L'ours de retour en Pays Toy : il s'attaque aux bovins

 

 

Share

Après avoir perturbé l’estive de Bachebirou en début d’été et fait plusieurs victimes, puis une période d’effarouchement qui l’a conduit à passer quelques vacances du côté de la vallée d’Aspe, il y a quelques jours déjà, des traces de présence ont été repérées sur le secteur de l’Ardiden. Mais, dans la nuit de lundi à mardi, le plantigrade s’en est pris à deux victimes de taille sur le secteur du Plateau de Lumière au-dessus de Betpouey : une vache et son veau.

Pays Toy : l’ours est de retour


Lumière, une zone perturbée….

C’est à Lumière entre Le Bolou et la forêt de l’Ayré que se termine la construction d’une piste pastorale qui permettra le passage en véhicules tout terrain entre Betpouey et Barèges et, dans le même temps, désenclavera Barèges en cas de sinistre comme nous avons connu en juin dernier. Une pelle mécanique y travaille depuis plusieurs semaines. La piste est en cours de finition. La zone est donc perturbée par cette activité. Mais Lumière n’est pas un quartier désert. Il y a des granges et des habitations. Actuellement, de nombreux troupeaux y séjournent en estive intermédiaire après avoir passé l’été en altitude. Preuves que les perturbations humaines ne perturbent pas vraiment un ours.

Pourquoi des bovins et non des ovins ?

D’habitude, l’ours s’attaque à une proie facile sans défense : le mouton. Cette fois il s’en est pris à un veau qui a été défendu par la vache. Résultat des courses : nombreuses griffures sur les deux bovins et la vache a dû subir quelques points de suture aujourd’hui de la part du vétérinaire. A priori, et sous réserve de confirmation de l’inventaire fait par les bergers, aucun ovin n’aurait été touché. Et l’attaque sur la vache et son veau sont bien imputables à l’ours selon les informations qui nous ont été fournies.

Avant que n’arrive véritablement l’hiver et que l’ours rentre en hibernation, celui-ci a besoin de faire des réserves de protéines. Il est probable qu’en plus des sinistres à gérer, dont la reconstitution de terrains et l’aménagement de granges détériorées, les bergers auront encore à s’occuper de l’ours dans les estives intermédiaires, là où les brebis devraient paître en toute quiétude avant d’être enfermées pour l’hiver. C’est sans doute la vision que se font les défenseurs de l’ours, du bien-être animal.

Louis Dollo, le 23 octobre 2013

Haut de page

La vache ! Elle a tué l’ours ?


Mercredi 23 octobre,
nous évoquions l’attaque d’un ours sur une vache et un veau au Plateau de Lumière au-dessus de Betpouey. Il s’agit probablement de Cannellito, un ours de 9 ans, qui, après avoir été invité à prendre des vacances du côté du Béarn est de retour pour l’hiver en Pays Toy. Mais voilà, notre ours, sans doute trop gourmand, a eu la malencontreuse idée de s’attaquer à plus gros lui. Ce qui pourrait bien tourner au cauchemar pour Martin.

La vache a défendu son veau

Selon les témoignages recueillis et les observations faites par les éleveurs après le constat de la première heure, l’ours a trouvé sa maitresse. Un bovin ce n’est pas un mouton. Et jusqu’à maintenant, ces ours, s’ils s’étaient essayés sur des chevaux, n’avaient jamais tâté du bovin comme pouvaient le faire les vrais ours des Pyrénées notamment dans le Capcir (Pyrénées-Orientales) dans les années 1960.

Le Plateau de Lumière au-dessus de Betpouey est proche de la forêt de l’Ayré. C’est là qu’à été prolongé une piste pour rejoindre le Lienz. Tout laisse à penser que, sortant de la forêt, le premier bétail rencontré dans un enclos privé était un veau avec un troupeau de vaches de race limousine… ces vaches rousses aux belles cornes lorsqu’elles ne sont pas coupées… moins belles que les lourdaises ou les béarnaises pour se défendre mais quand même bien pourvues. Et là, toucher au veau d’une limousine devient dangereux. Des touristes en font parfois l’expérience durant l’été. Ces vaches sont dotées d’une sensibilité maternelle qu’elles n’ont pas à envier à Brigitte Bardot. Tout ours qu’il puisse être, ce Roi déchu, a franchement voulu tenter le diable. Faire ça quelques jours après les journées sur "La souffrance animale, de la science au droit", organisées à Paris les 18 et 19 octobre par La Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) était pour le moins déplacé. [Voir Bien-être animal]

Les limousines sont des bêtes très attachantes mais aussi très maternelles. Dans un troupeau, elles savent jouer collectif et se regrouper pour défendre leur progéniture. C’est très probablement ce qui s’est passé sur le plateau de Lumière dans la nuit de lundi à mardi. Et selon des éleveurs de limousines « il est probable qu’elle l’ait encorné et qu’il est parti crever dans un coin de forêt… En tout cas elles ont sue lui mettre une raclée ». Pour une fois, l’ours aurait donc trouvé plus fort que lui. Et « il pourrait bien avoir compris et ne pas revenir ». Mais on ne sait jamais….

Surveillance de nuit renforcée.

Le plateau de Lumière est constitué de propriétés privées. C’est le cas de plusieurs estives intermédiaires. Après un été en altitude, les bêtes sont regroupées autour des granges, le plus souvent sur des prairies de fauche clôturées, notamment pour les vaches, qu’elles fument naturellement. Pas besoins d’apports chimiques pour faire de belles prairies fleuries appréciées au printemps. L’attaque n’a donc pas eu lieu sur un domaine public communautaire. Parquées, les bêtes sont sous surveillance quasi permanente et au pire quotidienne durant la journée. La nuit, elles restent dans le parc suffisamment vaste pour qu’elles se sentent en liberté. Une règle d’or pour le bien-être animal. Depuis quelques nuits, la surveillance s’est renforcée la nuit avec une dizaine d’éleveurs qui patrouillent pour surveiller les quartiers sensibles…. Ça s’appelle aussi comme cela en montagne du fait de la présence de l’ours… ou du loup. L’objectif : préserver le bien-être d’êtres sensibles que sont les vaches, les veaux, les moutons. Et il en sera ainsi toutes les nuits jusqu’au jour où, peut-être, il faudra éliminer l’intrus qui s’attaque de manière intempestive à ces animaux paisibles dans les prairies de nos montagnes.

Et les milices écologistes ? Des associations ont mis en place une forme de milices de surveillance baptisées « Vigies ». Certaines disposent de caméras permanentes pour photographier l’ours ou… surveiller les bergers. Quelle est la légalité de toute cette organisation ? Sujet sur lequel nous reviendrons.

Mais sur le Plateau de Lumière nous ne sommes pas dans un contexte public mais sur des propriétés privées accessible par une piste pastorale réservée à la circulation des ayant-droit. L’exercice de l’activité milicienne de certains défenseurs des prédateurs pourrait bien trouver quelques difficultés. Un peu comme l’ours face à la vache limousine.

Voilà donc un sujet qui, dans les semaines à venir, ne manquera pas d’intérêt.

Louis Dollo, le 25 octobre 2013

Haut de page


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Prédations d'ours dans les Pyrénées en 2013