OURS : se méfier des grands connaisseurs

 

Les informations les plus folles circulent autour de l'ours, de sa présence, de son caractére inoffensif ou, également, sur les intentions bonnes ou mauvaises des uns et des autres, entrainant parfois un climat lourd de suspiscions.
Il convient de faire trés attention à la rumeur.
Certains diront que le meilleur moyen d'aider l'ours est d'en parler le moins possible. D'autres diront qu'il faut le faire connaître pour mieux l'appréhender. Ce qui est certain, c'est que plus on colporte de fausses rumeurs, plus on fait prendre de risque à l'ours.
Parlons en, mais laissons le tranquille

Des informations surprenantes extraites fin 2001 du site Dioméda, "Bureau d'écologie appliquée", nous ont interpelé. Nous recopions ci-dessous en italique les extraits de ce site et nous mettons les commentaires en caractére normal vert.


"Après la disparition tragique de l'ourse Melba, abattue par un porteur de fusil et laissant deux oursons orphelins (l'affaire a été classée sans suite !!), il semble bien que ses congénères aient retenu la leçon."

On sait parfaitement qu'une ourse avec ses oursons est plus agressive que sans ses petits.
On sait également que le chasseur était en chasse réguliére. la décharge ayant tuée Melba ayant été donné pratiquement à bout portant dans une situation d'autodéfense. (Au fait, qu'est devenu le chien du chasseur :-)). Je crois qu'une autopsie de Melba a été faite et a due fournir des éléments complémentaires à l'enquête dont nous ne disposons pas.)
Si la justice n'a pas donné de suite à cette affaire, c'est qu'elle ne devait rien avoir à reprocher au chasseur. Prétendre le contraire, ne serait-ce pas remettre en cause toutes les décisions de justice ?

"Les informations sur les déplacements des ours pyrénéens sont aujourd'hui filtrées et livrées au public avec beaucoup de précautions. Sachez aussi que pour des raisons aujourd'hui évidentes de sécurité, les scientifiques chargés de leur suivi donnent volontairement les informations concernant le déplacement des animaux avec plusieurs jours, voire semaines, de retard."

Aujourd'hui, fin 2001, on peut dire qu'ils ont déjà beaucoup de difficultés à savoir où sont les ours puisqu'ils ne sont plus équipés d'émetteurs. Les laisser tranquille est peut être la meilleure garantie de leur survie. Néanmoins, il faut noter que l'introduction d'ours d'origine slovéne a été présentée comme un moyen de développement touristique. Curieuse manière de faire avaler une pillule aux populations locales.... Mais personnellement, je ne vois pas comment on peut concilier protection d'une espèce menacée qui nécessite un certain calme au milieu d'une nature la plus sauvage possible et le tourisme dont l'objectif est de faire profiter le plus grand nombre possible de personnes. Les initiateurs du projet n'ont jamais donner de précision sur cet aspect de la protection de la grande faune.

"Nous pouvons même vous indiquer qu'une fausse information à propos de la localisation d'un individu dans les Pyrénées centrales a été volontairement diffusée ces derniers jours. Le résultat ? Certains bergers sont venus sur les lieux (pourquoi?, on ne le sait pas) et quelques chasseurs locaux sans leurs fusils, ont aussi fait le déplacement !!? Pour voir ?"

Caricature ridicule du chasseur et du berger anti-ours. Le chasseur n'a son fusil que pour chasser dans des zones autorisées et à des périuodes déterminées. Le chasseur peut être aussi un curieux, un touriste, un protecteur du milieu naturel, etc... Quant au berger.. même s'il n'a rien à faire il est bien rare de le voir se promener pour son plaisir.
Par ailleurs, se rendre sur des lieux où l'ours a été vu la veille avec l'espoire de le revoir le lendemain relève d'une naïveté déconcertante autant que d'une ignorance de la conduite de cet animal. L'ours fait jusqu'à 25 km par jour (ou par nuit) dans une direction que l'on ignore. Bien malin celui qui peut faire des prévisions de passage. Il n'est donc pas nécessaire de donner de fausses informations. Les bonnes suffisent pour qu'un randonneur basique ne trouve jamais l'ours ou le trouve totalement par hasard.

"Ziva et ses deux oursons ont sagement choisi de franchir la frontière et de profiter plus sereinement de la tranquillité des espaces espagnols. C'est aussi semble-t-il, le choix du beau mâle Pyros, rusé et discret, qui porte un nouveau collier émetteur. Nous savons aussi, après des analyses génétiques que les deux oursons qui suivent Ziva sont bien ses oursons : on espèrait un peu que l'un d'entre eux serait le petit de la défunte Melba".

Ce qui s'est passé par la suite est assez loin de confirmer ces propos. Dans ce domaine il faut être prudent et éviter de dire n'importe quoi.

"L'Espagne, terre de refuge pour les ours français.... Pourquoi pas ?"

Il existe en Espagne des zones où les estives ne sont plus utilisées et les granges, voir même des villages, sont abandonnés. Par ailleurs en versant sud il y fait plus chaud à certaines périodes de l'année. De toute manière ce n'est pas l'homme qui choisira pour l'ours mais l'ours qui choisira pour lui-même. Donc, cessons de faire des suputations et laissons les ours d'origine slovéne trouver leurs marques sur un terrain d'imigration qu'ils n'ont pas choisi. Laissons-leur le temps de s'intégrer là où ils se sentiront le mieux possible et surtout là où ils trouveront une nourriture suffisemment abondante toute l'année. En tout état de cause, l'ours a besoin d'un grand territoire, il est donc illusoire, comme l'avait imaginé les initiateurs du projet d'introduction, de vouloir les cantonner sur un espace limité, surtout sans clôtures.

En guise de conclusion, nous pouvons dire qu'en matière d'ours, nombreux sont les soi-disants connaisseurs pour ne pas dire chercheurs qui racontent n'importe quoi. Parmi les soi-disants protecteurs qui sont plus des militants du stylo et du slogans, nombreux sont ceux qui préchent le faux pour valoriser un fond de commerce qui ne vaut pas grand chose.
Les véritables protecteurs de la nature, du milieu naturel et des espèces qui y vivent ce sont ceux qui sont sur le terrain, l'entretiennent, le surveillent et le connaissent c'est à dire les bergers. Le reste n'est que littérature et/iu intellectualisme sans grand intérêt.


Le Grand Charnier

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