Y a-t-il deux nouveaux ours en vallée d’Ossau ?

 

Grande interrogation sur fond de suspicion à l’égard des gardes du Parc National des Pyrénées à moins que ce ne soit à l’égard des éleveurs qui, selon les propos de certains fonctionnaires « ont vu des marmottes en croyant à des ours ». Voilà qui fait plaisir et qui incite à la détente et aux rapports apaisés entre les parties.

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Dimanche 5 septembre, vers midi, deux éleveurs, dont Christian Iriart, recherchent leurs brebis en jumelant comme ils en ont l’habitude au fond de Bious Artigues et plus précisément à Baigt de Houer au pied du Pic du Midi d’Ossau en direction d’Ayous. Et là, que voient-ils : deux ours.

Rappel des faits
Souvenons-nous le 6 août dernier, un éleveur de Lasseube, Michel Bonnasserre, avait trouvé une de ses vaches mortes dans le même secteur. Le reste de son troupeau avait été retrouvé à la cabane de la Lagüe sur le cirque d’Aneü (Anéou). Voulant ramener ses bêtes au point de départ, celles-ci refusaient d’y rester. Deux jours plus tard, l’éleveur constate que la vache morte avait été déplacée. Ce n’est surement pas l’œuvre de quelques touristes randonneurs de passage. Mieux encore, la pense de la vache avait été retirée et mise de côté.

Autant d’éléments qui laissaient soupçonner une prédation d’ours. Le dimanche 8 août au soir en rentrant chez lui (le portable ne passe pas à Bious), l’éleveur contacte l’IPHB dont le numéro est sans doute plus connu que celui du Parc National. Le lundi matin 9 août un technicien de l’IPHB se rend sur place. Malheureusement, les vautours avaient débuté leur repas et toutes traves avaient disparus. Toutefois, un indice a été protégé par le technicien afin que les constats puissent être fait par les agents du Parc National.

Le Parc National monte en force
Après avoir appris la présence du technicien de l’IPHB, le Parc National monte en force avec « des agents assermentés ». Et là, le verdict expert tombe plus vite que jamais : « la vache à dévissé et on a pu suivre la trace de sa chute ». Et qui donc a déplacé la carcasse ?  Silence !
« Ce qui était considéré comme une possible empreinte d’ours était en réalité une trace de patte de cheval ». Là on sent l’expert : « une patte de cheval »… Ca s’appelle un sabot. Mais bon… d’autres techniciens assermentés ont bien trouvé des clavicules aux chèvres et aux moutons. On peut bien trouver des griffes à un sabot de cheval. Et encore … « On a cherché très longtemps et on a rien trouvé »… C’est une habitude d’autant que pour eux un cadavre n’est pas un indice comme cela nous a été expliqué dans le val d’Azun. Conclusion de Yannick Bielle, chef de secteur du PNP : « cette mort n’est pas imputable à l’ours ».Il fallait s’en douter.

Il y a du nouveau
C’est que ce dimanche 5 septembre, « Lo Moussur » a été vu en deux exemplaires par deux éleveurs et dans le même secteur. Mais, selon les mêmes techniciens du PNP, « ce sont des marmottes ».
En 2008, sur l’estive du Merdanson à Bruges, lors de prédations sur le troupeau de Bernard Allègre, les mêmes réflexions avaient été faites par les agents de l’ONCFS. D’une manière générale, sur l’ensemble de la chaîne, tout est fait pour tenter de réduire le nombre de prédations. Il est tellement facile de ne pas se précipiter pour faire des constats et laisser les vautours faire disparaître toutes traces. Quelque soit la vallée, c’est toujours le même scénario qui se renouvelle : l’éleveur passe pour un imbécile pour ne pas dire un demeuré.

Avec un tel comportement, il ne faut pas s’étonner si le silence devient une règle pour réduire le nombre de prédations et… le nombre d’ours. A chacun sa technique de survie.

Et puis, comme nous ne savons pas d'où sortent ces ours, ne s'agirait-il pas de l'introduction annoncée par Chantal Jouanno ?

Louis Dollo, le 13 septembre 2010



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