PYRENEES :

QUI EQUIPE ? QUI FAIT DES TOPOS ?

 

 

A priori, tout le monde peut équiper un site d’escalade dès lors qu’il a l’autorisation du propriétaire de la falaise.

Tout le monde sans exception peut rédiger un topo-guides et le diffuser avec les moyens et la qualité dont il dispose. C’est le principe de la liberté dans le cadre du respect des droits des autres auteurs.

Si, comme l’indique Isabelle MAKA sur U-Climb  certains topos servent, incontestablement à équiper et/ou entretenir des sites naturels d’escalade, cette situation idyllique est loin d’exister sur toute la France. Dans les Pyrénées, il existe un certain nombre de cas, bien loin de cet aspect bénévole et désintéressé.

 

Faisons le point sur ce sujet.

 

Les sites d’escalade sont des falaises, propriétés de communes ou de privés. Elles sont équipées avec une convention ou non, conventions fédérales FFME ou autres.

 

Qui équipe ?

 

L’équipement est assuré sous diverse situation en fonction des lieux, des communes, des départements. Il n’existe pas règle uniforme. Le plus souvent nous avons les situations suivantes :

 

1/ Des grimpeurs qui ouvrent des voies sur des falaises déjà connues ou des falaises nouvelles. En général, ces grimpeurs, font preuve d’un total désintéressement. Ils équipent par passion parce qu’une ligne les intéresse. Bien souvent, pour ne pas dire toujours, ils mettent la main à la poche pour se payer le matériel et ne demandent rien à personne.

 

2/ Il y a les mêmes grimpeurs que ci-dessus qui parviennent à se faire aider via leur club ou leur comité départemental FFME ou CAF sans aucune distinction d’ailleurs. En général il leur a fourni ou remboursé le montant du matériel. A une époque le COSIROC, puis la FFME, fournissait des plaquettes. Mais cette époque est déjà lointaine.

 

3/ Il y a des professionnels parfois fonctionnaires de police (CRS) ou militaires de la gendarmerie qui, soit sur le temps de loisir (la passion existe aussi chez ces professionnels) soit sur leur temps de travail (entraînement, formation), avec du matériel personnel ou du matériel fourni par leur administration.

 

4/ Des professionnels (et accessoirement  quelques amateurs) payés par des collectivités locales (Conseils Régionaux, Conseils généraux, communes, communautés de communes) sur des missions bien précises. Les financements publics se font le plus souvent sur des lignes budgétaires «tourisme».

 

Cet état des lieux étant fait, il convient de savoir qui grimpe sur ces sites d’escalade.

Il existe deux catégories d’usagers :

 

1/ les amateurs, de loin les plus nombreux qui utilisent gratuitement ces structures sportives outdoor financés diversement.

2/ les professionnels de la montagne et de l’escalade qui utilise gratuitement à des fins commerciales des structures financés par les pouvoirs publics ou des structures bénévoles.

 

 

Les topos-guides de sites d’escalade existent sous deux formes :

 

1/ les topos de type informatique, libre d’accès sur le Web

2/ les topos de type traditionnel sur papier.

 

La totalité des sites sur le Web pyrénéen d’escalade sont réalisés par des amateurs passionnés. Leur accès est gratuit et le plus souvent libre même si parfois certains Webmasters rencontrent des difficultés avec quelques équipeurs jaloux souhaitant se réserver des falaises publiques pour leur plaisir personnel.

 

La situation des topos traditionnels sur papier est plus complexe. Les questions posées sont :

 

1/ quels sont ceux dont les bénéfices sont utilisés pour l’entretien ou la création de sites ?

2/ quels sont ceux qui sont faits avec un but commercial avec éditeur ou à compte d’auteur.

 

Rien ne permet de distinguer les uns des autres mais une chose est tout à fait certaine :

 

1/ certains sont fait à des fins personnelles

2/ d’autres sont réalisés par des structures associatives para-commerciales aux objectifs financiers et sociaux opaques même s’ils sont affiliés à la FFME

3/ des professionnels ayant été rémunérés pour réaliser des équipements

4/ des professionnels ayant été rémunérés pour réaliser des équipements et ayant reçu des fonds publics pour réaliser un topo dont le prix de vente est loin d’être le moins cher du marché.

 

Face à cette opacité et cette absence de lisibilité pour savoir qui fait quoi dans quel but, nous comprenons l’existence de doute quant à imaginer une éthique. Un label ? Mais au nom de quoi et de qui, par la même occasion, aurions nous le droit de montrer du doigt d’autres topos personnels ? Pourquoi un éditeur ne pourrait-il pas trouver un auteur pour éditer ses propres topos ? C’est ce qui existe en randonnée et en alpinisme depuis toujours. Personne n’imagine que ces topos servent au balisage ou à l’entretien des chemins ou des voies d’alpinisme. Pourquoi serait-ce différent en escalade ?

 

Il y a là un problème de liberté qui doit pouvoir s’exercer dans le cadre légal existant, ce qui n’empêche pas un ou des auteurs qui désirent mentionner que les bénéfices ou les droits de leur topo sont destinés à l’entretien, le rééquipement ou l’équipement d’un SNE. A chacun son éthique. Ce n’est pas pour autant qu’il existe un droit de copie libre comme il semble que ce soit ou presque, de la part de certains.

Voir la liste des topos d'escalade des Pyrénées

 

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