L'ours indésirable... à Luchon

 

 

L'association cantonale de vulgarisation agricole a fait le point. On veut conserver l'abattoir, mais pas les ours.

On ne peut pas dire que l'assemblée générale de l'ACVA des cantons de Luchon et Saint-Béat ait soulevé l'enthousiasme des foules.

Dommage car avec les remous suscités par la nouvelle PAC et les contrats territoriaux d'exploitation, il y avait certainement matière à débattre.

Et d'abord sur le rôle toujours plus polyvalent des agriculteurs. De l'entretien des estives à l'émondage des haies bocagères, ceux-ci pèsent de plus en plus sur l'aménagement des territoires. A ce titre, 300.000-F leur ont été consentis en 1999. Autre domaine où les mannes de Bruxelles et d'ailleurs ont leur importance : les primes à la sélection. «Les éleveurs ont fourni de gros efforts pour l'amélioration des races gasconnes et limousines», confirme Jean-Louis Jourteau, président de l'ACVA. Ce qui ne signifie pas que tous les secteurs agricoles connaissent les périodes de vaches grasses.

L'exploitation des forêts communales, souvent confiée aux éleveurs, semble même en sérieuse perte de vitesse.

Dommage. Cela permettrait de mieux valoriser les ressources forestières en offrant un complément de revenus à certains éleveurs», déplore JeanLouis Jourteau.

Quel avenir pour l'abattoir ?

Autre sujet d'inquiétude : le devenir des abattoirs de Luchon. Une étude pour la mise aux normes CEE et la création d'une salle de découpe sera rendue sous peu sans que l'on sache encore qui sera prêt à financer cette modernisation. Le conseiller général du canton Henri Denard entend pourtant se montrer serein : «Je ne suis pas pessimiste. Une prise de conscience est en train de se faire au niveau du canton.»

L'ours encore et toujours

Quant à l'ours, éleveurs et élus locaux ne veulent toujours pas en entendre parler. Et la mise en place de parcs mobiles électrifiés sur les estives du groupement pastoral d'Artigue n'a rien changé à la donne. La commission permanente du comité de massif, qui regroupe des élus de l'ensemble des Pyrénées, vient même de remettre un rapport en ce sens au préfet de région. «Nous nous sommes prononcés pour la recapture immédiate des ours. Au besoin, nous saisirons la Cour européenne de justice», détaille Henri Denard.

Des tribulations qui n'empêcheront apparemment pas l'installation de cinq jeunes exploitants sur le secteur dès cette année.

Auteur : Alain Puente
Source : La Dépêche du Midi du Samedi 18 Mars 2000

 


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