Franska, les ours et Nathalie

 

L'ours Franska, les ours des Pyrénées et Nathalie Kosciusko-Morizet, voilà un coktail explofif pour l"été et l'automne 2007. Une tentative de dialogue assez précaire, des acteurs des territoires de montagne déterminés, voilà un sujet à suivre jour après jour.


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Ours dans les Pyrénée

 

 

 

Ours et éleveurs, l'impossible cohabitation


La secrétaire d'état à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se rend jeudi 26 juillet à Toulouse, veut " favoriser la coexistence " entre les plantigrades et les hommes
Depuis avril, Franska serait de toutes les prédations, ou presque. Les preuves de ses forfaits ne sont pourtant pas toujours évidentes, mais qu'importe. L'exaspération monte. Les éleveurs des Baronnies (Hautes-Pyrénées) ont organisé le 22 juin une battue d'effarouchement, provoquant une mise en garde préfectorale sur ce type d'actions pouvant "relever d'une forme de délinquance".

293 prédations imputables aux ours depuis début 2007
Depuis le début 2007, les dommages se répartissent ainsi : deux brebis tuées en Haute-Garonne, 121 dans les Hautes-Pyrénées (sans compter 20 bêtes dont les causes de la mort feront l'objet d'un examen par une commission ad hoc en octobre), 125 en Ariège (ainsi que 19 brebis dont les cas seront également examinés par la commission) et six dans les Pyrénées-Atlantiques.

Au total donc, dans l'hypothèse haute englobant les victimes encore " douteuses ", 293 prédations imputables aux attaques d'ours. En 2006, sur toute l'année, on comptait 369 brebis tuées et indemnisées, 406 en 2005.

" Pour l'instant, on ne peut parler d'une hausse réelle des prédations par rapport aux années précédentes que dans les Hautes-Pyrénées ", commente l'équipe technique en charge du suivi des ours (ETO).

"Un comportement induit par les conditions locales"
Pour les défenseurs de la réintroduction de l'ours, ce pic n'est guère étonnant : " Le comportement des ours est induit par les conditions locales, martèle Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'ours-Adet. Ils frappent dans les Pyrénées centrales tout simplement parce que les troupeaux ne sont pas gardés. Entre 200 et 450 bêtes sont indemnisées suivant les années. En 2007, nous serons encore dans cette fourchette. Les prédations des ours ne représenteront donc une fois de plus que 2 % des pertes habituellement constatées sur le massif, où 10 000 à 20 000 bêtes meurent tous les ans pour différentes raisons. "

Retour à la case départ donc pour le débat sur l'ours, et plus largement pour l'avenir du pastoralisme pyrénéen. Pour les défenseurs du plantigrade, l'ours révèle surtout l'inadaptation du système actuel, avec des troupeaux laissés libres sur les estives, sans protection ni surveillance, d'où le taux de mortalité important du cheptel.

La solution ? Une mutation, à l'image de celle réalisée dans les Alpes où, face aux loups, les troupeaux sont regroupés la nuit et gardés sur certains espaces dans le cadre de contrats de protection ouvrant droit à des financements publics.

"Réorganiser un débat à l'échelle du massif"
Pour faciliter cette transition, des aides sont effectivement prévues dans les Pyrénées par les mesures d'accompagnement au programme de restauration de l'ours : aide au gardiennage, à l'achat de clôtures et de chiens patous pour encadrer les troupeaux.

" Ces crédits ne sont que très partiellement affectés, et on note une absence manifeste de projets, souligne-t-on au ministère de l'écologie et du développement durable. Est-ce un problème de lourdeur administrative, un manque d'intermédiaires techniques ou un refus de principe ? Il faudrait réorganiser un débat à l'échelle du massif, et sans doute avancer l'évaluation de ce plan, prévue en 2009, pour faire un bilan dès la fin de l'année. "

Pour les éleveurs, c'est le fondement même du programme ours qui n'est pas acceptable. " Il s'agit d'un schéma intellectuel, un modèle type que l'on veut nous imposer mais qui méconnaît les réalités du terrain", tempête Marie-Lise Broueilh, éleveuse dans les Hautes-Pyrénées et chargée de mission à l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip).

"C'est une expérience millénaire qui valide notre choix de laisser les troupeaux en liberté, pas la mauvaise foi ou la fainéantise ! Les bêtes savent où elles vont, savent chercher les différents types d'herbes là où il faut. Les encadrer, c'est aller à l'encontre du bien-être des animaux, mais aussi de nos prairies d'altitudes, notre richesse fondamentale.

"Le regroupement apporte plus d'inconvénients que d'avantages. Les mesures préconisées sont en plus intenables : on manque de bergers, les cabanes sont inexistantes et exigeraient un investissement trop lourd, et l'efficacité des chiens patous reste relative pour une gestion en revanche très lourde. "

"Ce qui réussit aujourd'hui ne réussira pas nécessairement demain"
Et les éleveurs de s'appuyer sur l'exemple du dérochement d'Orlu (Ariège), début juillet. Un troupeau parqué, gardé par trois chiens, mais un ours qui rôde semble-t-il et effarouche les brebis. Bilan : 94 bêtes qui se précipitent au fond d'un ravin.

" Ce que nous disons, c'est que le pastoralisme dans les Pyrénées est complexe, et ne peut s'adapter à un modèle unique dicté, entre autre, par la présence de l'ours ", reprend Marie-Lise Broueilh. Cette complexité, les chercheurs du Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerrannée (Cerpam) la révèlent dans une étude publiée récemment sur les effets des regroupements de troupeaux face aux loups dans les Alpes.

Ils soulignent, entre autres conséquences néfastes, l'abandon de zones de pâturages éloignées ou difficilement accessibles, qui entraîne une perte de biodiversité. " Les réponses que l'on peut apporter aux risques de prédation ne sont pas plus définitives qu'extrapolables (…) Ce qui convient ici ne conviendra pas nécessairement ailleurs, ce qui réussit aujourd'hui ne réussira pas nécessairement demain : il n'existe pas à ce jour de modèle valable partout et toujours ", écrivent-ils.

Ces conclusions apportent de l'eau au moulin des anti-ours pyrénéens. Ces derniers viennent de sortir de leur chapeau un vieux projet qu'ils soutiendront jeudi à Toulouse devant la secrétaire d'état chargée de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet : le cantonnement des ours dans un espace clos, un temps envisagé en 1996 dans le Comminges haut-garonnais.

" L'acceptation de cette proposition irait dans le sens de l'apaisement en permettant aussi au gouvernement de sortir de cette crise la tête haute ", assure Marie-Lise Broueilh. Un discours qui fait bondir Alain Reynes. " Définir des zones pour l'ours serait le plus simple, mais ne résoudrait rien en termes de développement durable et dans le long terme. Je ne veux pas croire que le nouveau ministère d'État puisse prendre comme première mesure symbolique pareille décision à l'encontre d'une espèce emblématique de la montagne française. "

"La situation est explosive."
C'est du moins ce que répètent nombre d'éleveurs pyrénéens, excédés par les pérégrinations assassines des ours depuis quelques semaines. En particulier par le parcours meurtrier de Franska, ourse slovène introduite au printemps 2006 sur le massif, et qui, toutes griffes et dents dehors, multiplie les attaques contre les troupeaux ovins en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées.

Auteur : Jean-Luc FERRE
Source : La Croux du 25 juillet 2007

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Crise de l'ours: Nathalie Kosciusko-Morizet veut "favoriser la coexistence"


La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se rend jeudi à Toulouse pour évoquer la crise de l'ours, veut "favoriser la coexistence" entre les plantigrades et les hommes.

"Ce qu'on recherche dans le plan ours, c'est favoriser la coexistence", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Ce que je veux, c'est que, sans à priori, on puisse avoir une discussion demain sur les bonnes conditions de la coexistence. Est ce que cela va vers plus de mesures pour le pastoralisme, est-ce-que cela suppose de mieux définir une zone de présence de l'ours, ce sont des discussions qu'on peut avoir", a-t-elle précisé.

Interrogée sur la possibilité de cantonner les ours en créant des réserves, elle a indiqué qu'elle "n'aimait" pas le mot cantonnement et qu'elle préférait parler de "coexistence et de zone de présence" en soulignant qu'"il y a plusieurs façons d'encadrer la présence y compris géographiquement".

La ministre s'est déclarée décidée à "écouter les propositions des uns et des autres" sur ce dossier qui déchaîne les passions dans la région.

"J'essaie de faire un déplacement où l'on prend le temps. J'ai prévu une longue réunion avec toutes les parties prenantes, les élus, les professionnels, les associations concernées et des délégations représentatives de tous les départements intéressés (Hautes Pyrénées, Ariège, Haute Garonne et Pyrénées Atlantique)", a-t-elle indiqué.

"L'idée est de se donner le temps de s'écouter", a-t-elle ajouté.

"Nous sommes en train d'appliquer le plan ours tel qu'il a été défini et de voir comment on peut le réajuster, l'optimiser, faire en sorte qu'il soit plus efficace et mieux accepté", a déclaré la ministre.

"Le plan ours présupposait des réintroductions. Elles ont eu lieu et nous sommes en phase de recherche d'équilibre sur la base de ces réintroductions", a-t-elle ajouté.

"Nous ne sommes pas dans une phase de relance ni de démantèlement du plan", a-t-elle cependant fait remarquer, rappelant que "le terme officiel du plan c'est 2009".

Source : RTL Info du 25 juillet 2007

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Ni capture ni retrait de l'ourse Franska


La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré jeudi 26 juillet à Toulouse qu'elle n'envisageait pas pour l'instant ni la capture ni le retrait des Pyrénées de l'ourse slovène Franska, comme le demandent des élus et des éleveurs de la région, excédés pas ses attaques contre leurs troupeaux.

"A ce jour, je n'envisage pas de capture et de retrait de l'ourse Franska", a déclaré à la presse la secrétaire d'Etat, à l'issue d'une rencontre avec les professionnels, élus et responsables concernés par le problème de la réintroduction de l'ours brun dans le massif pyrénéen.

"Franska est très décriée par les uns, très défendue par les autres", a constaté Mme Kosciusko-Morizet.

"Est-elle ou non une ourse atypique comme le disent certains (...), a-t-elle ou non un comportement normal ?", s'est-elle interrogée.

"Les acteurs locaux considèrent que cette ourse est une ourse à problème et ceci est contesté par les experts et par l'équipe (de suivi) de l'ours" dans les Pyrénées, a-t-elle ajouté.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie a annoncé qu'elle allait demander une nouvelle expertise sur Franska -responsable de la mort de près de 150 brebis depuis son arrivée dans les Pyrénées en 2006- en faisant appel à des spécialistes étrangers et indépendants, sous la responsabilité de l'équipe "ours" de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Elle a également décidé "une remise à plat" du protocole sur les "ours à problème", "jugé par certains trop rigide et qui doit laisser plus de place à la concertation et à la transparence".

Mme Kosciusko-Morizet a par ailleurs annoncé "une évaluation à mi-parcours", à l'automne 2007, du plan de restauration de l'ours brun dans les Pyrénées, qui s'étend de 2006 à 2009, et une meilleure définition de la zone de présence de l'ours, soulignant qu' "il n'est pas question de mettre les ours dans un zoo".

Elle a enfin annoncé un renforcement des moyens pour assurer le suivi des populations d'ours et de nouvelles mesures de soutien au pastoralisme en concertation avec le ministre de l'Agriculture.

La réunion, qui se tenait à la Préfecture de la région Midi-Pyrénées, regroupait des élus, des professionnels, des représentants d'associations pro et anti-ours et les préfets de quatre départements (Hautes-Pyrénées, Ariège, Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantique).

Nathalie Kosciusko-Morizet avec, à ses côtés, le préfet de la région Midi-Pyrénées

Source : La dépêche du Midi du 26 juillet 2007

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Ours : Franska reste libre dans les Pyrénées


Malgré les éleveurs en colère, le gouvernement n’envisage ni la capture ni le retrait des Pyrénées de l’ourse Franska.


Les éleveurs anti-ours devront prendre leur mal en patience : ce n’est pas encore maintenant qu’ils auront la peau de la bête. A l’issue, jeudi, de leur rencontre à Toulouse, Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a refusé d’envisager la capture et le retrait de l’ourse slovène Franska. « Franska est très décriée par les uns, très défendue par les autres », a reconnu la secrétaire d’Etat. « Est-elle ou non une ourse atypique comme le disent certains ? Les acteurs locaux considèrent que cette ourse est une ourse à problème et ceci est contesté par les experts et par l'équipe de suivi de l’ours », a-t-elle souligné. Pour trancher cette dispute, elle va demander une nouvelle expertise sur la femelle, en faisant appel à des spécialistes étrangers et indépendants.

Amertume des éleveurs
Une neutralité et un attentisme qui ont déçu les éleveurs et les élus de la région, excédés par l’appétit vorace du plantigrade. Plus de 150 brebis sont tombées sous ses griffes, depuis sa réintroduction dans les Pyrénées en 2006. A la mi-juillet, des éleveurs des Hautes-Pyrénées avaient organisé une véritable traque afin de repousser Franska dans la plaine et de rendre nécessaire sa capture. « Aujourd'hui on attendait des réponses. On ne les a pas. Les autorités ont sous-estimé ce qui s'est passé sur le terrain », a déploré Philippe Lacube, l'un des leaders opposants aux ours. Ce porte-parole de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), également président de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (ADDIP) s’est même fait alarmant. « Les gens sur le terrain vont être extrêmement en colère, on ne pourra pas les tenir » a-t-il prévenu.

Aménagement du plan ours

Si elle ne répond pas aux vœux des éleveurs -pas question pour elle de « mettre les ours dans un zoo »- Nathalie Kosciusko-Morizet est consciente des faiblesses du plan ours. Ont été annoncées une évaluation à mi-parcours du plan 2006-2009 de restauration du mammifère dans les Pyrénées, et une meilleure définition de la zone de présence de l’animal dans le massif. La secrétaire d’Etat a enfin promis un renforcement des moyens pour assurer le suivi des populations d’ours et de nouvelles mesures de soutien au pastoralisme en concertation avec le ministre de l'Agriculture. Des engagements salués par les pro-ours, qui assistaient également à cette réunion. Au total, cinq ours slovènes (quatre femelles et un mâle) ont rejoint les 14 à 18 ours déjà présents dans les Pyrénées. Ils étaient des centaines il y a un siècle.

Source : Le Figaro du 26 juillet 2007

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Réunion de crise sur la présence de l'ours dans les Pyrénées


Plus et éleveurs hostiles au retour de l'ours dans les Pyrénées ont rencontré, jeudi 26 juillet à Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette réunion répondait à la demande des responsables agricoles des Hautes-Pyrénées, soutenus par des parlementaires du département, qui exigent le retrait de Franska, l'un des cinq plantigrades originaires de Slovénie réintroduits en 2006 dans la chaîne pyrénéenne.

A la veille de sa visite, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui hérite d'un dossier cher à Nelly Olin, la précédente ministre de l'écologie, disait souhaiter discuter "des bonnes conditions de la coexistence entre l'homme et l'ours". Elle rappelait que le "plan ours", dont le terme est fixé à 2009, n'est ni en "phase de relance ni de démantèlement".

La crise se focalise sur Franska. L'animal, qui a commis de nombreuses attaques contre des troupeaux de moutons depuis le début de l'année, aurait été aperçu à plusieurs reprises dans des villages. En juin, le maire de Barèges a alerté les touristes sur sa présence près du Tourmalet. Son homologue de Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells (Modem), qui avait accepté le lâcher de Franska sur sa commune, demande à son tour le retrait de l'animal.

Nathalie Kosciusko-Morizet avait donné l'ordre, le 13 juillet, à l'équipe de techniciens chargés de suivre les ours réintroduits de capturer l'animal avant de le relâcher plus haut dans la montagne. Elle a indiqué, jeudi, que cette mesure n'était plus d'actualité. Cette procédure d'éloignement a déjà été mise en pratique à deux reprises, en 2006, pour des ours qui rodaient trop près des habitations. Mais elle ne satisfait pas les éleveurs, qui réclament la neutralisation définitive de Franska, décrite comme un animal atypique et "sanguinaire".

Mme Kosciusko-Morizet a confirmé les informations du Canard enchaîné du mercredi 25 juillet, selon lesquelles Franska n'aurait pas 7 ans comme le garantissaient les Slovènes, mais 17. L'ourse est-elle "ménopausée", comme le suggère l'hebdomadaire satirique ? Ces plantigrades peuvent se reproduire tout au long de leur vie, considèrent les naturalistes, même si leur fécondité fléchit avec l'âge.

Très mobile depuis sa sortie d'hibernation, l'ourse a été traquée à plusieurs reprises par des éleveurs en colère, qui ont organisé des battues d'effarouchement, armés parfois de fusils, pour la chasser des estives où pâturent les troupeaux, généralement sans surveillance de bergers.

Ces actions "contribuent à l'affolement de l'animal", a estimé le préfet des Hautes-Pyrénées, Emmanuel Berthier, qui a mis en garde élus et éleveurs du département contre tout dérapage. "Je veux faire baisser la tension", affirme le nouveau préfet de région, Jean-François Carenco. Ce proche du ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo affiche une volonté de dialogue avec des éleveurs "qu'on ne méprise pas".


CAPTURER FRANSKA

Face à la ministre, les Ariégeois ont fait valoir une nouvelle fois leur idée de "cantonner" les ours dans des "réserves". Une solution déjà exposée le 16 juillet à Chantal Jouanno, conseillère de Nicolas Sarkozy pour les questions d'environnement, en marge de la visite du président de la République à Airbus.

Le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (MoDem) plaide pour sa part à nouveau la cause de l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn. Les aides de l'Etat à cet organisme, chargé de la modernisation du pastoralisme dans les zones à ours, ont été suspendues par Nelly Olin, après le refus des Béarnais de procéder à de nouvelles introductions d'ours. Les associations favorables à l'ours figuraient parmi les invités à ce "mini-sommet de l'ours".

Nathalie Kosciusko-Morizet a aussi rencontré sur le terrain l'équipe chargée du suivi des ours réintroduits dans les Pyrénées.

Auteur : Stéphane Thépot
Source : Le Monde du 26 juillet 2007

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Ours - Nathalie Kosciusko-Morizet : ni capture ni retrait des Pyrénées de l’ourse Franska


La secrétaire d’Etat à l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré jeudi à Toulouse qu’elle n’envisageait pas pour l’instant ni la capture ni le retrait des Pyrénées de l’ourse slovène Franska, comme le demandent des élus et des éleveurs de la région, excédés pas ses attaques contre leurs troupeaux.

"A ce jour, je n’envisage pas de capture et de retrait de l’ourse Franska", a déclaré à la presse la secrétaire d’Etat, à l’issue d’une rencontre avec les professionnels, élus et responsables concernés par le problème de la réintroduction de l’ours brun dans le massif pyrénéen.

"Franska est très décriée par les uns, très défendue par les autres", a constaté Mme Kosciusko-Morizet. "Est-elle ou non une ourse atypique comme le disent certains (...), a-t-elle ou non un comportement normal ?", s’est-elle interrogée.
"Les acteurs locaux considèrent que cette ourse est une ourse à problème et ceci est contesté par les experts et par l’équipe (de suivi) de l’ours dans les Pyrénées", a-t-elle ajouté.

Nathalie Kosciusko-Morizet participait, ce 26 juillet 2007 à Toulouse, à une réunion sur le problème de la réintroduction de l’ours brun dans le massif pyrénéen.

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie a annoncé qu’elle allait demander une nouvelle expertise sur Franska - responsable de la mort de près de 150 brebis depuis son arrivée dans les Pyrénées en 2006 - en faisant appel à des spécialistes étrangers et indépendants, sous la responsabilité de l’équipe "ours" de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Elle a également décidé "une remise à plat" du protocole sur les "ours à problème", "jugé par certains trop rigide et qui doit laisser plus de place à la concertation et à la transparence".

Mme Kosciusko-Morizet a par ailleurs annoncé "une évaluation à mi-parcours", à l’automne 2007, du plan de restauration de l’ours brun dans les Pyrénées, qui s’étend de 2006 à 2009, et une meilleure définition de la zone de présence de l’ours, soulignant qu’"il n’est pas question de mettre les ours dans un zoo".

Elle a enfin annoncé un renforcement des moyens pour assurer le suivi des populations d’ours et de nouvelles mesures de soutien au pastoralisme en concertation avec le ministre de l’Agriculture.

La réunion, qui se tenait à la Préfecture de la région Midi-Pyrénées, regroupait des élus, des professionnels, des représentants d’associations pro et anti-ours et les préfets de quatre départements (Hautes-Pyrénées, Ariège, Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantiques).

Source : Lourdes-Infos du 26 juillet 2007

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Jean Lassalle excusé et les éleveurs du Béarn pas disponibles


Jean Lassalle, retenu à Paris, n'a pas pu prendre part à cette réunion de Toulouse. Néanmoins il a adressé une lettre à Nathalie Kosciusko-Morizet dans laquelle il précise : "Tant que l’affront de l’an passé ne sera pas lavé, que les pyrénéens ne seront pas réhabilités, il n’y a strictement rien d’autre à faire que de retirer ces ours".

Dans le même temps il a exprimé sa solidarité aux autres parlementaires de la chaîne des Pyrénées et aux associations et organisations d'éleveurs dans laquelle il indique : "Je vais droit au but, dans cette situation insupportable ma position est très claire, je demande que les 4 ours restants des 5 introductions de 2006, soient retirés"...."Cette réintroduction est un échec pour l’homme et pour l’ours. Devant ce constat, la seule solution est le retrait dans l’urgence de ces animaux, avant que ne se produise l’irréparable."

Par ailleurs, l'association des bergers et éleveurs transhumants des 3 vallées - Aspe - Ossau - Barétous dont les membres sont retenus dans les estives par des occupations agricoles et indique dans une lettre aux associations des autres départements : "Déclinant cette invitation nous avons un grand regret, celui de ne pas être à vos côtés et en solidarité à la façon dont le pastoralisme a été traité par les pouvoirs publics ces deux dernières années. Nous avons déjà fait part à Madame la Ministre de notre solidarité envers tous les éleveurs pyrénéens et nous contestons les réintroductions et l’utilisation caricaturale de mesures pour tenter de nous acheter et de nous diviser."

Ces prises de position laissent peu de marge à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie pour discuter et négocier.

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Qui veut la peau de l’ourse Franska ?


Mais qui veut la peau de l’ourse Franska ? Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, s’est rendue ce jeudi 26 juillet 2007 à Toulouse pour rencontrer, à la préfecture de région, les élus, les professionnels et les associations concernés par le programme de réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées.

Ces délégations seront représentatives des départements des Hautes-Pyrénées, de l’Ariège, de la Haute-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques, concernés par la réintroduction d’ours slovène dans les Pyrénées.

Cette visite intervient alors qu’un débat vient de naître sur l’age véritable de l’ourse slovène Franska. Cette ourse est montrée du doigt par les éleveurs de brebis qui estiment qu’elle serait une tueuse de brebis.

L'ourse Franska a été amenée de Slovénie en France en 2006 dans le cadre de la réintroduction de l'ours brun dans les Pyrénées. Elle serai en effet plus âgée que ne l'avaient déclaré les autorités slovènes, a reconnu la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

C’est après les révélations du Canard enchaîné qui a écrit que cette ourse « n'aurait pas 7 ans, comme l'ont vanté nos fournisseurs slovènes, mais 17 », empêchant cette « vieille ourse ménopausée de donner naissance à des petits Winnie oursons ».

Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogée sur France 2, a reconnu que « en effet plus âgée que ce qui avait été convenu avec les Slovènes et (...) il est probable qu'elle ait 17 ans ». Mais elle estime aussi qu'une ourse peut donné vie à des oursons tout au long de sa vie, et comme une ourse vit « plus de 30 ans », Franska pourrait « avoir trois ou quatre portées. »

Selon les éleveurs, Franska aurait tué une centaine de brebis. Ils ont manifesté le 11 juillet dernier et n'excluent pas de défendre leurs troupeaux avec leurs fusils. Ils accusent notamment le lundi 23 juillet 2007, une attaque d'ours a Bedous en vallée d’Aspe qui aurait fait 7 brebis victimes mortes, 3 brebis tuées au Lary en vallée d'Aspe le 24 juillet. Ils estiment aussi un ours responsable de l’attaque sur 3 ruches à Aydius. Les ruches se trouvaient sur une piste à 2 km au sud-est du village le 25 juillet.

Rappelons que les éleveurs sont indemnisés si une attaque de troupeaux de brebis est bien le fait d’un ours. A été mis en place un système d'indemnisation pour chaque dégradation et attaque de l'ours, des indemnités gérées, pour les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques par le Parc National des Pyrénées.

C’est à la fin des années 1980 que le dernier ours disparaît des Pyrénées centrales. Il ne reste que 7 à 8 individus dans le noyau occidental. A cette période, il apparaissait inéluctable que la population d’ours était condamnée à disparaître des Pyrénées.

C’est sous l’impulsion d’acteurs locaux, que l’État, avec le soutien de l’Europe, décidera alors la mise en place d’un programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées. Une réintroduction est effectuée : trois ours bruns, de la même espèce que les ours des Pyrénées, seront capturés en Slovénie et relâchés dans les Pyrénées centrales en 1996 et 1997.

La semaine passée, le ministère annonçait qu’il n’était plus en mesure de donner les localisations télémétriques de l’ourse Franska, qui se situait toute la semaine précédente dans les Hautes-Pyrénées.

Auteur : Pierre MELQUIOT
Source : News Environnement du 26 juillet 2007

Commentaires


Merci à l'auteur d'être un lecteur assidu des informations que je diffuse sur ce site en reprenant mot à mot les termes que j'emploie surtout lorsque je suis le seul à l'avoir écrit à la date de cet article. Il eut été sympathique de noter la source comme je le fais moi-même.

S'il est vrai qu'en 1996 et 1997 c'est sous l'impulsion d'acteurs locaux qu'une introduction a pu avoir lieu, l'honnêteté intellectuelle de l'auteur aurait dû le conduire à préciser que les mêmes acteurs, aujourd'hui, sont hostiles à une telle opération. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils ont été trompés autant par l'Etat qui n'a jamais tenu ses engagements que par les associations environnementalistes qui ont basé l'ensemble de leur opération sur le mensonge et la manipulation.

Pour ce qui est de la durée de vie de Franska, il est vrai qu'un ours peut vivre 30 ans... dans un zoo. En milieu naturel, la durée moyenne de vie est de l'ordre de 20 à 25 ans.

Quant aux indemnisations, l'auteur semble ne rien connaître aux procédures. Le Parc National des Pyrénées n'assure les indemnisations que pour la zone centrale et une partie de la zone périphérique. L'action du PNP va du constat de sinistre au règlement rapide de l'indemnité. Pour le reste du territoire les constats sont assurés par l'ONCFS et l'Equipe Technique Ours (ETO) et les indemnisations sont, curieusement, versées par des associations environnementalistes (CPIR de Bagnères de Bigorre pour les Hautes-Pyrénées et, normalement, par le FIEP dans les Pyrénées-Atlantiques). Or il apparaît que des éleveurs de Bruges (64) ne sont toujours pas indemnisés des prédations de l'été 2006.
Par ailleurs, selon les départements, il est généralement estimé que les indemnisations ne représentent que 50 % des sinistres réels. En effet, il est souvent impossible de retrouver les bêtes mortes ou, lorsque les cadavres sont retrouvés, ceux-ci ont été totalement mangés par les charognards notamment les vautours qui constituent un autre problème. A partir de cet instant, aucun constat n'est possible. D'autre part, le temps réel de recherche et de regroupement des troupeaux n'est jamais pris en compte. L'éleveur n'a droit qu'à un forfait de 115 euros par attaque ayant occasionnée au moins une prédation. Ainsi, l'éleveur ayant eu son troupeau effarouché sans prédation directe ne sera jamais indemnisé.

Il s'agit là de quelques exemples d'une situation compliquée que des auteurs non avertis devraient s'abstenir de commenter pour leur éviter de diffuser de fausses informations ou des informations erronées qui, dans le climat actuel avec les actions mensongères des associations environnementalistes constitue rapidement un acte de manipulation.

Louis Dollo, le 27 juillet 2007

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Ours dans les Pyrénées, Franska restera libre selon Nathalie Kosciusko-Morizet


Ours dans les Pyrénées, pas question de céder à la pression des éleveurs, l’ourse Franska restera libre selon Nathalie Kosciusko-Morizet. Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, s’est rendue jeudi 26 juillet 2007 à Toulouse pour rencontrer, à la préfecture de région, les élus, les professionnels et les membres d’association représentatifs des départements pyrénéens concernés par le programme de réintroduction de l’ours brun. L’objectif était « d’écouter, comprendre et surtout renouer le dialogue avec l’Etat. »

La seconde ourse en provenance de Slovénie, Franska, avait été relâchée à 10h09 le 28 avril 2006 sur la commune de Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes Pyrénées. Cette ourse de 110 Kg, que l’on croyait âgée de 6 ans, avait été baptisée par les Slovènes du nom de Franska pour France. L’ourse Franska a en réalité âgée de 17 ans, ce qui ne l’empêcherait pas de pouvoir procréer. Les éleveurs accusent cette ourse slovène de nombreux dégâts et de l’attaque d’une centaine de brebis.

De leur côté, les anti-ours se sont dits déçus par le ministère de l'Ecologie. Les éleveurs opposés à la présence de l’ours dans les Pyrénées se sont déclarés déçus de n’avoir obtenu « aucune réponse » de la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. Ils estiment que les autorités ont « sous-estimé ce qui s’est passé sur le terrain », a notamment déclaré Philippe Lacube, l’un des leaders des anti-ours pyrénéens.

Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, « le plan de restauration des populations de plantigrades et de développement du pastoralisme est en cours de mise en œuvre. Il suscite des réactions dont j’ai voulu prendre la pleine mesure au plus près du terrain. »

Ce plan de réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées « s’inscrit dans le cadre des engagements européens et internationaux de la France en faveur de la biodiversité. »

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui souhaite « une coexistence harmonieuse entre les ours et les activités humaines, (dont) le pastoralisme » a proposé un certain nombre d’aménagement pour « ajuster et à optimiser » le plan de réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées, et « pour améliorer son efficacité et son acceptabilité. » Ces aménagements se déclinent en 5 principaux points :

1. Une évaluation rapide du plan : « Le plan de restauration de l’ours brun dans les Pyrénées s’étend sur les années 2006 à 2009. Compte tenu des difficultés actuellement rencontrées, j’ai proposé de lancer dès l’automne 2007 une évaluation à mi-parcours. Ce travail sera mené conjointement par les inspections générales de l’environnement et de l’agriculture. Cette évaluation portera sur les conséquences économiques et sociales de la présence de l’ours sur toutes les activités humaines : élevage, apiculture, sylviculture, tourisme, artisanat… »

« L’impact sur la faune sauvage et ses habitats sera également abordé. Je suis bien consciente que des études sont nécessaires pour démontrer qu’en France aussi les ours ont un impact positif sur la biodiversité. Les résultats du bilan seront présentés dès le premier trimestre 2008. Je demande que cette évaluation soit préparée et conduite dans la plus grande concertation avec les acteurs locaux. » Par ailleurs, Nathalie Kosciusko-Morizet veut créer un groupe national de concertation sur l’ours.

2. Une amélioration du protocole « ours à problèmes » : « Depuis de nombreuses années, se sont succédées plusieurs versions de protocoles d’intervention afin de gérer des situations aiguës de conflits. Ils ont été mis en œuvre pour les ours Balou et Sarousse, notamment. » Le protocole actuel qualifie un animal d’ours à problèmes lorsqu’il ne fuit pas la présence de l’homme, lorsqu’il est agressif envers l’être humain, et lorsque l’ours fait des dégâts sur des troupeaux protégés.

« Face à un ours à problèmes, l’État a défini un ensemble de mesures à mettre en œuvre : expertise de la situation ; création d’une cellule de gestion de crise ; effarouchement si nécessaire, voire équipement télémétrique ou même retrait de l‘animal. Au regard de ce qui s’est passé pour l’ourse Franska, il n’est sans doute pas inutile de remettre à plat ce protocole, jugé par certains trop rigide, et qui doit laisser plus de place à la concertation et à la transparence. »

Parallèlement, Nathalie Kosciusko-Morizet demande une nouvelle expertise sur Franska en faisant appel à des spécialistes étrangers et indépendants, sous la responsabilité de l’équipe « ours » de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Ce sera Alain Sauvé qui coordonnera « les travaux sur la révision du protocole, » et une étude juridique sera menée sur la responsabilité des élus.

3. Une meilleure qualification de la zone de présence de l’ours : « Le massif des Pyrénées, grâce à ses forêts et à ses zones de calme, fournit un habitat favorable à l’ours brun. C’est le seul espace national où l’ours est encore présent , il faut en remercier les pyrénéens eux-mêmes. Le suivi radio-télémétrique a montré que le domaine vital des ours pouvait s’étendre sur plus de 100 000 hectares, en fonction de la disponibilité alimentaire. On sait aussi que les ours, qui sont des animaux solitaires, peuvent se déplacer sur de grandes distances lors du rut ou de l’hibernation. »

« La répartition géographique de la population ursine est donc difficile à figer. Sa coexistence avec les activités humaines se pose inévitablement ; elle peut se traduire par des prédations en zone d’élevage extensif, ou au contraire par un développement touristique et des retombées économiques sans précédent, comme on le voit dans le parc de Somiedo, qui utilise l’image de l’ours comme véritable marque pour assurer sa promotion. »

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, peut-on « dire que dans telle zone la présence de l’ours est possible, et qu’au-delà elle ne l’est plus ? Si oui à quelles conditions ; si non pourquoi ? Quelles nouvelles politiques pastorale, apicole, forestière, touristique définir ensemble pour que la présence de ce grand prédateur soit tolérée, voire souhaitée ? En tous cas, ce sujet mérite qu’on s’y penche sérieusement et qu’on étudie toutes les pistes qui seront suggérées pour mieux qualifier la zone de présence des ours. »

4. Un renforcement du suivi des populations d’ours et du partage des informations : « L’équipe technique « ours » de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage fait un travail remarquable et apprécié sur le terrain et je tiens à leur rendre hommage. Le site Internet et les notes techniques sont largement utilisés, il faut s’en réjouir. Les ours introduits depuis 1996 ont été équipés d’un émetteur intra abdominal pour pouvoir être suivis et localisés. Il faut rendre plus performants ces équipements. Ils peuvent favoriser les recherches sur le comportement des ours, leur impact sur les activités humaines et la diversité biologique, travaux qui sont nombreux aux Etats-Unis, mais lacunaires en France. »

« Il faut surtout améliorer la communication sur la présence de l’ours auprès des éleveurs, de leurs bergers, des apiculteurs, des chasseurs, des maires pour répondre à leurs préoccupations légitimes. Nous nous devons de partager ces informations techniques avec les acteurs locaux quitte à en travailler le contenu pour le rendre accessible et opérationnel » a ajouté Nathalie Kosciusko-Morizet.

5. De nouvelles modalités de soutien au pastoralisme : « Un certain nombre d’aides ont déjà été mises en place pour soutenir le pastoralisme, qui subit de plein fouet les difficultés de la filière ovine. Le ministre de l’Agriculture et moi chargeons le préfet de région de faire des propositions de renforcement de l’aide à l’élevage, en étant à l’écoute de tous les acteurs de terrain. »

Nathalie Kosciusko-Morizet « souhaite que des mesures innovantes nous soient soumises, notamment autour de l’idée de la création d’un label ou d’une appellation d’origine contrôlée. »

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie a ajouté qu’elle « veillerai personnellement à m’assurer d’une mise en œuvre rapide de l‘ensemble de ces points. L’étape de réintroduction des ours est aujourd’hui derrière nous, il nous reste désormais à rechercher les bases d’une cohabitation équilibrée entre les Hommes et les ours. »

Auteur : Pierre MELQUIOT
Source : News Environnement du 28 juillet 2007

Commentaires


Nathalie Kosciusko-Morizet prend un certain nombre de décisions qui sont aux antipodes des préoccupations des acteurs locaux, habitants des vallées pyrénéennes. Il semble qu'elle soit toujours sous l'influence d'un entourage lobbyiste extrémiste et sectaire du milieu environnementaliste qui ne lui permet toujours pas de prendre conscience de la situation.

1- Un bilan à mi-parcours : vaste foutaise. Le plan s'étend de 2006 à 2009 et le bilan sera rendu au 1er trimestre 2008 soit un an avant la fin du programme. Pendant ce temps les populations montagnardes subissent, tous les jours, les saccages de l'ours. Prendre une telle décision c'est ne rien avoir entendu des préoccupations quotidiennes des acteurs. C'est tout simplement faire durer le grand foutoir.

2- Des experts internationaux. Cette décision appel deux réflexions :

  • Des experts internationaux indépendants, notamment américains, sont déjà intervenus avant la première introduction en 1996 pour dire que cette opération était impossible parce qu'il y avait trop d'activités humaines sur le territoire. On les a remercié, payé, ils sont repartis et les rapports sont restés dans les tiroirs.
  • Faire appel à des experts internationaux c'est apporter la preuve que "nos experts" sont incompétents, ce qui n'est pas vraiment nouveau en soi. Quant à maintenir des personnels incompétents depuis 20 ans, autant prendre des mesures efficaces et moins onéreuses : les virer ! Mais il est bien connu que dans l'administration personne n'est mis au chômage. Tout le monde bénéficie d'une promotion selon "le principe de Peter".

3- Amélioration du protocole. Il aura fallu attendre 20 ans pour l'entendre dire. Reste à savoir ce qui sera fait. Mais 20 ans, cela donne toute la mesure de l'obstination stupide des défenseurs de l'ours et des services de l'état qui ont le sujet en charge.

4- Un membre du cabinet sur place. Il ne s'agit d'Alain Sauvé comme l'indique l'auteur mais de Alain Auvé, Conseiller Technique au Cabinet de jean louis. Borloo chargé du plan ours. Laisser cette personne sur place ressemble à un désaveu du rôle des préfets et du directeur de la DIREN. Un remplacement qui ne dit pas son nom ou une mise sous surveillance ?

5- Le seul espace naturel..... Tenir un tel discours de la part d'une secrétaire d'Etat c'est faire preuve d'une totale ignorance de la réalité du terrain. C'est la preuve d'une incompétence reconnue du moins celle de son entourage. Rien qu'à ce stade, la question est de savoir si le dialogue peut être poursuivi. Les Pyrénées ne sont pas plus sauvages que le reste de la France. Il y a des gens qui y vivent de manière permanente ou temporaire.

6- "Le suivi radio-télémétrique a montré que le domaine vital des ours pouvait s'étendre sur plus de 100 000 hectares..." Et bien que la secrétaire d'Etat indique l'espace, dans les Pyrénées, couvrant cette superficie, sans aucune activité humaine et cantonnons y des ours. J'ouvre les paris que nous ne trouverons pas.

7- Le suivi radio-télémétrique. Il a été jusqu'à maintenant mené avec des moyens datant du moyen âge. Alors qu'il est possible de suivre des tortues lutes à tout moment derrière un écran d'ordinateur et que toutes voitures peut être suivie de la même manière par GPS (système largement utilisé chez les transporteurs), dans les Pyrénées nous en sommes encore à la recherche par triangulation avec une antenne qu'il faut transporter à dos d'homme pour avoir un positionnement ponctuel, occasionnel et aléatoire parfois avec plusieurs jours de décalage. Par ailleurs l'absence de diffusion d'informations aux acteurs du terrain rend ce système sans aucun intérêt autre que d'amuser quelques techniciens et de justifier des emplois inutiles et coûteux pour la collectivité. Une modernisation du système avec un accès libre à tous directement sur ordinateur parait indispensable. Se posera alors le problème de l'équipement des cabanes de bergers en montagne. Trop souvent on oublie qu'ils sont à plusieurs heures de marche d'une route avec que des moyens radio de communication.

8- "Quelles nouvelles politiques pastorale..." Ceci me rappelle les propos tenu par un ancien ministre, Serge Lepeltier, lors de sa visite à Chèze au Pays Toy. Et il avait rajouté "il faudra voir si c'est possible". L'expérience a eu lieu et elle prouve qu'elle est impossible. Arrêtons les frais. Quant à une nouvelle politique pastorale (encore une !) les éleveurs ne sont pas demandeurs. Ils veulent simplement pouvoir exercer leur métier sereinement, dans la tranquillité, sans être des assistés vivant de primes et d'indemnités. Curieux que les ministres successifs ne retiennent jamais cette option bien moins coûteuse pour les finances publiques.

9- Les retombées économiques et touristiques. S'il était vrai qu'il y en a, ça se saurait depuis longtemps. L'exemple du parc de Somiédo dans les Asturies est un leurre. Il n'existe pas de développement touristique et pastoral. Des témoignages parviennent tous les jours. C'est à la fois une catastrophe écologique, humaine et économique dont il faut savoir tirer les conséquences. C'est l'exemple type de ce que les pyrénéens refusent c'est à dire l'ensauvagement des montagnes. Et puis, c'était bien un des rôles que s'était fixé l'ADET, Association de développement économique et touristique. Nous ne pouvons que constater l'ampleur de la faillite qui, à grand coup de subventions d'état, n'a été capable que de créer une boutique de produits dérivés à Arbas. Bravo pour le développement touristique. Mieux encore. François Arcangéli, Président de l'ADET, disait que nous étions "sur une mine d'or". Curieusement les pyrénéens ne s'en sont jamais rendu compte et pour l'ADET la mine d'or c'est l'argent du contribuable. Ne croyez-vous pas que si l'ours avait un attrait touristique, le sujet aurait été utilisé depuis au moins deux siècles ? Ne croyez-vous pas que les Pyrénées ont d'autres atouts plus sécuritaires et sereins pour attirer le client ? Si l'ours a un tel intérêt touristique, pourquoi ne pas l'installer dans d'autres régions de France ? La Corrèze par exemple ?

10- "Le travail remarquable de l'équipe technique ours". Une notion très subjective et assez surprenante. Si ce travail avait été remarquable ça se saurait, il ne serait pas contesté et la secrétaire d'état ne ferait pas appel à des "experts internationaux".

11- Le renforcement de l'aide au pastoralisme. Le préfet de région est chargé d'étudier le sujet. Et les éleveurs et les Chambres d'Agricultures, et les syndicats agricoles demandent quoi ? Que des aides financières ? Non ! Ils demandent simplement de vivre et travailler sereinement dans la tranquillité ce qui suppose le retrait pur et simple des grands prédateurs. Avec ce retrait, le pastoralisme sera pérenne et ne coûtera rien au contribuable.La nature sera entretenue et, avec l'élevage traditionnel, la biodiversité préservée sans interventionnisme excessif et au moindre coût. Mais ce sont des notions difficiles à imaginer par un Etat et ses services qui veut mettre son nez partout et surtout là où on ne le demande pas.

Dans cette affaire, reste une grande question : pourquoi l'Etat, quelque soit les gouvernements, s'obstine-t-il depuis 25 ans ? Il y a bien sûr des réponses qui visent directement quelques individus et surtout quelques associations qui ont des intérêts financiers non négligeables. Mais il est politiquement incorrect d'en parler jusqu'au jour où, peut-être, tout implosera.

Ce ne sont ici que quelques éléments de réflexion établie à partir de l'article de presse ci-dessus. Ces éléments sont limités et c'est aux éleveurs et à eux seuls que revient le rôle des exposer dans leur totalité.

Louis Dollo, le 27 juillet 2007

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Rencontre à Toulouse : bilan positif ! (selon l'ADET - Pays de l'ours)


Hier matin, Nathalie Koscisuko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, était en visite à Toulouse afin de rencontrer les élus, les éleveurs et les associations. L'occasion de réunir autour d'une table toutes les parties concernées par la question de l'ours dans les Pyrénées. Découvrez le discours prononcé à cette occasion par F. Arcangeli, maire d'Arbas et président de Pays de l'Ours – Adet.

« Les éleveurs me disent que Franska est un ours à problème. Les scientifiques répondent que Franska a un comportement normal. Le protocole « ours à problème » doit être réévalué pour être mieux partagé » a expliqué hier à Toulouse Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de l'Écologie. Pour elle, le retrait de Franska ou le confinement des ours, souhaités par les éleveurs anti-ours, ne sont pas à l'ordre du jour.

Nathalie Kosciusko-Morizet veut se donner du temps pour analyser la situation, y compris avec l'avis d'experts étrangers de la cohabitation avec le plantigrade. Avec comme objectif de surmonter la crise actuelle : « Le plan de réintroduction de l'ours n'a pas pour but de créer des tensions ».

Nathalie Kosciusko-Morizet a proposé cinq pistes de travail :

  • Une évaluation à mi-parcours du plan 2006-2009, qui insistera sur l'impact, l'économie, l'agriculture, mais surtout sur la biodiversité.
  • Une refonte du protocole « ours à problème », avec avis d'experts d'autres pays, qui puisse être adapté à la situation dans les Pyrénées.
  • Un contrôle de « zones de présence de l'ours ». Pas de zoo, pas de réserve, mais des zones où la présence de l'ours est possible, et d'autres où elle n'est pas souhaitable.
  • Une amélioration du suivi, qui permette en temps réel de situer les ours, avec information auprès des personnes compétentes (élus…)
  • Un renforcement de l'aide au pastoralisme, piloté par le préfet de Région, qui prendra aussi en compte le problème des vautours, qui eux aussi, attaquent les brebis. Une collaboration avec les Espagnols, qui ont fermé des sites de nourrissage, est envisagée.

Philippe Lacube à côté de François Arcangéli
: un instant historique...

François Arcangeli, maire d'Arbas et président du « Pays de l'Ours - Adet », était présent à la réunion pour représenter notre association. Voici le discours qu'il a prononcé à l'attention de Nathalie Kosciusko-Morizet :

Madame le Ministre,

Il y a moins d’un siècle a été trouvée à quelques kilomètres d’Arbas dans la grotte de Montespan la plus ancienne statue jamais façonnée par l’Homme. Elle a 15 ou 20.000 ans, c’est une statue d’ours !
C’est dire combien l’histoire commune de l’Homme et de l’ours est ancienne dans les Pyrénées. Des millénaires, où l’ours fût tantôt vénéré comme un Dieu, animal sacré, admiré, fascinant, tantôt animal craint, détesté, chassé…

Personne autour de cette table ne contestera cette affirmation : l’ours fait partie, dans les Pyrénées comme en France, de notre patrimoine naturel et culturel.
Et c’est après des millénaires de présence dans nos montagnes que l’Ours risque de disparaître sous nos yeux : nous sommes nombreux à ne pas l’accepter. Nous sommes nombreux à ne pas imaginer laisser tomber un pan entier de notre histoire, d’effacer avec lui cette fierté que nous avons, nous pyrénéens, de prendre en main notre avenir en conciliant tous les enjeux de notre territoire dans une vraie démarche de développement durable.

Une étude d’opinion réalisée par l’IFOP il y a deux ans montrait que 84 % de la population des trois départements de montagne de Midi-Pyrénées (Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Ariège) était favorable au maintien de cette population d’ours. Lorsqu’on demande « quel animal sauvage symbolise le mieux les Pyrénées ? », deux personnes sur trois sur ce territoire répondent spontanément : « l’ours » !

Ce patrimoine naturel et culturel, nous avons l’obligation de le protéger et de le restaurer, c’est la parole de l’Etat et le respect des traités qu’il a signés, et comme toute action de conservation ou de restauration du patrimoine, cela a un coût et des contraintes. Un coût jugé trop élevé ou dérisoire selon le regard qu’on y porte, mais n’oublions pas deux choses :
lorsqu’on laisse durant des décennies, comme nous l’avons fait, un élément de notre patrimoine se dégrader, nous en payons ensuite un coût d’autant plus important ;
regardons à quoi sert l’argent du « programme ours » : pour moitié au pastoralisme, dont chacun peut s’accorder qu’il en a bien besoin, et pour autre moitié essentiellement à financer des emplois, dans nos vallées, dont chacun peut s’accorder aussi sur le fait qu’elles n’en ont pas de trop. C’est plus d’une centaine d’emplois qui sont tout ou partie financés sur ces fonds, que chacun y pense bien avant de dénoncer ces crédits.

Madame le Ministre, nous sommes aujourd’hui réunis à votre initiative - je vous en remercie - et je me réjouis de voir pour la première fois rassemblées toutes les parties concernées et que cette fois peu ont choisi de boycotter cette rencontre. Nous devons saisir cette chance.
Nous ne partons pas de zéro. Nous avons depuis les lâchers de 1996 un retour d’expérience de plus de dix ans dans les Pyrénées, et plus encore dans le Béarn. Nous pouvons aussi nous appuyer sur les expériences de nos voisins européens, qui comptent bien plus de prédateurs que nous, et qui ont réussi cette cohabitation. Ce qui est possible dans certaines vallées pyrénéennes, ce qui est possible en Espagne, en Italie, en Slovénie… doit nous aider à trouver partout dans les Pyrénées le chemin de la nécessaire conciliation des activités humaines avec la protection de notre environnement. C’est cela, le développement durable, ce n’est pas la nature à la place de l’Homme, ce n’est pas une fois de plus l’opposition de l’Homme à la nature, c’est la conciliation de tous les enjeux, qu’ils soient environnementaux, sociaux ou économiques.
Je le dis avec gravité à tous autour de cette table, ne gâchons pas cette nouvelle occasion qui nous est donnée aujourd’hui. Gardons-nous de nos excès, faisons preuve de bonne volonté et de sincérité, ne soyons pas excessif ou agressif : nous avons pu par le passé mesurer à quel point cette stratégie est stérile.
L’ours pose des problèmes au pastoralisme, personne ne le conteste, parlons-en ! L’ours pose d’autres questions : discutons-en !
Mais gardons-nous des fausses pistes qui, mises en échec, créeront les désillusions de demain : j’entends parler de cantonner les ours. Cette « solution » n’existe nulle part ailleurs : ni en Espagne, ni en Italie, ni en Slovénie, ni ailleurs. Elle est contraire aux lois et à nos engagements internationaux. Elle nie le droit à la faune sauvage d’être sauvage. Elle maintient l’illusion que le pastoralisme pourrait s’exercer demain sans aucun prédateur. Le loup revient, qu’en ferons-nous ? Un parc ?
Continuerons- nous ainsi d’opposer l’Homme et la nature ?

Madame le Ministre, au nom des communes pyrénéennes et des élus qui soutiennent le « programme ours », au nom des professionnels du tourisme et du pastoralisme qui voient dans cette histoire l’amorce d’un nouveau développement dans les Pyrénées, basé sur la valorisation des atouts et des spécificités de ce territoire remarquable, au nom de ces associations et de tous ces citoyens qui nous soutiennent, je vous renouvelle toute notre détermination, comme nous l’avons toujours fait, à rechercher à vos côtés les voies de la conciliation.

Je vous remercie.

François Arcangeli
Maire d’Arbas
Président de « Pays de l’Ours – Adet »,
association pour le développement durable des Pyrénées

Toulouse, le 26 juillet 2007
Source : ADET - Pays de l'ours

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La fable de l’ours et de la brebis


La secrétaire d’État à l’Écologie veut la coexistence entre hommes et plantigrades.
La secrétaire d’État à l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, est aujourd’hui à Toulouse pour tenter de sortir de la crise provoquée, dans les Pyrénées, par la réintroduction d’ours slovènes. Les oppositions entre partisans et adversaires de l’animal sont toujours aussi vives. À l’occasion du Tour de France, les éleveurs de brebis ont à nouveau manifesté contre les plantigrades.

Les Verts, de leur côté, ont demandé le maintien du programme de réintroduction, tout en réclamant au gouvernement « une analyse raisonnable et non passionnelle » de ce dossier. Entre-temps, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a annoncé avoir déclenché une « procédure d’alerte et d’indemnisation » après que six brebis ont été tuées et un bélier blessé, dans une estive non gardée, dimanche, par un ours non identifié à Bedous, en vallée d’Aspe.

Première étape de la ministre : réunir autour d’une table les deux camps de la guerre de l’ours. « J’essaie de faire un déplacement où l’on prend le temps. J’ai prévu une longue réunion avec toutes les parties prenantes, les élus, les professionnels, les associations concernées et des délégations représentatives de tous les départements intéres- sés (Hautes-Pyrénées, Ariège, Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantiques) », a indiqué la ministre.

Parmi les hypothèses de travail, est avancée l’idée de mieux définir la zone de présence de l’ours afin de « favoriser la coexistence » entre les plantigrades et les hommes. Mais si cela signifie créer des réserves pour ces animaux, leurs défenseurs repousseront sans doute cette « solution ». Optimiste, la ministre a souligné : « l’idée est de se donner le temps de s’écouter ».

Auteur : D. S.
Source : L'Humanité du 26 juillet 2007

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Réunion de crise sur la présence de l'ours dans les Pyrénées


Elus et éleveurs hostiles au retour de l'ours dans les Pyrénées ont rencontré, jeudi 26 juillet à Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette réunion répondait à la demande des responsables agricoles des Hautes-Pyrénées, soutenus par des parlementaires du département, qui exigent le retrait de Franska, l'un des cinq plantigrades originaires de Slovénie réintroduits en 2006 dans la chaîne pyrénéenne.

A la veille de sa visite, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui hérite d'un dossier cher à Nelly Olin, la précédente ministre de l'écologie, disait souhaiter discuter "des bonnes conditions de la coexistence entre l'homme et l'ours". Elle rappelait que le "plan ours", dont le terme est fixé à 2009, n'est ni en "phase de relance ni de démantèlement".

La crise se focalise sur Franska. L'animal, qui a commis de nombreuses attaques contre des troupeaux de moutons depuis le début de l'année, aurait été aperçu à plusieurs reprises dans des villages. En juin, le maire de Barèges a alerté les touristes sur sa présence près du Tourmalet. Son homologue de Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells (Modem), qui avait accepté le lâcher de Franska sur sa commune, demande à son tour le retrait de l'animal.

Nathalie Kosciusko-Morizet avait donné l'ordre, le 13 juillet, à l'équipe de techniciens chargés de suivre les ours réintroduits de capturer l'animal avant de le relâcher plus haut dans la montagne. Elle a indiqué, jeudi, que cette mesure n'était plus d'actualité. Cette procédure d'éloignement a déjà été mise en pratique à deux reprises, en 2006, pour des ours qui rodaient trop près des habitations. Mais elle ne satisfait pas les éleveurs, qui réclament la neutralisation définitive de Franska, décrite comme un animal atypique et "sanguinaire".

Mme Kosciusko-Morizet a confirmé les informations du Canard enchaîné du mercredi 25 juillet, selon lesquelles Franska n'aurait pas 7 ans comme le garantissaient les Slovènes, mais 17. L'ourse est-elle "ménopausée", comme le suggère l'hebdomadaire satirique ? Ces plantigrades peuvent se reproduire tout au long de leur vie, considèrent les naturalistes, même si leur fécondité fléchit avec l'âge.

Très mobile depuis sa sortie d'hibernation, l'ourse a été traquée à plusieurs reprises par des éleveurs en colère, qui ont organisé des battues d'effarouchement, armés parfois de fusils, pour la chasser des estives où pâturent les troupeaux, généralement sans surveillance de bergers.

Ces actions "contribuent à l'affolement de l'animal", a estimé le préfet des Hautes-Pyrénées, Emmanuel Berthier, qui a mis en garde élus et éleveurs du département contre tout dérapage. "Je veux faire baisser la tension", affirme le nouveau préfet de région, Jean-François Carenco. Ce proche du ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo affiche une volonté de dialogue avec des éleveurs "qu'on ne méprise pas".

CAPTURER FRANSKA
Face à la ministre, les Ariégeois ont fait valoir une nouvelle fois leur idée de "cantonner" les ours dans des "réserves". Une solution déjà exposée le 16 juillet à Chantal Jouanno, conseillère de Nicolas Sarkozy pour les questions d'environnement, en marge de la visite du président de la République à Airbus.

Le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (MoDem) plaide pour sa part à nouveau la cause de l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn. Les aides de l'Etat à cet organisme, chargé de la modernisation du pastoralisme dans les zones à ours, ont été suspendues par Nelly Olin, après le refus des Béarnais de procéder à de nouvelles introductions d'ours. Les associations favorables à l'ours figuraient parmi les invités à ce "mini-sommet de l'ours".

Nathalie Kosciusko-Morizet a aussi rencontré sur le terrain l'équipe chargée du suivi des ours réintroduits dans les Pyrénées.

Auteur : Stéphane Thépot
Source: Le Monde du 27 juillet 2007

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L’ourse Franska devrait pouvoir rester dans les Pyrénées et s’y reproduire


La secrétaire d’Etat à l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a déclaré ne pas envisager 'de capture et de retrait de l’ourse Franska', son comportement n’étant pas considéré comme anormal par les experts. Pour les anti-ours, il en va autrement. Depuis le début du printemps, l’ourse Franska serait à l’origine de la prédation de plusieurs dizaines de brebis, poussant les éleveurs à demander sa capture et son retrait.

Toutefois, dans un apparent souci d’apaisement, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que le comportement de l’ourse Franska va faire l’objet d’une nouvelle expertise par des spécialistes étrangers et indépendants, sous la responsabilité de l’équipe 'ours' de l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
Dans le même temps, le protocole sur les 'ours à problème' va être réexaminé pour une remise à plat complète, qui devrait laisser plus de place à la concertation et à la transparence. Enfin, le plan de restauration 2006-2009 de l’ours dans les Pyrénées va bénéficier d’une évaluation à mi-parcours, cet automne.
A terme, si la secrétaire d’Etat à l’écologie s’est déclarée favorable à une meilleure définition de la zone de présence des ours, elle a souligné qu’il n’était 'pas question de mettre les ours dans un zoo'.

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirmait le Canard enchaîné, l’ourse Franska ne serait pas une 'vieille ourse ménopausée'. Présentée comme âgée de 6 ans, l’ourse aurait en fait une quinzaine d’années, mais elle serait encore en état de se reproduire, les ourses ne connaissant apparemment pas la ménopause selon un responsable de Slovénie, le pays d’origine de Franska.

Auteur : Alex Belvoit
Source : Univers Nature / Echo Nature du 28 juillet 2007

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