informations qui nous sont données le sont au compte-goutte, il a fallu forcer les portes pour être entendu. Sinon, aujourd'hui on ne vous écoute pas, on pense que ces territoires, les Pyrénées, sont la frontière sauvage, qu'il suffit de laisser partir les derniers de leurs habitants et les derniers de leurs éleveurs pour pouvoir les livrer à l'ensauvagement. "

Stéphane Leclerck, éleveur à Melles :
" Je suis arrivé de Belgique, je voulais faire ce métier de berger, ces montagnes me plaisaient, je suis venu m'installer ici et j'étais pour l'ours. Je pensais que l'on pouvait cohabiter. Après sept ou huit années d'expérience j'ai fini par changer d'avis et dire que la cohabitation n'est pas possible. "

Véronique Estrémé, femme de Michel Estrémé, éleveur à Seintein :
'' Nos jeunes sont obligés de partir d'ici parce qu'il n'y a pas de travail (...), les plus
courageux d'entre eux qui veulent venir ici, qui veulent s'installer et bien ils sont
découragés parce qu'en fait il n'y a pas d'argent pour ça. Nous ici on a des projets dans nos montagnes, il y a des groupements pastoraux, on a des écoles, on a des postes qu'on voudrait maintenir en l'état, on voudrait que les services publics soient maintenus dans nos montagnes et on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour ça et par contre on trouve 12 millions d'euros pour établir un projet dont en fait, nous, gens du pays, on ne veut pas. ''

Eric Espagne, éleveur à Salardù (Val d'Aran) :
" Au lieu de mettre l’ours en réserve, ils ont mis les bergers à la réserve. "

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Intentions de réalisation par Pascale Fossat, réalisatrice


Productrice de documentaires radiophoniques à France Culture, j’ai réalisé durant l’été 2006 un documentaire sur la résistance des bergers ariégeois face à l’ours : « Bienvenue au pays de l’ours et du berger », 90 minutes, diffusé le 17 novembre 2006. Dans le cadre de cette émission j’ai rencontré les éleveurs et les bergers sur les estives, j’ai partagé avec eux leurs angoisses sur l’avenir, l’attente de la bête qui viendra ou ne viendra pas. De cette rencontre est né le désir de faire un film sur cette question de l’ours dans les Pyrénées pour montrer les enjeux de la bataille. L’ours est devenu le point de mire de tous les débats économiques, sociaux, écologiques du massif, comme si la bête était le révélateur et l’unique responsable de problèmes plus profonds. La réintroduction de l’ours pose la question du devenir pyrénéen. Que va-t-on faire des Pyrénées, un parc sauvage à l’image de certains parcs américains, une montagne humanisée où cohabitent l’homme et les bêtes ?

Ma maison familiale d’Estadens, est située à côté de Arbas, au pied du Cagire et du Paloumère, là où l’on a réintroduit des ours slovènes. Comme les villageois, je pensais que les ours avaient définitivement disparu des Pyrénées. Entre imaginaire et réalité, des histoires mi-humaines mi-animales racontées par les vieilles femmes du village restent accrochées à ma mémoire : la dernière chasse à l’ours, un berger ayant vu l’ours et perdu la voix, un pêcheur mort de peur rebroussant chemin...

Enfant, j’ai assisté à la fête à l’ours à Saint-Laurent-De-Cerdans dans les Pyrénées Orientales, dont Claude Costes, et, à ses côtés, Daniel Fabre, ainsi que mon père, tous trois ethnolinguistes, ont fait un film. Les hommes vêtus de peaux de bêtes imitaient les cris terrifiants de l’animal, aguichaient les jeunes femmes et finalement tuaient l’ours.

L’ours était donc bel et bien mort et le voilà ressuscité.
Le Ministère de l’Environnement a lancé une opération de baptême de l’ours par internet. Dans le métro parisien, des affiches montrent « les Pyrénées, frontière
sauvage ». Alors que le Parc Naturel Régional de l’Ariège encore à l’étude dessine l’avenir du territoire pyrénéen, les habitants d’Estadens, eux, n’ont pas l’impression d’habiter dans un monde sauvage mais plutôt humanisé jusqu’aux plus hautes altitudes. Ils ne parlent plus que de l’ours et s’entre-déchirent entre les « pour » et les « contre ». Ils sont affectés par tant de violence, la façade de la mairie d’Arbas maculée de sang, une statue brûlée, un élu couché sur la route… Au fond, ils ne comprennent pas la logique d’aller chercher des ours en Slovénie pour les mettre chez eux, à côté de leurs bêtes.

Cette question de l’ours vient approfondir la cassure entre monde urbain et rural.
Pour les gens des montagnes, « il y a eux, nous et entre, un pont qui s’est effondré ».
Dans ce film, je voudrais, au travers de cette polémique de l’ours, raconter l’histoire de « ce nous », l’identité de ces bergers-éleveurs, leurs pensées, leurs façons de travailler, de concevoir leurs montagnes, leurs rapports à l’animal, à la nature, à l’humanité. Je voudrais tenter, par ce film, de reconstruire un pont, confronter les logiques de chacun, urbaine, rurale, scientifique, écologique et politique. Le rapport de l’homme à la bête, finalement, est une vieille histoire.

Ce film est une chronique d’un bout à l’autre des Pyrénées, dont le personnage central, imaginaire ou non, est l’ours. On le cherche, mais on ne le trouvera jamais.
Il s’agit d’une quête.

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Intentions de production par Vincent Barthe, producteur


Depuis des années j'arpente les sentiers du Couserans, au milieu de forêts qui, il y a peu, étaient des pâturages, des cultures, découvrant souvent des maisons en ruines, des hameaux envahis par les ronces, des mines et des usines désaffectées.

Dans les Pyrénées la ré-introduction d'une espèce s'impose: l'homme.
Mon engagement comme producteur sur ce film est très personnel. Lorsque Pascale Fossat m'a proposé ce projet, sous l'accent de la productrice de France Culture bien intégrée au sérail parisien j'ai perçu des indignations que je partage (« Les Pyrénées : la frontière sauvage »), et l'envie commune d'aller au delà du fantasme urbain construit sur le dos de l'ours qui tient plus des besoins de marketing que d'une nécessité écologique.

L'ours peuple l'imaginaire des pyrénéens depuis des millénaires.
Le paysan pyrénéen se préoccupe de l'ours depuis bien longtemps mais on n'a pas tenté de l'écouter.

Avec ce film nous souhaitons porter la parole des pyrénéens, exprimer leur
désenchantement.

Il ne s'agit pas d'un plaidoyer "anti-ours", mais la parole de ceux qui vivent au quotidien dans nos montagnes a droit de cité face à l'impressionnant déploiement de moyens médiatiques qui ont été mis à disposition des porte-paroles de la campagne de ré-introduction de l'ours.

On ne peut se satisfaire de la fragmentation du monde qui est sous-jacente à la campagne ours.

D'un côté des espaces urbanisés, bétonnés et viciés, entourés d'espaces agricoles où la terre n'est plus qu'un substrat inondé d'engrais et de pesticides et où le paysan est devenu exploitant, et de-ci de-là, quelques "réserves naturelles" où le paysan ne serait plus qu'un gardien du paysage.

Vivre et travailler au pays, c'est ce vieux slogan issu de 68 que nous rappellent les bergers, eux qui sont raillés par les néo-soixante-huitards.
C'est un slogan que l'on partage aux Films de la castagne.

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Le Conseil Régional Midi-Pyrénées aide la production cinématographique

 

Parmi les projets aidés dans le cadre du Fonds régional d'aide à la création audiovisuelle (FRACA), La Peau de l'Ours a été accepté à la cession de mai 2009 parmi d'autres films en tant que documentaire TV :

  • Le lieu commun d'Eva Tourrent. Les Films de la Castagne PC. 52'
  • Femmes en campagne de Daniel Vigne & Michel Debats. La Gaptière Productions. 52'
  • Ferrucio Castronovo, portrait d'un cinéaste italien de Thierry Gentet. Mira Productions. 52'
  • La peau de l'ours de Pascale Fossat. Les Films de la Castagne VB. 52'
  • Début et fin d'une République, manuel Azaña, Président de Neus Viala. Les Films de la Castagne CT. 52'
  • Au bord du lac Kivu, les Justes du Rwanda de Marie -Violaine Roux & François-Jérôme Brincard. Les Films du Sud. 52'
  • La belle entreprise. Voyage en Italie du Gers de Jean-Pierre Vedel. Mecanos productions. 52

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