Groupe National "ours" dans les Pyrénées

Le 26 juillet 2007 à Toulouse, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie avait pris plusieurs engagements qui ont été plus ou moins tenus ou qui ont faits l'objet d'actions dans des conditions assez surprenantes.

Des inspecteurs généraux de l'environnement et de l'agriculture ont parcouru les Pyrénées dans le but d'établir un bilan à mi-parcours. D'autres ont organisé des voyages à l'étranger pour se faire une idée de ce qui se faisait hors de nos frontières.

Le bilan de toutes ces actions devait être présenté fin mars. Ce sera, en définitive, le 26 juin prochain (2008) que NKM viendra une fois de plus à Toulouse pour présenter les résultats de ces travaux tout en " installant " un " Groupe National ours " sur le modèle du " Groupe National Loup " qui existe dans les Alpes.


Dossier Ours dans les Pyrénées
La Convention de Berne et les recommandations de l'Union Européenne

FERUS, une association de lobbying ou de défense de l'ours ?

Bilan à mi-parcours de l'ADDIP

Synthèse


Présentation des rapports des quatre expertises commandées par la Secrétaire d’État à l'Ecologie en collaboration avec le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche
UICN, liste rouge et ours bruns
Les écologistes - environnementalistes et l'argent public et... privé

Ecologie, un vrai problème manipulé de façon inquiétante

Groupe National Ours
18 décembre 2008

Groupe National Ours
24 juin 2009

L’ours, le loup et tous grands prédateurs carnivores sont indissociables de la biodiversité

L’élaboration de la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité est de la compétence du Comité de Massif des Pyrénées mis en place dans le cadre de la loi montagne, et non d’une structure informelle largement dominée par des fonctionnaires et des associations écologistes pro-ours qui se moquent de l’existence d’activités humaines.

C’est donc dans ce cadre que sera discuté de l’opportunité ou non de la présence d’ours en provenance d’autres pays européens.

 


Installation du Groupe National Ours du 6 juin 2008

 


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées

 

 

Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009
Evaluation à mi-parcours

Mission d'inspection générale de l'Environnement

L'ANEM a été entendue le 17-10-2007

Voyage d'étude de la délégation française dans les Asturies, Espagne
du 26 au 29 novembre 2007

Voyage d'étude de la délégation française dans le Trentin, Italie
du 10 au 13 décembre 2007

Mission d'inspection du Ministère de l'agriculture

Voyage d'étude de la délégation française en Slovénie
en février 2008

Les Pyrénéens n'y participeront pas

Voyage d'étude de la délégation française au USA dans le Montana.
Les Pyrénéens n'y participeront pas

Chat "Le Monde" avec NKM


Le 18 avril 2008, NKM participait à un chat organisé par le journal Le Monde. Nous en reproduisons un extrait concernant la question de l'ours

phil : Quelles decisions allez-vous prendre en ce qui concerne la reintroduction de nouveaux ours cette année dans nos montagnes ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Je vais mettre en place d'ici un mois un groupe national "ours" avec tous les partenaires autour de la table. Cela a déjà été fait pour le loup et cela fonctionne très bien.
Pour le loup, nous évoluons progressivement vers une gestion véritablement partagée des différents programmes et des adaptations qui sont nécessaires. Je vise le même objectif pour l'ours.
Pour accompagner cette mise en place, j'ai organisé depuis plus de six mois des visites dans les pays du monde qui avaient des ours et qui avaient réussi à avoir une gestion pacifiée du problème. Visites ouvertes à tous les groupes intéressés, qu'ils soient a priori plutôt pro ou anti-ours. Il y avait des associations, des éleveurs, des élus.
J'espère poursuivre dans le groupe "ours" dans une ambiance plus sereine que l'été dernier. C'est à l'intérieur de ce groupe, au mois de septembre, que seront proposées et débattues nos positions sur la suite du programme ours. Pour des raisons de calendrier, toute nouvelle réintroduction doit être décidée avant Noël.

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Férus : 1er groupe national ours le 26 juin


Le 26 juin prochain aura lieu à Toulouse le 1er groupe national ours. Ferus a été invité à y participer. Nous publions ici le courrier de Ferus adressé à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, et la "convocation" du Préfet de Haute-Garonne. Celle-ci contient la liste des participants invités. D’aucun pourra se rendre compte que les associations en faveur de l’ours ne sont pas sureprésentées. L’ADDIP, Association pour le Développement Durable de l’Identité des Pyrénées (mais sans les ours ! ndlr) se plaint d’ailleurs de n’avoir que 3 représentants. On se demande d’ailleurs pourquoi l’ADDIP est la seule structure non administrative à avoir plus d’un représentant....
Les "grands amis" de l’ours Bonrepeaux et Lassalle sont également conviés.


Courrier adressé à la ministre, 17 juin 2008 :

Madame la Ministre,

Nous vous remercions d’avoir si chaleureusement accueilli les représentants des quatre associations favorables à l’ours le 22 mai dernier. Nous espérons que vous avez pu parcourir le document que nous avons remis à votre cabinet, et que vos conseillers en auront pris pleinement connaissance.

Vous allez dévoiler prochainement à Toulouse les observations et les suggestions de vos inspecteurs généraux, puis installer un Groupe National Ours auquel vous avez bien voulu inviter Ferus et ses partenaires.

Nous souhaitons que ce groupe national devienne rapidement un lieu d’échange d’arguments construits, et que les postures théâtrales soient laissées à sa porte.

Ferus a relevé avec satisfaction dans la convocation qu’il sagirait de débattre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun. Nous avions fortement souligné lors de notre passage à Paris que si les modalités de cette restauration nous paraissaient devoir être inlassablement expliquées, au besoin améliorées, dans le respect d’une démocratie écologique participative, le principe même de cette restauration ne devait pas être remis en question.

Comme le dit la lettre du préfet de région, le programme concourt à la mise en oeuvre d’une politique de garantie de la pérennité de la biodiversité en France. Il s’agit d’engagements pris devant le peuple tout entier, devant les générations futures et les autres nations, qui dépassent la simple addition des avantages et des inconvénients locaux.

Le groupe national aura d’ailleurs du mal à faire apparaître toutes les nuances des opinions des Pyrénéens : nous l’avons constaté dans le groupe loup, les élus ont tendance à se faire les avocats des mécontents, et les éleveurs comme leurs groupements divers ont éliminé depuis longtemps de leurs délégations ceux qui dans la profession étaient neutres vis à vis des prédateurs. Comme les fonctionnaires ne s’expriment pas ou peu hormis le président de séance (c’est attesté par le groupe loup), les cinq ou six représentants des associations favorables à l’ours auront fort à faire si les sept élus, les onze éleveurs et les trois chasseurs (pour ne rien dire des forestiers) sont d’abord soucieux de préserver aux dépens de l’ours les manières de faire qui ont conduit à sa quasi disparition.

C’est que malgré les renforts limités d’ours venus de Slovénie l’espèce reste en voie d’extinction dans les Pyrénées : vous débattrez à Toulouse alors que l’avant dernier ou le dernier mâle "pyrénéen" (selon qu’il s’agit de Camille ou d’Aspe Ouest) sera en train d’achever sa vie, rongé par une sorte de gale.

Nous n’imaginons pas que les travaux du groupe national puis les consultations que vous entreprendrez avant de révéler la décision des pouvoirs publics quant au devenir du plan de restauration puissent aboutir à l’inaction.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre parfaite considération.

Source : Férus du 19 juin 2008

Observations à la lettre de FERUS


Il y a tout dans cette phrase, c'est à dire ... rien, sinon ce qui contredit leur propos :
"C'est que malgré les renforts limités d'ours venus de Slovénie l'espèce reste en voie d'extinction dans les Pyrénées : vous débattrez à Toulouse alors que l'avant dernier ou le dernier mâle "pyrénéen" (selon qu'il s'agit de Camille ou d'Aspe Ouest) sera en train d'achever sa vie, rongé par une sorte de gale. "

1) - ils reconnaissent qu'il n'y a plus de population pyrénéenne : il serait en effet insoutenable de soutenir que un ou deux derniers mâles constituent une population! (cf dans le bilan, analyse de Etchelecou p 9, et du FAPAS p 22)

2) - écrire l'espèce reste en voie d'extinction dans les Pyrénées n'a aucune valeur en quoi que ce soit, n'oblige à rien que ce soit, cf dans le bilan "l'ours, espèce à géographie variable", et le mélange de genres, les confusions, les glissements entre espèce et population, entre "aire de répartition naturelle" non définie, "aire du paléarctique occidental", frontières politico-historiques etc.. En effet:

3) - l'avant dernier ou le dernier mâle "pyrénéen" (selon qu'il s'agit de Camille ou d'Aspe Ouest) sera en train d'achever sa vie est à mettre en parallèle avec l'article 1-g-i de la directive habitats (bilan p 10) définissant les espèces d'intérêt communautaire: " en danger, excepté celles dont l'aire de répartition naturelle s'étend de manière marginale sur ce territoire et qui ne sont ni en danger ni vulnérables dans l'aire du paléarctique occidental ". Ce n'est même plus "de manière marginale" que l'ours brun s'étend en France, l'espèce est en train d'achever sa vie et elle n'est pas menacée dans l'aire en question, c'est ce que reconnaît d'ailleurs la CE dans son tableau de 2007 (page 9 du bilan): même si elle écrit le très vague "Europe" dans la colonne 4, alors qu'il faudrait "l'aire du paléarctique occidental", l'ours y est bien classé LC: " Un taxon est LC quand il a été évalué d'après les critères, et ne remplit pas les critères des catégories En Danger Critique (CE), En Danger (E), Vulnérable (V), ou Quasi Menacé (NT). Dans cette catégorie sont inclus les taxons largement répandus et abondants ".
Or, même si cet article 1-g-i emploie le très vague "aire de répartition naturelle" sans définir cette aire de façon directe (cf dans le bilan l'analyse du flou dès que le mot "nature" est employé), il en donne ensuite une définition indirecte en parlant justement de "aire du paléarctique occidental", ce qui est bien cette fois une définition scientifique, bio-géographique, et pas l'imprécis "Europe".
L'article 1-g-i en réalité EXCLUT l'espèce ours brun (je rappelle que tous les textes raisonnent toujours à partir de la notion de "espèce") de la catégorie "en danger!!!!
ET les deux articles de la Convention de Berne cités page 12 du bilan, ne concernent pas davantage ursus arctos.

D'accord, c'est un peu compliqué, mais les textes le sont au départ.

Auteur : Bruno Besche-Commenge, le 24 juin 2008

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"Le groupe national OURS" : une erreur de plus pour un vrai fiasco. Le président du conseil général de l’Ariège écrit au préfet de Midi-Pyrénées


Lettre adressée par Monsieur Bonrepaux à Monsieur Dominique BUR , Préfet de Région Midi Pyrénées

Je vous remercie de votre invitation à la réunion du Groupe National « Ours » dans les Pyrénées, mais j’ai le regret de vous informer que je n’y participerai pas.

En effet, depuis dix ans, plusieurs groupes de réflexion ont été réunis pour effectuer de prétendus bilans. Mais chaque fois c’est le point de vue de l’Administration et de ses supplétifs, financés à travers quelques associations fictives, qui a été retenu au mépris des acteurs locaux porteurs et gestionnaires du patrimoine pyrénéen qui restent bien minoritaires dans le groupe que vous proposez. Pendant dix ans, j’ai eu l’occasion de condamner à de multiples reprises ces introductions improvisées et imposées à nos territoires. Depuis, mes rencontres avec les éleveurs dans la vallée, avec les bergers dans les refuges de montagne, les multiples prédations provoquées même à proximité des habitations ne font que conforter cette opposition car la situation ne fait qu’empirer. Pour l’éleveur, c’est plus de travail et de dépenses, chaque jour plus de surveillance, davantage de chiens Patou, de bergers supplémentaires, sans résultat car il est illusoire de penser et mensonger de faire croire que dans nos montagnes escarpées, avec un élevage extensif traditionnel, il est possible de regrouper les troupeaux chaque soir sans dommage et d’éviter ainsi les prédateurs.

Pour les éleveurs et les bergers, c’est donc « plus de travail pour gagner moins » car les prétendues indemnisations sont bien loin de compenser tous les dégâts et tout le travail supplémentaire. Mais rien ne peut compenser et indemniser le tracas quotidien, les réveils en pleine nuit, le désarroi et le désespoir de ceux qui soignent, élèvent, sélectionnent avec soin leurs animaux et voient tout ce travail anéanti par des décisions absurdes.

L’aggravation de la situation au fil des ans permet d’imaginer l’avenir que certains envisagent pour nos montagnes. L’acharnement des associations de l’environnement à faire condamner, malgré le non-lieu du Procureur, un chasseur accusé d’avoir réussi à défendre sa vie, en dit long. Demain, ce seront tous les chasseurs qui devront céder le terrain devant la présence des prédateurs mais aussi les promeneurs pour la randonnée ou la cueillette.

Au cours de deux voyages en Slovénie et dans les Asturies, j’ai pu en effet constater que les plus grandes précautions étaient prises pour éviter la fréquentation des zones à ours dans des régions où l’élevage et le tourisme restent anecdotiques. J’ai pu ainsi constater que l’espèce ursine n’était pas aussi menacée qu’on le prétend puisqu’on en élimine chaque année plus d’une centaine de spécimens en Slovénie.

Vous m’invitez « intuitu personae » et je constate que les représentants de la population, des communes et des départements ne sont pas invités. Il est vrai qu’ils se sont à plusieurs reprises exprimés pour manifester leur opposition à ces introductions. Pourtant, ils sont mis à contribution régulièrement par l’Etat pour assurer la diffusion des précautions qu’il préconise pour éviter les accidents. Enfin, au moment où on demande aux collectivités locales de faire des sacrifices pour contribuer au désendettement de l’Etat, je ne peux que dénoncer une fois de plus les énormes gaspillages en dépenses inutiles, l’inflation des auxiliaires d’équipes de suivi, les subventions largement dispensées sans contrôle.

Mais ce qui m’inquiète le plus c’est l’avenir que l’on prépare pour nos montagnes, sans tenir le moindre compte de ses instances représentatives. Dans le même temps, où toutes ces dépenses inutiles sont consacrées à démanteler nos activités traditionnelles et à bouleverser l’équilibre harmonieux de nos montagnes, des réglementations de plus en plus drastiques et des réductions de crédits sont autant de freins pour nos développements.

Ainsi les crédits du FNADT deviennent anecdotiques, ceux du FEDER sont orientés vers la compétitivité des agglomérations, quant aux crédits du Massif sur lesquels nous pouvions fonder quelques espoirs, il leur est interdit, sous des prétextes fallacieux, de financer la neige de culture pour mieux faire fonctionner nos stations.

Toutes ces orientations paraissent tendre à une lente asphyxie des activités et de la vie de nos montagnes avec le secret espoir de pouvoir les livrer aux prédateurs dont la tentative de réintroduction est un cuisant échec.

Pour toutes ces raisons, vous comprendrez que je resterai auprès de ceux qui, par leur travail, sont les véritables gestionnaires de ces territoires qu’ils ont su protéger et entretenir jusqu’à présent et qu’ils défendent avec un acharnement à la hauteur de l’attachement qu’ils leur portent.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de ma considération distinguée.

Communiqué reçu le 24 juin 2008

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Kosciusko-Morizet veut régler le problème Ours à huis clos


Nouvel épisode dans l’affaire de la réimplantation de l’ours en Midi Pyrénées. Nathalie Kosciusko-Morizet, nouvelle secrétaire d’Etat à l’Ecologie et proche de Nicolas Sarkozy, viendra à Toulouse, jeudi 26 juin 2008 pour mettre en place le Groupe Pyrénéen Ours.

Une instance censée porter “le dialogue”, et placée sous l’autorité du préfet coordinateur du massif pyrénéen.

L’instance se réunira, à huis clos, avec l’ensemble des acteurs concernés – services de l’Etat, élus, professionnels de l’agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs, associations de protection de la nature.

Cette rencontre devrait également être l’occasion pour les participants d’assister à la présentation des rapports finaux relatifs aux 4 missions lancées par secrétaire d’Etat, au mois de juillet dernier, à Toulouse, lors de la précédent réunion “sur le plan ours”, soit :

1. L’évaluation à mi-parcours du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises et l’évaluation ab initio du Plan de soutien à l’économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne par Alain Escaffre du Conseil général de l’Agriculture de l’Alimentation et des Espaces ruraux.

2. Une analyse destinée à améliorer la définition des territoires de présence des ours et au renforcement du suivi de la population d’ours, par Denis Laurens et Georges Ribière, de l’Inspection générale de l’Environnement.

3. Une consultation d’experts internationaux concernant le protocole « ours à problème » utilisé en France, par Pierre-Yves Quenette, chef de l’équipe technique ours de l’ONCFS.

4. Des propositions de renforcement de l’aide au pastoralisme par Dominique Pélissié, directeur régional de l’Agriculture et de la Forêt.

Source : Toulouse 7 du 24 juin 2008

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L'ours ressurgit, la polémique aussi


Tandis qu'Hvala flirte dans le Val d'Aran, en Espagne, Balou continue de découvrir les Pyrénées. Leurs destinées seront en tout cas au coeur des discussions du nouveau « groupe pyrénéen ours » installé demain à Toulouse par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Composé d'élus, de professionnels du monde agricole ou encore d'associations, cette entité doit relancer la concertation sur la présence du plantigrade au sein du massif. La représentante du gouvernement doit aussi faire des propositions sur le renforcement de l'aide au pastoralisme et dresser une évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées, lancé en 2006. Ce ne sera certainement pas le même que celui présenté parallèlement par l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip). « Au-delà de la véritable offense à la représentativité pyrénéenne que constitue la composition de ce groupe, l'Addip a pris la décision, pour des raisons de fond, de ne pas participer à cette manipulation », a indiqué hier son président Philippe Lacube, leader des opposants à la réintroduction des ours dans les Pyrénées.

Auteur : Béatrice Colin - ©2008
Source : 20 minutes du 25 juin 2008

Réaction sur le site de 20 minutes


Lorsque nous voyons la composition de ce groupe en particulier la quasi absence d'élus locaux et d'élus socioprofessionnels, il est difficile de prendre le ministère au sérieux lorsqu'il parle de dialogue.

Dans le milieu environnementalistes le " dialogue " c'est être d'accord avec eux (ministère inclus) et palabrer sur cet accord pour se gargariser de slogans idéologiques.

Quelles compétences et quelle légitimité peut avoir le Ministère de l'Ecologie pour prétendre parler de " renforcement de l'aide au pastoralisme " ? Le seul intérêt de ce ministère est d'imposer des prédateurs au milieu des troupeaux. L'évidence de l'incompatibilité saute aux yeux du plus naïf.

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Ours : le front pyrénéen du refus s'explique jeudi à Toulouse


A l'heure où Nathalie Kosciusko-Morizet lance le Groupe national ours à la préfecture de région.

Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, organise le lancement du "Groupe national ours", demain matin, à la préfecture de région à Toulouse. L'occasion pour elle de constater sous ses fenêtres toulousaines, " le front pyrénéen du refus " à la réintroduction du plantigrade. Fédéré autour de l'Association pour le développement Durable de l'Identité des Pyrénées (ADDIP) ce front commun donne à la même heure, place Saint-Étienne à Toulouse, rendez-vous à la presse régionale et nationale. Élus territoriaux, professionnels et consulaires, représentants des syndicats agricoles, associations de la chaîne, tous concernés par la réintroduction de l'ours et " évités " à la réunion ministérielle, convergeront vers la préfecture de région dont ils ne passeront pas les grilles.

Président du conseil général de l'Ariège, Augustin Bonrepaux sera des leurs. Bien qu'il soit l'un des trois élus, avec Bernard Auban, sénateur de la Haute-Garonne, et Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, à avoir été convoqués " intuitu personae " à la réunion.

" Pas question de manifestation, seulement une conférence de presse pour expliquer les raisons de notre refus, sur le fond comme sur la forme, et présenter le bilan d'évaluation du plan-ours 2006-2009 que l'ADDIP a rédigé ce printemps " déclare Philippe Lacube, président de la coordination pyrénéenne.

Un réquisitoire sévère
Ce dossier de 40 pages, intitulé " Écologie, un vrai problème manipulé de façon inquiétante et ses conséquences pour l'avenir du massif " sera largement distribué et commenté. Un dossier qui révèle une masse d'informations, de documents, décrets et méthodes restés jusque-là dans le secret des cabinets européens qui œuvrent à la réintroduction des grands prédateurs (loup, ours…).

On y détaille entre autres la "manipulation des institutions de l'UE par des systèmes d'influences".

" Cette intrication des réseaux prend toute sa dimension dans le programme européen Life-Coex qui a pour objectif de favoriser la coexistence entre les grands carnivores et la présence humaine et qui finance l'ADET et le WWF dans le cadre du programme ours France " peut-on lire à ce chapitre. On y évoque le " marché " de l'ours tout comme les directives de la nouvelle PAC. Ainsi celle qui note que : " Les réserves naturelles de faune sauvage limitées ne sont pas suffisantes pour les grands carnivores. Le contrôle de la totalité du paysage est indispensable à la conservation des espèces à territoire étendu ". Ce qui en ariégeois se traduit par " ensauvagement des Pyrénées au détriment des races domestiques, uniques sur la chaîne".

Pendant ce temps Balou qui est revenu en Ariège va de brebis en ruches. On l'a vu, lundi matin, sur le Tarbésou, du côté d'Ascou-Pailhères.

Auteur : Bernadette Faget
Source : La Dépêche du Midi du 25 Juin 2008

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Invitation presse


Hormis le fait que la presse a été informée très tardivement de cette réunion de Toulouse, il apparaît deux points surprenants :

1/ il n'est plus question de "Groupe National Ours" mais de "Groupe Pyrénéen Ours". Ceci ne change rien au fond qui reste le même.
2/ l'ordre du jour présenté à la presse n'est pas le même que celui présenté aux membres du Groupe.

Pourquoi de telles différences ? Manipulation ? Absence de sérieux ?

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Communiqués de presse du Ministère de l'Ecologie


Après l'installation "Groupe Pyrénéen Ours" ou "groupe national" (c'est selon ce qu'on veut mais cela manque de clareté), le Ministère de l'Ecologie a publié deux communiqués et diffusé les rapports sur son site.

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Le groupe Ours sort d’hibernation


Nathalie Kosciusko-Morizet convoque les acteurs concernés à Toulouse...

Ce matin, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, est à Toulouse pour mettre en place le groupe pyrénéen Ours. Cette instance de dialogue, placée sous l’autorité du préfet coordinateur du massif pyrénéen, réunira l’ensemble des ac­teurs concernés — services de l’Etat, élus, professionnels de l’agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs et associations de protection de la nature ­—, en vue d’envisager plus sereinement l’avenir de l’ours. Cependant, depuis la réintroduction du plantigrade, les tensions entre anti- et pro-ours n’ont cessé de croître. La partie n’est donc pas gagnée. Ainsi, ce matin, dans le camp des “anti”, Philippe Lacube, président de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip), n’assistera pas à la rencontre.

“Au-delà de la véritable offense à la représentativité pyréné­enne que constitue la composition de ce groupe, l’Addip a pris la décision, pour des raisons de fond, de ne pas participer à cette manipulation, a-t-il expliqué. Aujourd’hui, un front pyrénéen de refus de l’ours se fédère autour de l’Addip, englobant élus, profession agricoles et nos associations.”

Des tensions
L’Addip regroupe les associations départementales opposées à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées. Elle ne participera pas à la réunion prévue autour de la secrétaire d’Etat.
Le groupe sera cependant présent à Toulouse, place Saint-Etienne, devant la préfecture, pour “présenter le bilan d’évaluation du plan ours rédigé par l’Addip, précise son président. A n’en pas douter, un fort dispositif de sécurité sera déployé devant la préfecture.

Auteur : Frédéric Khalkhal
Source : Métro du 26-06-2008 16:07

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Kosciusko-Morizet installe le Groupe pyrénéen ours, boycott des opposants


Une instance de dialogue entre pro et anti-ours, le Groupe pyrénéen ours, a été installée jeudi à Toulouse par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, alors que des opposants manifestaient contre la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées.

"Aujourd'hui, j'installe le lieu du dialogue et de la concertation", s'est félicitée la secrétaire d'Etat. Elle a souhaité "dépasser la crispation, la cristallisation et le blocage" régnant depuis un an sur ce dossier.

Les 49 membres du Groupe (élus, chasseurs, éleveurs, agriculteurs, bergers, professions du tourisme...) étaient réunis dans les bâtiments de la préfecture.

A quelques dizaines de mètres, les opposants, au nombre d'une cinquantaine, ont manifesté et déployé une banderole "ni ours, ni indemnisations: les Pyrénées vivantes et tranquilles".

Les anti-ours ont agité des clochettes et sifflé les participants lors de leur entrée dans la préfecture, a constaté un journaliste de l'AFP.

Devant la presse, Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des quatre rapports demandés aux experts du Groupe préconisait "une éventuelle réintroduction de femelles dans le Béarn", où ne se trouvent que des mâles.

"C'est une des propositions soumises à la discussion et au débat", a prudemment expliqué Mme Kosciusko-Morizet, qui pense qu'une décision pourrait intervenir "à la fin de l'automne".

En 2006, cinq ours slovènes avaient été réintroduits (dont deux femelles, Palouma et Franska, tuées accidentellement depuis) dans les Pyrénées, provoquant la colère et des manifestations de nombreux élus locaux et éleveurs.

La population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 8 et 20 individus, répartis sur l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Aude et le versant espagnol.

Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des rapports du Groupe préconisait la redéfinition de trois zones pour les ours: "les zones de présence préférentielles, où l'on doit essayer de les fidéliser", éventuellement par le nourrissage, "les zones de tolérance, de passage, situées alentour" et "près des villages et des villes, les zones où il faut effaroucher l'ours s'il s'y aventure".

Elle s'est prononcée contre le principe de réserves, "qui appellent l'idée de zoo, de parc, de grillage". "Les parcs à ours, ça n'existe pas, ça ne fonctionne pas", a-t-elle dit.

"Nous nous opposerons à toutes les introductions qui pourraient être décidées", a affirmé Augustin Bonrepaux, président PS du conseil général de l'Ariège, venu manifester avec les anti-ours.

Philippe Lacube, président de l'Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne (Addip), a dénoncé la composition du Groupe, "qui ne comporte qu'un agriculteur et n'a aucune représentativité".

"Tout reste très vague, très flou. Je n'attends rien de ce ministère de l'Environnement", a-t-il affirmé, tandis que le député MoDem des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle a dénoncé "l'attitude jacobine" de Paris et "les diktats imposés" face "au danger" de l'ours.

"Tous les gens qui manifestent aujourd'hui étaient invités", a regretté la secrétaire d'Etat. "Ma porte reste ouverte. Je vois les inquiétudes de certains face à ce qu'ils croient être un +plan tout fait+. Mais il n'y a pas de piège, c'est une démarche ouverte", a-t-elle souligné.

Le Groupe pyrénéen ours doit se réunir à nouveau en septembre.

Source : AFP/Google du 26 juin 2008

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La secrétaire d'État à l'Écologie dit : "Ma porte reste ouverte. Je vois les inquiétudes de certains face à ce qu'ils croient être un +plan tout fait+. Mais il n'y a pas de piège, c'est une démarche ouverte".


Selon l'ADDIP, le piège serait de participer à une structure peu ou pas démocratique mais aussi de laisser croire à l'existence d'une concertation alors qu'ils refusent toute introduction et toute présence d'ours dans les Pyrénées.

En effet, le milieu écologique et le Ministère de l'Ecologie ont déjà trompé les associations de l'ADDIP lorsqu'elles ont participé aux voyages d'Italie et d'Espagne. Les associations et le ministère ont prétendu que le dialogue était noué et que les éleveurs français avait vu que la cohabitation fonctionnait. Or, c'est précisément le contraire qui s'est produit. Il y a donc là, manifestement, une tromperie qui n'est pas acceptable. En conséquence, le dialogue est rompu notamment avec les associations écologistes.


Il y avait donc bien un piège que les pyrénéens ont déjoué en allant pas participer au groupe ours comme ils le mentionnent dans leur communiqué du 25 juin 2008


Louis Dollo, le 1er juillet 2008

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Biodiversité : Premier bilan du Plan de restauration de l’ours brun


La secrétaire d’État à l’Écologie a installé ce 26 juin le Groupe pyrénéen Ours, nouvelle instance de concertation réunissant notamment État, élus, agriculteurs, chasseurs et associations.

Pour sa première réunion, le Groupe s’est vu présenté quatre expertises dont le bilan à mi-parcours du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun 2006-2009 couplé à une première évaluation du Plan de soutien à l’économie agro-sylvo-pastorale 2006-2013. Le Groupe pourra ainsi s’appuyer sur ses travaux pour mener à bien sa mission de concertation autour de la mise en œuvre du plan de restauration.

Le rapport officiel insiste, comme le bilan associatif rendu public quelques jours plus tôt, sur la nécessité d’améliorer les conditions d’éventuels futurs autres lâchers, que ce soit en terme d’information du public (notamment pour éviter toute surmédiatisation) et d’appui des populations locales. Le rapport préconise en outre de nommer un délégué interministériel Ours, d’adapter la réglementation de la chasse, de réviser le protocole « ours à problème » ou encore de fiabiliser le dispositif d’indemnisation des dégâts causé par les grands mammifères.

Le bilan associatif regrette lui que le plan officiel fasse « quasiment l’impasse » sur le renforcement des connaissances sur la population ursine et demande un contrôle du surpâturage. Le WWF-France demande « la poursuite du renforcement de la population d’ursidés des Pyrénées par des animaux introduits jusqu’à ce que la population soit viable sur le long terme, conformément aux engagements européens de la France. »

Auteur : Fabian Tubiana
Source : Environnement Magazine.du 26 juin 2008

Commentaires


Le WWF, idéologues du tout sauvage et non de la protection de l'environnement, prend ses rêves pour des réalités. Alors que des problèmes existent avec 20 ours, imaginons ce que serait la vie avec une population viable de 200 ours dans les Pyrénées auxquels il faut rajouter des loups qui commencent à envahir sérieusement les Pyrénées-Orientales.


Une telle idée engendrerait une réaction de survie des pyrénéens comme au début des années 1960 où la chasse à l'ours avait été interdite : l'usage systématique du poison. Une telle situation serait bien plus dévastatrice pour la biodiversité (cela c'est déjà produit) que de laisser les ours en Slovénie.


Louis Dollo; le 1er juillet 2008

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La secrétaire d'État et l'ours des Pyrénées

Pas facile d’être secrétaire d’État de l’Ecologie de Nicolas Sarkozy.

Nathalie Kosciusko-Moriset en a fait l’expérience ce jeudi matin à Toulouse. Venue installer un «Groupe national Ours», son discours était déjà balisé par une lettre du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, adressée au maire de Saint-Lary d’Ariège.

Ce qui ne l’a pas empêchée de louper complètement son coup.

Le sujet de la visite environnementale et ministérielle était de réunir les conditions pour que «se recrée un dialogue serein» au sujet de l’Ours dans le massif¨Pyrénéen.

Sauf que. Sur les 48 membres invités de cette réunion de concertation préfectorale, il n’y avait qu’un seul représentant syndicaliste agricole et trois élus pyrénéens, eux-mêmes appelés «intuitu personae», c’est-à-dire représentant leur seule personne et non pas en tant qu’élu du peuple représentant le peuple.

Les syndicalistes agricoles en question n’ont pas mâché leurs mots, commentant cette invitation. Le porte-parole de la Fédération nationale des exploitants agricoles Hervé Peloffi a singulièrement jugé qu’il s’agissait là d’une «insulte de plus faite au monde agricole». Qu’il y aurait tôt ou tard des «comptes à rendre» et que cette exclusion des débats méritait «sanction».

Les élus président du Conseil général de l’Ariège et député des Pyrénées-Atlantiques, Augustin Bonrepos et Jean Lassalles ont eux-mêmes choisi de rester avec les éleveurs contestataires sur le parvis de Saint-Etienne plutôt que d’aller rencontrer la secrétaire d’Etat. «Ne sont à l’intérieur que les administratifs et supplétifs qui vivent des subventions de l’Etat», commente Augustin Bonrepos.

Le courrier du secrétaire générale de l’Elysée Claude Guéant au maire ariégéois de Saint-Lary, daté du 1°septembre 2007, explique qu’il n’est «pas question dans l’immédiat d’envisager de nouvelles introductions d’ours dans les Pyrénées» et qu’«aucune politique ne peut être menée sans l’adhésion de la population locale».

Cela suffisait aux élus agricoles et politiques : ils n’avaient pas besoin d’aller voir Nathalie Kosciusko-Moriset. Quand on vous dit que le métier de secrétaire d’État n’est pas tous les jours facile…

Auteur : GLv
Source : Libé Toulouse du 26 juin 2008

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Nathalie Kosciusko-Morizet lance à Toulouse le "groupe national ours"


La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé jeudi à Toulouse "le groupe national ours" dans les Pyrénées, indiquant qu'il n'y avait "aucun interdit pour l'avenir" pour de nouvelles réintroductions dans le massif. De leur côté, les associations anti-ours ont refusé de siéger dans cette instance.

"J'ai voulu m'inspirer de ce qui a été fait sur le loup dans les Alpes. Le comité national loup a permis de faire évoluer les attentes et d'améliorer le dialogue", a-t-elle expliqué.

Cette "instance de dialogue", qui doit permettre d'entretenir "la concertation autour de la mise en oeuvre du Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises", réunit une cinquantaine d'acteurs: services de l'Etat, élus, professionnels de l'agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs, associations de protections de la nature.

"Ce n'est pas un lieu de vote, mais un lieu de débat où doivent s'exprimer les points de vue, des arguments, des sensibilités et éventuellement des souffrances", a précisé "NKM". Et "à la fin, c'est l'Etat qui prendra les décisions". Pour elle, a-t-elle ajouté. Pour elle, il n'y a "aucun interdit pour l'avenir" concernant de nouvelles réintroductions d'ours.

En juillet dernier, lors de sa visite à Toulouse, Mme Kosciusko-Morizet avait lancé quatre missions pour améliorer le plan ours 2006-2009. Dans leurs conclusions, les experts préconisent notamment la définition de "zones de présence" de l'ours dans les Pyrénées centrales, le Béarn et les Pyrénées orientales.

"Il ne s'agit pas de cantonnement au sens de 'parc à ours' avec des clôtures, mais de zones préférentielles forestières et boisées, sans trop d'interactions avec les zones d'estive", a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet, en évoquant une possibilité qu'on nourrisse des ours pour les fidéliser à leur territoire. Les rapporteurs ont également proposé le remplacement "sur-le-champ" par un nouveau candidat des ours "qui auront été éliminés pour des causes humaines".

Réunis dans "un front de refus pyrénéen", des éleveurs, des agriculteurs et des élus, dont le député MoDem des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle, n'ont pas souhaité siéger au groupe ours qu'ils qualifient de "mascarade" et dont ils contestent la représentativité.

"Nous ne rentrerons dans ce groupe que lorsque l'Etat aura répondu à cette question de fond : que veut-on faire des Pyrénées? Un massif ensauvagé avec la présence de grands carnivores ou un massif avec une vie sociale, humaine et économique ?", a déclaré Philippe Lacube, président de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (ADDIP). "Nous demandons (...) Si l'on réintroduit d'au l'arrêt du plan ours et des réintroductions, le cantonnement des ours présents et la dissolution du groupe ourstres ours, c'est l'élevage ovin pyrénéen que l'on tue".

Dénonçant l'attitude "jacobine" de Paris et de Bruxelles qui a transformé les Pyrénées "en réserve indienne", Jean Lassalle a soutenu, lors d'une conférence de presse, les opposants à l'ours dans "ce combat pour l'identité pyrénéenne" et contre "les diktats".

Source : Nouvel Obs du 26 juin 2008

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Kosciusko-Morizet installe le Groupe pyrénéen ours, boycott des opposants


Une instance de dialogue entre pro et anti-ours, le Groupe pyrénéen ours, a été installée jeudi à Toulouse par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, alors que des opposants manifestaient contre la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées.

"Aujourd'hui, j'installe le lieu du dialogue et de la concertation", s'est félicitée la secrétaire d'Etat. Elle a souhaité "dépasser la crispation, la cristallisation et le blocage" régnant depuis un an sur ce dossier.

Les 49 membres du Groupe (élus, chasseurs, éleveurs, agriculteurs, bergers, professions du tourisme...) étaient réunis dans les bâtiments de la préfecture.

A quelques dizaines de mètres, les opposants, au nombre d'une cinquantaine, ont manifesté et déployé une banderole "ni ours, ni indemnisations: les Pyrénées vivantes et tranquilles".

Les anti-ours ont agité des clochettes et sifflé les participants lors de leur entrée dans la préfecture, a constaté un journaliste de l'AFP.

Devant la presse, Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des quatre rapports demandés aux experts du Groupe préconisait "une éventuelle réintroduction de femelles dans le Béarn", où ne se trouvent que des mâles.

"C'est une des propositions soumises à la discussion et au débat", a prudemment expliqué Mme Kosciusko-Morizet, qui pense qu'une décision pourrait intervenir "à la fin de l'automne".

En 2006, cinq ours slovènes avaient été réintroduits (dont deux femelles, Palouma et Franska, tuées accidentellement depuis) dans les Pyrénées, provoquant la colère et des manifestations de nombreux élus locaux et éleveurs.

La population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 8 et 20 individus, répartis sur l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Aude et le versant espagnol.

Mme Kosciusko-Morizet a indiqué que l'un des rapports du Groupe préconisait la redéfinition de trois zones pour les ours: "les zones de présence préférentielles, où l'on doit essayer de les fidéliser", éventuellement par le nourrissage, "les zones de tolérance, de passage, situées alentour" et "près des villages et des villes, les zones où il faut effaroucher l'ours s'il s'y aventure".

Elle s'est prononcée contre le principe de réserves, "qui appellent l'idée de zoo, de parc, de grillage". "Les parcs à ours, ça n'existe pas, ça ne fonctionne pas", a-t-elle dit.

"Nous nous opposerons à toutes les introductions qui pourraient être décidées", a affirmé Augustin Bonrepaux, président PS du conseil général de l'Ariège, venu manifester avec les anti-ours.

Philippe Lacube, président de l'Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne (Addip), a dénoncé la composition du Groupe, "qui ne comporte qu'un agriculteur et n'a aucune représentativité".

"Tout reste très vague, très flou. Je n'attends rien de ce ministère de l'Environnement", a-t-il affirmé, tandis que le député MoDem des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle a dénoncé "l'attitude jacobine" de Paris et "les diktats imposés" face "au danger" de l'ours.

"Tous les gens qui manifestent aujourd'hui étaient invités", a regretté la secrétaire d'Etat. "Ma porte reste ouverte. Je vois les inquiétudes de certains face à ce qu'ils croient être un +plan tout fait+. Mais il n'y a pas de piège, c'est une démarche ouverte", a-t-elle souligné.

Le Groupe pyrénéen ours doit se réunir à nouveau en septembre.

Source : L'Expresse du 26 juin 2008

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Nathalie Kosciusko-Morizet installe le "groupe pyrénéen de l'ours"


Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a installé hier à Toulouse, un "Groupe pyrénéen de l'Ours". Ce groupe sera chargé de proposer au gouvernement de nouvelles mesures concernant la réintroduction de l'ours dans le massif européen.

La secrétaire d'Etat est revenue à Toulouse hier installer le « Groupe pyrénéen Ours », instance de dialogue, dans l'esprit du Grenelle de l'Environnement. Il s'agit d'une première réponse aux demandes unanimement exprimées lors de sa précédente venue, le 26 juillet 2007 et qui ont également été reprises par les deux rapports d'inspection, d'un dialogue et d'une décision au plus proche du terrain et non plus imposée depuis Paris.

Lors de cette réunion de l'an dernier, la secrétaire d'Etat avait pu constater qu'il n'existait plus dans les Pyrénées les conditions de confiance entre les acteurs du massif pour une gestion sereine de l'ours brun.

Dialogue et concertation
« Je suis très heureuse de lancer la dynamique du « groupe pyrénéen ours » et tiens à saluer tout particulièrement les participants car ils font le choix courageux du dialogue et de la concertation. J'ai la conviction que la qualité des travaux que vous allez conduire ensemble, devrait rapidement remporter l'adhésion de ceux qui ont pour l'instant opté pour l'exclusion » déclarait hier Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ce Groupe doit à l'avenir permettre d'entretenir la concertation autour de la mise en oeuvre du Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises. Il veillera, pour les domaines concernés, à se coordonner avec les travaux conduits dans le cadre du comité de pilotage du Plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne.

Première prise de contact
La composition du groupe, une quarantaine de partenaires concernés par la présence de l'ours dans le massif, permet la représentation de tous les acteurs - services de l'Etat, élus, professionnels de l'agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs, associations de protection de la nature et de l'environnement - et de tous les départements concernés.

Nathalie Kosciusko-Morizet a souhaité que la première réunion du groupe soit consacrée à une prise de contact et à une présentation des rapports des quatre expertises. Ensemble et sous l'autorité du Préfet coordinateur du massif pyrénéen, les participants doivent maintenant se saisir des rapports des missions menées cet hiver pour formuler des propositions sur l'évolution et les améliorations qu'il est possible d'apporter au plan de restauration et de conservation de l'ours brun.

Source : Enviro 2B du 27 juin 2008

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Selon l'auteur ci-dessus, Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie estime que " ce Groupe doit à l'avenir permettre d'entretenir la concertation autour de la mise en œuvre du Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées "


C'est n'avoir rien compris aux revendications des pyrénéens qui affirment clairement leur refus de l'ours et donc du groupe ours. Partant de ce constat, il ne peut pas y avoir de concertation.


Par contre, il pourrait être possible de dialoguer et se concerter sur la conservation de la biodiversité pyrénéenne et le développement durable des vallées afin de ne pas sombrer une nouvelle fois dans les errements du plan ours totalement inacceptable et inapplicable qui est actuellement imposé aux pyrénéens. Il est existe déjà des structure de concertation. Pourquoi ne pas les utiliser et pourquoi créer une nouvelle usine à gaz dont les aspects démocratiques sont déjà condamnés par les acteurs locaux ?


Louis Dollo, le 1er juillet 2008

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Selon WWF, les ours sont une chance pour les Pyrénées


Amplifier l'effort entrepris depuis 2006 pour améliorer la qualité des habitats pyrénéens nécessaires à la conservation des ours est une priorité. Cela passera par des mesures réglementant la chasse en battue dans les zones vitales, la poursuite des aides et des mesures de compensation en faveur du pastoralisme et la valorisation des produits portant l'image de cet animal séculaire de la montagne pyrénéenne. C'est aussi par un renforcement de la concertation que l'on parviendra à convaincre les opposants - souvent mal informés, voire abusés - de l'opportunité économique (création d'emplois) pour les collectivités et les acteurs socio-économiques pyrénéennes que représente la présence de l'ours aujourd'hui.Le WWF-France demande la poursuite du renforcement de la population d'ursidés des Pyrénées par des animaux introduits jusqu'à ce que la population soit viable sur le long terme, conformément aux engagements européens de la France.

Source : News Press du 27 juin 2008

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Le WWF à cette faculté de vouloir prendre des vessies pour des lanternes. Dire que " c'est aussi par un renforcement de la concertation que l'on parviendra à convaincre les opposants - souvent mal informés, voire abusés - de l'opportunité économique… " c'est prendre les pyrénéens pour des demeurés mentaux. L'opportunité économique n'est surement pas avec la présence des grands prédateurs qui viennent manger les troupeaux. Créer des emplois ? Mais qui pait ? Le consommateur ? Sûrement pas avec un coût de production déjà plus élevé que le prix d'achat de la viande importée.
Ne rêvons pas !
Il suffit d'aller dans le massif des Cantabrique pour comprendre que nous sommes très loin du développement économique espéré. Les pyrénéens ont compris qu'ils ne voulaient pas
vivre ce que vivent les asturiens.

Une fois encore le WWF fait preuve d'une totale incompétence et ignorance de la problématique de l'élevage et ferait beaucoup mieux de s'abstenir dans un dossier qu'il ne connaît et qu'il s'obstine de traiter en idéologue aux visées pour le moins douteuse et assez peu honnête à l'égard du monde paysan.
Il est assez peu probable d'imaginer un dialogue et une concertation avec eux.


Louis Dollo, le 1er juillet 2008

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Il n'y aura pas de lâchers d'ours cette année


Le Groupe pyrénéen ours a été mis en place. Il devrait plancher sur l'idée de « zones de présence » pour le plantigrade.

Balou, Hvala, Bambou… Voilà des prénoms qui agacent Nathalie. Madame Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie regrette cette « peopolisation » des plantigrades. «C'est un élément de plus pour alimenter l'incompréhension entre Parisiens et habitants de la montagne. Les éleveurs ont du mal à admettre cet anthropomorphisme, cette façon de traiter les ours comme des gros doudous, alors qu'ils se retrouvent face aux prédations. »

Autant dire que NKM a choisi plutôt le pragmatisme que le dogmatisme en venant installer à Toulouse le Groupe Pyrénéen Ours. Une instance présidée par le préfet, réunissant élus, associations, professionnels de la montagne, de l'agriculture ou du tourisme.

Un comité que boude ostensiblement un front anti-ours (lire ci-dessous.) « Je le regrette, avoue Nathalie Kosciusko-Morizet, mais je ne peux pas imaginer que le dialogue ne puisse pas un jour être renoué. »

NKM s'appuie sur ce qui a été réalisé dans les Alpes avec le loup. Là aussi, des oppositions vives, des tensions, des incompréhensions. Le groupe Loup a permis de désamorcer des conflits et d'avancer.

Pour le groupe qui sera piloté depuis Toulouse, l'État serait plutôt actuellement dans le « ni-ni ». Ni réintroduction comme le réclament les pro-ours, pour compenser la mort de Franska ou Palouma. Ni « parcs à ours » comme le réclament les opposants au plantigrade, mais plutôt des « zones de présence ». (lire ci-contre).

Quant à d'éventuelles réintroductions : « Cela se fait au printemps, donc pas en 2008, assure NKM. Ce sera au groupe de faire des propositions, et l'État décidera.
Et si cette réintroduction est décidée, ce sera très certainement pour le Haut-Béarn, où il y a quatre mâles… et pas de femelle. »

NKM ne veut donc pas aller au grand galop dans ce dossier. Plutôt à pas de loup.

La chaise vide des anti-ours
Pâté, saucisson, boudin, et ambiance bon enfant devant la préfecture, avec les anti-ours, qui refusent de participer à la rencontre. Parmi ces militants, de nombreux élus de la montagne, ceints de leur écharpe tricolore, et des militants portant un tee-shirt explicite : «Ours en liberté, vies en danger ». « Pour l'ours, on dépense des sommes inconsidérées, alors que le développement de la montagne est oublié » se désespère Augustin Bonrepaux, président du conseil général de l'Ariège. « Il y a avec nous des représentants de toute la chaîne des Pyrénées » avertit Philippe Lacube, pour l'Aspap.

Surprise ! Jean Lassalle, le célèbre député Modem du Béarn avait promis à Nathalie Kosciusko-Morizet de faire partie du comité : mais il s'est arrêté devant la cathédrale Saint-Étienne, pour dénoncer avec les anti-ours, « un abîme entre deux mondes, les habitants des montagnes et un État de plus en plus resserré sur ses positions » et qui fait des « choix insensés ».

Pour la FNSEA Hervé Pélofi parle « d'insultes supplémentaires », "de mépris pour le monde rural. » Et Francis Ader, pour les Chambres d'Agriculture des Pyrénées, dénonce lui aussi l'attitude des pouvoirs publics : « Nous n'avons de leçons d'environnement à recevoir de personne ! »

Relaxe de René Marquéze
Des anti-ours qui ont reçu avec satisfaction la nouvelle de la relaxe définitive de René Marquèze. Ce chasseur qui avait tué Cannelle le 1er novembre 2004 avait été relaxé par le tribunal de Pau en avril dernier. Le parquet n'a pas voulu faire appel de cette décision. « La chambre de l'instruction souhaitait un débat. Il a eu lieu et permis à chacun de s'exprimer » a déclaré le procureur.
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Pour des «zones de présence»
Le groupe pyrénéen ours va devoir étudier le principe de zones de présence. Il s'agit de secteurs avec une forêt très dense, celle-là même qui convient à l'ours. « Il en existe deux actuellement, une dans le Haut-Béarn, et l'autre dans les Pyrénées centrales. On pourrait définir une troisième zone, dans les Pyrénées orientales, mais il n'y a pas encore d'ours », explique Nathalie Kosciusko-Morizet. Chaque zone serait divisée en trois secteurs. Un cœur de zone pour l'ours, mais où l'accès est toujours possible, y compris pour les chasseurs, sauf risque de rencontre avec ourse suitée, par exemple. Une zone intermédiaire, de corridors. Et une zone où l'on interviendra pour repousser l'animal vers son cœur de zone. « Il s'agit de fidéliser l'ours sur un secteur, pour qu'il y reste, sans avoir besoin de s'en éloigner : on peut même envisager, cela se fait quelquefois, de les retenir par le nourrissage. » Ce qui éviterait dès lors à ces animaux de se servir des estives comme garde-manger. Voilà qui entraînerait une surveillance accrue des ours, et NKM prévoit le renforcement du groupe technique de suivi de l'ours.

Auteur : Dominique Delpiroux
Source : La Dépêche du Midi du 27 Juin 2008

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Un groupe pyrénéen ours sans les pyrénéens n'a pas plus de sens qu'un tel groupe sans les représentants de la profession agricole, première concernée par la problématique ours et plus largement grands prédateurs.
Ce qu'il faut remarquer c'est la parfaite unité des acteurs de terrain de l'ensemble de la chaîne. La seule tache à cette unité c'est le comportement de deux parlementaires, Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-Pyrénées et Henry Neyrou, député de l'Ariège qui représentaient l'ANEM qui s'est par ailleurs prononcée contre les introductions d'ours. Mais Chantal Robin-Rodrigo a pour habitude de se tromper dans ses engagements pour les grandes causes locales. Ce fut le cas pour la TCP en Lavedan mais aussi pour l'ours où en 2000 elle apportait son soutien à Arcangéli, Président de l'ADET. Le problème pour ces deux députés est de savoir s'ils ont lu et compris les textes qui leurs sont soumis.

Un point remarquable est la présence, aux côtés de l'ADDIP, de Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, ancien Président du Parc National des Pyrénées et Président de l'IPHB. Sa position semble être clairement affirmée contre les introductions. En refusant de rentrer à la Préfecture, il apporte un soutien sans ambigüité aux positions de l'ADDIP. On ne pourra donc pas l'accuser d'avoir un double discours.

Evoquer des zones de présence et des zones sans présence c'est faire preuve d'un manque évident de réalisme, voir même de compétence. Comment peut-on s'assurer qu'un ours restera dans un lieu déterminé arbitrairement par une bureaucratie ? En le nourrissant ? Pourquoi pas. Mais où ?
Ce n'est sûrement pas la meilleure des solutions.

Il semble bien que l'Etat soit dans une impasse. Pour imaginer d'autres importations en accord avec les Convention de Berne et autres textes européens, il lui faudra prouver l'existence d'une acceptation sociale. Or la démonstration de Toulouse montre le contraire.

Il est peu probable qu'il y ait d'autres introductions sauf à imaginer de nouvelles tentatives de corruption comme nous en avons connu dans les années 1990.

Louis Dollo, le 1 juillet 2008

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A propos du bilan du plan ours et de l'installation du " groupe ours " : une manipulation déjouée


Que tente de faire croire le ministère de l'écologie le jeudi 26 juin à la préfecture de région de Toulouse en réunissant un " Groupe National Ours " ?
Qu'une concertation entre les services de l'Etat, les favorables et les opposants que nous sommes, a bien lieu. Après douze ans d'affrontements incessants, mettre tout ce monde autour de la table serait une réussite pour ce ministère.
Faire cautionner par l'ensemble des partenaires la politique de gestion de la population ursine existante sur le massif et des futures importations réclamées à cor et à cri par les associations environnementalistes serait également un exploit pour ce ministère.

Que pouvons-nous en dire aujourd'hui ? Et sur la forme et sur le fond.

Sur la forme : une caricature de déni de démocratie où les grands absents ou minoritaires sont les représentants élus des chambres consulaires d'agriculture, les élus politiques des territoires de montagne concernés et les associations qui résistent aux projets d'ensauvagement des Pyrénées. L'Etat bafoue leur représentativité, comme il l'a toujours fait dans ce dossier, passant outre :

  • le NON exprimé par le Comité de Massif, à deux reprises,
  • les NON exprimés par les Conseils Généraux de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées,
  • les refus exprimés par les Chambres consulaires d'Agriculture à maintes reprises,
  • les délibérations défavorables prises par les conseils municipaux sur l'ensemble du massif,
  • le recours en Conseil d'Etat déposé par les diverses entités pyrénéennes : syndicats de la profession agricole, communes, commissions syndicales, conseil général, associations...
  • toutes les motions, les pétitions, les manifestations qui ont rassemblé toutes les composantes de la société pyrénénne.
  • PSEM / plan ours

Sur le fond : la non acceptation sociale de la part des pyrénéens trouve sa légitimité dans notre refus de voir les Pyrénées devenir un grand zoo où des éleveurs sporadiques seront considérés comme des indiens, où le dynamisme économique, les activités de tourisme et de loisirs seront régentées par le diktat de l'écologie extrémiste qui orchestre, par le levier de l'ours " le contrôle de la totalité du paysage " pour les grands carnivores, comme le démontre notre bilan du plan ours.

Les habitants des territoires pyrénéens doivent eux-mêmes choisir les orientations qu'ils veulent prendre pour l'avenir.

C'est pourquoi nous proposons notre propre bilan qui déjoue les incohérences voire les mensonges qui n'ont pas cessé de s'épanouir durant ces douzes années, depuis les premières introductions d'ours slovènes en 1996.

Face à l'implantation des grands carnivores ( ours et loup ), il s'agit de défendre avec ténacité, résistance, conviction, les thèmes de la biodiversité et du développement durable que nos détracteurs utilisent pour mieux les dévoyer de leur sens.

En terme de biodiversité : ce sont les usages pastoraux actuels adaptés, identifiés, reconnus qui sont créateurs d'une richesse remarquable de flore et petite faune. Les sites Natura 2000 sont tous des hauts-lieux du pastoralisme pyrénéen, et ce n'est pas le hasard.

En terme de Développement Durable : les systèmes agro-pastoraux pyrénéens ont de tout temps intégré cette notion car ils se sont maintenus dans le respect du milieu sur lequel ils agissent et par lequel ils produisent. C'est un fait culturel majeur dans les Pyrénées.

C'est le chapitre-clé de notre bilan du plan ours : pour une biodiversité à visage humain. Nous y montrons comment la fixation sur les espèces emblématiques va à l'encontre des problèmes de fond de l'écologie, une question sérieuse que l'Etat oriente dans les Pyrénées sur des voies contraires à celles préconisées au niveau mondial pour l'avenir de notre planète.

Extrait du discours de Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, de l'Energie, des Transports et du Développement Durable lors de la présentation au Sénat du Grenelle de l'Environnement.
Octobre 2007.

" .../... Au fond, il nous convient de démontrer qu'une économie durable - qui ne prélève pas plus que ce que permet l'écosystème - est possible. Nulle part ceci n'a été jusqu'à présent démontré. La France, magnifique pays au climat tempéré, peut le faire".

Le ministre semble l'ignorer : cela existe en France, et ici, dans les Pyrénées. Produire pour nourrir, sainement, proprement, le pastoralisme pyrénéen c'est exactement cela : une production dans le respect du milieu, des animaux et des hommes. Des produits de haute qualité gustative et environnementale, un malus écologique nul, de nombreuses garanties pour le consommateur AOC, IGP, labels de qualité ... des emplois, des externalités positives (tourisme ...). Et au bout du compte, un développement durable des territoires qui réussit parce que toutes ses composantes y sont associés : population, élus, profession et ses représentants ...

Dans ce contexte nouveau et conscientisé, l'importation et l'expansion de Grands Carnivores (ours et loups) avec l'annonce irréductible de l'ensauvagement du massif pyrénéen, apparaissent hors propos et même indécentes. Et portent autant de drames que d'exclusion, d'abandon des territoires, de recul social, économique et environnemental : une récession durable.

L'Europe, la France, ne peuvent plus se tromper d'enjeux, et doivent cesser ces opérations dispendieuses, plusieurs millions d'euros par an, qui servent les intérêts de quelques uns avec les deniers de tous.

Et qui desservent et salissent l'Ecologie, la vraie : celle qui fait que les hommes peuvent emprunter à leurs enfants la terre de leurs ancêtres, puis la leur rendre aussi belle et saine qu'ils la leur avaient confiée.

Communiqué de ADDIP-coordination pyrénéenne, Chambres d'Agriculture, FDSEA, JA du 25 juin 2008

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Nathalie Kosciusko-Morizet invitée en estives


À l'heure ou Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, tenait conférence de presse dans les salons de la préfecture de région à Toulouse pour lui présenter les objectifs du Groupe national ours (lire aussi en page 7 « Grand Sud »), sa directrice de cabinet frappait à la tente parasol plantée place Saint-Étienne, par les Pyrénéens de l'ADDIP dont la grande majorité était ariégeoise. Objet de sa mission : dire aux élus et éleveurs qui avaient refusé de siéger avec elle dans le cadre du nouveau Groupe ours, que NKM se proposait de les rencontrer autour de leur table, le temps de partager le pique-nique toulousain de midi.

Après consultation dans ses rangs, Philippe Lacube, président de la Coordination pyrénéenne, renvoyait l'ascenseur : « Oui à la rencontre avec Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais pas sur le pavé toulousain. Sur les estives ». Là où se trouvent actuellement de nombreux éleveurs, en pleine vaccination des troupeaux contre la fièvre catarrhale. Cela est un autre souci…

3e zone de présence d'ours dans les P.-O.
Une invitation officielle sera prochainement transmise à NKM. Les Pyrénéens l'attendent, cet été, « intuitu personae ». Par le biais
de sa conférence de presse, la secrétaire d'État avait « regretté l'absence » des anti-ours, et les avait « appelés à consulter les rapports de la commission d'enquête en espérant qu'ils leur donnent le désir d'être présents. Je ne peux imaginer qu'ils refusent jusqu'au bout la discussion ».

Ces rapports réalisés cet hiver, sur toute la chaîne, par des inspecteurs généraux de l'agriculture, font nettement ressortir la souffrance des hommes qui cohabitent avec l'ours. « Une souffrance qui doit être prise en compte par le Groupe ours » dira NKM. Un constat à la fois rassurant et amer pour les Pyrénéens : « Il aura fallu que ce soient des inspecteurs généraux qui reprennent des paroles que l'on répète depuis douze ans, pour que l'on soit pris en compte » déclaraient-ils. Pourtant leur inquiétude demeure.

Si le lâcher d'ours prévu cette année n'aura pas lieu : « il aurait été fait au printemps » ; une troisième « zone de présence » du grand prédateur a été repérée dans les Pyrénées. « Après celles des Pyrénées centrales et du Béarn, une autre est techniquement possible dans les Pyrénées-Orientales ». Balou vient en effet de la trouver tout seul à l'ombre du Carlit. Des « corridors » de déplacement ont été évoqués. Par ailleurs le comptage de la population des ours en Béarn pose problèmes : « seulement quatre mâles, d'où la difficulté de reproduction ». Pour autant, y aurait-il réintroduction de femelles ? L'équipe technique de suivi est à revoir».

En préambule, en début de matinée, Philippe Lacube avait posé une seule question : «Que veut faire l'Etat du massif pyrénéen ? »


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Les élus de Haute Ariège et du Couserans nombreux à Toulouse
« Nous nous opposerons à toute réintroduction »
Parti d'Ax-les-Thermes, à 5 heures pour rejoindre Toulouse à 9 heures, via un ramassage à Tarascon, Foix et Pamiers, le bus des Ariégeois comptaient de nombreux élus, maires et adjoints. Parmi les écharpes tricolores qui avaient quitté la haute Ariège et le Couserans, celles de Saint-Lary avec Gérard Dubuc (maire) et ses adjoints Claude Laille et Charles Acap ; d'Aleu avec Alban Sentenac, adjoint et coprésident de l'Aspap ; de Saint- Beauzeil avec Jean-Pierre Mirouze (maire) ; de Nalzen avec Patrick Ferrier (1er adjoint) ; d'Ascou-Pailhères avec Jean-Pierre Carrière ; d'Aston avec M. Lassalle (maire)… Ils y ont retrouvé ; Julien Souquet, maire d'Ercé et conseiller général d'Oust ; Robert Zonch maire et conseiller général de Castillon ; Bernard Piquemal, maire d'Auzat et conseiller général de Vicdessos ; Christian Loubet, maire de Luzenac et conseiller général des Cabannes ; et Augustin Bonrepaux, le président du conseil général. Dans son discours il a dénoncé une nouvelle fois « le gaspillage insensé de crédits distribués sans contrôles, pendant que la population se serre la ceinture et que disparaissent les moyens de développement de la montagne ». Et de réaffirmer : « Nous nous opposerons à toute réintroduction ».

Auteur : Bernadette Faget
Source : La Dépêche du Midi du 27 juin 2008

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Il n'y aura pas de lâchers d'ours cette année


Balou, Hvala, Bambou… Voilà des prénoms qui agacent Nathalie. Madame Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie regrette cette « peopolisation » des plantigrades. « C'est un élément de plus pour alimenter l'incompréhension entre Parisiens et habitants de la montagne. Les éleveurs ont du mal à admettre cet anthropomorphisme, cette façon de traiter les ours comme des gros doudous, alors qu'ils se retrouvent face aux prédations. »

Autant dire que NKM a choisi plutôt le pragmatisme que le dogmatisme en venant installer à Toulouse le Groupe Pyrénéen Ours. Une instance présidée par le préfet, réunissant élus, associations, professionnels de la montagne, de l'agriculture ou du tourisme.

Un comité que boude ostensiblement un front anti-ours (lire ci-dessous.) « Je le regrette, avoue Nathalie Kosciusko-Morizet, mais je ne peux pas imaginer que le dialogue ne puisse pas un jour être renoué. »

NKM s'appuie sur ce qui a été réalisé dans les Alpes avec le loup. Là aussi, des oppositions vives, des tensions, des incompréhensions. Le groupe Loup a permis de désamorcer des conflits et d'avancer.

Pour le groupe qui sera piloté depuis Toulouse, l'État serait plutôt actuellement dans le "ni-ni". Ni réintroduction comme le réclament les pro-ours, pour compenser la mort de Franska ou Palouma. Ni « parcs à ours » comme le réclament les opposants au plantigrade, mais plutôt des « zones de présence ». (lire ci-contre).

Quant à d'éventuelles réintroductions : « Cela se fait au printemps, donc pas en 2008, assure NKM. Ce sera au groupe de faire des propositions, et l'État décidera.
Et si cette réintroduction est décidée, ce sera très certainement pour le Haut-Béarn, où il y a quatre mâles… et pas de femelle. »

NKM ne veut donc pas aller au grand galop dans ce dossier. Plutôt à pas de loup.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet à Toulouse hier

La chaise vide des anti-ours
Pâté, saucisson, boudin, et ambiance bon enfant devant la préfecture, avec les anti-ours, qui refusent de participer à la rencontre. Parmi ces militants, de nombreux élus de la montagne, ceints de leur écharpe tricolore, et des militants portant un tee-shirt explicite : « Ours en liberté, vies en danger ». « Pour l'ours, on dépense des sommes inconsidérées, alors que le développement de la montagne est oublié » se désespère Augustin Bonrepaux, président du conseil général de l'Ariège. « Il y a avec nous des représentants de toute la chaîne des Pyrénées » avertit Philippe Lacube, pour l'Aspap.

Surprise ! Jean Lassalle, le célèbre député Modem du Béarn avait promis à Nathalie Kosciusko-Morizet de faire partie du comité : mais il s'est arrêté devant la cathédrale Saint-Étienne, pour dénoncer avec les anti-ours, « un abîme entre deux mondes, les habitants des montagnes et un État de plus en plus resserré sur ses positions » et qui fait des « choix insensés ».

Pour la FNSEA Hervé Pélofi parle « d'insultes supplémentaires », de mépris pour le monde rural. » Et Francis Ader, pour les Chambres d'Agriculture des Pyrénées, dénonce lui aussi l'attitude des pouvoirs publics : « Nous n'avons de leçons d'environnement à recevoir de personne ! »

Relaxe de René Marquèze
Des anti-ours qui ont reçu avec satisfaction la nouvelle de la relaxe définitive de René Marquèze. Ce chasseur qui avait tué Cannelle le 1er novembre 2004 avait été relaxé par le tribunal de Pau en avril dernier. Le parquet n'a pas voulu faire appel de cette décision. « La chambre de l'instruction souhaitait un débat. Il a eu lieu et permis à chacun de s'exprimer » a déclaré le procureur.

Pour des «zones de présence»
Le groupe pyrénéen ours va devoir étudier le principe de zones de présence. Il s'agit de secteurs avec une forêt très dense, celle-là même qui convient à l'ours. « Il en existe deux actuellement, une dans le Haut-Béarn, et l'autre dans les Pyrénées centrales. On pourrait définir une troisième zone, dans les Pyrénées orientales, mais il n'y a pas encore d'ours », explique Nathalie Kosciusko-Morizet. Chaque zone serait divisée en trois secteurs. Un cœur de zone pour l'ours, mais où l'accès est toujours possible, y compris pour les chasseurs, sauf risque de rencontre avec ourse suitée, par exemple. Une zone intermédiaire, de corridors. Et une zone où l'on interviendra pour repousser l'animal vers son cœur de zone. « Il s'agit de fidéliser l'ours sur un secteur, pour qu'il y reste, sans avoir besoin de s'en éloigner : on peut même envisager, cela se fait quelquefois, de les retenir par le nourrissage. » Ce qui éviterait dès lors à ces animaux de se servir des estives comme garde-manger. Voilà qui entraînerait une surveillance accrue des ours, et NKM prévoit le renforcement du groupe technique de suivi de l'ours.

Auteur : Dominique Delpiroux
Source : La Dépêche du Midi du 27 juin 2008

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