Ours : mauvais point pour le Parc National des Pyrénées

 

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Il falait s’y attendre. Les relations avec les gardes du Parc National sont venues à l’ordre du jour de la session de la chambre d’Agriculture des Hautes-Pyrénées. C’est Pierre Gerbet, maire d’Arcizans-Dessus qui ouvre le bal. Il évoque les difficultés relationnelles notamment avec la disparition des chèvres de Sireix sur le Cabaliros. Outre le fait qu’il est difficile d’avoir un interlocuteur unique pour savoir s’il faut ramener les carcasses en vallée ou les laisser sur place, le manque de disponibilité invoqué par les gardes salariés dont nous pouvons dire qu’ils n’ont pas le même rythme de travail qu’un éleveur, il rapporte qu’un garde a dit devant plusieurs témoins « je ne cherche pas des chèvres mortes ou vivantes mais des indices ». Ce qui laisse entendre qu’une chèvre morte n’est pas un indice. Propos difficilement acceptés par les éleveurs. Pierre Gerbet évoque « une tension inquiétante » avec les gardes, et pas seulement avec les éleveurs, avec notamment « des plaintes et des mains courantes auprès de la Gendarmerie ».

Marie-Lise Broueilh, élue à la Chambre d’Agriculture mais également présidente de l’ASPP 65, en remet une couche sans prendre de gants. Il faut dire que l’été dernier, elle n’avait pas été ménagée quant il s’est agi de sa non-nomination au Conseil d’Administration du Parc. Propos beaucoup plus politiques et inquiétants à la fois. Elle nous apprend des relations entre les mouvements écologistes français et les mouvements fascistes espagnols. « Nous avons un dossier avec des noms que nous vous transmettrons » dit-elle au préfet. De notre côté, nous apprenons que l’ADDIP a interpellé Martin Malvy sur les relations de ses alliés politiques au Conseil Régional.

L’ambiance est donnée.

Pour sa défense, Gilles Perron, Directeur du Parc National, tente une explication en parlant d’une « dizaine d’heures sur le terrain » de la part des gardes. Un temps qui n’a pas manqué de faire sourire l’assistance au regard de la période (3 semaines) et du temps consacré par les éleveurs et plusieurs amis de Jean-Pierre Cerrada. Il précise que 4 brebis ont été reconnues (à priori il y en a 7 dont une nouvelle lundi matin pendant la session) et qu’il mettait en place une procédure rapide d’indemnisation. Et pour les brebis manquantes et les cadavres non retrouvés ? Il nous précise que l’ours serait maintenant sur Cauterets. Ce n’est pas vraiment un scoop. Tout le monde sait qu’il se balade entre Cauterets et la vallée d’Estaing en passant par le Cabaliros.

Les explications fournies n’ont pas vraiment convaincu, à commencer par le Préfet qui se lance dans des reproches à l’encontre du directeur du Parc. Et pas des moindres. "Je n’étais pas là à la première prédation, je ne sais pas comment ça s’est passé. Mais la seconde, fin avril, j’attends qu’on m’en informe". Choquant pour le Préfet de ne pas être informé de ce qui se passe sur son territoire. Pour ceux qui suivent le dossier, ce n’est pas une nouveauté. L’omerta écologiste y compris au sein du Parc National, vaut autant pour les éleveurs, les habitants, les maires que pour le Préfet. C’est une constante qui n’est pas nouvelle. De la même manière, il ignorait ce qui se tramait en Espagne pour importer des ours cantabriques.

Une affaire à suivre. Mais pour ce mardi matin, nous avons pu apprendre que les gardes du Parc National étaient invités à rester chez eux pour éviter de nouvelles tensions.

Ne nous trompons pas sur une réalité qui n’est pas nouvelle et date d’environ un an. Des tensions, parfois discrètes, existent dans pratiquement toutes les vallées du Parc. En août dernier, au cours d’un échange de plusieurs heures avec Gilles Perron, le sujet avait été abordé mais il y a des non dits dont il n’est pas politiquement correct de parler encore moins par voie de presse. Cette fois, ce sont des élus et le Préfet qui parlent.

Auteur : Louis Dollo
Paru sur Tarbes-Infos le mardi 4 mai 2010 et dans Le Petit Journal le 5 mai 2010

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