Chez les Cours-Husté, à Haut-de-Gan, on ne vendange
que par beau temps. Après les rouges, la première trie
commence pour les blancs secs
Il sent venir une
cuvée 2005 " très aromatique, très fruitée,
gouleyante " : " Ce sera un grand millésime avec peu
de rendement ", pronostique Olivier Cours-Husté, un
jeune viticulteur (29 ans) qui s'inscrit dans une tradition familiale
attestée depuis le début du XVIIIe siècle, au quartier
dit du chemin Lamanet, à Haut-de-Gan. Un linteau de la propriété
est daté de 1721. Le maître des lieux était alors
Pierre de Husté. Plus tard, la mariage d'une fille de la maison
avec un certain Cours fit associer ce patronyme au précédent.
Si d'aventure Olivier oubliait ses origines, le nom du chemin menant
à la propriété, où la culture de la vigne
(6,81 hectares dont 6,10 en production) va de pair avec un élevage
de moutons, serait là pour les lui rappeler tous les jours :
chemin Cours-Husté... On commence toujours par les rouges, au
clos Husté. Ces 40 ares, Jean Cours-Husté, 66 ans, père
du précédent, y tient, même s'il a lâché
le manche et pris sa retraite, tout en continuant à s'occuper
de tout ce qui a trait à la commercialisation. La première
trie, pour les blancs secs, suit de près. " Chez nous,
on ne vendange que par beau temps, et jamais avant 10 heures du matin,
à cause de la rosée ". Mais par exemple, quand
c'est l'heure, c'est l'heure, et Olivier veille à ce que la vendange
soit rentrée fissa.
Cap bourrut.
Chez les Cours-Husté, on ne fait pas tomber les grappes (trie
verte) : " Je taille les vignes très courtes; il m'a
fallu six ans pour baisser les pieds de 50 centimètres ".
Le but recherché est de favoriser le feuillage pour augmenter
le potentiel en photosynthèse.
S'il s'est formé à La Tour-Blanche, dans le Sauterne,
l'une des écoles de viticulture et d'oenologie les plus réputées
d'Europe, Olivier Cours-Husté fait primer la pratique, et les
conseils de son père. A ses yeux, ce dernier s'est illustré
à jamais avec sa cuvée " Dou cap bourrut " l'équivalent
de " tête de mule " , en 1996 : " Cette année-là,
tout le monde avait fini la récolte et mon père attendait,
attendait... Il a enfin décidé de vendanger; deux jours
plus tard, il tombait des cordes. Ce fut un super-millésime !
"
L'affiliation à la Route des vins a renforcé la notoriété
du domaine familial dont les produits se déclinent en une large
gamme de secs et de moelleux. Les deux cuvées tardives, la cuvée
" Dou cap bourrut " (32 euros la bouteille) et la cuvée
Christelle (25 euros) tiennent le haut du panier; elles sont respectivement
mises en bouteilles après 24 et 18 mois en barriques neuves.
L'une des particularités de la maison, c'est que le vin y attend
deux ans avant d'être mis en vente. Ainsi Olivier vient d'achever
la mise en bouteilles de la récolte 2003. " Personne
ne fait ainsi, mais avoir du stock d'une année sur l'autre, c'est
aussi une forme de garantie contre le gel. "
La vigne, chez les Cours-Husté, paraît être un savant
mélange de sagesse ancestrale et de technicité. Le naturel
garde tous ses droits : les traitements contre les parasites sont
à base d'ortie, de presle et de menthe.
Source
: Sud-Ouest
du 20 octobre 2005