La réaction d'Europe Ecologie et... la réponse du berger à l'écolo

 

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La réaction au communiqué de presse du groupe Europe Ecologie au Conseil Régional Midi-Pyrénées ne s’est pas fait attendre de la part de la coordination pyrénéenne ADDIP. Une réponse point par point mettant en cause les associations environnementalistes, notamment l’ADET-Pays de l’ours curieusement présidée par François Arcangeli, Conseiller Régional délégué en charge de la biodiversité et Maire d’Arbas. C'est la réponse du berger à l'écolo avec de nombreuses précisions qui rendent l'ADET de moins en moins crédible en dehors du montant impressionnant des subventions qu'elle reçoit.

 

Ignorance ou manipulation des élus régionaux par M. Arcangeli ?

A propos du communiqué de presse des élus Europe Écologie du Conseil régional Midi Pyrénées :
« Battue à l’ours ou bizutage du nouveau Ministre de l’Écologie ? » du 29-07-2013


Pesons nos mots : ce communiqué de presse est atterrant par son ignorance totale du dossier ours et ses approximations. C’est inquiétant pour des élus à un tel niveau de responsabilité. Reprenons dans l’ordre :

MENSONGE : « les ours tuent chaque année en moyenne 200 brebis dans les Pyrénées sur un cheptel de 600.000 têtes, soit 0,03 % »

Il ne viendrait à l’idée d’aucun élève de 1°S de formuler une telle ânerie statistique : confondre deux échelles d’analyse différentes. En effet les ours sévissent dans certains secteurs où ils sont rassemblés : la seule comparaison valable est celle de la situation sur ces estives avant l’ours et aujourd’hui. Les chiffres sont sans appel, pas seulement pour les pertes directes, il y a aussi les effets induits sur l’état des troupeaux, les avortements, le travail de plus en plus impossible des éleveurs et bergers concernés etc. Et la présence de bergers et patous n’y change strictement rien !

MENSONGE : la « procédure d’infraction » de la Commission Européenne pour non viabilité…

… mais ce sont les associations financées par notre pays qui ont porté plainte contre lui. En septembre 2011 déjà M. Arcangeli au nom de l’ADET avait attaqué la France qui cette année là lui avait versé 130.000 € de subvention sans doute à cet effet : mordre la main qui vous nourrit.

Réponse de la Commission : statut de conservation favorable
« la directive Habitats ne fixe aucune date limite ni les mesures pour atteindre cet objectif /…/ c’est à La France de décider comment y arriver, et de le faire en tenant compte des aspects économiques, sociaux et culturels ainsi que des caractéristiques régionales et locales, c’est l’article 2 de la directive. » - Voir également le Financement public et privé des associations écologistes

MENSONGE : « les pyrénéens - toujours très majoritairement attachés à la présence de l’ours ».

L’UE en réalité a entériné le rejet des Pyrénéens par rapport au programme ours. Article 22 de la directive Habitats : les réintroductions « ne sont pas obligatoires » et ne pourraient se faire « qu’après consultation des populations concernées » : concernées, ce n’est ni Midi-Pyrénées, ni la France. Après les réintroductions de 1996 l’UE avait déjà annulé la suite prévue « à cause de l’opposition des populations locales ». Le dernier rapport LIFE-Europe (mars 2013) souligne toujours la force de cette opposition : « la population pyrénéenne d'ours bruns reste donc menacée, et seul un changement important dans les attitudes locales à la présence de l'ours dans les Pyrénées peut la sauver. »

La battue d’effarouchement en Ariège, comme celle annoncée peu avant par les « populations concernées » dans les Hautes-Pyrénées, sont une preuve supplémentaire de ce rejet. Le « changement important dans les attitudes locales » n’est vraiment pas à l’ordre du jour. L’UE elle-même en tire les conséquences : stop, même si « la population d’ours reste menacée » !

MENSONGE : l’ours « seul mammifère en Midi-Pyrénées classé par l’UICN en “danger critique d’extinction” »

C’est une supercherie : ce classement ne respecte aucune des directives de l’UICN pour l’établissement des listes rouges nationales et régionales (1). L’UICN demande de noter la situation des « espèces mondialement menacées », avec possibilité de ne pas mentionner celles dont « l’effectif représente moins de 1% des effectifs de la population mondiale. » L’ours n’est menacé ni mondialement ni dans l’UE, le pourcentage pyrénéen dans les deux cas est proche du zéro !
Ces directives obligent aussi à indiquer ce %, ce qu’« oublie » de faire notre liste française ou régionale ! Or ce % est essentiel comme l’indique l’UICN afin de ne pas gaspiller l’argent et bien centrer les programmes de sauvegarde en fonction « du ratio coût/efficacité et des priorités ». On fait exactement l’inverse avec l’ours.
Étrange de voir le Conseiller Régional délégué en charge de la biodiversité, M. Arcangeli, appuyer en ce sens au lieu de bien orienter les budgets vers les besoins réels et non pas des espèces non menacées. Plus encore en période de crise.

LA VÉRITÉ : L’ADET DU SIEUR ARCANGELI, UNE ESCROQUERIE D’ÉTAT

Les introductions d’ours slovènes de 95-96 ont eu lieu à partir de mensonges qui engagent directement l’État et le Ministère de l’Environnement à travers G. Simon, son Conseiller technique puis Directeur de la Nature et des Paysages. Mensonge sur l’acceptation sociale qu’il savait inexistante : « Après quatre ans d’effort il existe toujours une opposition, voire une très forte opposition locale, à la présence de l’ours brun et tout ce que cette présence implique », mais cacha en faisant croire l’inverse à partir d’une « petite structure bâtie pour l’occasion », l’ADET, « permettant ainsi au projet d’être moins parisien /…/ pendant que le projet « lourd » de réintroduction évoqué par ailleurs continuerait d’être discuté » (courriers officiels, 01/1991, 12/1992).

C’est cette petit structure moins parisienne que dirige en 2013 M. Arcangeli et au nom de laquelle il attaque la France.

Si l’Europe n’avait pas été bernée par M. Simon, agissant au nom de l’État, elle n’aurait pas davantage réintroduit en 95-96 qu’elle ne l’a fait après et pour les mêmes raisons. Toutes les suites du programme ours découlent de ce mensonge initial.
Il est inadmissible de continuer à faire payer à ceux qui ne le voulaient pas les conséquences d’une escroquerie d’État alors que l’Europe elle-même en a tiré les conclusions que nous venons de voir.

L’État doit réparer ce dysfonctionnement majeur du processus de décision : il doit empêcher ces ours de nuire. Qu’il les mette dans un zoo, qu’il les renvoie en Slovénie peu importe et s’il les retire, ce n’est pas pour les mettre chez le voisin.

Les signataires du groupe Europe Ecologie au Conseil Régional de Midi-Pyrénées appartiennent à un Parti de Gouvernement attaché à juste titre à dénoncer les scandales d’État. Celui dont l’ADET a été le moyen est aussi grave que les autres : mensonge d’État, déni de démocratie au dépens des « populations concernées », conséquences néfastes pour ces populations. Ils devraient alors en tirer les conséquences : une escroquerie d’État est une escroquerie d’État, quand bien même elle concerne une réalité que l’on croit judicieux de défendre par ailleurs.

Pour l’ADDIP, sa Présidente, Marie Lise Broueilh, son chargé de recherche et porte parole Bruno Besche-Commenge.

Gérard Dubuc, Maire de Saint-Lary (Ariège), territoire de la battue solidaire d’effarouchement à l’ours du 27 juillet.

(1) - Liste Rouge de l'UICN : des problèmes de crédibilité

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Battue à l’ours ou bizutage du nouveau Ministre de l’Écologie ?


Les observateurs attentifs du dossier ont pu se demander quelles étaient les raisons de cette subite montée de fièvre en Ariège sur le dossier de l’ours. Certainement pas du côté des dégâts sur les troupeaux qui sont plutôt en régression cette année.

Faut-il d’ailleurs rappeler que lorsque les ours tuent chaque année en moyenne 200 brebis dans les Pyrénées sur un cheptel de 600.000 têtes, soit 0,03 %, il en meurt environ 50.000 d’autres causes ?

Faut-il préciser aussi que lorsque les anti-ours dénoncent quelques dizaines de pertes depuis le début des estives, il meurt dans un même temps chaque semaine plus de 1.000 brebis (asticots, maladies, chutes, foudre, chiens errants...) ?

La raison de cette tension très artificielle est toute autre : faire pression sur le tout nouveau Ministre de l’Écologie et le pousser dès son arrivée à l’inaction.

Car la situation est parfaitement claire : malgré une dynamique intéressante du nombre d’ours en Pyrénées Centrales, où après avoir évité l’extinction sur le massif, la population se reconstitue lentement, celle-ci reste très en deçà des seuils de viabilité et la Commission Européenne a engagé une procédure d’infraction contre la France.

Car l’ours est une espèce protégée, seul mammifère en Midi-Pyrénées classé par l’UICN en “danger critique d’extinction”, et dont la France a l’obligation de restaurer la population.

Les opposants surfent aussi sur plusieurs années où la gouvernance de ce dossier par les ministères successifs n’a été que tergiversation et renoncement.

Pire, en entretenant l’illusion qu’il pourrait ne plus y avoir d’ours dans les Pyrénées, ces opposants empêchent beaucoup d’éleveurs de mettre en place les actions de protection des troupeaux et les maintiennent dans un état de vulnérabilité. Pourtant, les exemples d’efficacité de ces mesures de protection ne manquent pas, ce qui explique que les dégâts sur les troupeaux restent stables ces dernières années malgré l’augmentation du nombre d’ours.

Plus intéressant encore, on constate une grande efficacité de ces mesures sur les autres causes de mortalité du cheptel et le nombre de brebis ainsi sauvées est bien supérieur à celui des dégâts causés par les ours.

Les élu-e-s écologistes du Conseil Régional dénoncent ces prises de position et ces actes illégaux qui salissent l’image des Pyrénées. Ils condamnent ces battues illégales et ces appels à la destruction d’une espèce protégée, et demandent le retour à la raison.

Philippe Martin devra faire le choix entre faire de la France un pays exemplaire en terme de biodiversité comme s’y est engagé François Hollande, ou céder à ces “amicales pressions”, ces manipulations grossières et ces revendications rétrogrades, et ainsi continuer à s’attirer les foudres de l’Europe et l’incompréhension des pays qui autour de nous ont tous réussi leur cohabitation avec la grande faune.

Les élu-e-s écologistes invitent les pyrénéens - toujours très majoritairement attachés à la présence de l’ours - à tourner la page de ce débat stérile du “pour et du contre l’ours” afin d’engager enfin la promotion de cette exceptionnelle richesse de notre patrimoine naturel et de valoriser ainsi les productions et les activités des hommes et des femmes qui vivent dans nos vallées.

Au nom du groupe Europe Ecologie au Conseil Régional de Midi-Pyrénées,

  • François Arcangeli, Conseiller Régional délégué en charge de la biodiversité, Maire d’Arbas
  • François Calvet, Conseiller Regional de l’Ariège,
  • Guilhem Latrubesse, Conseiller Regional des Hautes-Pyrénées,
  • Guillaume Cros, Président du groupe Europe Ecologie

 

(1) - Liste Rouge de l'UICN : des problèmes de crédibilité

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