Une fracture artificielle entre ruraux et urbains

 

Intégrer les ours nécessiterait, et le vrai problème est là, de bousculer certaines habitudes
ANALYSE : Si le berger est là, si la montagne est « active », l'ours passe son chemin


L'amendement mettant hors la loi les six ours d'origine slovène des Pyrénées ariégeoises pose plus de questions qu'il n'en résout. Pourquoi un département qui aime exalter ses traditions - l'Ariège n'est-il pas le pays des « orsalhiers » (montreurs d'ours) ? - se prive-t-il d'un des signes caractéristiques de celles-ci ? Pourquoi l'homme et les troupeaux ne parviennent-ils pas à cohabiter ici avec l'ours, alors que la chose se passe plutôt bien ailleurs, dans les vallées voisines de Haute-Garonne et du Béarn ? Pourquoi six ours en Ariège mettraient-ils le pays en péril économique et contribueraient-ils à « chasser l'homme », alors que dans les Abruzzes italiennes, par exemple, l'animal est devenu l'instrument essentiel de valorisation touristique du parc national où, pour la première fois, la population ne régresse plus mais augmente ?

Certes, l'ours commet quelques dégâts. Au demeurant, le prélèvement est faible : 113 bêtes tuées en Ariège en 1999. Par comparaison, chaque année, 800 ovins sont victimes des chiens errants dans ce même département. Pour un éleveur, l'événement est traumatisant, mais chaque brebis perdue est indemnisée. La réintroduction des ursidés en Ariège, sous l'impulsion de Michel Barnier, s'est faite, il est vrai, à la hussarde. Enfin, les crédits mis en oeuvre (15 millions de francs) paraissent disproportionnés à des montagnards qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Les ours posent problème mais, raisonnablement, pas au point de soulever tant de passions. Les perturbations liées à leur présence peuvent être évitées. A condition - le vrai problème est là - de mettre en oeuvre des solutions qui bousculent certaines habitudes.

Troupeaux à l’abandon

Les troupeaux en Ariège, dédiés à la viande, sont à l'abandon, sans garde ni soins. Les éleveurs qui les possèdent (quelques dizaines seulement) exercent pour la plupart une autre activité dans les vallées, qui ne leur laisse guère de loisirs pour monter les voir. Ainsi pratiqué, l'élevage permet de toucher des primes. Sans grand effort. Si, en revanche, comme en Béarn, on s'occupe des troupeaux (ne serait-ce qu'avec des chiens de protection), si on les rentre le soir, si on les trait pour en faire du fromage labellisé, il faut y consacrer du temps. Le temps du travail humain qui donne de la valeur ajoutée à un produit.

L'ours vient bousculer des habitudes économiques - confortables mais peu traditionnelles - qui sont, de toute façon, vouées au déclin. Bien involontairement, il révèle la dégradation de la pratique de l'élevage. En aucun cas, il ne remet en cause le pastoralisme. Sa présence invite au contraire à repenser celui-ci pour le redynamiser. Si le berger est là, si la montagne est « active », l'ours passe son chemin. Tout en devenant l'emblème d'un pays préservé auquel aspirent les touristes.

Au fond, Pyros, Ziva et leurs copains poilus sont les boucs émissaires du blocage psychologique du rural profond en crise. Avec la symbolique des ours, les montagnards ariégeois se sentent mis en « réserve » pour les beaux yeux de citadins qu'ils ne comprennent pas. Comme les chasseurs, ils refusent de « bouger », assimilant toute évolution à un complot urbain contre leurs traditions.
Or, il n'appartient qu'à eux de faire de la présence de l'ours une chance de valorisation pastorale et écotouristique du patrimoine. L'ours propose un défi d'adaptation des traditions à l'âge moderne. Dans les Abruzzes, celui-ci a été relevé. Et 491 micro-entreprises, essentiellement familiales, se sont créées. Les Pyrénées auraient-elles pu vivre sans les 85 000 emplois générés par le secteur touristique ?

Auteur : Jean-Paul Besset
Source : Le Monde du mardi 4 avril 2000

Observations et réflexions


Cet auteur à la particularité de nous exposer avec beaucoup de zèle l’étendue de son ignorance et de son incompétence… A moins qu’il ne participe aux mensonges et manipulations des associations écologistes telles que FERUS, ADET-Pays de l’ours, FIEP ou le WWF… Ce qui revient au même.

Si l’auteur c’était penché sur l’histoire des Pyrénées, il aurait pu constater qu’il fallait parler d’histoires au pluriel tant il existe de disparités d’une vallée à l’autre. Par ailleurs, faire allusion aux « orsalhiers » (montreurs d'ours) c’est ne parler que d’une petite  vallée particulièrement pauvre du Couserans (Ariège), celle du Garbet qui, depuis bien longtemps, allait chercher leurs ours en Russie.  Les montreurs d’ours étaient des gens très pauvres dont beaucoup sont allé faire fortune aux Etats-Unis. Est-ce le but aujourd’hui ? Ou vouloir vivre au pays ? S’informer aurait pu permettre à l’auteur de  voir que la véritable tradition était la chasse à l’ours ou l’autodéfense des bergers comme en témoigne toute la littérature sur le sujet ours.

Prétendre que tout se passe bien ailleurs est un pur mensonge dont les médias, et surtout la presse écrite, se font les relais zélés depuis de nombreuses années. Le problème concerne et a toujours concerné TOUTES les Pyrénées comme en témoigne depuis le départ les actions des organisations syndicales et des associations regroupées dans la coordination pyrénéenne ADDIP que la presse a longtemps négligé.

Mentionner les Abruzzes est d’une rare idiotie pour plusieurs raisons. Il ne s’agit pas du même type d’ours et l’élevage n’y existe qu’à titre reliquaire avec quelques milliers de brebis sur un territoire très limité. Rien de comparable avec les Pyrénées française sur 450 km de long et 600 000 brebis.

"113 bêtes tuées en Ariège en 1999" pour quelques ours (moins de 10), c’est énorme. Sachant qu’une population viable sur toutes les Pyrénées ce n’est pas moins de 300 ours soit 30 fois plus qu’à cette période, on imagine le drame que pourrait vivre les pyrénéens. L’auteur aurait pu essayer de voir un peu au-delà des slogans partisans des écologistes militants et non scientifiques.

Dire que les troupeaux ovins viande sont à l’abandon est un pur mensonge. De toujours, les pratiques pastorales ont été le principe du libre parcours des troupeaux qui sont surveillés et non gardés. Cet auteur serait-il un spécialiste de l’élevage ovin de montagne pour donner des conseils à des bergers qui pratiquent ainsi depuis des siècles ?

Ecrire : « L'ours vient bousculer des habitudes économiques - confortables mais peu traditionnelles » est d’une rare bêtise, et l’adjectif est faible. Que Jean-Paul Besset vienne vivre une semaine avec les bergers, n’importe où dans les Pyrénées, et il verra si le travail est confortable. Dans tous les cas, nettement moins confortable que le sien. Le propos de cet auteur n’est, ni plus, ni moins, qu’une insulte grave à l’égard des Pyrénéens mais conforme à l’état d’esprit propagandiste écologiste.

Quant au développement touristique grâce à l'ours, si cela était possible, ça se saurait depuis longtemps. Mais lorsqu'on voit les résultats dans les Asturies, c'est bien uen expérience à éviter...

Le titre est stupide. Il met en opposition ruraux et urbains alors que le problème est la diffusion de mensonges par la presse, les associations écologistes et les pouvoirs publics. Si la situation était clairement exposée au public en diffusant autre chose que des mensonges et après avoir vérifié et recoupés les informations diffusées par les écologistes les urbains ne seraient pas les victimes des manipulations.

Avec le recul, nous avons la preuve de la manipulation médiatique menée par les associations écologistes, coordonnées par certains hauts fonctionnaires dont le principal était Gilbert Simon qui est passé de Directeur de la nature et des paysages au Ministère de l’Ecologie à Président ou vice-président d’associations comme FERUS ou le WWF. Curieux ?

Louis Dollo, le 20 juin 2012

 

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