Les premières réintroductions de vautours fauves en France

 

La vérité historique de la présence des vautours fauves en France n’est pas bien établie. Plusieurs documents existent mais ont subis une forte influence militante des frères Terrasse à partir des années 1970. Totalement obsédés par le vautour fauve pour la réalisation de leur thèse aux environs de 1973, ils le découvrent dans les Pyrénées-Atlantiques, département où il a toujours existé. Contrairement à ce qui peut parfois être écrit, il n’y a jamais eu d’introductions de vautours fauves dans les Pyrénées.


Par contre, des œufs et des spécimens de vautours pyrénéens ont servis aux premières réintroductions de vautours fauves dans les gorges de la Jonte en Lozère.

Cette présence naturelle des vautours fauves dans les Pyrénées a été favorisée sur le versant espagnol par des conditions climatiques favorables et l’existence de charniers liés à l’élevage industriels de porcs en Aragon. Avec l’arrivée de la grippe aviaire en 2008, ces charniers ont été abandonnés et c’est à partir de ce moment que nous constatons un changement de comportement des vautours fauves qui deviennent des prédateurs d’animaux vivants. Situation que la LPO (et son association de circonstance "Pyrénées Vivantes") n’a jamais voulu reconnaître. Par ailleurs, cette habitude alimentaire permanente a enlevé aux vautours fauves toute idée de migration vers le sud pour l’hiver après envol des juvéniles avec un retour en couple au printemps pour la couvaison. Nous avons aujourd’hui des vautours fauves essentiellement sédentaires. Une situation similaire dans les Cévennes et les Alpes avec les conséquences des vautours d’élevage réintroduits.

Les militants écologistes refont l’histoire

Les vautours fauves ont toujours été présents dans les Pyrénées dans des proportions limitées. Peu d’ouvrages du 19eme siècle n’y font référence quant à une population importante. Il est ainsi facile de dire que la cohabitation avec les hommes était pacifique jusqu’au milieu du 19eme siècle comme le prétend un article du Midi Libre de la Lozère du 22 août 2006. Avec un nombre limité de vautours migrateurs il était alors possible qu’ils ne soient que des nettoyeurs de l’espace une partie de l’année puisqu’il n’y avait aucune réglementation imposant une collecte par un équarrisseur des animaux morts. On laissait la bête morte sur place ou sur une hauteur pour limiter la pollution des eaux et la nature faisait rapidement le reste…. En quelques heures. Cette notion n’existe plus à partir du milieu du 20émé siècle. Mais personne ne le dit. Il est tellement plus politiquement correct de parler de cohabitation tout en critiquant les chasseurs qui auraient exterminé ces rapaces…. On ne sait d’ailleurs pas très bien pourquoi.

Selon certaines organisations militantes : « À la fin des années 1940 les derniers spécimens de vautours fauves disparaissent du ciel français. » Affirmation fausse puisque pour leur thèse vers 1973 les frères Tressasse « découvrent » des vautours au Pays Basque…. Belle découverte de quelque chose qui a manifestement toujours existé. Mais il était bon de réinventer l’histoire pour la suite des opérations.

Les premières réintroductions

Inutile de réintroduire des vautours fauves dans les Pyrénées puisqu’ils y sont depuis toujours essentiellement versant sud pour des raisons climatiques évidentes et dans une moindre proportion versant nord (France). Il fallait donc, pour la LPO et les frères Terrasse devenus les spécialistes de cette ONG, choisir un autre terrain d’expérience pour ne pas dire de colonisation des territoires par la puissance écologiste.

C’est le sud du massif Central qui est choisi avec, en 1970, la construction d’une volière entre Truel et le Rozier. On y installe 4 jeunes spécimens espagnols qui sont lâchés un an plus tard, en juillet 1971. C’est un échec. Une autre procédure est alors mise en œuvre dite "méthode cévenole" (1) est, ni plus ni moins qu’un élevage en volière.

Les élevages de vautours

A partir de 1971 les volières se transforment en élevage de vautours fauves qui n’ont plus grand-chose à voir avec la nature : nourrissage et abandon de la migration. Le 15 décembre 1981, 5 couples reproduits en captivité sont relâchés dans la nature. Ce sera un semi-échec, mais avec le nombre il en reste toujours. En 5 ans, pas moins de 60 vautours seront ainsi lâchés en Lozère sans aucune consultation des populations locales. Mais à l’époque, une telle consultation n’était pas obligatoire. Avec, en 1976, le Parc National des Cévennes, tous les rapaces étaient de fait protégés. La mise en place progressive de la directive habitats à partir de 1992 a largement favorisé le développement de ces vautours d’élevage, comme en Italie des loups ont pu être élevés pour les relâcher en France à partir, des années 1990.

De l’élevage au tourisme.

Les volières du Belvédère ont évolué à Saint Pierre des Tripiers (Lozère). Les population de vautours aussi... mais pas la population humaine qui ne semble pas avoir beaucoup profité de cette affaire pourtant présentée comme un moyen de développement.

Avec en 2014 environ 200 de ces rapaces dans la nature, l’élevage n’est plus indispensable. Ils se reproduisent seuls. Il faut alors comme dans toutes actions écologistes, penser au business et au tourisme. Les activités traditionnelles du milieu, comme l’élevage, tout le monde s’en moque. Les paysans comme, d’une manière général, l’humain, est une espèce prédatrice qui n’a pas sa place dans la nature sauf s’il apporte de l’argent. Il est alors lancé un programme touristique. En 2000, on enregistre une fréquentation de la Maison des Vautours et des gorges de la Jonte aux environs de 26 000 personnes par an. Mais avons-nous vraiment des vautours sauvages ou des vautours d’élevage pour touristes ?

Vautours sauvages ou d’élevage ?

Il est évident que ces vautours nés en captivité ne connaissent pas la migration vers le sud. Ils sont quasiment tous sédentaires…. Pour le tourisme. Et il faut qu’ils trouvent de la nourriture toute l’année. Situation qui n’a jamais été analysée en aval des réintroductions à partir de l’histoire et de l’évolution des pratiques d’élevage liés à la fois à la modernisation (plus personne ne travaille comme au Moyen Âge) et à la législation (apparition des équarrisseurs obligatoires et contraintes sanitaires). Alors, on les nourrit sans jamais mesurer les conséquences d’un tel comportement.

Il existe des placettes de nourrissage où les éleveurs peuvent amener leurs carcasses de bêtes mortes sans aucun contrôle sanitaire sérieux, contre quelques avantages, assez minimes, de taxe d’équarrissage. Mais on nous dit, comme toujours, "pas de nourrissage en période d’accouplement, de ponte et de couvaison". Ce qui signifie nourrissage en période normale de migration afin d’en faire des objets de visions touristique à l’année. Certes, le Parc National des Cévennes a fermé ses charniers mais il y a les autres…..

 

La méthode ayant été bonne, les acteurs locaux étant rentré dans la combine, certains y voyant un développement touristique à priori plus noble qu’un développement agricole, la "méthode cévenole" a été reproduite à Rougon dans le Verdon en s’étendant dans le Vercors avec l’appui obscure du PNR et d’une association locale dont nous ne déterminons pas bien les contours des deux structures pas plus que ses dirigeants.

Depuis plusieurs années, les vautours fauves ont changé de comportement. Ils s’attaquent à bêtes vivantes, ovines et bovines, avec des méthodes très élaborés selon la situation. Mais, évidemment, cela est faux. Pour les militants sectaires de l’écologie, le vautour fauve ne peut être qu’un charognard. Les observations régulières des éleveurs et bergers ne comptent pas. Seuls les théoriciens absents du terrain ont raison…. A ce jeu, il ne faut pas s’étonner de trouver de temps en temps des vautours morts dans des conditions obscures. Le sectarisme et ses mensonges conduisent à des réactions extrêmes lorsque la personne concernée n’est plus écoutée.

Louis Dollo, le 10 décembre 2014

(1) On ne retrouve plus ce terme dans aucun document actuel. Pourquoi ?

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