Bergers et ours cohabitent avec l’incohérence écologiste dans les Pyrénées

 

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Depuis près de 40 ans, bergers et éleveurs des Pyrénées, détenteurs d’un savoir faire ancestral qu’ils ont su adapter à l’évolution des techniques et connaissances nouvelles, sont confrontés aux incohérences des mouvements écologistes, donneurs de leçons autant pour la sauvegarde de l’ours que pour la protection des troupeaux.

Ces incohérences, Bruno Besche Commenge, socio-linguiste, a su les mettre en évidence. Qu’il s’agisse du FIEP et de son président, Gérard Caussimont, par ailleurs administrateur et membre du Comité Scientifiques du Parc National des Pyrénées ou de Laurent Nédélec, garde au Parc National des Pyrénées en passant par l’incontournable et médiatique Alain Reynes, Directeur de l’ADET-Pays de l’ours.

Est-cela que le Président du FAPAS, Roberto Hartsanchez, appelle "l'escroquerie écologique"


En 1977, les Cahiers de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour publiaient, sous la direction de Claude Dendaletche  « La grande faune pyrénéenne ». Page 184, le FIEP (Fonds d’Intervention Eco Pastoral) y écrivait (souligné dans le texte, je mets en gras à la fin):

«  Dans la zone à ours des Pyrénées, sa prédation s’oriente par facilité vers le cheptel domestique. Elle ne peut être bien sûr sélective du fait du comportement artificiel des proies, on pourrait dire en usant du paradoxe que les rassemblements des brebis en enclos sont une véritable provocation pour l’Ours»

Vingt ans plus tard, ce même FIEP dans le n° 31 de sa revue, écrira en février 1996, deux mois avant la première importation d’ours slovènes, je mets en gras : « Avant le lâcher, il faut absolument convaincre les bergers de garder leur troupeau en permanence, les rassembler au soir le moins»

Sans doute faut-il comprendre que l’ours délinquant avait suivi un traitement hormonal, une psychanalyse peut-être, pour que ce qui l’excitait hier le rebutât 20 ans plus tard! Le bracelet électronique, c’était prévu: les ours slovènes allaient être équipés d’une puce pour pouvoir les suivre sur l’axe des tentations.
Basés dans les Pyrénées Atlantiques, le FIEP et son président, M. Caussimont, sont l’un des acteurs majeurs du programme ours actuel, on les retrouve depuis le début à tous les niveaux de décision politique et d’action de terrain, y compris européens (UICN entre autres). M. Reynes, l’actuel directeur de l’ADET, association relais du programme dans les Pyrénées Centrales, fut d’abord un des responsables du FIEP avant de glisser vers cet autre front où il monta en grade. Tous interlocuteurs directs de l’Etat. L’inversion du noir au blanc d’un texte à l’autre n’est pas le fait de farfelus irresponsables.

Pour la zone béarnaise où sévit M. Caussimont,  Laurent Nédélec avait en 1989 déjà souligné l’inutilité absolue des mesures dites de protection face à une attaque d’ours :

« De toutes ces données, il ressort qu’aucun type de gardiennage n’est dissuasif quand l’ours a décidé d’attaquer même s’il préfère éviter la proximité humaine. Les patous, les clôtures électriques ne l’intimident pas. » /L. Nédelec, L’ours brun (Ursus arctos, L.) dans les Pyrénées Occidentales - Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes -27 septembre 1989. Etude pour les Parc National des Pyrénées/.

Il y a cependant un bien involontaire aveu dans le discours new look du FIEP en 1996, où la provocation devient la solution miracle : alors qu’on allait lâcher les ours, que le FIEP en était un très pugnace promoteur, tous, dont le FIEP, savaient donc clairement qu’au niveau des bergers aucune des conditions n’existait permettant de tenter de protéger les troupeaux, que rassembler les bêtes loin de résoudre les problèmes au contraire les aggravait … on lâcha quand même ! La stratégie consista alors à faire porter aux éleveurs le poids moral des attaques qu’ils subissaient : ils allaient être publiquement stigmatisés comme de très mauvais professionnels, à rééduquer.

B.Besche Commenge ASPAP/ADDIP

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