Pression sur les éleveurs et bergers
Jean Lassalle écrit au Ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo

 


Il y a longtemps que nous dénonçons la pression exercée par les agents de l'ONCFS et certains gardes du Parc National des Pyrénées sur les éleveurs lors du constat de prédations. Ce phénomène n'est pas spécifique aux Pyrénées-Atlantiques et aux Hautes-Pyrénées, ni même au Parc National. Il est général sur toutes les Pyrénées et s'étend également aux Alpes.

La lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo

Jean Lassalle s'énerve poliment.
En écrivant à Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, Jean Lassalle met le doigt là où ça fait mal. Il ne cite aucun noms ni aucun faits précis mais tout le monde dans les vallées pense aux mêmes conflits qui, ces dernières années, notamment ces derniers mois ont eu tendance à se développer dangereusement.
Il précise d'entrée de jeu que son " attention a été attirée à plusieurs reprises ces temps derniers, sur le fait qu'il était instamment demandé aux victimes de dégâts d'ours, de garder un silence absolu sous peine de ne pas être dédommagées ". Ce phénomène est pratiquement systématique sur toute la chaîne des Pyrénées notamment de la part de l'ONCFS mais également de la part de " jeunes " gardes du PNP le plus souvent " étrangers " aux Pyrénées. Nous avons exactement les mêmes témoignages en provenance des Alpes pour les questions de loups.

Et l'ironie de Jean Lassalle apparaît lorsqu'il écrit très sérieusement " qu'en y réfléchissant avec quelques uns de mes collègues, je me suis étonné que ces ours habituellement si actifs durant cette période de l'année, ne se soient absolument pas manifestés cette année, comme s'ils s'étaient brusquement volatilisés ". A cette réflexion nous pourrions y ajouter que, peut-être, certains ours ont disparu ou bien encore, avec un peu de chantage, on minimise la réalité pour faire croire que la cohabitation est possible. Où est la vérité ? Depuis 30 ans nous ne l'avons jamais vraiment connue. L'ADDIP a publié un rapport sur les mensonges de l'Etat. Peut-être en sommes nous toujours là ou, plus précisément, les mensonges et manipulations de certains services sans pour autant que les autorités, tel que les Préfets, ne soient tenus informés.
D'ailleurs, notre député béarnais n'est pas dupe. Il connaît la chanson et pas seulement les chants béarnais. Il précise : " Je crains que cette situation ne précède une campagne de grande envergure de la part de certains pour nous mettre la pression à vous et moi, dès la descente des troupeaux, sur l'urgence d'un renforcement ". Bien vu. C'est d'ailleurs une technique employée par les écologistes depuis de nombreuses années même lorsque le rapport final LIFE pour l'UE concluait à un fiasco de l'introduction. La manipulation, c'est le principal métier de nos écolos de service dont le but n'est pas écologique mais uniquement politico-philosophique.

Le même phénomène se produit pour les attaques de vautours pour lesquels Jean Lassalle dit fort justement que " toute attaque, même la plus évidente, est désormais passée sous silence tandis que les propriétaires se voient tournés en dérision et déconsidérés ". Tous les communiqués de presse de la LPO et des Verts du Pays Basque en sont des preuves matérielles. Marie-Lise Broueilh, Présidente de l'ASPP 65 sur Europe 1 a été humiliée et qualifiée de menteuse par le vice-président de la LPO qui allait jusqu'à nier l'existence du communiqué de presse du 8 août 2007 de la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques repris par les Hautes-Pyrénées. Conclusion : les éleveurs ne font plus de déclarations et règlent leurs problèmes tout seuls, comme dans les Pyrénées-Orientales en août 2008.

Qui sont ces fonctionnaires tant décriés ?
Ils sont le plus souvent anonymes, voir même insignifiants. Ce qui les distingue de la foule des banales c'est l'uniforme, le pistolet pour l'ONCFS, et le petit pouvoir qui leur est accordé en leur octroyant abusivement le titre " d'expert " qu'ils ne sont pas, n'ont jamais été et ne seront jamais. Mais ce petit pouvoir permet aux personnages sans importances de décider, seuls, sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit, en cochant une case ou une autre sans que quiconque ne puisse contester ce qu'il écrit. Le constat (et non l'expertise) n'est pas contradictoire. Il est à sens unique. L'agent de constatation est à la fois juge et partie même si, au-delà de son constat, la décision est purement bureaucratique à partir de l'analyse du constat par une personne de la DDEA n'ayant jamais mis les pieds sur le terrain. Il peut mentionner ou ne pas mentionner ce qu'il veut. Comme par exemple sur l'estive du Merdanson à Bruges où à l'automne 2008 plusieurs dizaines de brebis sont blessées ou tuées. On ne mentionne pas que l'une d'elle était encore chaude au moment du constat. On n'indique pas que le chien Patou était sérieusement blessé, etc… et au final, malgré la décision de la commission d'indemnisation d'indemniser l'éleveur sinistré, un sous-préfet zélé parachuté depuis 15 jours à Oloron, décide, seul, de ne pas indemniser.
Les cas comme celui-ci sont nombreux dans les Pyrénées. Non seulement l'éleveur est une victime ayant subi un sinistre, quel qu'il soit, mais en plus, tout est fait, psychologiquement, pour l'enfoncer par des réflexions souvent déplacées le mettant en situation de coupable tel que " tu n'avais pas de Patou… Tu n'avais qu'à garder tes bêtes… Tu n'as qu'à trouver des indices… Tes bêtes sont en mauvais état… " , etc… Quand ce n'est pas ce verdict " c'est un canidé ".. Mais lequel ? " ce n'est pas à moi de le dire "… Et en général on ne trouve jamais ni loup, ni chien.
Parmi ces personnels, nous trouvons des militants ou sympathisants d'associations comme WWF, LPO, FNE et ses satellites tels que FIEP, membre du Conseil d' Administration du Parc National avec Gérard Caussimont, président du FIEP et vice-président du Conseil Scientifique du PNP, l'ADET-Pays de l'ours. Mieux encore, ces associations en viennent à travailler de concert avec les mêmes fonctionnaires pour des soi-disant études ou observations qui ne manquent jamais d'être orientées.
La réalité est que, nous sommes dans un contexte déjà dénoncé dans le rapport parlementaire Estrosi, de " confusion des genres " où ces associations qui se disent être " la voix institutionnelle de la nature " se prennent carrément pour un service de l'Etat. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l'on voit que le budget 2008 de FNE est composé à 73% d'aides de l'Etat et que la LPO a jusqu'à 400 salariés dont 20 pour Midi-Pyrénées. Ces associations militantes développant une philosophie du " tout sauvage " ouvertement tournée contre l'homme, responsable de tous les maux de la terre, et non autour et avec l'homme habitant les territoires finissent par avoir un pouvoir d'influence énorme sur les décideurs politiques et malheur à celui qui ne rentre pas dans le moule fixé par les gourous de l'écologie.

Parler à la presse est un gros mot
L'éleveur de Bruges qui n'a pas été indemnisé pour son sinistre sur le Merdanson en a fait les frais. Il lui a été reproché d'avoir la presse sur l'estive. Un autre de Gèdre s'est vu reprocher d'avoir envoyé par téléphone une photo d'une trace d'ours à Saugué. Il n'y avait pas de prédation donc pas d'information au PNP. Mais il n'était pas correct de transmettre une photo à la presse. La presse se fait également agresser : " C'est toi ! Tu viens nous emm…. " Et encore, " si tu ne parts pas, je ne fais pas le constat "… Et en définitive si on ne cède pas, il la fait. Nous nous voyons aussi interdit de prendre des photos. " Tu n'as pas le droit de faire des photos professionnelles. Dans le Parc il faut demander une autorisation "… Et il a raison. Le décret du PNP n'est pas vraiment fait pour la liberté de l'information photographique et télévisuelle. Et plus tard... " Un jour je te plomberai " (pas avec du plomb, avec un PV). Voilà le genre de menaces courantes qui peuvent aller jusqu'à la réalisation sous forme de règlements de compte.
Nous l'aurons compris, la presse n'est pas la bienvenue surtout lorsqu'elle ne gobe pas les incohérences sur le terrain. La vérité n'est pas bonne à dire et Jean Lassalle le dit à demi-mot… poliment.
Est-ce une situation normale ? Durable ? Nous pouvons en dout
er.

Et la réalisation des politiques publiques ?
Avec un tel système de confusions des rôles entre associations militantes et services de l'Etat impliqués ou interdépendants avec des personnels externes, la neutralité ne peut pas être assurée. La politique gouvernementale sera celle des associations. Certaines entreprises l'ont très bien compris. En étant donateur ou partenaire de ces associations, elles achètent une certaine tranquillité écologique en même temps qu'une apparence permettant de communiquer au goût du jour. Nicols Hulot, le WWF et Greenpeace sont les champions d'un tel système. Les vallées pyrénéennes et les éleveurs de montagne ne marchent pas dans cette combine. L'IPHB non plus. Elle en a payé le prix fort. Jusqu'à quand la FNSEA et les chambres d'agriculture tiendront-elles sans passer au prélèvement volontaire ?

Sans aller jusqu'à la théorie du complot, nous sommes bien en présence d'une forme de terrorisme écologique qui ne dit pas son nom. Tout le monde respecte un silence politiquement correct. La protection de l'environnement et le développement durable sont bien loin des préoccupations de ces dirigeants, sauf en apparence à travers quelques communiqués souvent violents pour donner illusion.

Nous verrons dans quelque temps, jusqu'où peuvent aller ces excès, notamment pour le conseil d'Administration du Parc National. Le danger, pour la démocratie, est bien réel.

Louis Dollo, le 30 août 2009


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