Le drame du Pays Toy : aux inondations s’ajoute l’ours

 

La vallée des Gaves, dans les Hautes-Pyrénées, et plus précisément le canton de Luz-Saint-Sauveur (Pays Toy) avec Barèges, est particulièrement touchée par les intempéries. Presque une semaine après ce drame 5 villages sont encore isolés dont un, Barèges, évacué, ne laissant sur place que 25 habitants pour surveiller le village / station. Entre Lourdes et Gavarnie, il se noue un drame dont personne ne parle.

 


Ces villages, comme toute la vallée, vivent de deux activités complémentaires représentant plus de 80% des emplois : élevage (avec l’AOP Mouton de Barèges-Gavarnie) et le tourisme dont 3 stations de ski et 2 stations thermales.

Depuis la nuit du 17 au 18 juin et jusqu’à encore le 22 juin au soir, les éleveurs ont été présents avec leurs tracteurs, élévateurs, remorques, etc… pour tenter de sauvegarder des maisons d’habitation, des entreprises mais aussi leurs exploitations, dans des conditions difficiles. Plusieurs maisons ont été emportées, des campings habités dévastés… et on déplore deux morts dont un en Pays Toy.

A ce drame s’ajoute deux contraintes des plus ignobles à vivre :

1/ La loi sur l’eau avec la directive habitats qui imposent de ne pas toucher et surtout ne pas renforcer les berges (nous voyons le résultat) pour protéger la faune aquatique tout en maintenant les rivières sorties de leur lit en l’état, c’est-à-dire, parfois, au milieu d’une exploitation, à la porte d’une grange ou d’une maison, dans une prairie de fauche, etc…. Au total, 40 ha de perdu dans une vallée au pastoralisme actif où, d’ordinaire, il manque déjà d’espace.

2/ La présence de l’ours qui, en l’absence d’éleveurs-bergers régulièrement sur les estives, au motif qu’ils sont occupés à sauver des biens et des personnes, en profite pour croquer en libre-service les troupeaux qui sont laissés en liberté. Depuis une semaine, pratiquement tous les jours, des prédations se produisent sans que les éleveurs ne puissent défendre leurs troupeaux

Vendredi soir, Marie-Lise Broueilh a lancé un ultimatum de 48h au Préfet : « vous retirez les ours ou nous les tuons ». Selon elle, elle n’a pas « proposé d’alternative face à la fatigue physique et psychologiques à laquelle les éleveurs sont soumis ».

L’ultimatum vient à échéance ce dimanche soir. Selon Marie-Lise Broueilh, « des personnes passerons discrètement à l’action dès lundi ». Ce qui confirme ce que nous disions dès samedi matin. Et les raisons sont claires. L’Etat n’a JAMAIS respecté ses engagements et ses obligations légales prévus notamment dans le Code de l’Environnement et le Code Rural… et quelques autres. Selon des éleveurs, « ces ours ne devraient pas être en France. En conséquence nous exercerons notre droit légitime et légal qui consiste à protéger nos troupeaux ». Voir à cet effet l’article sur le journal en ligne Lourdes-infos.

Samedi soir, Bruno Besche-Commenge, chargé de recherche et porte-parole de l’ADDIP, a adressé une lettre au Préfet des Hautes-Pyrénées qui exclut toute discussion et négociation. En terme choisi, il exige des résultats immédiats « afin que les éleveurs se consacrent pleinement à leur sinistre très important » et à rechercher de la nourriture et parfois un hébergement pour leurs bêtes cet hiver.

Louis Dollo, le 23 juin 2013

 


Le Grand Charnier

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