Cotations en alpinisme

 

La cotation des courses d'alpinisme doit prendre en compte de nombreux facteurs les plus objectifs possibles. Mais la part de subjectivité reste importante. Nous allons essayer d'y voir plus clair à partir d'éléments d'appréciation strictement pyrénéens pour aider au choix des courses. Nous essaierons également de préciser si nous sommes dans le domaine de la randonnée ou au début de l'alpinisme lorsque cela est possible.


La grande référence pyrénéenne en matière de cotation de voies d'alpinisme est le guide Ollivier. Ce guide est aux Pyrénées ce qu'est le guide Vallot aux Alpes. Le guide Ollivier faisait toujours référence aux cotations de l'UIAA (Union Internationale des Associations d'Alpinisme). Mais depuis les années 1970, les notions de difficulté ont grandement évolué.

Les éléments d'une cotation en alpinisme
L'alpiniste allemand Willy Welzenbech avait inventé un système de cotation dans les années 1945 après la dernière guerre mondiale. Mais le système était assez mal compris quoique ses bases étaient essentiellement objectives. Les générations d'alpinistes qui ont suivi ont préféré un système nettement plus subjectif par jugement comparatif de la difficulté technique et en fonction de l'engagement de la voie.
L'aspect " comparatif " laisse toujours planer un doute en l'absence d'étalon.

Les facteurs d'évolution dans les Pyrénées
De nombreux facteurs ont permis une évolution de l'alpinisme pyrénéen. Jusque dans les débuts des années 1970 il n'était guère question d'entraînement. Certes, il existait quelques " école d'escalade " comme Arudy pour les palois, le Pont d'Espagne (Plateau du Clot) pour les militaires et les civils ou le Pic de Pan équipé par Robert Flémati en Val d'Azun.. Mais ces sites étaient essentiellement utilisés les jours de mauvais temps. La performance n'était pas recherchée. La pratique de l'alpinisme dans les Pyrénées relevait plus d'une philosophie de vie qu'est le pyrénéisme que du sport à proprement parler.
Il faudra attendre le début des années 1980 pour voir apparaître une véritable notion d'entraînement avec les premiers sites d'escalade, le premier stage d'initiateur d'escalade, etc… et toujours cette incertitude des frontières entre escalade sportive telle que conçue aujourd'hui et l'alpinisme. L'entraînement en falaise a fait progresser le niveau.

Parallèlement s'est développé le matériel avec des cordes dynamiques de plus en plus légères et résistantes, des vêtements adaptés, des coinceurs pour remplacer les pitons et les chaussons à la place des grosses chaussures.
Toutes ces évolutions ont permis de faire reculer certaines limites techniques, de favoriser la rapidité d'évolution et de réduire certains risques objectifs. Des voies qui se faisaient sur deux jours se font dans la journée.

En contre partie, les pratiquants ont abandonné des itinéraires trop risqués en raison de la qualité du rocher ou encore trop éloignés d'un point d'accès routier de telle sorte que les cotations restent parfois sur des critères anciens. Mais globalement, le principe reste inchangé.

Néanmoins, nous avons vu des courses TD, parmi les plus anciennes, refoulées en D et celles de D passer en AD. Ceci est toujours imaginable mais passer du PD au F devient un jeu dangereux qui nous fait regretter les cotations objectives de Willy Welzenbech. L'absence de définitions claires ouvre les portes à tous les abus et excès.

 


En construction

 

Les cotations et graduations classiques des difficultés en alpinisme

Cotation Description Graduation Explications Exemples de voies
F Facile I Même le plus adroit doit se servir de ses mains Voie Normale de l'Ossau
Balaïtous par la Grande Diagonale
Ardiden par Ref. Russell
PD Peu difficile II L'escalade nécessite un peu d'attention même de la part des meilleurs. L'encordement et l'assurage peuvent être recommandés. Palas par l'arête des Géodésiens ou la Cheminée Ledormeur (PD-)
Arête du Montferrat (Vignemale)
AD Assez difficile III "Il faut surmonter la verticalité, la rareté des prises et leur mauvaise qualité." On s'encorde et on s'assure. Prévoir une éventuelle descente en rappel.

Balaïtous par l'arête Packes-Russell
Arête Petit-Vignemale - Grand Vignemale
Arête de Gaube au Vignemale
Arête des Trois Conseiller au Néouvielle

D Diffcile IV

Eperon NO du Petit Vignemale
Face Nord du Ramougn

TD Très difficile V  
ED Extrêmement difficile VI  
ABO Abominable +++  

Observation : Le rocher est suposé en bonnes conditions, il n'est pas tenu compte de l'altitude et des conditions athmosphériques, l'alpiniste est supposé bien entraîné, en bonne condition physique et ayant acquis les compétences techniques nécessaires.

Il peut y avoir des passages de III dans une voie dont la cotation générale est PD. En fonction de la qualité des cotations des "passages" il peut être rajouté à la cotation générale + (Sup) ou - (Inf)

Les degrés de difficulté

Voir ci-dessus les graduations auxquelles il faut rajouter l'escalade artificielle avec les passages de A1 à A3

Nous pourrions rajouter le degré "0" qui pourrait correspondre à la randonnée, promenade ou, selon l'appellation historique pyrénéiste, aux "excursionnistes". En clair, là où une vache pourrait passer. Exemple : Le Taillon (hors neige) ou le Sauvegarde - Un chemin permet de gravir ces sommets et d'en redescendre sans poser les mains. Voir les limites de la randonnée en montagne et de l'alpinisme.


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