Genèse de l'extermination de l'ours dans les Pyrénées

 

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Faire la genèse de la disparition de l’ours dans les Pyrénées doit relever d’une étude pluridisciplinaire afin de tenir compte autant des effets naturels tels que la consanguinité et les modifications de l’habitat que de l’action humaine sous ses divers aspects. Une telle étude n’existe pas. Par contre les affirmations des associations écologistes représentant des slogans propres à l’aspect sectaire de « la cause » qu’ils veulent défendre sont nombreuses. Certains médias en rajoutent par des titres « choquant » en parlant d’extermination. Pourquoi pas des chambres à gaz comme pour certaines espèces d’oiseaux migrateurs en Hollande dont la chasse est par ailleurs interdite en France en dehors de certaines périodes. D’autres se prennent pour des historiens dès lors qu’ils ont lu un livre qui leur fait découvrir des faits différents des slogans militants habituels.


Il en est ainsi pour l’auteur de l’article ci-dessous d’Olivier Darrioumerle, paru sur le site Aqui ! L’introduction de l'article était excellente et laissait entrevoir l’expression de la vérité sur cette question de l’ours si polémique. Dommage. L’auteur a fait un très mauvais résumé de l’ouvrage d’Olivier de Marliave. Par ailleurs, en voulant apporter sa touche personnelle, il affirme sans preuve et donne des références fantaisistes ou tellement anciennes…

Nous reprenons point par point les éléments que nous contestons en les commentant. Nous n’aborderons pas les magouilles, manipulation et mensonges qui ont été la règle dans se domaine dès les années 1980

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Genèse de l'extermination de l'Ours dans les Pyrénées

Raymond Augé et François Authier encadrant le dernier ours tué dans la vallée ariégeoise d'Aston, le 28 novembre 1940 "Pour comprendre la volonté farouche des Pyrénéens d'éradiquer l'Ours il faut garder à l'esprit que nous sortons à peine d'âges historiques durant lesquels le principal ennemi de l'homme était la nature et ses prédateurs", avertit Olivier de Marliave dans son Histoire de l'Ours des Pyrénées. (1)

L'Ours était le premier ennemi du montagnard, il pillait les champs et les potagers en altitude, massacrait quelques moutons provoquant la ruine de paysans, et dans les vallées une peur surnaturelle. Si aujourd'hui il en est autrement, c'est d'une culture dont il est question. Des comportements millénaires qui résistent à la modernité et des gouvernants qui vivent sur une autre planète.

C'est une véritable guerre que les Pyrénéens ont mené contre l'Ours. L'ours des cavernes puis l'ours brun ont connu, depuis les chasseurs du Paléolithique, plusieurs types d'hommes qui ont dû cohabiter avec lui avant de lutter puis de chercher à l'exterminer. Olivier de Marliave nous renseigne sans parti pris sur ce qu'il appelle "l'inconscient pyrénéen", cette volonté délibérée du montagnard d'exterminer ses prédateurs millénaires. On peut lire dans l'Histoire de l'Ours que c'est à partir du XVIIème siècle qu'un système de primes versées pour l'élimination d'animaux malfaisants déclencha sérieusement les hostilités (système qui persista pratiquement jusqu'à l'interdiction de la chasse à l'ours en 1964 !)

L'Ours fut alors chassé des forêts boisées vers les massifs montagneux. Et puis, l'invention du fusil à piston, le perfectionnement des pièges et l'usage de la strychnine renversèrent définitivement le rapport de force. Plus de deux cents ours disparaissaient en l'espace d'une vingtaine d'année (1930-1950). En 1962, c'est le début de la protection de l'Ours. À l'époque il en restait une soixantaine dans le massif pyrénéen, suffisamment pour qu'ils se renouvellent, mais les ours sont morts les un après les autres. Un par an, jusqu'au dernier. Cannelle, abattue le 1er Novembre 2004 par René Marqueze. « À poils brûlés» (à bout-portant), comme on disait à l'époque de Toussaint Saint-Martin et JB Lamazou, les plus grands chasseurs d'ours pyrénéen. Selon Olivier de Marliave, le nombre des naissances observées entre la vallée d'Aspe et la vallée d'Ossau au début des années 1980 laissait croire qu'il restait entre vingt et trente ours en Béarn. Alors pourquoi ont-ils disparu ?

Des chiens errants plutôt que des ours
Le braconnage est bien évidemment la principale raison de la disparition de l'ours pyrénéen. De la création du permis de chasse en 1844 aux limitations des zones de chasse aujourd'hui, contre les décisions "des gens de la ville", de Paris ou de Bruxelles, les chasseurs ont toujours revendiqué leur liberté séculaire. Sous l'Ancien Régime, la liberté de chasse était totale. Et bien après la Révolution, les chasseurs d'ours étaient fêtés à leur retour. Chaque vallée avait ses héros face à l'ours. Même protégé par la loi, il n'est pas étonnant que l'Ours ait disparu dans les Pyrénées. Mais pour Olivier de Marliave, le braconnage n'est pas seul responsable. Ce sont les hésitations et les hypocrisies entourant ce dossier qui n'ont pas permis d'assurer la pérennité de l'espèce et soutenir le pastoralisme. « Il  faut un plan global, pas seulement limité au Béarn, pour protéger le pastoralisme et écouter les scientifiques car personne dans les montagnes n'ose aller au bout, contre la tradition. » Selon lui, « à montagne riche, faune prospère ». Le retour des hommes dans le parc des Abruzzes en Italie a entraîné une renaissance de la population ursine. Un exemple pour Olivier de Marliave car il existe un lien entre le dépeuplement des vallées pyrénéennes et la disparition de l'Ours. Et la disparition de l'ours entraîne inévitablement un déséquilibre écologique et facilite l'apparition de nouveaux prédateurs. Sait-on que les redoutables chiens errants provoquent, chaque année en France, la mort de quelques cinq cent mille moutons. Chiffre intéressant lorsqu'on le compare au prélèvement global des animaux sauvages (loups du Mercantour, lynx des Vosges et ours des Pyrénées) qui pèse en tout et pour tout, un millier de brebis (revue Ours et Nature, n° 16, p 12, 1998).

Auteur : Olivier Darrioumerle
Source : Aqui du 5 février 2011

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Commentaire de l'article ci-dessus


Chaque vallée a eu son dernier ours tué. Difficile de dire quand a été tué le dernier ours à l’époque où cela était autorisé avant 1962 (et non 1964). C’est ainsi que dans le Val d’Azun dans les Hautes-Pyrénées, le dernier a été tué en 1947 et en plein hiver. Qui dit que les ours hibernent ? 
Par contre, au grand désespoir des bergers, la vallée d’Aspe manquait de chasseurs d’ours dès la fin du 19ème siècle. Ce qui explique peut-être les raisons pour lesquelles il en est resté encore longtemps.

Parler de « véritable guerre » contre l’ours en citant l’ours des cavernes c’est manqué de discernement dans la lecture de l’ouvrage d’Olivier de Marliave. L’ours des cavernes a disparu il y a environ 5000 ans. Une époque où on chassait pour se nourrir ou on tuait pour se défendre et non pour livrer une guerre ou pour exterminer une espèce. Il ne s’agissait pas non plus d’une « volonté délibérée du montagnard » dans la mesure où il y avait des ours sur tout le territoire français et espagnol comme en témoigne les nombreuses fouilles archéologiques. S’il en est resté quelques uns dans les Pyrénées c’est sans doute par le fait que la pression de la chasse et de l’homme en général était moins forte qu’ailleurs. Au lieu d’accabler le pyrénéen, on devrait le féliciter.
Le système de primes versées par l’état a existé jusqu’en 1962. Il ne s’agissait pas de braconnage mais de chasse officielle subventionnée par l’Etat.

Lorsque l’ours a été totalement protégé à partir de 1962, les bergers restaient avec leurs problèmes de prédation. Ils ne pouvaient plus tuer l’ours perturbateur. Ils ont donc utilisé des solutions plus sournoises et discrètes comme le poison. C’était une question de survie pour eux. Et dans ces conditions, il n’y avait pas que l’ours perturbateur qui en profitait  mais toute la faune. C'est-à-dire que la solution de protection a été source de destruction.
L’invention du fusil n’a rien à voir avec la destruction des ours et des loups. Avant, on mettait le feu à des forêts entières pour s’en débarrasser. A partir de 1789, la chasse était possible pour le peuple et n’était plus réservée à quelques privilégiés. Le fusil a donc été utilisé. Mais ce n’est pas l’arme majeure qui a fait disparaître l’ours. C’est bien les incohérences de l’Etat : primes puis protection totale.

Braconnage ? Ou protection des biens et des personnes ? Depuis quand ? Nous pourrions aussi mentionner depuis les années 1980 le dérangement permanent assuré par les « scientifiques » qui passent leur temps à suivre et surveiller l’ours.

Les véritables causes de la régression ne seront jamais connues. Elles sont certainement multiples. L'Etat et les associations écologistes avec leurs pseudo-scientifiques y ont pris manufestement uen part trés importante. Beaucoup plus que les bergers et éleveurs des Pyrénées. Voir ici

Les chiens errants ? Non ! Les chiens en divagation. 500 000 moutons tués chaque année en France ? Il n’existe aucune preuve de cette affirmation. Ni aucune statistique. 500 0000 serait dans ce cas presque la valeur totale du cheptel pyrénéen (600 000 moutons) qui disparaitrait sans rien dire chaque année. Soyons un peu sérieux !

« La disparition de l'ours entraîne inévitablement un déséquilibre écologique ». Curieux ! Il n’existe aucune étude scientifique pour le prouver. Comment un journaliste peut-il l’affirmer sans preuve ? Le propos est aussi inconsistant que pour les chiens errants.

Et le meilleur de cet article est pour la fin. L’auteur nous explique que les prédations d’ours, loups, lynx « d’un millier de brebis » par an ne pèse pas beaucoup comparé aux soi-disant morts liés aux chiens. Il faut dire que ses références datent de… 1998. Nous l’invitons vivement à revoir sa documentation et à se référer à l’étude de Laurent Garde du CERPAM et à regarder les statistiques de prédation. Rien que dans les Alpes avec le loup, c'est entre 3 et 4000 brebis qui sont massacrées tous les ans. Et pour les Pyrénées avec l'ours entre 300 et 400 brebis. Voir ici

C’est avec de telles stupidités, ignorances et incompétences que l’on fait l’opinion publique. Mais c’est peut-être aussi du mensonge intentionnel militant comme nous avons l’habitude d’en lire depuis 30 ans.
Et puis, l'ours est-il vraiment en voie de disparition ?

Louis Dollo, le 13 février 2011

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