Le coût des grands prédateurs


C'est un sujet qui devient récurent chez les parlementaires : combien coûtent les grands prédateurs ?

Gérard Bailly (Sénateur du Jura - UMP), président du groupe d'études sur l'élevage au Sénat, a posé une question orale le 9 octobre 2007 à Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports dont on sait qu'il dépend du Ministère de l'écologie. Une question assez précise consécutive à la mission sénatoriale sur la filière ovine qu'il a mené avec François Fortassin, sénateur et Président du Conseil Général des Hautes-Pyrénées.

Réponse classique, banale, presque sans intérêt, se cachant derrière des textes tel que la Convention de Berne sans jamais rien préciser. ?'y a-t-il pas aussi l'Agenda 21 par ailleurs mis en avant par le mouvement sportif ?

Tout celà est fait pour noyer le poisson comme c'est le cas depuis 25 ans encore que…. Michel Barnier, Ministre de l'Agriculture dit : "Une chose est certaine, c'est que l'on ne réintroduit pas l'ours contre l'avis des acteurs locaux. On l'a oublié dans cette affaire sensible . Il faut recréer la confiance et surtout les partenariats. " Il recommande également aux éleveurs de " faire la balance " entre ce qu'amènent et font perdre les grands prédateurs à la biodiversité des territoires. En fait, les vrais problèmes de fond ne sont ni l'ours, ni le loup, ni l'élevage mais tout simplement la biodiversité et le développement durable au sens large du terme en ne se limitant pas qu'à quelques aspects emblématiques.

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Question et réponse au Sénat sur le coût des grands prédateurs


M. Gérard Bailly : Pourrions-nous faire le point sur le coût du maintien des prédateurs tels que le loup, l'ours ou le lynx dans nos montagnes ? Tout récemment, 400 moutons, en Savoie, se sont jetés dans un ravin, effrayés par les loups. Et la première attaque vient d'avoir lieu dans mon département, le Jura, provoquant la mort de 23 agneaux. De tels événements suscitent le découragement, l'incompréhension et le désarroi des éleveurs ovins. M. Fortassin et moi-même sommes chargés par la commission des affaires économiques d'un rapport sur l'élevage ovin. Et je me rends compte, dans toutes les régions de France concernées par la production ovine, des problèmes immenses causés par les prédateurs !
….
Pourriez-vous, monsieur le Ministre, m'indiquer la situation exacte par espèce et par nature des dépenses et le nombre d'agents affectés, dans les différentes administrations, à ce dossier ? Peut-être faut-il choisir entre prédateur et éleveurs. Ces derniers sont découragés : j'en ai vu pleurer !

M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports : Les grands carnivores que vous évoquez sont protégés par la Convention de Berne et par les directives communautaires et nationales. Ils participent de la biodiversité à la préservation de laquelle un groupe de travail a été consacré dans le cadre du " Grenelle de l'environnement ".

La protection ou la restauration de ces espèces répond aux obligations internationales de la France et à ses engagements en faveur de la biodiversité.

Mais la présence des grands prédateurs a un impact sur les activités humaines et le Gouvernement a pris des mesures d'accompagnement qui s'imposaient. Le suivi efficace des populations, par exemple - une très forte demande des élus locaux - favorise la gestion des effectifs, par espèce. Un soutien est apporté aux élevages confrontés à la prédation. En outre, l'animation pastorale et le soutien au gardiennage des troupeaux participent pleinement à la création d'emplois locaux. L'indemnisation des prédations permet de compenser les dégâts subis. Les mesures d'information et de communication complètent ces actions.

L'ensemble a coûté environ 6.3 millions d'Euros en 2006 dont 30 % dans les Pyrénées et 70 % dans l'arc alpin. Le suivi des espèces représente environ 11 % de la dépense, l'aide au pastoralisme 70 %, l'indemnisation des dégâts 13 % et els actions d'information et de développement local 6 %.

Qui s'occupe de cette question ? Les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ainsi que des établissements publics comme l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, les parcs nationaux en leur qualité de gestionnaires d'espaces protégés. Certains parcs naturels régionaux ont pu également s'impliquer dans les démarches d'accompagnement des activités en présence de loups. Les agents sont une quarantaine sur l'aire de répartition des trois espèces, dont les trois quarts dans les Alpes. D'un point de vue comptable, ces données ne relèvent pas seulement de la stricte conservation des espèces et s'inscrivent dans une perspective plus large de développement durable et de soutien aux activités humaines compatibles avec la protection de la nature.

M. Gérard Bailly : Le vous remercie pour ces précisions. On verra dans les prochaines semaines de qu'il en sera des données budgétaires. En quelques années nous avons déjà perdu 20 000 éleveurs et un millions de brebis : il faut agir !

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Les annexes à la réponse ci-dessus


En annexe à la réponse ci-dessus à la question orale du sénateur Gérard Bailly relative au coût de la conservation des grands carnivores en France (N° 0024s de M. Gérard Bailly, sénateur), il a été produit deux tableaux que nous reproduisons ci-dessous.

Le tableau sy,thétique ci-dessous fournit les crédits consacrés à ces activités pour l'année 2006, en fonction de l'espèce concernée et de la catrégorie de dépense.

Ours
Loup
Lynx
Total
Suivi de l'espèce
450 000
260 000
5 000
715 000
Soutien au pastoralisme
963 000
3 400 000 -->
<--
4 363 000
Indemnisation des dégâts
112 000
690 000
31 000
833 000
Action d'information et activités partenariales
350 000
40 000 ->
<--
390 000
Total
1 875 000
4 426 000 -->
<--
6 301000

Le tableau ci-dessous fait état des effectifs mobilisés (ETP / Equivalent Temps Plein) pour la conduite de ces actions par espèces.

Administrations de l'Etat (Ministères de l'écologie et de l'agriculture)
Etablissements publics (ONCFS / Parcs Nationaux)
Ours 5 10
Loup / lynx 15
dont 8 techniciens pastoraux
10

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L'Agenda 21 (extraits)


Parmi les obligations internationales dont se gargarisent autant les talibans de l'écologie que certains politiciens et ministres, c'est d'abord Agenda 21 dont je rappelle les extraits de deux articles:

  • Chapitre 10 – Alinéa 10-7 d)
    Renforcer les systèmes de gestion des terres et des ressources naturelles en tenant compte des méthodes traditionnelles et indigènes appropriées; par exemple, le pastoralisme /…/
  • Chapitre 14 – Alinéa 14.65 :
    /…/ il s'avère indispensable de préserver la diversité actuelle des races animales pour faire face aux besoins futurs, y compris pour les applications biotechniques. Certaines races locales d'animaux présentent, outre leur valeur socioculturelle, des caractéristiques uniques quant à l'adaptation, la résistance aux maladies et les utilisations spécifiques, et mériteraient d'être préservées. Ces races locales sont menacées d'extinction par suite de l'introduction de races exotiques et des modifications apportées aux méthodes d'élevage de bétail.

Il est assez surprenant que les réponses ministérielles fassent systématiquement abstraction des autres textes nationaux et internationaux... peut-être parce qu'il existent de très nombreuses contradictions entre la Convention de Berne et tout ce qui est écrit sur la biodiversité et le développement durable à TOUS les niveaux de décision (FAO, UE, Etat français) et les diverses analyses scientifiques. Il est assez effarant de voir qu'aucun parlementaire, c'est-à-dire aucun législateur, ne fasse référence à ces contradictions entre la Convention de Berne et ces analyses et directives. Tous les bavardages sombrent dans le réductionnisme qui rend même impossible la mise en oeuvre de ces analyses et directives et entretiennent des conflits permanents dans le monde entier notamment en Europe et en France.

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