L'ours des Pyrénées dans l'histoire

 

Il se raconte beaucoup de choses sur la présence de l'ours dans les Pyrénées. Depuis quand ? D'où viennent-ils, etc… En fait, avant le XVème siècle il y avait des ours partout dans les Pyrénées des Albères en Roussillon (voir fêtes de l'ours) jusqu'en Soulte (Pays Basque) et probablement au-delà à travers le Gupuzkoa, la Biscaye, l'Alava et jusqu'aux Monts Cantabrique (Cantabrica)


C'est à partir du XVème / XVIème siècle qu'il se produit un éclatement en plusieurs noyaux de peuplement. Ce n'est donc pas récent et, déjà à cette époque, l'homme tentait de se débarrasser de ce prédateur bien encombrant et particulièrement redoutable pour les éleveurs / bergers.

Au XXème siècle, il apparaît trois noyaux résiduels qui conduit la population pyrénéenne à une disparition programmée. La dualité d'intérêts entre l'homme et le grand carnivore a toujours entretenu " une cohabitation forcée, non désirée. "

A l'origine, il y a deux types d'ours
Ces ours ont existé au travers les diverses glaciations pendant des centaines de milliers d'années. Mais le véritable ours des Pyrénées, l'ours des cavernes, à disparu il y a déjà bioen longtemps.

  • L'ursus spelaeus (l'ours des cavernes), apparut il y a 500 000 ans, disparaît progressivement selon les lieux avant le Néolithique. Il était encore dans les Monts Cantabrique à la fin du Magdalénien (Ref. " L'Art des cavernes en Pays Basque " de Jesus Altuna, p. 91, Ed. Le Seuil - 1997)
  • L'ursus arctos (l'ours brun) est un rescapé de la préhistoire. Ursus arctos se traduit par " ours ours " le premier en latin et le second en grec.

Ces deux types ont le même ancêtre : l'ursus ruscinensis (" ours du Roussillon " dont le nom vient de son lieu de découverte près de Perpignan) présent il y a environ quatre millions et demi d'année sur des territoires inhabités.

  • Ours des cavernes : Nous trouvons des traces de couchage et griffures dans les grottes ariégeoises des Trois-Frères, au Portel et à Niaux. Ils gîtent au fond des cavernes et non dans une tanière comme les ours bruns.
    Sa taille est plus importante que celle de l'ours brun : Deux mètres de longueur, un poids probablement de 500 kg, une bosse frontale, des pattes arrières plus courtes… ce qui lui donnait une apparence plus redoutable que l'ours brun.
    Nous trouvons des traces importantes (ossuaire avec des milliers d'os et des squelettes complets) dans la grotte de Tella - Sin dans le Sobrarbe en Aragon versant sud tu tunnel Aragnouet - Bielsa. La grotte se visite avec un petit musée.
    Cet ours ne se trouve que dans les Pyrénées. Pourquoi a-t-il disparu ? Il est assez peu probable que l'homme soit responsable de cette disparition.

L'ours des cavernes et l'ours brun ont divergé
il y a 1,6 million d'années

  • Ours brun : Contrairement à ce qui se dit, il ne s'est pas réfugié dans les Pyrénées ou les Alpes, c'est-à-dire d'une manière générale dans les montagnes. Il n'a pas fuit l'homme qui exerçait une pression par sa présence entraînant des défrichements dans les plaines. Il habitait toutes les terres boisées de France y compris les Pyrénées depuis le Néolithique selon les connaissances des fouilles des archéo-zoologues. Cette présence existait il y a 7000 ans et ceci jusqu'au Moyen Âge (Cf. Article dans ne n° 1 de " Ours et nature " de mars 1993 de Geneviève Carbone sous le titre de " Regagner les plaines ")

La disparition de l'ours en France à partir du XVIIIème siècle
C'est à cette période que les ours ont disparus des plaines pour n'exister que dans les montagnes. Les principales causes sont la chasse et l'éradication du prédateur qui n'a jamais pu coexister avec l'homme malgré tout ce qui se dit.
Des fouilles montrent que des ours bruns existaient il y a 100 000 ans jusque vers 2000 mètres d'altitude en Béarn (Aspe et Ossau) selon Claude Dandaletche (Cf. "L'ours brun", p.37, Ed. Université de Pau - 1986)

Les premiers agriculteurs n'ont connu que l'ursus arctos sur l'ensemble du territoire de l'actuel France pour ne pas dire l'Europe. C'est la raison pour laquelle nous trouvons des populations de la même espèce dans toute l'Europe centrale mais aussi en Finlande et Russie. L'ours n'est donc pas un pur produit de la montagne. Il se trouve qu'il reste des populations résiduelles en montagne du fait de la moins grande pression humaine. Mais il aurait tout aussi bien sa place dans n'importe quelle région de France.

Les ours de la grotte Chauvet : de l'art pariétal à l'analyse génomique

 

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Ours des Pyrénées

 

L'ours des cavernes et l'ours brun ont divergé il y a 1,6 million d'années


L'analyse du génome d'une partie de la cellule de l'ours des cavernes, réalisée par des chercheurs français, montre que cette espèce qui s'est éteinte il y a 15.000 ans et l'ours brun ont divergé il y a quelque 1,6 million d'années.

Les scientifiques, qui publient lundi leurs résultats dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, ont fait cette découverte en étudiant un os d'ours des cavernes (Ursus spelaeus) mis au jour dans la grotte Chauvet-Pont d'Arc (Ardèche - sud de la France),.

A partir de matière organique bien conservée, ils ont "purifié, amplifié et séquencé l'ADN de cet échantillon", et obtenu le génome complet, "composé de 17.000 nucléotides" (molécules biologiques) de la mitochondrie (partie cytoplasmique de la cellule), selon un communiqué du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

La mitochondrie "contient un ADN (...) qui fournit une information précise concernant l'évolution des organismes", se comportant comme "une +horloge moléculaire+ qui permet de définir à quelle époque deux espèces ont divergé", précise les deux organismes.

Ces travaux ont ainsi permis de "montrer que le dernier ancêtre commun à l'ours des cavernes et l'ours brun vivait il y a 1,6 million d'années". Cet ours primitif est également un ancêtre de l'ours polaire.

Jusqu'à présent, rappellent les auteurs de l'étude, les seuls génomes d'espèces éteintes décryptés étaient ceux du moa, un oiseau disparu il y a quelques centaines d'années, du mammouth laineux et du mastodonte, animaux vivant au pléistocène (1,6 million d'années).

La grotte Chauvet-Pont d'Arc, connue pour ses peintures pariétales, contient des milliers de restes d'ours des cavernes, dont la datation au carbone-14 a permis de découvrir que ces animaux y étaient présents il y a 32.000 ans.

L'ours des cavernes a vécu en Europe et au Proche-Orient de 300.000 ans à il y a 15.000 ans, époque où il a disparu.

Les analyses sur l'ADN mitochondrial ont été notamment réalisées par les chercheurs de l'Institut de Biologie et Technologies du CEA de Saclay (iBiTec-S).

La méthode utilisée, affirment les scientifiques, "démontre qu'il est possible d'obtenir les génomes de la mitochondrie d'animaux dont les restes sont trouvés dans le milieu souterrain, un environnement qui contient des ossements d'une grande variété d'espèces disparues". Jusqu'à présent, de telles études ne pouvaient être faites qu'à partir de la chair d'animaux figés dans le pergélisol de régions comme la Sibérie.

Source : AFP/Google du 27 octobre 2008

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Les ours de la grotte Chauvet : de l'art pariétal à l'analyse génomique


Des chercheurs de l'Institut de Biologie et Technologies du CEA de Saclay (iBiTec-S) et de l'équipe pluridisciplinaire chargée de l'étude de la grotte Chauvet-Pont d'Arc, à laquelle participe des chercheurs du CNRS, viennent, à partir d'os provenant de la grotte, de séquencer l'ADN mitochondrial de l'ours des cavernes, espèce éteinte depuis 15 000 ans. Ces études de génomique démontrent que le dernier ancêtre commun à l'ours des cavernes et l'ours brun vivait il y a environ 1,6 million d'années. Ces travaux viennent d'être publiés en ligne par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of USA le 27 octobre.

Connue pour ses peintures pariétales(1) exceptionnelles, la grotte Chauvet-Pont d'Arc, qui est affectée au ministère de la Culture et de la Communication et protégée au titre des monuments historiques, est également un site riche en ossements d'ours des cavernes. Leur datation par la méthode du carbone-14 a montré que ces ours étaient présents dans la grotte il y a 32 000 ans. L'exceptionnelle conservation des ossements a permis aux biologistes d'en analyser l'ADN et ainsi de faire de nouvelles avancées sur l'étude des espèces éteintes et la phylogénie(2) des ours.

La mitochondrie contient un ADN, plus petit que celui du noyau de la cellule, qui fournit une information précise concernant l'évolution des organismes. Ainsi, il se comporte comme une « horloge moléculaire » qui permet de définir à quelle époque deux espèces ont divergé.

Cependant la conservation de l'ADN est limitée dans le temps et, jusqu'à ce jour, les tentatives d'analyse de l'ADN mitochondrial de l'ours des cavernes reposaient essentiellement sur l'étude de très petits fragments. Les chimistes de l'iBiTec-S ont identifié un échantillon dans lequel la matière organique était particulièrement bien préservée. Les biologistes ont ensuite purifié, amplifié et séquencé l'ADN de cet échantillon. Ils ont ainsi caractérisé un génome mitochondrial complet composé de 17 000 nucléotides. La comparaison de ce génome avec celui d'ours actuels par analyse informatique permet d'établir avec une grande précision la phylogénie de la lignée ursine. Ce résultat montre que le dernier ancêtre commun à l'ours des cavernes et l'ours brun, l'espèce la plus proche, vivait il y a 1,6 million d'années.

Les datations par le carbone 14 avaient permis d'établir des coopérations entre physiciens, archéologues et paléontologues. L'analyse génomique qui vient d'être réalisée montre de façon spectaculaire le rôle que peuvent jouer les biologistes dans l'étude de sites majeurs. C'est dans cet esprit de pluridisciplinarité que l'équipe de recherche de la grotte Chauvet a été créée.

Ces travaux ont été financés par le CEA et le Ministère de la Culture et de la Communication.

Source : CNRS du 28 octobre 2008

Notes :
1) Peintures pariétales, peintures qui sont réalisées sur les parois d'une grotte.

2) Phylogénie : étude des relations entre organismes vivants, permettant d'établir leur histoire évolutive.

Contact chercheur :
Jean-Marc Elalouf – 01 69 08 80 22 – Mail

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