Avril 2009, les ours se réveillent dans les Pyrénées

Comme chaque année, les ours se réveillent au printemps dès qu'il commence à faire plus chaud, notamment les femelles qui hibernent plus que les mâles surtout si elles sont suitées. Cet hiver 2009 aura été long et plus enneigé que les autres années. Les troupeaux restent encore à proximité des granges mais c'est à cette période qu'il y a le plus de dégâts.


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Ours dans les Pyrénées

 
Deux ours réveillés en Haute Ariège


Alors que le répondeur du Suivi de l'ours hiberne toujours, sa dernière nouvelle datant du 19 décembre indiquant que l'ours « Balou » s'était endormi du côté de Naguilhes, les habitants de la haute Ariège annoncent le réveil de deux ours. Balou a été aperçu dans la vallée d'Orlu, non loin de sa « tute », voici déjà trois semaines. Il est observé par intermittence lors des coups de chaud, avant de regagner sa couche à chaque retour de la neige qui tombe régulièrement ce printemps.

Même scénario avec un second ours qui n'a pas été identifié et qui a été observé au Chioula et à Bonascre. La longueur de l'hiver qui retarde le réveil complet des plantigrades aura fait gagner un peu de répit aux éleveurs qui le craignent. L'an dernier, les premières prédations sur brebis avaient eu lieu le 30 mars… et « Balou » courait vers Dalou et la basse Ariège.

Source : La Dépêche du Midi du 9 avril 2009

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Le réveil printanier de l'ours brun

 

HAUT BÉARN. Il émerge d'un très long sommeil hivernal où la neige l'avait plongé dès novembre. Que fait l'ours à son réveil ? Réponses d'un naturaliste

«S'il fait beau et luit Chandeleur (2 février), six semaines se cache l'ours » : le proverbe n'est pas spécialement béarnais. Mais l'ours des Pyrénées s'y est scrupuleusement conformé cet hiver, comme s'en amuse Gérard Caussimont, naturaliste, président du FIEP (1), membre du réseau de suivi « ours brun », qui étudie le bougre dans son milieu depuis trente ans : « J'ai trouvé des traces le 2 février dans le massif Aspe-Ossau », témoigne M. Caussimont.

Puis plus rien jusqu'à la mi-mars : « Ce qui est curieux, c'est que dans le Trentin (Italie), les Cantabriques (Espagne) et les Pyrénées, les ours sont ressortis au même moment ».

Le temps s'étant mis au beau et à la douceur, le plantigrade est descendu dans des parties inférieures de forêts (vers 800-900 mètres) où il a trouvé la luzule, l'herbe des hêtraies, abondante cette année : « Avec d'autres collègues du FIEP, on a aussi relevé des indices dans les pâturages en fond de vallée. C'est ce qu'on trouve en ce moment ».

Horloge biologique
Quand il sort de sa « tuta » (tanière en occitan), l'ours a perdu un bon tiers de son poids - un mâle pyrénéen pèse de 150 à 200 kg, une femelle 80 à 100. Il mange avant tout de l'herbe.

Faute de mieux, mais d'abord parce que cet apôtre à l'occasion moutonicide est avant tout herbivore, la viande - brebis bien roulée mais aussi vieille charogne d'isard - n'entrant que pour 8 à 10 % dans son alimentation.

On va le voir, ou pour mieux dire l'imaginer, jusqu'en avril, brouter près des gaves et des torrents, remontant « l'onde de végétation ». Il est alors très près des routes et de zones habitées. Ce n'est pas là, souligne Gérard Caussimont, le comportement nouveau d'ours importés, mais bien celui qu'il a de toute éternité.

Un tronc d'arbre déchiqueté a dernièrement témoigné d'un festin de larves d'insectes xylophages, rare source de protéines par ces temps de neige abondante. L'oeuvre de Néré ? Si ce n'est lui, c'est l'un de ses deux frères, subsistant dans les Pyrénées occidentales (entre Aspe-Ossau et Aragon). Sur l'ensemble de la chaîne, on n'est sûr aujourd'hui que de l'existence de 15 spécimens.

La montée des températures tire l'ours de son profond sommeil hivernal, mais son « horloge biologique » est aussi sensible à la luminosité. « Dans un premier temps, il va avoir une activité réduite, pas très éloignée de l'endroit où il a passé l'hiver ». C'est plus tard, quand il aura repris des forces, en mai-juin, qu'il se mettra en quête de l'âme soeur.

Mais de là à ce que naisse un ourson, dans la tanière, en plein hiver, sous la mamelle nourricière de l'ourse dont le lait est extrêmement riche, ô combien d'aléas !

Il se sera produit l'instant fatidique, en octobre, de l'implantation de l'embryon. Or il y faut des conditions favorables, sachant que la gestation est courte mais qu'une ourse ne peut mettre bas que tous les deux ans. L'ourson : à la naissance, une boule minuscule de 350 grammes. Qui dans les Pyrénées n'atteint l'âge adulte qu'une fois sur deux.

(1) Fonds d'intervention éco-pastoral.

Auteur : Recueilli par Thomas Longué
Source : Sud-Ouest du 18 avril 2009

Commentaire

Sur son site Internet, Férus précise à cet article :
Note de Ferus : rappelons qu’aucune femelle n’est présente dans le noyau occidental des Pyrénées. Peut on d’ailleurs toujours l’appeler noyau avec 3 ours mâles seulement (Néré, Aspe-Ouest et Cannelito) ?

    • Néré se trouve en Navarre (Navarra) c'est à dire en Espagne. Dès avril 2009, il est soupçonné de prédations. En 2010 et 2011 il est signalé entre Aspe et Ossau notamment sur le massif du Pic de Sesque. Automne 2011, grosse prédation sur ce massif.

    • Cannelito (ou peut-être Cannelita suitée) aurait passé l'hiver du côté du Viscos dans les Hautes-Pyrénées. Est-il (elle) toujours vivant(e) ? Depuis 2009, il se confirme que c'est bien un mâle. Il se trouve dans les Hautes-Pyrénées entre le Pays Toy et Estaing où il fait de nombreuses prédations. A la sortie de l'hiver il a été vu au col de Riou, vers le Viscos, au-dessus de Soulom... Mai 2012, prédation à Saugué, Barada et Bachebirou (une trentaine de brebis).

    • Aspe-Ouest n'a pas encore fait parler de lui. Est-il toujours vivant ? Depuis 2009, il est convenu que cet ours est mort.

    • Camille : vieil ours malade, oublié par Férus et qui semble avoir été à l'origine d'une prédation en Navarre. Il est confirmé que cet ours est mort. Il pourrait d'ailleurs être le même ours que Aspe-Ouest. Nous n'entendons plus parler de ces ours depuius 2010. Il s'agissait des derniers mâles pyrénéens que personne n'a su protéger depuis prés de 40 ans. A qui la faute ? A priori pas aux éleveurs ou chasseurs.

Selon des éleveurs béarnais "il ne sera fait aucune communication sur la position ou les prédations d'ours". Pourquoi ? "Pour faire ce qu'il y a à faire". Il sera donc difficile d'avoir des informations fiables sur ces 3 ours au cours de l'été 2009.

Afin de justifier l'introduction d'une femelle en Béarn au printemps 2011, il a été dit qu'il y avait 2 mâles dans cette région. Ce qui est totalement. Il n'y a toujours eu que Néré. Canélito étant dans les Hautes-Pyrénées et les autres morts depuis un certain temps. En 2012, on tente de nous faire croire que Canellito va régulièrement en Béarn passer ses vacances estivales, ce qui exoplique qu'il n'y a pas de prédation. Totalement faux. Il reste sur la Bigorre et Néré seul sur le Béarn.

Commentaire sur les propos de Gérard Caussimont recueillis par Thomas Longué

Mise à jour le 15 juin 2012

 


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