Ours en hibernation : une physiologie cardiaque adaptée

L’ours hiberne. Ce n’est pas toujours exact dans les Pyrénées puisque des ours ont été tués en plein hiver. Mais en général, notamment les femelles, l’ours passe un moment de l’hiver en hibernation. Comment cela se passe-t-il sur le plan physiologique ?

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Publiée dans la revue Physiological and Biochemical Zoology, une étude américaine sur les ours en hibernation montre chez ces animaux des adaptations physiologiques uniques pour prévenir tout accident cardiaque lors de ces périodes de vie au ralenti.

Accoutumés aux échocardiogrammes, des ours grizzlys élevés depuis leur naissance à l'Université d'état du Washington ont livré les secrets de leur hibernation à des chercheurs de cette institution et de l'Université d'État de Californie de Long Beach. Hibernant 5 à 6 mois de l'année, l'ours voit son rythme cardiaque passer de 84 à 19 battements par minute, ce qui entraîne une accumulation du sang dans les quatre cavités du cœur. La pression accrue peut alors dilater le muscle cardiaque, le fragiliser et entraîner un arrêt cardiaque par congestion.

Pour éviter cela, le muscle du ventricule gauche se raidit, empêchant l'étirement mais demandant du même coup un effort accru à l'oreillette gauche, qui pousse le sang vers ce ventricule. C'est alors qu'intervient la myosine, une protéine existant en 2 "versions" : l'alpha, qui produit une contraction musculaire plus rapide mais légèrement plus faible, et  la bêta, produisant une contraction plus lente et plus puissante.

"Nous avons constaté que le muscle de l'oreillette gauche produit d'avantage de protéine alpha pendant l'hibernation, ce qui a comme conséquence un battement légèrement plus faible (...), qui empêche l'oreillette d'être endommagée pendant qu'elle pousse contre le ventricule raidi", explique le Pr Bryan Rourke. Quand l'ours émerge de son hibernation, le rapport entre les deux types de protéine revient à la normale et la contraction - dite contraction atriale - redevient "standard".

"Les ours ne sont pas un modèle parfait pour l'être humain, mais la manière dont le cœur d'un ours peut s'adapter pourrait être utile dans la compréhension des maladies humaines", conclut le Pr Rourke.

Source : Maxisciences du 13 février 2011

 


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