Les vautours dans le Massif Central

 

Avec une surpopulation par rapport à la nourriture disponible dans les Pyrénées, les vautours fauves gagnent peu à peu le nord des Pyrénées et de la France. Nous en trouvons de plus en plus, sédentaires ou de passage un peu partout en France. Par contre une réintroduction a bien eu lieu dans les Cévennes.


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Vautour fauve
Vautour fauve dans les Pyrénées

 

Des vautours dans la montagne noire


A deux reprises depuis le début du mois, les vautours ont fait leur entrée dans les monts de Lacaune et ont beaucoup fait parler d'eux.

Ces rapaces charognards, basés pour l'essentiel dans les gorges du Tarn et de la Jonte, ont un périmètre de « promenade » très grand, pouvant aller jusqu'à 500 km, mais jusqu'à présent, ils n'avaient pas été observés formellement dans le Tarn.

Et comme d'habitude lorsqu'il s'agit de vautour, leur apparition ne fait pas que des heureux. Le 3 mai d'abord, c'est une brebis du troupeau de la famille de Lucien Cros, au lieu-dit Féline, à côté de Murat, qui a été mangée par ces charognards. Les témoins sont arrivés sur place alors que la brebis était en pièces : « Il est vrai que cette bête était isolée et borgne. Je ne sais pas si elle était vivante lorsque les vautours se sont posés mais en tout cas, c'était une brebis au moins affaiblie. » indique un voisin.

Mais mardi dernier, le témoignage de Pierre Sylvain, tout à côté, sur la propriété du Causse, est beaucoup plus précis : « Ils s'en sont pris à deux de mes brebis. Lorsque je suis arrivé sur place, à quelques dizaines de mètres, l'une des deux brebis était encore vivante. J'en suis certain. La seconde était éventrée et morte. »

Christian Roques travaille en Gaec tout près de là, lui aussi producteur de lait pour les caves de Roquefort, et il est aussi président de la société de chasse locale : « On a bien l'impression que la population des vautours augmente. Il s'en trouve aussi sur le Caroux. Je n'ai rien contre ces charognards mais j'ai l'impression qu'ils se multiplient et qu'ils risquent de nous porter tort. C'est un sujet délicat mais il me semble que leur population devrait être régulée. »

Un autre éleveur témoigne : « Nous sommes dans un secteur où les sangliers commettent déjà pas mal de dégâts sur les cultures. Si maintenant on doit gérer les attaques de vautours, on a pas fini ! »

Ces événements récents et nouveaux inquiètent donc les éleveurs qui se disent prêts à défendre leurs troupeaux. Et depuis quelques jours, ils lèvent un peu plus souvent les yeux vers le ciel : « Certains disent ici qu'on les voit depuis plusieurs mois. Mais pour ma part, c'est la première fois que j'observe des vautours par chez nous. » conclue Christian Roques.
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«Ils n'attaquent pas les bêtes en bonne santé»

A Millau, Bertrand Eliotout, de la LPO (ligue de protection des oiseaux) des Grands Causses est chargé de la gestion et de l'observation des quelques 200 couples de vautours fauve, espèce protégée bien sûr, qui ont élu domicile depuis une trentaine d'années dans les gorges de la Jonte et du Tarn : « Le sud Aveyron et le secteur de Murat sont en limite de la zone où les vautours se promènent habituellement. Mais il faut savoir que ce sont des oiseaux très discrets, plutôt peureux et qui peuvent couvrir jusqu'à 500 kms dans une journée. »

Bertrand Eliotout n'est donc pas très surpris de leur présence dans les monts de Lacaune. Quant aux circonstances racontées par les éleveurs muratais, il apporte sa vision des choses : « Ces animaux sont des rapaces nécrophages. Nous n'avons aucune preuve qu'ils se soient déjà attaqués à des animaux vivants et en bonne santé. Il se peut, très ponctuellement, qu'ils s'en prennent à une bête immobile, agonisante. Mais dans tous les cas, les études menées démontrent qu'il s'agissait de bêtes condamnées. »

Par ailleurs, ce passionné explique qu'il ne servirait à rien de réguler la population des vautours : « Leur population s'adapte à la ressource alimentaire. A l'automne, il y a chez eux une très forte mortalité, surtout chez les jeunes sujets, à cause de la pénurie de carcasses. » Quant à la coopération avec les éleveurs, il explique : « Plutôt que d'envoyer les carcasses à l'équarrissage, nous passons des conventions avec des éleveurs dans l'Aveyron et l a Lozère notamment qui ont le droit de conserver leur bête morte dans un petit charnier avant de les disposer sur une placette où les vautours viennent les manger. Mais il faut dire à tous que nous n'avons aucune preuve, aucune image vidéo d'un vautour s'attaquant à une brebis en bonne santé. »

Auteur : J.-M.G.
Source : La Dépêche du Midi du 21 mai 2008

Les vautours attaquent les bêtes vivantes et en bonne santé.


Il est tout à fait inexact de dire que les vautours n'attaquent pas les bêtes vivantes et en bonne santé. Un représentant du ministère espagnol de l'environnement a clairement dit, au cours d'une réunion interdépartemental sur le vautour à la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, que les vautours attaquaient les bêtes vivantes quelque soit leur santé. Mais ce point a été pudiquement omis dans le compte rendu.

Il est facile de dire qu'il n'y a pas de vidéo pour le prouver. Seul un cinéaste animalier pourrait éventuellement faire un tel film s'il trouve un éleveur d'accord pour se faire massacrer quelques bêtes. Mais il y a suffisamment de témoins pour certifier que le vautour n'est plus seulement nécrophage mais qu'il s'attaque bien au vivant en faiblesse ou nom qu'il s'agisse de bovins ou ovins.
Mais pour la LPO ces faits ne sont pas dans la littérature ornithologique donc impossibles quoique Terrasse ait fini par admettre avec beaucoup de retard que les vautours s'attaquaient aux bêtes vivantes en position de faiblesse.
En voilà un qui ne manque pas de culot avec des discours à géométrie variable selon son auditoire et les circonstances. Ceci laisse penser que la LPO est plus dogmatique que sérieuse dans ce domaine et que ses avis manquent pour le moins d'expertise.

Louis Dollo, le 26 mai 2008

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Installation et extension d'une colonie de vautours fauves (Gyps fulvus fulvus) réintroduite dans les grands Causses du Massif Central


Bilan du programme de réintroduction du vautour fauve réalisé en Lozère et en Aveyron depuis 1981.Sont successivement abordés les problèmes d'apprentissage du vol pour les oiseaux relachés, l'extension et la fixation de la colonie,l'émancipation alimentaire et l'élargissement de la zone de prospection et les mouvements de vautours d'origine exogène

Auteurs : Bonnet J. ; Terrasse M. ; Bagnolini C. ; Pinna J.-L. ; / Parc national Cévennes, Florac 48400, France

Source : Oiseau et la Revue Francaise d'Ornithologie - ISSN 0030-1531 CODEN ORFOA2 - 1990, vol. 60, no3, pp. 181-206 [26 page(s) (article)] (25 ref.)

Editeur : Société ornithologique de France, Paris, (1931-1993) (Revue)

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Réintroduction du vautour fauve dans les Grands Causses et renforcement de population du vautour percnoptère


Titre de la communication : Réintroduction du vautour fauve dans les Grands Causses et renforcement de population du vautour percnoptère
Auteur(s) : Terrasse. M.
Edition : Fonds d'Intervention pour les Rapaces FIR Saint Cloud (FRA) 13p
Date : 1988

Observation : :
Du même auteur, intervention au congrès / olloque " Réintroductions d'espèces animales et végétales " Saint-Jean du Gard (FRA) 12/1988

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Nid de Vautour fauve: le Causse en Lozère


Dans l’antiquité les vautours étaient reconnus
La reine égyptienne Néfertari est représentée coiffée d’un vautour
Chez les Romains ils annonçaient de bons présages

Il a été chassé : c’était un trophée
Collectionneur de ses œufs
Victime de l’empoisonnement des carnivores qui étaient ses proies
Il est maintenant réhabilité. Son rôle d’équarisseur naturel est reconnu
La forte acidité de son estomac anille virus er bactéries

Il a été réintroduit dans certaines régions ou il était naturel

C’est le cas dans les causses : gorges de la Jonte depuis 1972
Actuellement plusieurs centaines de vautours survolent le Causse

Ces ailes d’une envergure de 2,5 à 2,70 mètres
Ces rémiges : plumes des bouts des ailles augmentent sa portance
Ils prennent les ascenseurs thermiques qui le montent en altitude
Ils tournent dans cet escalier d’air chaud. Ils parcourent alors le causse en un long vol plané à la recherche de nourriture

Ils nichent dans les falaises : cavités, vires ou des surplombs
Le nid des vautours fauves est sommaire

Source : un blog du 26 mai 2009

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Bertrand Eliotout« On défend les vautours sans cacher la vérité »


Nom : Eliotout Prénom : Bertrand
Age : 34 ans
Situation de famille : célibataire
Situation professionnelle : responsables de l'antenne LPO (Ligue de protection des oiseaux) des Grands Causses
Formation professionnelle : BTS gestion en environnement
Signes particuliers : passionné de la faune sauvage et de sa conservation, ce qui l'a amené à beaucoup voyager dans le monde

Ces dernières semaines, plusieurs attaques présumées de vautours sur des animaux vivants – en l'occurrence des vaches – ont défrayé la chronique dans le Sud-Aveyron ou la Lozère. Qu'est-ce que le spécialiste de la Ligue de protection des oiseaux en pense ?

Ça fait maintenant 14 ans que je bosse sur les vautours. La problématique des attaques sur des animaux vivants n'est pas nouvelle. Elle est souvent fondée sur des observations déconnectées de leur contexte.

Que voulez-vous dire par là ?

Ce qu'on constate sur le terrain, c'est que ces événements interviennent généralement dans des zones où les vautours sont rares, en limite des causses notamment. Les éleveurs plaignants n'ont généralement jamais vu d'attaque, encore moins des vautours sur des cadavres. Or, une curie peut être très impressionnante et rapide. En trente minutes, près de deux cents vautours peuvent participer au festin et se battre. C'est très spectaculaire. Les vautours interviennent très vite. Tout est alors nettoyé. Au bout d'une demi-heure, il ne reste plus qu'un squelette.

Vous parlez là de vautours intervenant sur des cadavres. Les attaques d'animaux vivants sont-elles crédibles selon vous ?

Les seuls cas où un vautour intervient sur un animal vivant c'est quand celui-ci est moribond. Il arrive aussi qu'une vache, après un vêlage, ne puisse plus bouger en raison d'une hémorragie. Les vautours la considèrent alors comme un rocher et leurs coups de bec accentuent cette hémorragie. Ce sont les seuls cas observés à ma connaissance.

Comment expliquez-vous les récents témoignages d'éleveurs qui assurent avoir vu des vautours se jeter sur une vache en pleine santé ou un agneau ?

Neuf fois sur dix, après l'expertise du vétérinaire assermenté, la cause de la mort n'est pas imputée aux vautours. Piqûre de vipère, attaque de chien, foudre : les raisons ne manquent pas. Et puis, vous savez, à cette saison, un animal en bonne santé le matin peut très bien mourir en fin de journée. On appelle cela la mort subite, au moment de la mise en herbe des troupeaux, alors que l'herbe est particulièrement azotée.

Que répondez-vous aux attaques ?

Que nous sommes là pour protéger et défendre les vautours sans cacher une quelconque vérité.

Quelle est la population actuelle de vautours dans la région ?

Il y a trois espèces. La plus importante, celle des vautours fauves, compte 240 couples. Il y a ensuite les vautours moines, 20 couples soit à peu de choses près 80 % des vautours moines de France. Les vautours percnoptère, enfin, sont les moins nombreux. Deux à trois couples seulement. Il existe une régulation naturelle. 30 % des oisillons meurent ainsi avant la première année. L'espérance de vie d'un vautour est d'environ trente ans.

Y a-t-il trop de vautours ?

Non. On est aujourd'hui en terme d'effectif au niveau du siècle dernier.

Où peut-on les voir ?

En levant simplement la tête, en faisant du parapente ou en allant à la Maison des vautours (1) dans les gorges de la Jonte.

Propos recueillis par Dominique MERCADIER
Source : Le Midi Libre du 21 juin 2009


(1) Maison des vautours, renseignements au 05 65 62 69 69

Commentaires

Cet interview est un grand moment d'ignorence, d'incompétence et de mauvaise foi. Les propos sont contraires à toutes les observations faites en France et en Espagne. Une réponse plus approfondie sera mise en ligne dans quelque temps. Mais le lecteur peut déjà aller lire ceci :.......

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