"L'espèce menacée, ce sont les bergers"
J-L.Chauzy et J-L. Cazaubon

 

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L’engagement de Jean-Louis Chauzy, président du CESER (Conseil économique, social et environnemental de la région Midi-Pyrénées) aux côtés des éleveurs des Pyrénées et contre les introductions d’ours n’est pas nouveau. De son côté, Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées et de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, n’a jamais failli quant à son engagement auprès des éleveurs.


Philippe Martin, le ministre de l’écologie, lui aussi n’a pas failli à une spécificité gouvernementale : la contradiction. A moins que ce ne soit le sens du vent. Toujours est-il qu’après avoir brossé les pyrénéens dans le sens du poil lors de sa venir à Cauterets pour le Congrès de l’ANEM, le voici qu’il annonce un plan ours pour 2014 alors que tout le monde se porte bien sans plan depuis 2009.

Peut-être que l’ADDIP, Présidée par Mari-Lise Broueilh, a fait une erreur stratégique. Une démonstration de force de dernière minute comme les éleveurs en ont le secret aurait peut-être été plus efficace qu’une rencontre cordiale pour exposer la problématique de l’économie pastorale pyrénéenne, sereinement et intelligemment même si certains aspects des conditions d’introduction ne font pas plaisir à entendre.

En réplique à l’annonce quelque peu décalée du Ministre de l’Ecologie d’envisager un nouveau plan ours pour 2014, Jean-Louis Cazaubon et Jean-Louis Chauzy réclament un plan de protection des bergers dans les Pyrénées en 2014. Il ne s’agit donc pas de sauver une espèce de fauve sauvage qui, par ailleurs, n’est nullement en danger en Europe, mais de sauver des femmes, des hommes, des familles et une économie locale des vallées pyrénéennes. Nous pouvons notamment lire :

"La France devra choisir dans le Massif des Pyrénées (comme dans le Massif central ou le Massif alpin) entre le soutien au pastoralisme, à une économie de montagne, porteurs de valeur ajoutée, d’identité, de richesses, et les prédateurs. L’obligation européenne est un mauvais prétexte car l’ours comme le loup ne sont pas des espèces en voie de disparition, on les fait même venir en avion depuis les forêts de l’Europe centrale ! Le CESER de Midi-Pyrénées et la chambre régionale d’agriculture réaffirment la nécessité pour le gouvernement et pour l’Europe de respecter les éleveurs car aujourd’hui, l’espèce menacée, ce sont les bergers qui entretiennent avec leurs troupeaux la montagne et la font vivre et par leur présence génèrent une biodiversité remarquable dans des espaces et des sites majestueux.

"Si l’on veut avoir une montagne habitée avec une économie, il faut protéger les bergers et leurs troupeaux qui sont les gardiens de la nature et qui l’entretiennent. (...) Nous réclamons un plan pour la réintroduction des bergers et la défense du pastoralisme pour le Massif des Pyrénées. Les populations rurales doivent être sécurisées comme les urbains. Les prédateurs sont incompatibles avec la vie, autrement, il faut les réintroduire en ville… boulevard Saint-Germain à Paris !"

Il faut rappeler qu’en février 2011, lors d’une consultation publique organisée par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques, une très large majorité s’est prononcée contre toutes nouvelles introductions. D’autre part, les acteurs des territoires ont toujours refusé participer aux travaux du Groupe National Ours au point de le voir disparaître sans grand espoir de renaître.

Quant à la stratégie pyrénéenne pour la biodiversité portée par le Comité de massif, elle semble au point mort en raison de la problématique ours que la DREAL Midi-Pyrénées tente de faire revivre contre l’avis des acteurs.

Les introductions d’ours sont le résultat, non pas d’un malentendu, mais d’une vaste magouille menée par quelques hauts fonctionnaires au début des années 1990 appuyés par des sociétés commerciales qui y voyaient un intérêt mercantile sous couvert d’une association. Depuis, cette association a changé de nom pour tenter de se redonner une certaine forme de virginité. Mais c’est en pire ! Toutes ces introductions ont été réalisée par les pouvoirs publics en parfaite connaissance de l’hostilité locale. La faute de l’Etat est évidente mais personne ne veut la reconnaître car elle pourrait conduire à l’élimination des ours dans les Pyrénées. Décision que, bien évidemment, personne ne veut prendre. En attendant, l’Etat a des obligations, pas seulement vis-à-vis de l’Europe pour les ours, encore que…. Mais surtout vis-à-vis des éleveurs français… Obligations légales que jamais personne ne soulève. Pourquoi ?

Louis Dollo, le 27 décembre 2013

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