Pas de nouveaux ours dans les Pyrénées en 2010, mais....

 

Share/Bookmark 

"Prenez l'exemple de l'agriculture, (...) c'est le prototype du malentendu", disait Jean-Louis Borloo en marge d'un point de presse sur le Grenelle
Malentendu pour qui ?
Les éleveurs des Pyrénées qui sont laissés pour compte face à la problématique de l’ours, où l’Etat manipule dans leur dos, ne vont certainement pas parler de malentendu mais d’actions concertées et volontaires contre leurs intérêts et celui de la biodiversité pyrénéenne.

 

 

Depuis le 1er janvier, la France n’a plus de plan ours et personne ne s’en porte plus mal. Les activités pastorales se poursuivent et les éleveurs sont plutôt soulagés de voir que le sujet n’est plus à la une de l’actualité.

Mais voilà que nous apprenons par la presse espagnole que notre administration de l’écologie française manœuvre en dessous de table, en toute discrétion,  pour récupérer des ours de la Sierra Cantabrique en Espagne et les installer dans les Pyrénées en pensant convaincre les éleveurs des bienfaits de Martin dans les vallées. Il faudra certainement se lever de bonheur pour y parvenir lorsque nous voyons ce qui se passe en Val d’Azun et en Ariège. Naïveté ou obsession idéologique d’un autre âge ?

Ainsi donc, un journal électronique basque nous apprend que le groupe de travail sur la stratégie de conservation de l’ours brun des Pyrénées réunissant français, espagnols et andorrans, s’est réuni à Lérida, en Catalogne, pour discuter de l’avenir des Pyrénées entre « techniciens ». Et quels techniciens !

Des grands techniciens !
Ce sont ces grands techniciens français qui ont choisi, en 2006, une ourse de 17 ans, Franska, en la présentant comme ayant 7 ans… Quelques années avant, ils avaient innovés en précipitant Papillon vers la mort. Le prenant pour un jeune, il avait été baptisé « Luz » car il sévissait depuis quelque temps sur le canton de Luz-Saint-Sauveur. Il s’agissait en fait du vieux Papillon qu’ils ont un peu trop chargé en anesthésiant… Ce sont aussi eux qui préconisent des mesures de protection des troupeaux sans jamais avoir consulté un seul éleveur…. Ce n’était d’ailleurs pas prévu dans la procédure décrite…. Par le Ministère de l’Ecologie.
Ces techniciens sont des sortes de fantômes ayant la science infuse, qui croient tout connaître pour tout faire de l’ours au mouton… Ce qui justifie le fait que depuis 20 ans l’éleveur ne présente aucun intérêt pour eux. A leur décharge, il faut dire que les éleveurs ne voulant pas participer au plan d’introduction d’ours refusent toutes participations et collaboration. C’est ce que les pouvoirs publics appellent pudiquement « l’acceptation sociale » conforme à la convention de Berne. Ca devient comique !

Des ours de la Sierra Cantabrique ?
Après nous avoir expliqué pendant 14 ans que les ours slovènes étaient les mêmes que ceux d’Espagne dans les Monts Cantabrique et des Pyrénées, voilà que nos « grands techniciens » changent d’avis. En fait, ils se rangent, sans le dire, sur les conclusions d’un rapport d’étude de l’IPHB de 1996 et un rapport de mission du Conseil Général des Hautes-Pyrénées de 2006.
Pourquoi pas des slovènes ?
Tout simplement parce qu’ils sont nourris… à la viande. Ce qui n’empêche pas nos associations écologistes et bon nombre de fonctionnaires de l’Etat dont nous tairons les noms, d’expliquer, y compris aux enfants des écoles, que l’ours est… végétarien. Encore une incohérence qualifiée de « mensonge d’Etat » par les associations de l’ADDIP. Et puis, faire référence à l’IPHB, c’est faire référence à Jean Lassalle et là, dans la bouche écologiste et des fonctionnaires de l’environnement, cela devient un « gros mot »

Reste à savoir si les espagnols vont mordre à l’hameçon. Rien n’est moins sur. Selon Guillermo Palomero, président de la Fundación Oso Pardo, il n’en est pas question. Pour lui, « n’importe quel ours européen serait un bon candidat pour cette réintroduction… ». Il devrait préciser : « S’il n’est pas nourri par l’homme ». Mieux encore. Il nous est dit en France que 50 ours serait une population viable. N’y a-t-il pas mensonge sous roche de la part de nos « grands techniciens » lorsque nous découvrons que, pour Guillermo Palomero, selon nos confrères espagnols, 130 animaux dont 21 femelles ayant mis bas au printemps ne permet pas de considérer la population d’ours cantabrique comme étant « suffisamment mûre pour se convertir en population donatrice ». Doit-on en conclure que pour les Pyrénées, ce ne sont pas 50 ours qui sont nécessaires comme le déclare Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, a ses visiteurs, élus de la montagne pyrénéennes, mais 150 à 200. Il y a déjà des problèmes avec 20, tout simplement parce que contrairement aux montagnes Cantabrique, les Pyrénées sont des montagnes vivantes avec une activité économique à tous les étages. Imaginons ce qui se passerait même avec 50 ours.

Un projet techniquement peu sérieux
Alors qu’il est mis en place une politique de l’Etat concernant l’élevage et l’agriculture de montagne, que les éleveurs et les Chambres d’Agriculture des Pyrénées travaillent sur un diagnostique pour se préparer à l’agriculture de l’après Grenelle et de l’après 2013 (PAC), nous voyons mal comment une cohabitation avec autant d’ours serait possible alors que, par le passé, contrairement à tout ce qui a pu être dit par les associations écologistes et le Ministère, elle n’a jamais existé. L’histoire des Pyrénées et de ses ours (bibliographie) ne prêche pas en faveur du plantigrade sauf si nous prenons les quelques livres « sponsorisés » par FERUS, le FIEP ou le WWF.

Le raisonnement du Ministère en matière de biodiversité des Pyrénées et de préservation de son patrimoine environnemental, n’a pas évolué depuis 25 ans. Leur vision du sujet est basée sur deux axes :

  • Des Pyrénées sauvages avec « des vallées impénétrables ». Vision des romantiques du début du 19ème siècle déclinée en son temps dans le tourisme du 20ème siècle par le slogan publicitaire de « Frontière sauvage », ce qui est très loin d’être le cas.
  • Une espèce emblématique, l’ours, au détriment de toutes les autres espèces sauvages ou domestiques qui présentent, aux yeux des pyrénéens, autant d’intérêt si ce n’est plus, que l’ours seul.

Les mesures de protection : un leurre
Cette réunion a également abordé les mesures de protection (Cf. Fiche 32). Là encore, s’agit-il de naïveté ou d’obsessions idéologiques ?
Voilà plus de 20 ans que le sujet est discuté par des non-éleveurs et qu’il est régulièrement constaté l’absence de moyens financiers qui devraient être considérables et l’inefficacité technique des solutions proposées. Si, après 25 ans, la bonne solution avait été trouvée, nous n’en parlerions plus. Et puis, la problématique n’est pas seulement dans les estives d’altitude mais également à proximité des villages où paissent les troupeaux en début et fin de saison. Gérard Caussimont, Président du FIEP, avait préconisé, à l’IPHB, de clôturer les estives avec des fils d’acier électrifiés. Que deviendrait le reste de la faune de montagne ? Ce n’est pas son problème…. Et pour les villages ? Faut-il en faire des camps retranchés à la vision concentrationnaires ? Assurément, les touristes s’y sentirait en sécurité, mais quelle ambiance !
Quant aux chiens de protection, ils ont leurs limites et un coût qui n’est pas prix totalement en charge. Dans de très nombreux cas, leur totale inefficacité a été démontrée.  De plus, il faut rajouter des problèmes avec les randonneurs qui ne viennent pas se balader dans nos montagnes pour rencontrer l’ours ou les patous qui interdisent l’accès. Ce ne sont pas les associations écologistes et les fonctionnaires qui sont confrontés aux procédures judiciaires. Qui les paient si ce n’est l’éleveur ?
Les bergers permanents ? Qui paient en dehors des périodes d’estive ? Y en a-t-il assez de formé ? Comment les loger en estive ? Doivent-ils rester dehors nuit et jours par beau et mauvais temps à côté du troupeau pour le surveiller comme le chien de protection ? Aucune réponse à ces questions d’autant que les cabanes aux normes sanitaires de logement d’un ouvrier agricole ne font pas l’objet d’un financement spécifique dans le cadre du plan ours. En d’autres termes, le plan ours finance partiellement le berger mais qu’il se débrouille pour trouver un logement en montagne.
Face à une telle situation, quel crédit, ne serait-ce que de sérieux,  accorder aux services de l’Etat ?

Convaincre les éleveurs… C’est mal parti !
Selon le journaliste espagnol, «  avant de réaliser son plan [la France] essaiera de sensibiliser la population de la zone, et de l’informer avec précision de toutes les actions envisagées. Si ce travail d’information publique est favorablement accueilli, la France s’évitera ainsi les mauvais moments qu’elle a connus avec les dernières réintroductions, fortement rejetées par la population locale ».
Nous pouvons dire, sans beaucoup nous tromper, qu’il sera pratiquement impossible de convaincre les éleveurs. Pour convaincre, il faudrait qu’il y ait dialogue et écoute des principaux intéressés et un climat de confiance instauré. Nous sommes très loin d’une telle situation. Par ailleurs,  toutes les organisations professionnelles d’éleveurs ont déjà rejeté l’idée d’une introduction d’ours d’où qu’il vienne. Nous pouvons y rajouter la totalité des élus nationaux qui ont signé une lettre au Président de la République le 13 mars dernier lors de la manifestation de Tarbes. Lettre  toujours sans réponse. La Communauté de Travail des Pyrénées (CTP) a dit non tout comme le Conseil Général des Hautes-Pyrénées qui a voté récemment une nouvelle motion pour confirmer celle de 2006.

Si à ceci nous rajoutons que depuis 1996, l’Etat n’a jamais tenu aucun de ses engagements vis-à-vis de ceux, nombreux,  qui, à une époque, ont cru en l’ours. C’est le cas pour les 4 communes de la Haute-Garonne qui ont accepté les lâchers des trois premiers ours en 1996 et 1997. Avec des estives dites « modèles », nous savons ce qu’il en est et ce qu’il en reste aujourd’hui. Les crédits pour des clôtures sont distribués au compte-gouttes. L’Etat s’est désengagé de l’IPHB, collectivité territoriale de concertation, après un "caca nerveux" d’un ministre faisant fi des règles basiques de la démocratie. Les bergers sont pratiquement inexistants et de toute manière, pour la très grande majorité des estives, ne disposent pas de logement. Et la liste est longue.

Nous pouvons aussi noter les griefs faits par les éleveurs aux agents du Parc National notamment dans le Val d’Azun à la suite de prédations de chèvres sur le Cabaliros. Expérience qui n’augure rien de bon pour l’avenir si d’aventure d’autres ours devaient arriver sur le secteur.

Et puis, cerises sur le gâteau :

  • Contrairement à ses engagements du 13 mars 2010 à l’occasion de la manifestation de Tarbes, Chantal Jouanno n’a toujours pas reçu l’ADDIP.
  • Le diagnostique partagé dont Jean-Louis Borloo avait parlé le 19 mars à Tarbes n’est toujours pas traduit sur le plan administratif
  • L’engagement du Ministre de transférer le dialogue au niveau de la CTP pour fin mai n’est toujours pas évoqué de manière concrète et publique. Mais il est toujours temps….
  • Si on se réfère au « power point » du Ministère de l’Ecologie, les éleveurs et agriculteurs de montagne n’étaient pas prévus et ne sont toujours pas prévus dans la concertation. Officiellement, ils n’existent pas.

Dans un tel contexte, il est assez peu probable que les éleveurs se laisseront convaincre.

Et le Sénat espagnol…
Dans une motion votée par le Sénat espagnol, il est clairement mentionné qu’il faut l’accord des départements et des régions françaises tout comme des autonomies espagnoles. Le Conseil Général des Hautes-Pyrénées s’étant récemment prononcé contre, les principes fixés par le Sénat espagnol ne semblent donc pas remplis avant toutes discussions. Pourquoi s’obstiner ?

 

Ces informations du gouvernement navarrais reprises par la presse électronique basque n’ont, curieusement, pas transpiré en France. L’opacité et la culture du secret semblent toujours présider dans les milieux de l’écologie française ce qui n’est pas très compatible avec une transparence indispensable à toutes discussions et au bon exercice de la démocratie.
Ces entretiens franco-espagnols et andorrans n’existent qu’au niveau des techniciens et non au niveau des politiques. Or un lâcher d’ours dans les Pyrénées semble être éminemment politique après préparation technique.
Comme l’avait dit Jean-Louis Borloo à Tarbes, « rien n’est décidé ». La décision n’interviendra qu’en juin, probablement après consultation de la CTP fin mai. A ce moment, nous verrons si les Pyrénées vont devenir un vaste espace sauvage transformé en zoo pour touristes ou si, après un enterrement de première classe du plan ours, les Pyrénées resteront une montagne vivante avec des femmes et ses hommes dans les villages exerçant  leurs activités traditionnelles à partir de leur savoir faire, dans le respect de leur culture et produisant des produits de qualité issus d’une agriculture raisonnée depuis… des milliers d’années.

 

Louis Dollo, le 2 mai 2010

Haut de page


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Suivi de l'introduction d'une ourse en Béarn au printemps 2011

 

 

Francia no introducirá este año nuevos osos en el Pirineo y pide traer ejemplares cantábricos


En junio unformara de su plan de repoblacion y buscará antes sensibilizar a sus ganaderos
Los especialistas tienen dudas sobre la viabilidad de que los animales astures se conviertan en una comunidad donante

PAMPLONA. Francia ha solicitado formalmente al Gobierno español la posibilidad de que los próximos osos con los que se repueble la población osera de los Pirineos procedan de la cordillera cantábrica. Hasta el momento los reforzamientos poblacionales de osos en el macizo pirenaico se habían realizado con osos procedentes de Eslovenia. Esta opción se puso el jueves sobre la mesa en Lérida en la reunion celebrada por el grupo de trabajo para estudiar las estrategias de conservación del oso pardo del Pirineo. Se trataba de un encuentro eminentemente técnico promovido por el Ministerio de Medio Ambiente y en el que participaron especialistas del Ejecutivo central así como técnicos de las autonomías de Aragón y Cataluña y de la Comunidad Foral de Navarra.

Según informaron fuentes del Gobierno foral en la materia, en el mismo encuentro se informó de que Francia renunciaba este año a realizar la suelta de osos que marca el comienzo de su proyecto de preservación de la especie entre 2010 y 2013. La fuerte oposición de los ganaderos pirenaicos, que congregaron en Tarbes a 2.000 opositores al nuevo proyecto galos de repoblación, parece haber retrasado los planes del Ministerio francés, que tratará antes de sensibilizar a la población de la zona e informar puntualmente de todas las actuaciones que se tienen pensadas llevar a cabo.
En caso de que esa labor divulgativa sea bien acogida, Francia se ahorrará el trance de las últimas reintroducciones de animales, que sufrieron un rechazo importante por parte de la población local. En principio, la agenda marca que Francia dará a conocer en junio el contenido completo de su programa sobre el oso pardo, una vez que termine las consultas especialistas que está realizando entre los especialistas. Por el momento, se desconocen las fechas, las zonas del Pirineo y el número de animales que pueda plantear el país vecino para su plan de protección de la especie.
Antes de entrar en detalles sobre ese plan, Francia ha solicitado al Gobierno español la posibilidad de traer osos cantábricos para repoblar sobre todo la zona occidental del Pirineo (valle del Roncal, Aspe, Hecho y Ansó), donde sólo subsisten cuatro ejemplares, todos ellos machos y entre los que se encuentran Camille y Neré, los dos plantígrados con presencia en los montes navarros. En todo el Pirineo se contabilizan entre 20 y 25 osos.

Sin respuesta española
España todavía no ha respondido a la solicitud francesa, pero entre los técnicos no ha tenido una gran acogida. En la Cordillera Cantábrica se conservan unos 130 animales y, pese a que en primavera darán a luz 21 osas, se considera que la población de osos cantábricos "no es lo suficientemente madura como para que se convierta en donante", afirmó ayer Guillermo Palomero, especialista en el oso pardo. "Cualquier oso europeo sería un correcto candidato para esa reintroducción porque se ha puesto de manifiesto que el origen de todos estos animales es común. Es mentira que los osos sean más agresivos o pacíficos si proceden de un lado o de otro". Palomero informó de que la población osera del Cantábrico "está estancada en la zona oriental, y hay que priorizar primero ese problema. La zona occidental es distinta, marcha a un buen ritmo de crecimiento, pero sólo podría donar pensando en el medio plazo".

Igualmente, la reunión de trabajo sobre el oso sirvió para "potenciar las medidas de protección, prevención e indemnización del ganado ovino que sufre los ataques del oso" y para continuar con la labor de sensibilización en torno a una especie, que pese a convivir desde hace muchos años con los habitantes del Pirineo, todavía sigue perseguida por falsos mitos.

Auteur de la version espagnole : Enrique Conde
Source : Noticiasdenavarra.com du 1 mai 2010

Haut de page

La France n’introduira pas de nouveaux ours cette année dans les Pyrénées, et demande à utiliser des spécimens cantabriques


En juin, elle fera connaître son plan de repeuplement et cherchera auparavant à sensibiliser ses éleveurs.
Les spécialistes doutent de la possibilité que la population d’ours asturienne puisse fournir aux réintroductions.

La France a formellement sollicité le Gouvernement espagnol afin que les prochains ours avec lesquels seront repeuplées les Pyrénées viennent de la Cordillère Cantabrique. Jusqu’à présent les renforcements étaient effectués avec des ours slovènes. Cette nouvelle option a été mise sur la table à Lérida, jeudi dernier, lors de la réunion du groupe de travail sur la stratégie de conservation de l’ours brun des Pyrénées. Il s’agissait d’une réunion éminemment technique organisée par le Ministère de l’Environnement à laquelle participèrent les spécialistes du Gouvernement espagnol et les techniciens des communautés autonomes d’Aragon, de Catalogne, et de Navarre.

Selon les sources gouvernementales navarraises, lors de cette rencontre on a appris que la France renonçait pour cette année à réaliser les lâchers d’ours qui devaient marquer le début de son projet de préservation de l’espèce pour la période 2010-2013. La forte opposition des éleveurs pyrénéens qui se retrouvèrent 2000 à manifester à Tarbes contre ce projet, semble avoir fait reculer le Ministère français,  qui avant de réaliser son plan essaiera de sensibiliser la population de la zone,  et de l’informer avec précision de toutes les actions envisagées.

Si ce travail d’information publique est favorablement accueilli, la France s’évitera ainsi les mauvais moments qu’elle a connus avec les dernières réintroductions, fortement rejetées par la population locale. En principe, l’agenda retenu précise que la France fera connaître en juin l’ensemble de son programme ours brun, une fois achevées les consultations de spécialistes en cours. Pour le moment, on ignore les dates, les zones des Pyrénées, et le nombre d’animaux envisagés par notre voisin pour son plan de protection de l’espèce.

Avant d’entrer dans ces détails, La France a demandé au Gouvernement espagnol la possibilité de se fournir en ours cantabriques, pour repeupler surtout la zone occidentale des Pyrénées (Vallée de Roncal, Hecho et Ansó pour le versant sud, Vallée d’Aspe pour l’autre versant) où ne subsistent que quatre spécimens, tous mâles, dont Camille et Neré présents dans les montagnes navarraises. Sur tout le massif, on compte entre 20 et 25 ours.


Pas de réponse de l’Espagne

L’Espagne cependant n’a pas répondu à la demande française, mais celle ci n’a pas rencontré un accueil extraordinaire chez les spécialistes. On compte dans la Cordillère Cantabrique environ 130 animaux, et bien que 21 femelles aient mis bas au printemps on considère que la population d’ours cantabrique « n’est pas suffisamment mûre pour se convertir en population donatrice », comme l’explique Guillermo Palomero, spécialiste de l’ours brun, qui ajoute : « n’importe quel ours européen serait un bon candidat pour cette réintroduction puisque l’on a mis en évidence que toutes les populations ont une origine commune. C’est un mensonge de dire que les ours sont plus ou moins agressifs selon leur provenance ».

Quant à la population cantabrique, Palomero explique que « elle stagne dans la zone orientale, et la priorité c’est de régler ce problème. C’est différent dans la zone occidentale, qui a un bon rythme de croissance,  mais elle ne pourrait fournir que si l’on raisonne à moyen terme »  (1).

La réunion de travail a également permis de « revoir pour les améliorer les mesures de protection, prévention et indemnisation des dommages dus aux attaques d’ours sur les ovins », et de continuer le travail de sensibilisation autour d’une espèce qui, alors qu’elle cohabite depuis des années avec les habitants des Pyrénées, reste jusqu’à présent pourchassée pour de fausses raisons mythiques.

Auteur de la version espagnole : Enrique Conde, le 1 mai 2010
Traduction : B.Besche-Commenge – ASPAP/ADDIP


(1) Note du traducteur : pour Javier Navès, le spécialiste espagnol des ours, la survie à long terme d’une population suppose « des centaines d’ours sur des milliers de km2 », les quantités actuelles ne permettent qu’une survie à court terme. Ces mêmes données étaient reprises en 2000 par Guillermo Palomero dans un article paru dans les Publicaciones de Biología de la Universidad de Navarra, Serie Zoológica, 26: 129-135, 2000 (« Publications de Biologie de l’Université de Navarre – Série zoologique »), voir :    
C’est ce qui rend impossible l’éventualité envisagée par la France.

Haut de page


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Ours dans les Pyrénées
Suivi de l'introduction d'une ourse en Béarn au printemps 2011