L'ours est-il dangereux ?

Ou histoires de face à face avec des randonneurs ou travailleurs du milieu montagnard...

 

Il est rare de rencontrer un ours dans les Pyrénées mais c'est possible. Contrairement à ce que peuvent colporter les écologistes, celà n'arrive pas qu'aux chasseurs. Certains en ont fait l'expérience. Instant magique ? Ceux qui ont eu cette surprise ne semblent pas le vivre comme une magie mais plustôt avec inquiétude. Inquiétude justifiée ou non ? Tant qu'il n'y aura pas d'accident avec des humains, il sera toujours possible de dire que cette inquiétude n'est pas justifiée.

Ils ont peur d'un animal sauvage...
Ces ours qui tuent et qui blessent

 

Vos témoignages nous intéressent. Laissez-les ici....

Précautions à prendre face à l'ours
L'ours et les randonneurs dans les Pyrénées

Quelques observations simples


Si l'ours n'est pas dangereux comme nous l'explique plusieurs associations environnementalistes favorables à l'importation d'ours :

  • Pourquoi dans les zoos et parcs animaliers, tant de précautions sont elles prises pour protéger le public ?
  • Pourquoi, dans les Pyrénées, lorsqu'un ours s'approche de Toulouse, il est capturé pour le relâcher en montagne ?
  • Pourquoi, dans les Pyrénées, lorsqu'un ours s'approche d'une station touristique comme La Mongie ou Barèges, des affichettes sont mises, sur ordre du Préfet, dans tous les lieux publics, pour informer la population d'un risque ?
  • Pourquoi il existe des conseils de prudence ?
  • Pourquoi impose-t-on aux populations des villages de montagne de vivre avec le risque de l'ours ?
  • Pourquoi au Canada les écoles sont protégées par de grands grillages et pas les écoles des Pyrénées ? Et encore moins les rues des villages.

Par contre, nous constatons que :

  • Le berger doit cohabiter même lorsqu'il se fait massacrer ses moutons, gardés ou non, avec ou sans chiens de protection.
  • Les habitants des villages de montagne ne sont jamais tenus informés du lieu de présence de l'ours
  • Lorsqu'il est dangereux pour les villes, on le ramène en montagne… parce qu'il n'est sans doute plus dangereux dans un village de montagne ?

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Le Grand Charnier
   

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Environnement des Pyrénées

 

J'avais 13 ans....


C'était à Pâques 1961. J'avais 13 ans. J'étais en vacances à Planès (Pyrénées-Orientales - Haut-Conflent) chez des amis. Peu de neige et l'envie de skier. Avec mon copain nous décidons de monter au Pla de Cédeille pour en faire la descente.
Vers le haut, avant d'arriver à la prairie du Pla, nous voyons les traces… d'un chien. Des grosses traces ! Sur le coup nous ne nous posons pas de question. Toute fois, … il est à qui ce chien aussi gros. Il n'y en a pas au village.
Ce n'était pas trop notre soucis. La préoccupation du moment était d'arriver en haut pour prendre le sens de la descente car nous montions ski aux pieds en position descente. A cette époque, pas d'équipement de randonnée.

A qui ce chien ?? !!
Tout à coup, en arrivant sur la prairie enneigée du Pla, nous voyons ce qui était… le chien ! Un sacré chien. Tout brun, sur ses deux pattes arrières à renifler…
Nous avons TRES vite compris. Sans se consulter, la conversion fut vite faite et direction Planès. J'en ai même cassé une spatule. Pas grave, je laisse tout sur place et je descends. Un temps record.

Avions-nous eu tort d'avoir peur ?
Qui sait ?

Nous, les gosses, nous entendions parler les adultes de génisses qui avaient été attaquées par un ou des ours du coté des Angles dans le Capcir. Mais ce n'était pas notre problème.
Depuis ce jour, ce fut aussi notre problème.

Louis DOLLO

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Le chasseur de l'Hospice de France


Ce chasseur récemment décédés nous a confié son récit et une photo faite pour le PV de gendarmerie. Le trophée est depuis cette époque dans un bar de Luchon.
Nous mettrons prochainement le récit en ligne


En consttrruction

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Le campeur - randonneur rencontre Pyros dans le Larboust (secteur de Luchon)


Dimanche 8 octobre 2000, Pierre GERVAIS, fait une rencontre inattendue avec l'ours Pyros.
Beaucoup auraient donné cher pour vivre une telle rencontre. ne serait-ce que pour la photo. Mais le randonneur l'a vécu tout autrement.

Nous savons maintenant que faire le GR 10 dans les Pyrénées peut vous conduire à rencontrer des bêtes sauvages dont on se passerait volontier d'autant que les conseils pour se protéger ne sont pas spécialement rassurant. C'était vers 20h30, au Couret de Squiery (également orthographié d'Esquierry mais nous reprenons ici l'orthographe de la vielle carte Ledormeur) entre les granges d'Astau et le col de Squiery.

Pierre Gervais alors âgé de 37 ans, éducateur dans une maison d'enfants, était venu passer le week end pour découvrir les Pyrénées qu'il ne connaissait pas. Habitué de bivouquer sous tente le long des chemins de montagne, il décida de passer la nuit dans ce lieu remarquable. Dans la journée il avait pu voir une faune abondante tel que cerf et chevreuil. Il y avait un beau clair de lune. Bref, la nuit s'annoncait douce et belle. Eéveillé par un cri de "monstre" (selon son témoignage dans la Dépêche du Midi du 13 octobre 2000), il sort de sa tente et constate qu'à 50 mètres de lui se trouvait un ours.

L'animal à 4 pattes laissait une impression de puissance. Il tourna autour de la tente. notre campeur démuni face à la situation se met à crier. L'ours grogne. Il cri encore plus fort. l'ours grogne encore. Il fait des geste et pense même à mettre le feu à la tente pour faire fuir Lou Moussu qui, à l'évidence, n'avait nullement peur de l'homme. Et c'est dans ces moments que l'on voit que toutes les théories ne servent à pas grand chose tellement l'animal semble fort.

Progressivement, le campeur s'éloigne de son campement et fini par joindre, avec son téléphone portable, le PGHM. Dans la nuit, les Gendarmes parviennent auprés du campeur et lui recommandent de descendre car la situation pouvait être inquiétante.

Apparemment, l'ours (qui s'est avéré, par la suite, être Pyros) avait senti la nourriture : du fromage et de la charcuterie.

L'ours et le campeur face-à-face


Pierre Gervais a rencontré l'ours Pyros sur le Peyresourde, au Couret d'Esquierry. C'était dimanche soir, vers 20 h 30. Le face-à-face a duré plus de dix minutes.

Pierre Gervais, 37 ans, est éducateur à la maison d'enfants « La source » à Seyne-les-Alpes, dans les Alpes de Haute-Provence. Le week-end dernier, il se rendait à Toulouse chez une amie. « Je ne connaissais pas les Pyrénées. Dans les Alpes, j'ai l'habitude d'aller bivouaquer en montagne », explique-t-il. La tentation était trop grande. Dimanche, d'un coup de voiture, il se retrouvait au pied du Peyresourde et empruntait le GR 10. A quelques mètres du sommet du Couret d'Esquiery, il décidait d'installer sa tente. « J'ai vu passer un cerf et deux chevreuils. Il y avait un beau clair de lune. Puis, je me suis couché ».

C'est un cri qui l'a réveillé. « C'était énorme, style les monstres reviennent. J'ai quitté la tente précipitamment ». Là, à cinquante mètres de lui, se trouvait l'ours, Pyros. « J'ai eu peur. J'étais saisi. C'était un sacré bestiau qui dégageait une impression de puissance. Il était à quatre pattes. Il a fait un arc de cercle au-dessus de la tente. J'étais démuni. Je ne savais pas quoi faire. J'ai crié pour lui faire peur. Il a grogné. J'ai crié plus fort. Il a grogné encore. J'ai fait de grands gestes. » Pierre Gervais a même pensé à mettre le feu à sa tente pour faire fuir l'animal. « Visiblement, il n'avait aucune crainte de l'homme. Mais, dans ce cas là, on oublie la théorie. On sent que l'animal est fort.»

LES SECOURS ALERTES

Progressivement, Pierre Gervais s'est éloigné du campement. Il a utilisé son portable. « Il ne passait pas. Je suis monté au sommet, distant de vingt mètres. J'ai fait le 18. Les pompiers m'ont mis en relation avec le peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) de Luchon. »

Ne connaissant pas les Pyrénées, Pierre Gervais ne pouvait indiquer où il se trouvait. Au PGHM, on explique: « Nous avons travaillé par déduction. Il nous a dit que sa voiture était garée près d'un lac entouré d'un grillage. » Ce simple élément s'avérait suffisant. Dans la nuit, les gendarmes retrouvaient le campeur. Pierre Gervais poursuit: « Ils ont été très sympas. Ils m'ont demandé de redescendre car la situation pouvait être dangereuse. » Pyros avait quitté les lieux, en remontant du côté de la station de Peyragudes. « Je ne crois pas qu'il m'aurait attaqué. Il était intéressé par ma nourriture, de la charcuterie et du fromage. Selon la Direction régionale de l'environnement (Diren) qui m'a téléphoné, il m'avait repéré depuis un moment. Enfin, s'il avait eu faim, je ne sais pas si je serais au bout du fil. »

Auteur : Jean-Jacques DARD
Source : La Dépêche du Midi du 13 octobre 2000

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Randonneurs : Ours toujours (Témoignage)


En vacances, dans la région des Cabannes, le week-end du 8 mai, nous avons décidé de partir en groupe faire une randonnée avec un guide sur la commune de Larcat (la chapelle Saint-Barthélemy).

En forêt, au détour d'un sentier, quelle fut notre surprise de tomber nez à nez avec une dépouille de brebis. Après explications de notre guide, il s'avère que l'animal a été tué par un ours (brebis éventrée, cage thoracique ouverte et coeur arraché).

Une fois l'émotion passée, nous avons repris notre route en étant vigilant. L'attaque de l'ours nous a été confirmée par un habitant de Larcat qui nous a dit que deux jours auparavant, quatre autres brebis avaient été tuées par l'ours.
Tout ce petit préambule pour vous dire que la réintroduction de l'ours est un danger pour l'avenir de votre région.
Cet ours, qui n'a aucune similitude avec l'authentique ours des Pyrénées, cause des dégâts considérables dans les troupeaux.

A force de discuter avec la population locale, nous nous apercevons que la réintroduction de l'ours pose d'énormes problèmes, en particulier pour les éleveurs qui font transhumer leurs bêtes.
Le développement du tourisme dans les Pyrénées n'est pas compatible avec la réintroduction de l'ours. Il ne faut pas croire que l'on peut retourner cinquante ans en arrière. Beaucoup de choses ont changé. Pour mon cas personnel, je ne suis pas contre les ours mais que cela se fasse dans un parc régional réservé où les touristes pourront l'observer en toute sécurité car à l'heure actuelle, comment cela se passera-t-il le jour où une personne sera grièvement blessée ou tuée?

Je pense qu'il est beaucoup plus enrichissant de s'imprégner des coutumes de votre région, de partager avec les guides leurs connaissances de la flore et de la faune.
Pour conclure, je suis devenu amoureux de votre région, je voudrais y retourner souvent et ne je voudrais pas qu'une réintroduction massive de l'ours fasse disparaître ces éleveurs et tout ce qui va avec. Je me fais l'écho de beaucoup de touristes attachés à un certain genre de vacances.

Auteur : Pascal Duranton.
Source : Le courrier des lecteurs de la Dépêche du Midi du 22 mai 2003

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Le skieur au plateau de Beille (Ariège) : Baptiste, l'homme qui a vu l'ours


Baptiste Cazaux se souviendra longtemps de ce dimanche 14 mars. Skieur de fond émérite (il a d'ailleurs remporté hier la Transpyrénéenne), le sociétaire des Montagnards argelésiens a fait une rencontre plutôt insolite lors de son parcours sur le plateau de Beille. En tête de l'épreuve à mi-parcours, il abordait une descente lorsqu'il eut la surprise de voir déboucher à une vingtaine de mètres devant, sur la piste, un ours d'une taille assez impressionnante (il s'agirait en fait de Boutxy). ..

A l'arrivée, encore tout essouflé et "secoué", il ne se fait pas prier pour raconter son aventure.
" J'étais en plein effort lorsque j'ai vu l'animal et mon premier réflexe a été de freiner pour m'arrêter. L'ours s'est lui-aussi immobilisé. Il était énorme. On s'est regardé quelques secondes et puis il a fait demi-tour et continué tranquillement sa route. Moi aussi, j'étais prêt à faire demi-tour et à sprinter dans l'autre sens mais des gars de l'organisation postés un peu plus loin et témoins de la scène m'ont alors crié de continuer. Je n'avais jamais vu d'ours et sur le coup, je me suis dit: mais c'est pas vrai, je rêve..."

La peur donnant des ailes, l'Argelésien a avalé ensuite les kilomètres restant pour terminer brillamment les 42 km en passant la ligne d'arrivée en tête (après un peu moins de 2 heures et demies d'effort) et avec une confortable avance sur le second, l'Alpin Olivier Niogret (le frère de la biathlète Corinne). Celui-ci a vu lui-aussi en passant l'animal lequel avait déjà entamé son repli vers un bosquet d'arbres.
"J'ai deviné dans le champ de neige bordant la piste, une forme sombre et j'ai alors eu la surprise de constater que c'était un ours. une belle bête..."

Des faits confirmés par des organisateurs qui se trouvaient dans les parages et notamment par des gendarmes du PGHM qui ont pu photographier l'ours ainsi que les traces de son passage. Que l'on se rassure cependant, tout les participants de la Transpyr sont bien rentrés au bercail, sains et saufs et Boutxy est reparti pour de nouvelles aventures entre vallées d'Aston et vallées d'Ax. En tout cas, aux dires de ceux qui l'ont vu, le "gros bébé" est maintenant bien réveillé.

Auteur : Robert Cayla
Source : La Dépêche du Midi du 31 avril 2004

Observations


Baptiste Cazaux est d'Arrens dans les Hautes-Pyrénées où il travaille à la ferme familiale.(Voir la vidéo sur la filière ovine) Il est également Moniteur de ski de fond, l'hiver, à la station du Val d'Azun, coureur cycliste et entraîneur. Il fait également des courses en montagne, licencié au club "Les esclops" d'Arrens-Marsous.

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Randonneur en Ariège


«Zone de danger. Ours en liberté. Tenir vos enfants en laisse. Ne pas porter de nourriture. Bivouac déconseillé. En cas d'attaque...prévenir… les responsables ».

En lettres blanches sur fond rouge vif, le message écrit sur le panneau planté tout en haut du col d'Escot ne passe pas inaperçu. C'est au cours d'une randonnée qu'un de nos lecteurs gersois a fait cette drôle de rencontre. La suite ? C'est Gilbert Dufreche d'Eauze qui la raconte. : « En vacances en Ariège, on se promenait au-dessus de Guzet neige, au niveau du col d'Escot. Nous sommes tombés devant ce panneau et nous sommes restés sans voix. À qui veut-on faire peur ? Aux touristes ? C'est d'autant plus étonnant que d'après ce que nous avons pu savoir personne n'a vu d'ours dans ce coin… Alors qui faut-il attacher ? Les enfants comme le recommande ce panneau ? Ou plus sûrement les instigateurs d'un tel message ? L'Ariège mérite mieux comme publicité ».

Voilà pour le témoignage de notre « lecteur reporteur » gersois. Après vérification, il semblerait bien que des panneaux de ce type se soient multipliés cet été dans les Pyrénées : « Il y a derrière cette initiative la volonté des éleveurs de sensibiliser le grand public sur les dangers liés à la présence de l'ours », confie un responsable de la station de Guzet. Est-ce la bonne méthode ? Évoquer des enfants tenus en laisse n'est-il pas choquant ?

Source : La Dépêche du Midi été 2005

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Un randonneur toulousain : "L'ours était tout près en position d'attaque"


Un randonneur toulousain affirme avoir rencontré un ours du côté de Melles, à 1 000 mètres d'altitude. Peut-être est-ce Hvala, qui aurait déjà tué une cinquantaine de moutons.

Un souffle rapide, puissant, rauque derrière des hautes fougères, et tout à coup à moins de deux mètres, une silhouette énorme dressée sur les pattes arrière, deux yeux de fauve qui le fixent dans la pénombre… Pyrénéiste aguerri, Daniel Gaubert n'est pas près d'oublier cette rencontre au lever du jour avec une ourse, qui correspond à la description de Hvala, lâchée en mai 2006 dans le secteur.

Ce randonneur se baladait au lever du jour du côté du Gauch, petit sommet d'environ 1 150 mètres d'altitude, au-dessus de Melles, une commune proche de la frontière espagnole. Il suivait le brame d'un cerf, avec l'espoir de photographier ce magnifique animal.

« En voyant les fougères bouger, j'ai pensé que je touchais au but, raconte ce jeune retraité de l'Éducation nationale. Je me suis avancé avec précaution. Mais ce que j'ai vu m'a glacé le sang. L'ours était tout près de moi en position d'attaque, il me dominait de toute sa hauteur. J'ai été surpris par sa couleur, il n'était pas brun comme l'ours des Pyrénées, mais marron clair. J'ai repensé en un éclair à un reportage sur une femme qui avait été tuée dans les Balkans par un plantigrade semblable à celui-ci, en essayant de le prendre en photo ». Le promeneur a alors fait preuve d'un grand self-control. Il n'a pas bougé et la bête s'est remise à quatre pattes, disparaissant derrière le rideau de fougères.

« J'entendais encore son souffle. J'ai reculé doucement vers un arbre sur lequel j'ai essayé de grimper mais la branche a cassé. Je n'ai pas couru. J'ai reculé doucement. Je suis rentré au village de Coulédoux où on m'a dit qu'il s'agissait sans doute d'une ourse slovène qui avait eu deux oursons. Les rejetons étaient sans doute à proximité. J'ai appris aussi qu'elle avait à son tableau de chasse une soixantaine de moutons et au moins un poulain ».

Depuis, à l'instar des bergers du coin, ce promeneur toulousain craint « que cette folie meurtrière se multiplie par trois si les petits se montrent à la hauteur de leur éducatrice de mère ! On ne peut s'empêcher de penser que les gens qui sont à l'origine de cette réintroduction ne sont que des éternels adolescents qui n'ont jamais abandonné leurs peluches de bébés » écrit-il. « Un ami m'a demandé : « es-tu sûr d'avoir vu un ours ? ». Je lui ai répondu : « Non, c'était peut-être un pingouin car il paraît qu'il vivait ici à l'époque de la glaciation et que des illuminés essaient de réintroduire ». Toujours sur le ton de la plaisanterie, l'homme qui a vu l'ours annonce qu'il va sans doute « abandonner ses activités de plein air et rester confiné devant sa télévision qui lui annoncera peut-être la réintroduction des dinosaures, lesquels fourniront une excellente alimentation à « nos ours bruns des Pyrénées»

Auteur : S.R.
Source : La Dépêche du Midi du 2 novembre 2007

Observations


Cet été, sur la même estive, des randonneurs n'ont pas pu descendre de leur voiture. Motif : un troupeau était gardé par deux Patous particulièrement scrupuleux et attentionnés à la garde des brebis.

Bien sûr, on va nous dire, comme pour les chasseurs, que les randonneurs n'ont qu'à écouter le répondeur de l'équipe de suivi de l'ours avant de s'engager. Le problème est triple :

  • Le répondeur est mis à jour la veille à 17h à partir d'observations fournies. Mais comme il n'y a pas une personne derrière chaque ours et qu'ils ne sont pas équipés de GPS... vous aurez compris que le répondeur ne peut pas donner d'indications sérieuses.
  • L'ours se déplace beaucoup la nuit. L'information donnée la veille à partir d'observations qui datent peut-être aussi du jour précédent... facile de comprendre que le répondeur n'a qu'une valeur approximative très incertaine.
  • Eviter un large secteur autour du lieu présumé indiqué par le répondeur ? Fumisterie. Aujourd'hui, des ours, il est possible qu'il y en est partout puisqu'ils ont été introduits par essaimage sans aucune réflexion préalable. Tenir un tel propos signifierait "renoncer à toutes sorties en montagne".

Et nous voyons déjà se profiler la problématique de la liberté d'accès à la montagne.

Et puis, s 'il y a danger pour un randonneur et si celui-ci a eu peur au point de dire qu'il "abandonne ses activités de plein air", imaginons ce que peut dire un éleveur / berger qui travaille dans ce même milieu qui est pour lui "une extension de son exploitation agricole" au regard de toute la législation agricole. Le milieu pastoral et les élus locaux dénoncent la situation depuis longtemps mais n'ont jamais été écoutés (Cf. responsabilité des maires). Pire, ils ne sont pas pris au sérieux.

D'autre part, les défenseurs du plantigrade estiment qu'il est une chance pour le développement économique et touristique des zones de montagne des Pyrénées. A en croire ce randonneurs et d 'autres qui veulent rester discret pour éviter les invectives et pressions environnementalistes qui se sont exprimés avant lui, il ne semble pas que l'idée soit d'une grande efficacité. Mais peut-être que nous nous trompons de tourisme et qu'au lieu de pratiquer un tourisme doux, un tourisme dit "vert" et de nature, il est préférable d'envisager un tourisme de masse, où l'accès à la nature est payant comme au Canada ou à la falaise aux vautours.

C'est un choix de société à faire. Mais est-ce à des associations environnementalistes de faire ce choix à la place des habitants des territoires de montagne ?

Par ailleurs, dans le cadre du développement des sports et loisirs de nature, il y a une réflexion à mener dans le cadre de l'Agenda 21 du CNOSF en relation avec les fédérations sportives et le milieu touristique concerné en relation avec les CDESI. Mais tout ceci semble avoir été occulté aussi bien par le milieu environnementaliste que par le Ministère de l'Ecologie qui ont exercé une véritable dictature pour imposer leur idéologie de l'introduction. Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques parle de "viol" des vallées pyrénéennes. Pire encore, le milieu sportif a été exclu des discussions dites de "concertation" qui ont été menées après la décision d'introduction et ceci malgré l'existence d'une charte dans les Hautes-Pyrénées et l'Ariège qui n'a jamais été respectée par l'Etat.

Nous voyons, qu'il reste encore beaucoup de travail à faire pour envisager une acceptabilité de l'ours et que les dernières introductions / importations ont été menées en dépit du bon sens. Mais il n'est pas politiquement correct de le dire.

Louis Dollo, le 2 novembre 2007

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Pour vous tenir informé des déplacements ou des découvertes sur l'Ours des Pyrénées, celui que l'on trouve en vallée d'Aspe ou d'Ossau, appelez la messagerie vocale du réseau Ours tenu par l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) au :

05 59 82 83 22
(Mise à jour tous les mardi soir)

Et pour plus de précisions ou fournir une observation le 05 59 82 92 21


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