Comment traquer les ours ?

 

Pour traquer l'ours il y a plusieurs méthodes qui peuvent se répartir en deux grandes familles :

Bien entendu ces méthodes sont réservées aux spécialistes et ne s'adressent pas au grand public.

La marche des traqueurs d'ours


ASPE ET OSSAU -- L'hiver passé, le réseau ours a relancé son plan de recherches de traces. Les équipes ont 37 circuits à parcourir dans la montagne. Depuis le début de l'année, trois mâles ont été reperés

La longue et pacifique traque des ours en Haut-Béarn a repris. Chaque année, le réseau chargé de suivre l'animal se met, en effet, en branle avec le mois de mai. Entre Aspe et Ossau, les équipes ont pour mission de recueillir les éléments susceptibles d'indiquer la présence du plantigrade dont le niveau de population est ainsi régulièrement recoupé. Là-haut dans la montagne, les hommes doivent quadriller un vaste territoire à travers un total de 37 circuits d'ici à la fin de la semaine. Un défi.
Pour Jean-Jacques Camara, le coordonnateur de l'ONCFS (1), agir simultanément à cette échelle est le seul moyen d'éviter les doublons de comptage. « Nous disposerons d'une évaluation plus précise en juin. A ce jour, les repérages font penser qu'il y a trois grands ours entre Aspe, Ossau, Barétous, Aragon et Navarre. Peut-être quatre si l'on prend en compte le petit de Cannelle dont les dernières nouvelles remontent à l'automne. Celui-ci a grandi. On aura du mal à différencier ses empreintes par rapport aux autres sans l'aide de la génétique. »
Mardi, Didier Hervé, le directeur de l'Institution patrimoniale (IPHB) et son collaborateur, Jean-Michel Mehl, ont laissé tomber leurs ordinateurs pour s'équiper de chaussures de marche. Pour eux, le secteur à fouiller s'étire sur 800 mètres de dénivelé. La carte IGN est de rigueur. L'ours n'a pas toujours la politesse d'emprunter les chemins les mieux balisés.

De la térébantine.
Avant d'atteindre une crête qui relie les deux vallées à 1 600 mètres d'altitude, la chasse aux indices se déroule à l'ombre du royaume des hêtres séculaires. Le sol est dur comme une pierre. « C'est très sec en ce moment. Dans ces conditions, il est particulièrement difficile de trouver quelque chose », estime Didier Hervé en faisant craquer les feuilles mortes sous son bâton. A l'entendre, la fonte des neiges est en avance d'un mois. Tant pis pour les empreintes. « Peut-être trouvera-t-on des crottes, un site de couche ou des coups de griffes sur un arbre ».
Dans leur quête de Graal, les voilà maintenant plantés au pied d'un sapin géant. Sur l'écorce, la blessure du bois qui ne se referme pas indique que le fauve a l'habitude de s'y gratter le dos. « L'appât » déposé lors d'une précédente observation - une fine grille destinée à piéger les poils - n'a pas bougé. Les deux compères y collent leur nez. « Rien ». Jean-Michel l'asperge d'essence de térébantine. « C'est pour rappeler l'odeur de résine qui attire l'ours ». Pour une prochaine fois. Les sept heures de marche n'ont rien donné.
Au Fonds d'intervention éco-pastorale (FIEP), Gérard Caussimont connaît bien les limites de ce type d'examen. Comme d'autres, il milite pour une prise automatique d'images. « Dans les Monts Cantabriques, 10 ours ont été identifiés par le biais d'empreintes et 14 autres grâce aux photos. En associant les méthodes, on se fait une idée plus précise des passages ». Mais à l'entendre, les appareils photos développent une incroyable propension à disparaître dans les Pyrénées.

(1) L'office national de la chasse et de la faune sauvage

Auteur : Patrice Sanchez
Source : Sud-Ouest du 4 mai 2006

Observation


Certains éleveurs, en particulier hors Béarn, préfèrent ne pas signaler la présence d'un ours pour éviter de voir arriver des scientifiques qui, bien souvent, dérangent le plantigrade. Ils préfèrent prendre discrètement les dispositions nécessaires pour protéger leurs troupeaux.
Pourquoi ?
Ils estiment qu'en dérangeant l'ours les techniciens le perturbent et font courir des risques aux troupeaux alors qu'en le laissant tranquille dans un lieu où il a gîte et couvert les risques sont moins importants.

Louis Dollo, le 4 mais 2006

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Lettre ouverte à AVES-France

Vous publiez un article de Baudouin de Menten en date de vendredi 15 septembre 2006 que je viens de découvrir. Dans cet article je suis nommément mis en cause dans ces termes :

Pourtant Louis Dollo, le guide de pays, anti-ours militant, et pigiste à Lourdes-Infos déclare sur son site sur une page intitulée "Comment traquer les ours" : "Certains éleveurs, en particulier hors Béarn, préfèrent ne pas signaler la présence d'un ours pour éviter de voir arriver des scientifiques qui, bien souvent, dérangent le plantigrade. Ils préfèrent prendre discrètement les dispositions nécessaires pour protéger leurs troupeaux. Pourquoi ? Ils estiment qu'en dérangeant l'ours les techniciens le perturbent et font courir des risques aux troupeaux alors qu'en le laissant tranquille dans un lieu où il a gîte et couvert les risques sont moins importants."

(Source : une page du site de Louis Dollo qu'il a retiré. Voir copie d'écran.)

En général, sur le Web, lorsque l'on fait une citation, on met le lien vers la source afin que l'information soit complète et restituée dans son contexte. Dans ce cas je note qu'il y a de la part de l'auteur un mensonge. La page n'a jamais été retirée depuis qu'elle a été mise en ligne. La preuve : ma réponse est faite sur la dite page. Plutôt qu'une copie partielle d'écran, un lien aurait été plus complet pour que le lecteur puisse pleinement apprécier le commentaire.

L'auteur poursuit son propos en ces termes : " La traque permet donc de déstabiliser l'ourse Franska et de provoquer une augmentation des attaques, des remboursements et de se rapprocher de l'instant où ils pourront la déclarer à problèmes. "

Il y a là un amalgame tendant à détourner mon propos. Si on restitue mon propos cité, nous voyons qu'il s'agit d'un commentaire d'un article de Patrice Sanchez du Journal Sud-Ouest du 4 mai 2006 qui traite de la traque des ours par l'équipe de suivi et non d'un effarouchement par les éleveurs comme Baudouin de Menten tente de le faire croire. Pour ma part, j'ai bien mentionné dans le " chapeau " de ma page en guise d'avertissement : "Bien entendu ces méthodes sont réservées aux spécialistes et ne s'adressent pas au grand public."

Sans aucune polémique, il me serait agréable que vous puissiez restituer cette part de vérité en complément à l'article de Baudouin de Menten.

Avec mes remerciements.

Louis Dollo, le 17 avril 2008

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J'ajoute ceci, à rendre public....


J'ai, avant hier, 15 avril 2008, avec Madé Maylin, éleveuse et bergère en vallée d'Ossau et membre comme moi de l'ADDIP, rencontré M. Claude Berducou, scientifique spécialiste de la faune de Montagne, ONCFS, CNERA, aujourd'hui en retraite et auteur notamment de nombreux travaux sur l'ours brun. Il fait partie de ces véritables spécialistes reconnus, qui savent de quoi ils parlent, mais que l'irruption sur ce terrain d'associations auto-proclamées "spécialistes", bruyantes, très étrangement archi-financées par notre maigre budget national, ont tout simplement marginalisés.

Parmi les nombreuses informations qu'il nous a très chaleureusement fournies et sur lesquelles nous reviendrons, les deux suivantes vont totalement dans le sens indiqué par M. Louis Dollo:

1) - le FIEP est venu s'imposer et semer le désordre en Béarn, dans un système qui jusqu'à son intervention avait permis une gestion de l'ours béarnais qui ne radicalisait pas les positions des uns et des autres, mais permettait d'envisager non pas une véritable viabilité naturelle de l'espèce - elle est de toute façon impossible dans les Pyrénées: plusieurs centaines d'ours sur des milliers de km2 s'accordent à reconnaître les spécialistes; même dans les Asturies, aujourd'hui, ces conditions ne sont pas remplies - mais au moins une survie de cette population "sous assistance médicale permanente", comme le dit cet autre spécialiste, Javier Naves, à propos des ours asturiens justement.

2) - l'interdiction des battues anti-ours a été catastrophique pour cette population ursine béarnaise; en effet, ces battues ne se soldaient quasiment jamais par la mort de l'ours, mais par deux actions fort réjouissantes: sa fuite des zone où il sévissait contre les brebis, et un copieux et arrosé repas de fête pour ceux qui avaient participé à l'action! Double bénéfice: on réactivait à la fois chez la bête sa crainte de la présence humaine, et chez l'homme ce lien social que nos pleureuses actuelles se lamentent de voir perdu.

Ce fut un entretien oral, au soleil du très beau jardin de sa maison dont un magnifique rosier Pierre de Ronsard orne le porche d'entrée. Mais vous pouvez aussi trouver ces mêmes informations par écrit dans le n° 142, janvier 1990, ISSN 0151-4806, du bulletin mensuel de ce qui s'appelait alors simplement "Office national de la chasse", numéro spécial "Ours brun des Pyrénées". Seule différence, sur le FIEP les choses y sont écrites de façon, disons ... plus diplomatiques!

J'allais oublier : sur les chiffres d'ours encore présents dans le massif depuis une bonne cinquante d'années, il nous confirma ce que tous les scientifiques sérieux (il faut hélas ajouter cet adjectif) savent fort bien ; ce sont des chiffres controuvés, répétés de publication en publication, et qui ont fini par acquérir force de vérité alors qu'ils sont très approximatifs et très peu fondés rationnellement.

Bruno Besche-Commenge- ASPAP/ADDIP - 17 avril 2008

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