Le harcèlement ecologiste

 

Au-delà du droit, la SPANSO donne le sentiment de vouloir harceler l'IPHB au motif que l'institution n'a pas su protéger l'ours après avoir prétendu qu'elle n'avait pas sue mener le renforcement de l'espèce. La SEPANSO oublie que durant près de 10 ans et jusqu'en 2006, elle a participé aux travaux de l'IPHB. Demander des sommes incroyables aussi bien à l'Etat qu' l'IPHB qui n'en dispose pas uniquement par dépit d'avoir perdu dans l'affaire du chasseur de la vallée d'Aspe, semble bien relever d'un comportement de harcèlement bien lointain de la protection de l'environnement pyrénéen ou de la sauvegarde du plantigrade dans les Pyrénées.

 

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Le fantôme de Cannelle hante les tribunaux


Pour les écologistes de la Sepanso, la mort de la dernière ourse de souche locale pouvait être évitée. Ils attaquent l'État et l'Institution patrimoniale du haut Béarn

Le 2 novembre 2004, la dernière ourse de souche béarnaise trouvait la mort en Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce jour-là, la partie de chasse au sanglier avait mal tourné. Un habitant du village d'Urdos, René Marquèze, s'était retrouvé nez à nez avec l'animal. Se sentant menacé, il avait tiré. Un coup en l'air. Un autre fatal.

Dans un dernier souffle, Cannelle abandonnait l'ourson mis au monde deux mois auparavant. Si l'on en croît la légende, les cris du petit sans sa mère avaient résonné toute la nuit dans la haute vallée. L'émotion avait été ressentie jusqu'au plus haut niveau de l'État.

Les caravanes de journalistes et de photographes ont quitté la montagne depuis longtemps. Mais deux procès en correctionnelle plus tard, l'affaire n'en finit pas d'alimenter la polémique. Aujourd'hui, les écologistes de la Sepanso lancent une nouvelle procédure judiciaire. Pour eux, alors que le chasseur a été blanchi, les « responsabilités collectives » n'ont toujours pas été sanctionnées. Dans leur ligne de mire cette fois : l'État et l'Institution patrimoniale du haut Béarn, l'IPHB, dont la charte prenait en compte la protection de l'ours. Le tribunal administratif de Pau est saisi.

« L'État a été pris en otage dans cette affaire. La Sepanso et les plus grands naturalistes tiraient la sonnette d'alarme depuis les années 1970 », observe François Ruffié, l'avocat du barreau de Libourne en charge du dossier. « Sous le prétexte d'une politique contractuelle, les élus locaux et les chasseurs ont trouvé, au sein de l'Institution patrimoniale, une pompe à subventions. On voit le résultat. L'humanité triomphante était la gardienne d'une grande espèce menacée qui a maintenant totalement disparu. Ce n'est même pas la peine d'en réintroduire, ils vont encore les tuer. »

Le conseil de la Sepanso réclame 1 million d'euros à la France en réparation du préjudice. Notre pays est notamment engagé, à travers plusieurs conventions internationales, dans la conservation de la faune en péril.

Réserves Lalonde

François Ruffié constate, par ailleurs, que tous les moyens dont dispose l'État n'ont pas été mis en oeuvre pour accomplir sa mission. Créées en 1990, les « réserves Lalonde » ont été abrogées trois ans plus tard face à la levée de boucliers des montagnards. Ont alors repris les battues au chevreuil et au sanglier, principales causes d'activité de nature à déranger l'animal et à provoquer sa mort au cours d'accidents de chasse.

Ainsi, en 1994, l'ourse Claude se fera abattre par des chasseurs de Borce dans une ancienne zone réglementée. Cette année-là, un nouvel acteur apparaît : non sans difficultés, l'IPHB réunit autour de la même table les amis de la nature, les élus des communes concernées et les partenaires institutionnels. Ils signent une charte de développement des vallées et de protection de l'ours. L'objectif est de calmer les esprits et de trouver des solutions.

« À cette époque, on s'aperçoit que la responsabilité de l'organisation des activités cynégétiques dans les zones à ours est laissée aux chasseurs. Comme si les automobilistes rédigeaient eux-mêmes le Code de la route », regrette François Ruffié.

Le président de l'IPHB, Jean Lassalle, n'est pas encore le député Modem que l'on connaît pour avoir chanté à l'Assemblée nationale et mené une grève de la faim d'un mois contre la délocalisation de Toyal. Mais sa personnalité charismatique va permettre de calmer le jeu pendant un certain temps. Quelques mois avant la mort de Cannelle, il se dit favorable à des réintroductions d'ours. Ses amis bergers lui claquent la porte au nez. Jean Lassalle change son fusil d'épaule et s'engage dans un nouveau bras de fer avec l'État. A leur tour, les associations de protection de l'environnement abandonnent l'IPHB. Le feu n'est toujours pas éteint.

Capital génétique

La Sepanso demande à la justice administrative de condamner l'IPHB à lui verser la somme de 300 000 euros. Elle souligne plusieurs carences, dont celle relative à l'incapacité de l'IPHB, membre d'un dispositif de surveillance de l'ours, de suspendre une battue en cas de présence d'ours...

De son côté, Jean Lassalle ne comprend pas : « La Sepanso siégeait à l'IPHB jusqu'en janvier 2005. Elle a activement participé à la politique qu'elle dénonce. Quand elle attaque l'IPHB, elle s'attaque elle-même. Quant à la souche pyrénéenne, elle n'a pas disparu. Nous touchons à un débat raciste qui ne m'intéresse pas. Mais nous avons encore des mâles. Du côté espagnol, il y a encore des femelles. On pourrait même reconstituer le capital génétique de Cannelle. C'est une question de volonté et de moyens. ».

Auteur : patrice sanchez
Source : Sud-Ouest du 5 mars 2009

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