Et si les anciens avaient raison ?

 

La Dépêche du Midi du 9 juin 2006 publie une communication de Michel Cire de Tarascon sur Ariège. Michel Cire a trouvé ce qui suit dans ses archives personnelles. Il avait souhaité en nourrir le débat en le communiquant à La Dépêche du Midi.


Il en était déjà question au début du XIXe siècle. Le préfet Brun (1), en 1805, en parlait dans son manuscrit de 170 pages " Idée générale du département de l'Ariège ".

" À la fin de septembre de l'année passée (1804), un ours, d'une grosseur extraordinaire, eut l'art d'attirer dans une forêt voisine une génisse qui s'était trop écartée du troupeau. Les bergers, s'en étant aperçus, y accoururent avec un gros chien, mais la nuit avançant et n'étant que deux, ils n'osèrent point s'aventurer dans le bois. Le chien seul y entra. On entendit longtemps le beuglement de la génisse et les aboiements du fidèle gardien. Ensuite, les cris de la jeune vache cessèrent, mais on entendit toute la nuit les cris de colère et de rage que poussait le chien, ils se prolongèrent bien avant dans la nuit. Sur le matin, les bergers de différentes cabanes s'étant réunis allèrent dans la forêt, armés de fusils. Bientôt, ils trouvèrent la génisse morte et à moitié dévorée, à côté l'ours abreuvé de sang et de carnage dormait. Les bergers, s'avançant avec précaution, firent usage de leurs armes pour donner ensemble la mort à l'animal carnassier et dévastateur qui fut ainsi puni de sa férocité. Ce n'est pas seulement sur les bestiaux que ces animaux cruels exercent leurs ravages, ils descendent quelques fois dans le voisinage des habitations et y répandent l'épouvante, la terreur. L'ours ravage les récoltes et pille dans les ruches le miel, ils en sont très friands. En montagne ariégeoise, les paysans ont trouvé un moyen fort simple d'écarter des champs cultivés ces sortes d'animaux, ils construisent un levier qu'ils placent à peu près en équilibre sur un point d'appui fixé au moyen d'une charnière, une extrémité du levier est en forme de gros marteau destiné à frapper sur une planche placée là exprès, l'autre extrémité est faite comme une cuillère dans laquelle tombe goutte à goutte l'eau de quelques sources voisines. Lorsque la cuillère est pleine, l'équilibre se rompt, le levier penchant du côté de la cuillère, l'eau de celle-ci se répand et alors le marteau l'emporte par son poids et va frapper sur la planche posée à cet effet ; la cuillère se remplit à nouveau, soulève le marteau, lequel retombe après, lorsque la cuillère s'est vidée et ainsi de suite, toujours de même. Cette machine frappe cinq à six coups à la minute, ce qui est suffisant pour tenir éloignés ces plantigrades. "

Source : Extrait de la Dépêche du Midi du 9 juin 2006

Commentaire


Nous pouvons observer une fois encore que par le passé la cohabitation ours / homme se faisait au bout du fusil. S'imaginer une entente cordiale à cette époque c'est faire preuve d'une naïveté déconcertante ou d'une mauvaise foi condamnable. Comment peut-on dire aujourd'hui qu'une cohabitation est possible parce que cela se faisait par le passé ?
Il est dramatique de constater une fois encore que ces introductions de grands prédateurs carnivores aient été fait sans réflexion, étude et recherche préalable sans même parler des concertation. Il est de plus en plus clair que les administrations et les associations ayant conduits à une telle opération ont fait preuve d'une incompétence coupable.

Louis Dollo, le 10 avril 2008


(1) Le Préfet Brun fut le premier Préfet de l'Ariège. Nommé le 11 ventôse an VIII (2 février 1800) il fut remplacé le 17 juillet 1808 par le Préfet Dupont - Delporte. L'actuel Préfet, au 10 avril 2008, est le 103ème. Il s'agit de Jean-François Valette nommé le 26 février 2007

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